נועם אלימלך

Noam Elimelech — Sefer Bamidbar, Korach (2/3)

Rabbi Élimélech de Lizhensk
En bref

Ce passage poursuit : les deux cent cinquante hommes voulurent offrir l'encens pour réparer leur âme, hors du niveau qui requiert une clarté sans jouissance personnelle. « Prends d'eux un bâton » (Bamidbar 17,17) : pour le Noam Elimele'h, l'âme est une « trouvaille », placée dans un corps impur pour que les kelipot (forces du dehors) la laissent venir au monde. Un tsadik s'en saisit et l'élève par des paroles qui affermissent ; si l'âme est tombée jusqu'aux pieds, les quatre coudées de sépulture n'acquièrent plus, il faut le tenir pour important. Le bâton est la soumission, y compris dans le lignage et le principat, sur les douze limites : par elle le nom s'écrit dans sa racine en haut.

Aussi : Moché implore que le Nom ne se tourne pas vers leur offrande, n'ayant pris ni âne ni réprimande ; le don au tsadik et la terouma gardent Israël ; les douze bâtons enseignent de veiller à toutes les qualités

‎וזה עצמו היה חטא ר"נ איש שרצו להקטיר קטורת למען התקרב אל האור העליון לתקן נפשם, אך שמשה ידע שהם אינם במדריגה זו, שצריך לזה בהירות גדול בלי שום הנאה עצמיות, לכך אמר להם "קחו לכם מחתות" פירוש ואז תבחנו אם תוכלו להיות במדריגה זו להתקרב בעבודה, ובשביל זה הכוונה שכוונו עצמם לשמים אמר הש"י ב"ה לאהרן "הרם את המחתות כו' כי קדשו", פירוש שיש להם קדושה לאלו המחתות, מחמת שכוונתם היה לשמים אלא שלא היו במדריגה זו וכדלעיל, "ואת האש זרה הלאה" פירוש האש הדביקות שלהם ישאר למטה שלא ידבק עצמו שום אדם בזה הדביקות, לכך זרה הלאה למרחוק שלא יתקרב לשום אדם, וזה כוונת רש"י במ"ש "הם חטאו בנפשותם", פירוש הם סברו שיתקנו בזה את נפשם. והבן מאד ותרבה הדר והוד.

Et cela même fut la faute des deux cent cinquante hommes (ר"נ איש) qui voulurent offrir l'encens afin de se rapprocher de la lumière supérieure pour réparer leur âme ; mais Moche savait qu'ils n'étaient pas à ce niveau, car cela requiert une grande clarté, sans aucune jouissance personnelle. C'est pourquoi il leur dit "prenez pour vous des encensoirs" (Bamidbar 16,6) - explication : alors vous serez éprouvés, [et vous verrez] si vous pouvez vous tenir à ce niveau pour vous approcher par le service.

Et à cause de cela, à cause de l'intention qu'ils dirigeaient vers le Ciel, le Nom, béni soit-Il, dit à Aharon "relève les encensoirs etc., car ils sont devenus saints" (Bamidbar 17,2-3) - explication : ces encensoirs possèdent une sainteté, du fait que leur intention était pour le Ciel, sauf qu'ils n'étaient pas à ce niveau, comme il a été dit plus haut. "Et le feu, disperse-le au loin" (Bamidbar 17,2) - explication : le feu de leur attachement (deveikout, adhésion à Dieu) restera en bas, afin qu'aucun homme ne s'attache par cet attachement ; c'est pourquoi "disperse-le au loin", très loin, afin qu'il ne s'approche d'aucun homme.

Et telle est l'intention de Rachi (Rabbi Chelomo Yitshaki) dans ce qu'il écrit : "eux ont péché contre leurs propres âmes" - explication : eux pensaient réparer par cela leur âme. Comprends bien cela, et tu accroîtras éclat et majesté.

וידבר ה' אל משה קח מאתם מטה כו'. נ"ל בהקדים לפרש דברי התנא "ראה את המציאה" כו', דהנשמה נקרא "מציאה", ע"ד שאמרו מצאתי דוד עבדי ודרשו חז"ל היכן מצאו בסדום, ונמצא הנשמה נקרא מציאה, ולהבין הטעם נראה שהוא ע"ד דאיתא בספרי המקובלים טעם למה יצאו אברהם מתרח וכן כמה צדיקים הקדושים יצאו מאבות הטומאה, ופירשו מחמת שהמקטריגים החיצונים בראותם הנשמה העליונה וגבוהה אינם מניחים לה לצאת לעולם ועושים כל התחבולות לעכבה, מה עושה הקב"ה? נותן אותה בגוף טמא ואז מניחין אותה ועי"ז באה הנשמה בעולם, כי גם הם בראותם שיורדת למקום טמא סוברים שבוודאי א"א שתעלה במעלות קדושים, ונמצא היא כמו מציאה, וזהו "ראה את המציאה", ר"ל אדם שזכה אל מציאת נשמה, "ונפל עליה" פירוש שפגם בה כמו ונפל עליו והכהו, "ובא אחר והחזיק בה" פירוש שבא צדיק והחזיק בה בהנשמה והעלה אותה אל הקדושה, "זה שהחזיק בה זכה בה", שזכותו גדול מאד שהוציא יקר מזולל.

ומקשה הגמרא "והא ד' אמות של אדם קונות לו בכל מקום", פירוש קושית המקשן לפי דברינו הוא כך, דאיתא בפירוש רש"י "וייצר ה' את האדם עפר מן האדמה" כו', פירש רש"י "צבר עפרו מד' רוחות העולם שכל מקום שימות שם תהא קולטתו לקבורה", ואין לו לאדם כי אם ד' אמות של קבורה, ונמצא הפירוש הוא כך, "בא והחזיק בה" שהעלה את הנשמה, וע"י מה העלה אותה? ע"י שהוכיח לאותו האדם על פניו וחיזקו בדברים ערבים, באמור לו אדם חשוב ומהולל כמותך יעשה כזאת וכזאת, ועי"ז חזר בתשובה אותו האדם, נמצא זה שפעל כל זאת זכותו גדול יתר מאד על שהוציא יקר מזולל, וזהו לשון "והחזיק בה" מלשון התחזקות בדברים טובים ונעימים, ע"ד שמצינו ברבי ששאל אם יש בן לאותו צדיק ואמרו לו כל זונה כו' ע"ש, וסמכו וקרא אותו רבי וכו' אמר ליה רבי קרית לך ואמרת איזיל לקרייתא עד שקבל על עצמו שלא יעשה עוד כדבר הרע כו' ע"ש הלשון, ומקשה הגמרא הלא העיקר הוא הכנעה, וההכנעה בא לאדם ע"י שזוכר את יום המיתה הוא הגורם לאדם הכנעה בזכרו שאין לו בעולמו כי אם ד"א של קבורה, וזהו ג"כ פירוש "אין לו להקב"ה בעולמו אלא ד"א של הלכה", פירוש שזה עיקר התענוג של השי"ת ב"ה כשאדם לומד הלכה בהכנעה גדולה, וזוכר ד"א בלימוד הלכה ואין מתגאה בלימודו הטוב, לזה מקשה שנמצא העיקר הגדול הוא להשפילו ולהוכיחו בהכנעה ולא לגדלו בחשיבות? ומשני "כיון דנפיל גלי דעתיה דבנפילה ניחא ליה דלקני בד"א לא ניחא ליה דלקני", פירוש "כיון דנפל" ר"ל כיון שקלקל כ"כ שהפיל את נשמתו לרגלים ממש והכה בפצע וחבורה, "גלי אדעתיה" כו', ר"ל נראה מדעתו דניחא ליה בהשפלתו וקלקלתו מעשה תעתועים, ובלתי אפשרי לאדם כזה להחזירו ולהחזיקו ע"י הזכרת שפלותו ויום המיתה, כי אדם כזה למיתה לא חייש, וזהו "בד"א לא ניחא ליה דלקני" וצריך חיזוק ע"י גדלות, להחשיבו שהוא חשוב ומעולה במעלות ואין נאה לו לעשות כמעשים האלו ע"ד הנ"ל שקראו רבי.

"Et ה' parla à Moche : prends d'eux un bâton etc." (Bamidbar 17,17). Il me semble [qu'il faut] d'abord expliquer les paroles du Tana : "il a vu l'objet trouvé" etc.

(Baba Metsia 10a). Car l'âme est appelée "trouvaille" (metsia), a la manière de ce qu'ils ont dit "j'ai trouvé David mon serviteur" (Tehilim 89,21), et nos maîtres, de mémoire bénie, ont expliqué : où l'a-t-Il trouve ?

À Sedom. Il se trouve donc que l'âme est appelée "trouvaille".

Et pour en comprendre la raison, il apparaît que c'est à la manière de ce qui figure dans les livres des kabbalistes, qui donnent la raison pour laquelle Avraham est sorti de Térah, et de même pour plusieurs justes saints qui sont sortis des pères de l'impureté : ils ont expliqué que c'est parce que les accusateurs extérieurs (les forces du dehors, kelipot), voyant une âme supérieure et élevée, ne la laissent pas venir au monde et emploient toutes les ruses pour la retenir. Que fait le Saint, béni soit-Il ?

Il la place dans un corps impur, et alors ils la laissent passer, et par ce moyen l'âme vient au monde ; car eux aussi, voyant qu'elle descend vers un lieu impur, pensent qu'il est certainement impossible qu'elle s'élève aux degrés des saints. Elle est donc comme une trouvaille.

Et c'est cela : "il a vu l'objet trouvé", c'est-à-dire un homme qui a mérité la trouvaille d'une âme ; "et il est tombé dessus" - explication : il l'a endommagée, comme dans "il tomba sur lui et le frappa" ; "et un autre est venu et s'en est saisi" - explication : un juste est venu et s'est saisi de cette âme et l'a élevée vers la sainteté ; "celui qui s'en est saisi l'a acquise", car son mérite est très grand, d'avoir fait sortir le précieux du vil (Yirmeyahou 15,19). Et la Guemara objecte : "mais les quatre coudées d'un homme lui font acquérir en tout lieu !" - explication : l'objection de celui qui questionne, selon nos paroles, est celle-ci.

Il est dit dans le commentaire de Rachi sur "et ה' forma l'homme, poussière de la terre" etc. (Bereshit 2,7) : Rachi explique "Il a rassemblé sa poussière des quatre vents du monde, afin qu'en tout lieu où il mourra elle l'accueille pour la sépulture" ; et l'homme n'a en propre que quatre coudées de sépulture.

L'explication est donc celle-ci : "il est venu et s'en est saisi", c'est-à-dire qu'il a élevé l'âme - et par quoi l'a-t-il élevée ? Par le fait qu'il a réprimandé cet homme en face et l'a fortifié par des paroles agréables, en lui disant : un homme important et loué comme toi ferait-il telle et telle chose ?

Et par cela cet homme est revenu en techouva. Il se trouve que celui qui a accompli tout cela, son mérite est très grand, plus grand encore, pour avoir fait sortir le précieux du vil.

Et c'est le sens de l'expression "et s'en est saisi" (ve-hehezik), du langage de l'affermissement par des paroles bonnes et douces ; à la manière de ce que nous trouvons à propos de Rabbi [Yehouda ha-Nassi], qui demanda s'il y avait un fils à ce juste, et on lui répondit : toute prostituée etc., vois-y [le texte] ; et il l'ordonna et l'appela "Rabbi" etc. Il lui dit : tu m'appelles "Rabbi", et tu as dit : j'irai à la bourgade... jusqu'à ce qu'il prit sur lui de ne plus commettre une telle mauvaise chose etc., vois-y le texte (Baba Metsia 85a).

Et la Guemara objecte : l'essentiel n'est-il pas la soumission (hakhna'a) ? Or la soumission vient à l'homme par le fait qu'il se souvient du jour de la mort : c'est cela qui cause la soumission à l'homme, en se rappelant qu'il n'a dans son monde que quatre coudées de sépulture.

Et c'est aussi l'explication de "le Saint, béni soit-Il, n'a dans Son monde que les quatre coudées de la halakha" (Berakhot 8a) - explication : tel est l'essentiel du plaisir du Nom, béni soit-Il, lorsqu'un homme étudie la halakha avec une grande soumission, et qu'il se souvient des quatre coudées dans l'étude de la halakha et ne s'enorgueillit pas de sa bonne étude. C'est pourquoi il objecte : il se trouve donc que le grand principe est de l'abaisser et de le réprimander vers la soumission, et non de le grandir par de l'importance !

Et il répond : "puisqu'il est tombé [dessus], il a découvert son intention : par la chute il lui plaît d'acquérir, par les quatre coudées il ne lui plaît pas d'acquérir" - explication : "puisqu'il est tombé", c'est-à-dire puisqu'il a gâté au point d'avoir fait tomber son âme jusqu'aux pieds, littéralement, et de l'avoir frappée de plaie et de meurtrissure ; "il a découvert son intention" etc., c'est-à-dire qu'il apparaît de son état d'esprit qu'il se complaît dans son abaissement et dans sa corruption, œuvre d'égarements. Et il est impossible de ramener et d'affermir un tel homme en lui rappelant sa bassesse et le jour de la mort, car un tel homme ne craint pas la mort ; et c'est cela "par les quatre coudées il ne lui plaît pas d'acquérir".

Il faut donc l'affermir par la grandeur, en le tenant pour important, [en lui disant] qu'il est important et élevé en qualités et qu'il ne lui sied pas d'accomplir de tels actes - à la manière de ce qui a été dit plus haut, [Rabbi] qui l'appela "Rabbi".

‎וזהו "קח מאתם" פירוש זאת תקבל מאתם לעיקר בעיניך, "מטה" פירוש הכנעה, שיהיו מוכנעים ושפלים בעיניהם, "מטה לבית אב" שיכנעו עצמם ולא יתגאו ביחוס אבותיהם, "מאת כל נשיאיהם" פירוש וביותר יוכנעו בנשיאות עצמם, שלא יתגאו בחשיבות עצמם וגדלותם לאמר בלבם שהם בעצמם גדולים וחשובים, " שנים עשר מטות" דהנה יש י"ב גבולי אלכסון שהעולם מתנהג בהם, צריך להיות הכנעתו גדולה כ"כ בכל הגבולים, בכל העולם הגבוה מחבירו שם צריך שיהיה הכנעתו ג"כ גדולה, "איש את שמו תכתוב על מטהו", דהנה כתיב ויקרא את שמו יעקב, ובעשו כתיב ויקראו כו', ופירש רש"י הקב"ה קראו יעקב, והענין הוא באמת שכל העולם קראו יעקב, רק מחמת שכוונו אל אמיתת שמו בשורשו העליון, שגם בשורשו נקרא כן ושם הוא אחדות גמור לכן נאמר בלשון יחיד ויקרא, ע"ד שפרשתי על פסוק "וכל אשר יקרא לו האדם נפש חיה הוא שמו", ולכאורה אין מובן פירושו, בודאי כאשר קרא אותם כך הוכרח להיות שמם, אך הפירוש הוא כנ"ל, "הוא שמו" בשורש, שכיון ברוח קדשו לשמות כל א' בשרשו העליון, אבל עשו שאין לו שורש למעלה והוא בעולם הפירוד, לכך נאמר בלשון רבים ויקראו כו'. וזהו "איש את שמו תכתוב על מטהו" ר"ל בשביל הכנעתו הגדולה הנקרא "מטהו", יגרום שיכתוב שמו בשורשו למעלה, ויעשה שורש למטה ופרי למעלה.

אכי"ר.

Et c'est cela : "prends d'eux" - explication : ceci, reçois-le d'eux comme l'essentiel à tes yeux ; "un bâton" (maté) - explication : la soumission, qu'ils soient soumis et bas à leurs propres yeux ; "un bâton par maison paternelle" - qu'ils se soumettent et ne s'enorgueillissent pas du lignage de leurs pères ; "de tous leurs princes" - explication : et plus encore qu'ils se soumettent dans leur propre principat, qu'ils ne s'enorgueillissent pas de leur propre importance et de leur grandeur, en se disant dans leur cœur qu'ils sont par eux-mêmes grands et importants ; "douze bâtons" - car voici, il y a douze limites diagonales (les douze axes par lesquels le monde est conduit), et sa soumission doit être aussi grande dans toutes ces limites : dans chaque monde plus élevé que son compagnon, il faut que sa soumission y soit également grande. "Chaque homme, tu écriras son nom sur son bâton" : car voici, il est écrit "et il appela son nom Yaakov" (Bereshit 25,26), tandis que pour Esav il est écrit "et ils appelèrent" etc.

(Bereshit 25,25), et Rachi explique que c'est le Saint, béni soit-Il, qui l'appela Yaakov. Or la chose est en vérité que le monde entier l'appela Yaakov ; seulement, parce qu'ils visaient la vérité de son nom dans sa racine supérieure - car dans sa racine aussi il est ainsi nommé, et là c'est une unité parfaite - c'est pourquoi il est dit au singulier "et il appela".

À la manière de ce que j'ai expliqué sur le verset "et tout ce que l'homme appellerait âme vivante, tel est son nom" (Bereshit 2,19) : à première vue son sens ne se comprend pas, car assurément, lorsqu'il les appela ainsi, il fallait bien que tel fut leur nom. Mais l'explication est comme ci-dessus : "tel est son nom" dans la racine, car il visait par son esprit saint les noms de chacun dans sa racine supérieure.

Mais Esav, qui n'a pas de racine en haut et qui est dans le monde de la séparation, c'est pourquoi il est dit à son sujet au pluriel "et ils appelèrent" etc. Et c'est cela : "chaque homme, tu écriras son nom sur son bâton", c'est-à-dire : par sa grande soumission, appelée "son bâton" (מטהו, du même mot que l'abaissement), il fera que son nom soit écrit dans sa racine en haut, et il fera racine en bas et fruit en haut.

Amen, qu'il en soit ainsi (אכי"ר).

וידבר ה' אל אהרן כו' ואני הנה נתתי כו' לחק עולם. נקדים לפרש הפסוק "יחר למשה כו' אל תפן אל מנחתם לא חמור אחד מהם נשאתי ולא הרעותי את" כו'.

ויש לדקדק הלא המה העוברים על עיקר הדת שאמרו אין תורה מן השמים, ומה אמר אל תפן, הלוא בוודאי ידע באמת שהם מנחותי שאול חיים ואיך היה ההוה אמינא אצלו שיפן השם אל מנחתם, ועוד האיך תלוי בזה שאמר לא חמור א' כו', דמשמע אם היה לוקח מהם חמור או הרע להם לא היה ראוי להם עונש על אמרם אין תורה כו', והענין מופלא.

"Et ה' parla à Aharon etc. : et Moi, voici, Je t'ai donné etc., en loi éternelle" (Bamidbar 18,8). Expliquons d'abord le verset "Moche fut très irrité etc. : ne te tourne pas vers leur offrande ; je n'ai pas pris d'eux un seul âne et je n'ai fait de mal à aucun" d'eux etc.

(Bamidbar 16,15). Et il y a lieu de s'interroger : n'étaient-ils pas des transgresseurs du principe même de la foi, eux qui disaient que la Tora n'est pas du Ciel ?

Que signifie donc "ne te tourne pas" ? Assurément il savait en vérité qu'ils étaient de ceux qui descendent vivants au Cheol (cf.

Bamidbar 16,33) ; comment donc pouvait-il seulement supposer que le Nom se tournerait vers leur offrande ? Et de plus, en quoi cela dépend-il de ce qu'il a dit "pas un seul âne" etc. ?

Cela implique que s'il avait pris d'eux un âne ou s'il leur avait fait du mal, ils n'auraient pas mérité de châtiment pour avoir dit que la Tora n'est pas [du Ciel] etc. Et la chose est étonnante.

‎אך נראה דהנה מדרך הצדיק שאינו יכול לראות בצער בני אדם כלל וכלל, וגם בבני אדם רשעים אין רוצה שיענשו בזה העולם כי אינו יכול לראות בצערם, וכן טבע הצדיקים, ואם אמנם שחטאו וההכרחי שישולם להם עונשם רוצה שיענשו בעוה"ב ולא שיראה בצערם בעוה"ז, וזה שאמר "אל תפן אל כו' לא חמור" כו', בתוך הדברים התנצל לפניו ית' שלא יענשו בזה העולם, ולימד זכות עליהם באמרו "לא חמור אחד מהם" כו', דהנה כן הוא המהנה ת"ח וצדיקים מנכסיו אז ההנאה הזאת תביאהו שלא במהרה הוא חוטא להיות רשע גמור לכפור בתורה חלילה, וגם זאת אם הצדיק גוער באיזה אדם, גם הגערה הזאת פועל בו שלא ישתקע בחטאו, כי הצדיק בגערתו שגוער בו הוא משבר הכח הקליפה של הרשע, וזהו שאמר "לא חמור" כו', כלומר אני גרמתי להם זאת, שע"י שלא לקחתי מהם זה גרמה להם שחטאו, שאם נהניתי מהם היה מגין עליהם זאת לבלתי יחטאו, וגם "לא הרעותי את אחד מהם" בשום רעה וגערה, ונמצא אינם חייבים כ"כ לעונש בעוה"ז, וגם עוה"ב ראוי ליתן להם אחר העונש שיענשו על חטאם, וזה שאמר משה "לכן אתה וכל עדתך היו לפני ה' אתה והם ואהרן מחר" פירוש שהשיאו עצה טובה שלא ישאר בגיהנם עולמית, ואמר לו תראה שיהיה לך התקשרות עם אהרן "לפני ה' מחר" רמז לעוה"ב, כדרך שאמרו היום לעשותם ומחר לקבל שכרם.

Mais il apparaît ceci : c'est la voie du juste (tsadik) de ne pouvoir absolument pas supporter la vue de la souffrance des créatures ; et même pour les hommes méchants, il ne veut pas qu'ils soient punis dans ce monde-ci, car il ne peut voir leur souffrance : telle est la nature des justes. Et bien qu'ils aient péché et qu'il soit nécessaire que leur châtiment leur soit payé, il veut qu'ils soient punis dans le monde à venir, et non qu'il voie leur souffrance dans ce monde-ci.

Et c'est ce qu'il dit : "ne te tourne pas vers etc. : pas un âne" etc. : au milieu de ses paroles, il implorait devant Lui, qu'Il soit béni, qu'ils ne soient pas punis dans ce monde-ci, et il plaidait en leur faveur en disant "pas un seul âne d'eux" etc. Car voici, ainsi en est-il : celui qui fait profiter de ses biens les érudits en Tora (talmide hakhamim) et les justes, ce bienfait fait qu'il ne pèche pas de sitôt au point de devenir un méchant complet reniant la Tora, à Dieu ne plaise.

Et de même, si le juste réprimande un homme, cette réprimande aussi agit en lui pour qu'il ne s'enfonce pas dans sa faute, car le juste, par la réprimande qu'il lui adresse, brise la force de la kelipa (écorce, force impure) du méchant. Et c'est ce qu'il dit : "pas un âne" etc., c'est-à-dire : c'est moi qui leur ai causé cela, car du fait que je n'ai rien pris d'eux, cela leur a cause de pécher ; car si j'avais profité d'eux, cela les aurait protégés de pécher.

Et de même "je n'ai fait de mal à aucun d'eux", par aucun mal ni aucune réprimande. Il se trouve donc qu'ils ne méritent pas tellement de châtiment dans ce monde-ci ; et il convient aussi de leur donner le monde à venir, après le châtiment dont ils seront punis pour leur faute.

Et c'est ce que dit Moche : "c'est pourquoi toi et toute ta communauté, soyez devant ה', toi et eux et Aharon, demain" (Bamidbar 16,16) - explication : il leur donna un bon conseil, afin qu'ils ne restent pas éternellement dans la géhenne ; et il lui dit : veille à avoir un lien avec Aharon, "devant ה' demain", allusion au monde à venir, à la manière de ce qu'ils ont dit : "aujourd'hui pour les accomplir, et demain pour en recevoir la récompense" (Erouvin 22a).

‎והיוצא לנו מזה שע"י נתינה לצדיק נשברים כח הקליפות, ונתקשר בקשר של קיימא עם הצדיק שלא ישיאהו היצר לחטוא בחטא גדול ח"ו, ואדרבה יתקדש ע"י הצדיק, וזהו "ואני הנה נתתי" דהש"י ב"ה צוה לתת תרומה לכהן, ואמר לו הש"י הנה הדבר הזה אני מטיל עליך להיות נתון בידך, שתהא אתה ה"משמרת של תרומתי", שע"י התרומה שיתנו לך יהיו משומרים, "לכל קדשי בני ישראל" שיתקדשו ע"י הנתינה הזאת בכל מיני קדושות, "לכל קרבנם" אם יביאו קרבן יהיה בקדושה, "ולכל אשמם אשר ישיבו" היינו אם יאשמו בחטא וישיבו בתשובה, תגרום להם הנתינה זאת שיהיה תשובתם שלימה, כן תפעול להם בלקיחתך מהם התרומה, "למשחה" ופירשו חז"ל לגדולה כדרך שהמלכים אוכלים, דאיתא בגמרא לעולם ישתדל אדם לראות מלכי אומות שאם יזכה יבחין כו', ולהבין מה היא הבחינה הזאת, נראה שיבחין לראות איך מידת מלכות מושפלת עתה בגלות המר, ויבחין בביאת משיחנו במהרה שיתנשא אז כתר מלכות, ויבין גדולת מלכות איך מעלתה גדולה לאין חקר, וזהו "כדרך שמלכים אוכלים" פירוש שיהיה אכילתם בקדושה, שע"י אכילתם יתקנו מידת מלכות, "ולבניך" ר"ל כמוך כמוהם כך "לחק עולם".

Et ce qui ressort pour nous de cela, c'est que par le don fait au juste les forces des kelipot sont brisées, et [l'homme] se lie d'un lien durable avec le juste, de sorte que le penchant [mauvais] ne l'induira pas à commettre une grande faute, à Dieu ne plaise ; au contraire, il sera sanctifié par le juste. Et c'est cela "et Moi, voici, Je t'ai donné" (Bamidbar 18,8) : le Nom, béni soit-Il, a ordonné de donner le prélèvement (terouma) au cohen, et le Nom lui dit : voici, cette chose, Je la mets à ta charge pour qu'elle soit remise en ta main, afin que tu sois toi-même "la garde de Mon prélèvement", car par le prélèvement qu'ils te donneront ils seront gardés ; "pour toutes les choses saintes des enfants d'Israël" - qu'ils soient sanctifiés par ce don de toutes sortes de saintetés ; "pour tout leur sacrifice" - s'ils apportent un sacrifice, il sera dans la sainteté ; "et pour toute leur faute qu'ils restitueront" - c'est-à-dire s'ils se rendent coupables par une faute et reviennent en techouva, ce don leur fera que leur techouva soit complète : ainsi agiras-tu pour eux en prenant d'eux le prélèvement.

"Pour l'onction" (le-mochha) : et nos maîtres, de mémoire bénie, ont expliqué - pour la grandeur, à la manière dont les rois mangent. Or il est dit dans la Guemara : que l'homme s'efforce toujours de voir les rois des nations, car s'il en est digne il discernera etc.

(Berakhot 58a). Et pour comprendre ce qu'est ce discernement, il apparaît qu'il discernera et verra combien la mesure de Malkhout (la royauté, dernière sefira) est maintenant abaissée dans l'exil amer, et il discernera qu'à la venue de notre Machiah, promptement, la couronne de la royauté sera alors élevée, et il comprendra la grandeur de Malkhout, combien son niveau est grand au-delà de toute investigation.

Et c'est cela "à la manière dont les rois mangent" - explication : que leur manger soit dans la sainteté, car par leur manger ils réparent (tikoun) la mesure de Malkhout. "Et à tes fils" - c'est-à-dire : comme toi, ainsi eux ; et ainsi "en loi éternelle".

זה יהיה לך מקדש הקדשים מן האש כו'. נ"ל בצירוף הפסוק "דבר אל בני ישראל וקח מאתם מטה מטה שנים עשר מטות וכו' מטהו יפרח".

ונדקדק למה ציוה השי"ת ב"ה ליקח שנים עשר מטות, הלא עיקר הסימן היה הפריחה שזה דבר הפלא, והיה די בלקיחת מטה אהרן לבד וכאשר יראו שיפרח מטהו יהיה לאות ביניהם ויסור תלונותם, ואם יאמרו לבחון אולי גם מטותם יפרח כשיניחום באוהל מועד, אז מי שירצה לידע זאת ילך ויבחן וינסה לעצמו, ולמה ליקח כל הי"ב בפעם אחת. אך הענין הוא דהנה כתיב "אשרי שומע לי לשקוד על דלתותי יום יום", ולכאורה על דלתי הוי ליה למימר בפתח, והוא ג"כ לשון רבים.

אלא נראה שאדם צריך לדבק עצמו ולעבוד השי"ת בכל מידותיו, ואל יאמר שדי לו לבחור לעצמו איזה מידה - או ללמוד או להתפלל או ליתן צדקה או איזה מידה אחרת, רק צריך האדם לקבל על עצמו לדבק את עצמו בכל נפשו בכל מידותיו האפשרי בכל ההתאמצות, ולכן נאמר "דלתותי", לומר שמחויב לשקוד על כל דלתות, דאילו נאמר "דלתי", הייתי אומר מיעוט דלתי שנים, לכן הוסיף הכתוב לכתוב דלתותי להורות הריבוי האפשרי.

"Ceci sera pour toi [pris] des choses très saintes, du feu etc." (Bamidbar 18,9). Il me semble [qu'il faut l'expliquer] en le joignant au verset "parle aux enfants d'Israël et prends d'eux un bâton, un bâton par maison paternelle, douze bâtons etc., son bâton fleurira" (Bamidbar 17,17-20).

Et nous nous interrogerons : pourquoi le Nom, béni soit-Il, a-t-Il ordonné de prendre douze bâtons ? L'essentiel du signe était bien la floraison, qui est la chose prodigieuse, et il aurait suffi de prendre le seul bâton d'Aharon : lorsqu'ils verraient que son bâton fleurit, cela serait pour eux un signe et leurs murmures cesseraient.

Et si l'on dit qu'ils voudraient éprouver [la chose], peut-être leurs bâtons aussi fleuriraient-ils si on les déposait dans la tente d'assignation - alors, celui qui voudrait le savoir n'aurait qu'à aller éprouver et essayer pour lui-même ; pourquoi donc prendre les douze en une seule fois ? Mais la chose est ainsi : il est écrit "heureux l'homme qui m'écoute, veillant à mes portes jour après jour" (Michle 8,34).

À première vue il aurait fallu dire "à ma porte", au singulier, et [le mot] est de surcroît au pluriel [amplifié]. Il apparaît plutôt que l'homme doit s'attacher et servir le Nom, béni soit-Il, par toutes ses qualités, et qu'il ne dise pas qu'il lui suffit de se choisir une seule qualité - ou d'étudier, ou de prier, ou de donner la tsedaka, ou quelque autre qualité ; l'homme doit au contraire prendre sur lui de s'attacher de toute son âme par toutes ses qualités, autant qu'il est possible, avec tout l'effort.

C'est pourquoi il est dit "mes portes" (דלתותי), pour dire qu'il est tenu de veiller à toutes les portes ; car s'il avait été dit "delataï" (דלתי), j'aurais dit que le minimum de ce pluriel est de deux ; c'est pourquoi le verset a ajouté d'écrire "delatotai", pour enseigner le plus grand nombre possible.

‎והנה עיקר כללות המידות הם שנים עשר כנגד י"ב שבטי י"ה שהם כנגד י"ב גבולי אלכסון, שכל שבט בפני עצמו הוטבע בו מידה אחת היותר מוטבע אצלו מבשבט הב' וכן כולם, אבל באמת כל האדם צריך להתחזק ולהתאמץ בכל המידות לעבוד בהם הבורא ב"ה, ולזה ציוה השי"ת לקחת שנים עשר מטות, לרמוז שהחיוב מוטל להחזיק בכל המידות לשקוד בהם, וזה שפירש רש"י "כשהוכר הפרי הוכר שהיה שקדים", פירוש שרש"י מתרץ זאת שבני ישראל לא ידעו מה זה הציוי לקחת כל הי"ב מטות הלוא היה די במטה אהרן לבד, אך כאשר ראו הפריחה של שקדים הבינו שנס הגדול הזה בא מחמת "שקדים", פירוש ע"י שהוא שוקד על כל המידות טובות והוא כולל בטובו את כל השבטים, וזהו "הוכר שהן שקדים", פירושו שהוכר שלכך בא למדריגה הזאת הוא מחמת שקדים, ששקד על דלתות יום יום כנ"ל. וזהו "זה יהיה לך", "זה" בגימטריה י"ב, רמז לו הש"י שיחזיק בכל המידות של שנים עשר שבטי יה.

והבן.

Or l'ensemble des qualités, dans son principe, est de douze, correspondant aux douze tribus de י"ה (Ya-h), qui correspondent aux douze limites diagonales ; car en chaque tribu prise à part fut imprimée une qualité, plus enracinée en elle que dans la deuxième tribu, et ainsi pour toutes. Mais en vérité, tout homme doit se fortifier et faire effort dans toutes les qualités, pour servir par elles le Créateur, béni soit-Il.

Et c'est pourquoi le Nom, béni soit-Il, a ordonné de prendre douze bâtons, pour faire allusion à l'obligation qui incombe [à chacun] de se tenir à toutes les qualités et d'y veiller. Et c'est ce qu'explique Rachi : "lorsque le fruit fut reconnaissable, on reconnut que c'étaient des amandes" - explication : Rachi résout par la [la difficulté], car les enfants d'Israël ne savaient pas ce qu'était cet ordre de prendre les douze bâtons, puisqu'il aurait suffi du seul bâton d'Aharon ; mais lorsqu'ils virent la floraison d'amandes, ils comprirent que ce grand miracle était venu à cause des "amandes" (שקדים) - explication : parce qu'il veille (שוקד, choked) sur toutes les bonnes qualités et qu'il inclut dans sa bonté toutes les tribus.

Et c'est cela "on reconnut que c'étaient des amandes", dont le sens est qu'on reconnut que s'il est parvenu à ce niveau, c'est à cause des "amandes", c'est-à-dire parce qu'il a veillé aux portes jour après jour, comme ci-dessus. Et c'est cela "ceci sera pour toi" : "ceci" (זה) a pour valeur numérique douze (guematria de זה = 12) ; le Nom lui a fait allusion qu'il devait se tenir à toutes les qualités des douze tribus de י"ה.

Comprends.

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