נועם אלימלך

Noam Elimelech — Sefer Bamidbar, Bamidbar (2/2)

Rabbi Élimélech de Lizhensk
En bref

« Faites le relevé de la tête des enfants d'Israël », « selon leurs familles » (Bamidbar 1,2). Pour le Noam Elimele'h, trois degrés font qu'un homme soit tsadik : le guilgoul (transmigration de l'âme), déjà tsadik, dont on tire conseil car il a entendu dans le monde supérieur ce qui est destiné à advenir ; le mérite des pères tsadikim, honorés dans la pamalia chel maala (la cour céleste) ; le nom d'un tsadik déjà venu, qui éveille sa lumière dans le monde supérieur. David priait d'être tsadik dont on tire du conseil, ou du moins par l'honneur de ses pères. Hachem dit à Moché d'élever Israël selon son degré : « selon leurs familles », « par le nombre des noms », « par leurs têtes ».

Aussi : on n'appréhende D.ieu que par Ses actes ; les Léviim attachés à Lui font qu'Il accomplisse des miracles, c'est « Je suis Hachem » ; par l'amour et le service Il est appelé « Je », et Son désir est que l'homme soit tsadik.

שאו את ראש בני ישראל כו' למשפחותם כו. נ"ל דהנה יש שלש מדריגות הגורמים לאדם שיהיה צדיק, א' מצד הגלגול, שהיה צדיק בגלגול ראשון ומחמת זה נקל לו להיות צדיק גם עתה.

ב' מחמת זכות אבותיו שהיו צדיקים, ומחמת זכותם חולקים להם כבוד בפמליא של מעלה שיהיו בניהם צדיקים. ג' מחמת שהשי"ת ב"ה גזר בבריאת העולם שיהא כך וכך שמות ראובן, וכך וכך שמות שמעון, ועתה כשגתגלגל איזה אדם בעולם ונותן לו שם בשם צדיק א' שהיה כבר בעולם, זה גורם לאיש הלזה שיהיה ג"כ צדיק מחמת שנתעורר האור של הצדיק שהוא בעולם העליון.

והחילוק שבין הצדיק שהוא מחמת גלגול הראשון ובין הצדיק שהוא מחמת זכות אבותיו הוא כך, שהצדיק מחמת גלגול הראשון, נהנין ממנו עצה מחמת שהיה כבר בעולם העליון ושמע הכל מה שעתיד להיות בעולם, ולכן יש לו כח זה ליתן עצה, אבל הצדיק מחמת זכות אבות לא כן הוא במדריגה זו, וזהו שאמר דוד המלך ע"ה "בעצתך תנחני ואחר כבוד תקחני" פירוש שהיה מתפלל על עצמו שיהיה צדיק, או במדריגה זו להיות נהנין ממנו עצה, או עכ"פ מחמת כבוד אבותיו.

"Faites le relevé de la tête des enfants d'Israël" etc., "selon leurs familles" etc. (Bamidbar 1,2).

Il me semble [de l'expliquer ainsi] : voici, il y a trois degrés qui font qu'un homme soit tsadik (juste). Le premier, du côté du guilgoul (transmigration de l'âme) : il fut déjà tsadik dans une première incarnation, et pour cette raison il lui est facile d'être tsadik aussi maintenant.

Le deuxième, en raison du mérite de ses pères qui étaient des tsadikim : et en raison de leur mérite on leur rend honneur dans la pamalia chel maala (la cour céleste, l'assemblée d'en haut), en sorte que leurs fils soient des tsadikim. Le troisième, parce que le Nom béni, qu'Il soit béni, a décrété lors de la création du monde qu'il y aurait tant et tant de noms Reouven, et tant et tant de noms Chimon ; et maintenant, lorsqu'un homme s'incarne dans le monde et qu'on lui donne le nom d'un tsadik qui fut déjà dans le monde, cela fait que cet homme-là soit lui aussi tsadik, parce que s'éveille la lumière du tsadik qui se trouve dans le monde supérieur.

Et la différence entre le tsadik qui l'est en raison de la première incarnation et le tsadik qui l'est en raison du mérite de ses pères est celle-ci : le tsadik qui l'est en raison de la première incarnation, on tire de lui du conseil, parce qu'il a déjà été dans le monde supérieur et qu'il y a entendu tout ce qui est destiné à advenir dans le monde ; c'est pourquoi il a ce pouvoir de donner conseil. Mais le tsadik qui l'est en raison du mérite des pères, il n'en est pas ainsi pour lui à ce degré-là.

Et c'est ce qu'a dit le roi David, que la paix soit sur lui : "Par Ton conseil Tu me guideras, et ensuite Tu me prendras dans la gloire" (Tehilim 73,24). Explication : il priait sur lui-même pour être tsadik, soit à ce degré-là, celui dont on tire du conseil, soit à tout le moins en raison de l'honneur de ses pères.

‎וזהו "שאו את ראש" כו', שהש"י ב"ה אמר למשה רבינו ע"ה להעלות את כל בני ישראל כל אחד לפי מדרגתו, א' "למשפחותם" כו', היינו מדריגת צדיק מחמת זכות וכבוד אבותיו, ב' "במספר שמות" כנ"ל, ג' "לגלגלותם" היינו צדיק ע"י גלגול ראשון שהיה ג"כ צדיק בעת ההיא. וק"ל.

Et c'est là [le sens de] "Faites le relevé de la tête" etc. : le Nom béni, qu'Il soit béni, dit à Moche rabbenou (notre maître Moché), que la paix soit sur lui, d'élever tous les enfants d'Israël, chacun selon son degré. Le premier, "selon leurs familles" etc., c'est-à-dire le degré du tsadik qui l'est en raison du mérite et de l'honneur de ses pères.

Le deuxième, "par le nombre des noms", comme il a été dit plus haut. Le troisième, "par leurs têtes" (le-gulgelotam, mot de la même racine que guilgoul, la transmigration), c'est-à-dire le tsadik par la première incarnation, où il était déjà tsadik en ce temps-là.

Et cela est facile à comprendre.

והיו לי הלוים אני ה' לכאורה אינו מובן הפירוש של "אני ה'", האיך שייך לשלמעלה הימנו והיו לי הלוים. אך הענין הוא, דהנה הש"י ב"ה בלתי אפשר להשיג מציאותו ית"ש, רק ע"י פעולותיו ונפלאותיו הנפלאים והנוראים, על ידם יכול האדם לדעת ה' ב"ה.

וזהו "והיו לי הלוים" פירוש כשתהיו דבוקים ולווים לי, עי"ז תגרמו שאעשה נסים ונפלאות בעולמי, ויהיו היכולת בידכם להשיג אותי ע"י מפעלי, וזהו "אני ה'" שתדעו אותי שאני ה'. ‎וזהו "אם אין אני לי מי לי", פירוש אם לא תקנתי מעשי שיהא "אני לי" פירוש שאכיר בוראי ע"י נפלאותיו בכדי שיוכל להקרא "אני", "מי לי" מה יש לי פעולה שפעלתי.

וזהו "אני לדודי" כו',, פירוש ע"י ידידותי ואהבתי שאני אוהב להש"י ב"ה ועובד אותו, עבודתי גורם שיתקרא "אני" כנ"ל, "ועלי תשוקתו" דעיקר תשוקת הש"י ב"ה שלא יחטא האדם, ויהיה צדיק תמים, וזהו "ועלי תשוקתו" פירוש תשוקתו הם גם עלי, שגם אני משתוקק שאהיה צדיק. וק"ל.

"Et les Leviim seront à Moi, Je suis ה'" (Bamidbar 3,45). À première vue on ne comprend pas le sens de "Je suis ה'" : en quoi cela se rattache-t-il à ce qui le précède, "et les Leviim seront à Moi" ?

Mais la chose est ainsi : voici, le Nom béni, qu'Il soit béni, il est impossible d'appréhender Son existence, qu'Il soit béni, sinon par Ses actes et Ses merveilles prodigieuses et redoutables ; c'est par eux que l'homme peut connaître ה', qu'Il soit béni. Et c'est là [le sens de] "et les Leviim seront à Moi" : explication, lorsque vous serez attachés à Moi et accompagnants (levim, du même mot que Levi, celui qui s'attache et accompagne), par cela vous ferez que J'accomplisse des miracles et des merveilles dans Mon monde, et vous aurez la capacité de M'appréhender par Mes œuvres ; et c'est "Je suis ה'", que vous sachiez de Moi que Je suis ה'.

Et c'est là [le sens de] "Si je ne suis pas pour moi, qui sera pour moi ?" (Avot 1,14) : explication, si je n'ai pas rectifié mes actes de sorte qu'il y ait "moi pour moi" (ani li) -- c'est-à-dire que je reconnaisse mon Créateur par Ses merveilles, afin qu'Il puisse être appelé "Je" (Ani) -- alors "qui pour moi" (mi li), quel acte ai-je donc accompli ? Et c'est là [le sens de] "Je suis à mon bien-aimé" etc.

(Chir haChirim 7,11) : explication, par mon amitié et mon amour, du fait que j'aime le Nom béni, qu'Il soit béni, et que je Le sers, mon service fait qu'Il soit appelé "Je" (Ani), comme il a été dit plus haut. "Et vers moi est son désir" : car l'essentiel du désir du Nom béni, qu'Il soit béni, est que l'homme ne pèche pas et qu'il soit un tsadik intègre ; et c'est là [le sens de] "et vers moi est son désir", explication : Son désir est aussi sur moi, car moi aussi je désire être tsadik.

Et cela est facile à comprendre.

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