« Ce sont les fêtes de Hachem » (Vayikra 23,4). Le juste est exaucé : cela semble un changement, impensable chez l'Unique véritable. Selon le Noam Elimele'h, il prie avec ses 248 membres et 365 tendons, sans pensée étrangère, relie l'homme à lui et le sanctifie : la faute est réparée (tikoun) et la punition s'en va. Le Saint béni soit-Il est au-dessus du temps ; pourtant « les fêtes (moadim) de Hachem » : parfois l'on trouve auprès du Créateur du temps et du changement, si un décret se change en bien. « Que vous proclamerez » : ne lis pas « otam » mais « atem », la prière des justes avec tout le corps, qui maintiennent les mondes et tournent la rigueur (din) en miséricorde.
Aussi : l'âme sanctifie le corps et l'on répare les paroles vaines (omer) jusqu'à l'épha ; le décompte répare les soixante-dix années dans l'amour, la crainte et la techouva ; Pessa'h « pe sah » puis les matsot, et rapprocher le yetser.
אלה מועדי ד׳ כו'. דהנה יש להבין מה שהצדיק מתפלל ונענה בתפילתו, הלא נראה כהשתנות, וחלילה להיחיד האמיתי מהשתנות.
אך הענין הוא כך, דהצדיק המתפלל על איזה אדם, בשעה שהוא מתפלל, הוא מתפלל בכל רמ"ח איבריו ושס"ה גידיו בלי שום מחשבה זרה, והוא מקשר אותו אדם שמתפלל בעדו ברמ"ח איבריו שלו והוא מקדשו, לזה הוא נענה, כי מהיכא תיתי יחסר לאדם, בוודאי מחמת עונש על חטא שעשה בא׳ מאברי גופו, ובעת שהצדיק מעטהו ומכסהו עמו, אז נעשה אברי אותו אדם עם אברי הצדיק אחד, וממילא נתתקן האדם, וכיון שנתקן החטא חלף עבר העונש ממנו, וזהו "כל עצמותי תאמרנה כו׳ מציל" כו׳, דהנה כאשר יחטא האדם, אותו חטא מביא אותו לידי מחשבות זרות ונטמאת מחשבתו חלילה, וזהו פי׳ "לנפש לא יטמא בעמיו" פי׳ שלא יטמא את המחשבה היא הנפש, בעמיו הם האברים, וזהו "כל עצמותי" כו׳, כשאני מתפלל במחשבה זכה וצלולה, וכל אברים הם מסכימים עמי בעבודה, ועי"ז "מציל עני מחזק ממנו" הוא האדם הצריך לאיזה דבר והוא עני בדבר, אז ניצול, כי אני מתפלל עבורו ומקשרו עמי וכדלעיל, וזהו "אלה מועדי ה׳" כו׳, דהקב"ה הוא למעלה מן הזמן ואין בו שום השתנות, ואמר הכתוב "אלה מועדי ה׳" שלפעמים יכול אתה למצוא אצל הבורא ג"כ זמן והשתנות, דהיינו אם אתמול היה איזה גזירה כנ"ל והיום נשתנה לטובה, ומפרש הכתוב מהיכן בא זה באמת אל הבורא האמיתי? ומפרש "אשר תקראו אותם" ואיתא בגמ' אל תיקרי אותם אלא אתם, ר"ל ע"י תפילת הצדיקים המתפללים בכל אבריהם, אתם דייקא, פי׳ בכל גופכם שלם בלי עירוב מחשבה זרה חלילה, וזהו "במועדם" דהעולמות נקראים "מועד", שהם תחת הזמן, והצדיקים המתפללים בכוונה, הם המקיימין העולמות ומשפיעין טובה וחיות לכל העולמות, ולזה הם הגורמים להפך מידת הדין לרחמים גמורים, כי המה המושלים בכל בכח חיותם אשר משפיעים לכל. וזהו "אם בחוקותי תלכו" כו׳, פי׳ דהעולמות הם נקראים "חוקים" מלשון חוק וזמן נתן להם, והיינו כשתתאמצו לילך במחשבותיכם הטהורים בעולמות העליונים, "ונתתי גשמיכם" הם גשמיות הדברים, והמחשבות העולים מהגוף יזדכך ג"כ ויעלו למעלה בעיתים העליונים.
"Ce sont les fêtes de ה'" etc. (Lévitique 23,4).
Il faut comprendre ceci : le juste prie et il est exaucé dans sa prière ; or cela semble être un changement, et il est impensable d'attribuer un changement à l'Unique véritable. Mais voici la chose : le juste qui prie pour un homme, à l'heure où il prie, prie avec ses 248 membres (רמ"ח, les 248 membres du corps) et ses 365 tendons (שס"ה), sans aucune pensée étrangère, et il relie l'homme pour lequel il prie à ses propres 248 membres et il le sanctifie ; c'est pourquoi il est exaucé.
Car d'où viendrait qu'il manque quelque chose à un homme ? Assurément à cause d'une punition pour une faute qu'il a commise par l'un des membres de son corps ; et au moment où le juste l'enveloppe et le couvre avec lui, alors les membres de cet homme deviennent un avec les membres du juste, et de ce fait l'homme est réparé (tikoun), et puisque la faute est réparée, la punition s'en est allée et a passé loin de lui.
Et c'est le sens de "tous mes os diront... Il sauve" etc.
(Psaumes 35,10). Car lorsque l'homme faute, cette faute l'amène à des pensées étrangères et sa pensée devient impure, à Dieu ne plaise.
Et c'est le sens de "il ne se rendra pas impur pour une âme parmi les siens" (Lévitique 21,1) : qu'il ne rende pas impure la pensée, qui est l'âme (nefech) ; "parmi les siens" (בעמיו), ce sont les membres. Et c'est "tous mes os" etc. : lorsque je prie avec une pensée pure et limpide, et que tous les membres s'accordent avec moi dans le service, et par cela "Il sauve le pauvre de plus fort que lui" - c'est l'homme qui a besoin de quelque chose et qui est pauvre en cette chose ; alors il est sauvé, car je prie pour lui et je le relie à moi, comme ci-dessus.
Et c'est "ce sont les fêtes de ה'" etc. : le Saint béni soit-Il est au-dessus du temps et il n'y a en Lui aucun changement ; et pourtant le verset dit "ce sont les fêtes (moadim, temps fixés) de ה'", c'est-à-dire que parfois tu peux trouver aussi auprès du Créateur du temps et du changement, à savoir si hier il y avait un décret comme ci-dessus et qu'aujourd'hui cela s'est changé en bien. Et le verset explique d'où cela vient en vérité au Créateur véritable.
Il explique : "que vous proclamerez" (acher tikréou otam), et il est dit dans la Guemara : ne lis pas "otam" (אותם, eux) mais "atem" (אתם, vous) ; c'est-à-dire par la prière des justes qui prient avec tous leurs membres - "vous" précisément, c'est-à-dire avec tout votre corps entier, sans mélange de pensée étrangère, à Dieu ne plaise. Et c'est "en leur temps" (bémoadam) : les mondes sont appelés "moed", car ils sont soumis au temps ; et les justes qui prient avec intention sont ceux qui maintiennent les mondes et répandent le bien et la vitalité sur tous les mondes ; c'est pourquoi ce sont eux qui font tourner la mesure de rigueur (din) en miséricorde complète, car ce sont eux qui dominent sur tout par la force de la vitalité qu'ils répandent sur tout.
Et c'est "si vous marchez dans mes lois (houkotaï)" etc. (Lévitique 26,3) : les mondes sont appelés "houkim" (lois), du langage de "une loi et un temps leur a été fixé" ; à savoir lorsque vous ferez effort pour marcher par vos pensées pures dans les mondes supérieurs, alors "je donnerai vos pluies" (guichméikhem) - ce sont les choses matérielles (gachmiout), et les pensées qui montent du corps s'affineront elles aussi et monteront en haut, dans les temps supérieurs.
וזהו "כי תבואו אל הארץ", דמחשבות טהורות באים מצד הנשמה, ומחשבות אחרות הם מהגוף, ואמר הכתוב כאשר תזכו להמשיך הנשמה כ"כ בקדושה גדולה שעל ידה יתקדש ג"כ הגוף במחשבות קדושות, ו"תבואו אל הארץ" פי׳ שתבואו לזה שתעיינו ותשגיחו אל הארציות ג"כ להכניס בקדושה, אז "וקצרתם את קצירה" פי׳ שמדריגה הזאת תשכיל אתכם להבין המיעוט והקיצור בעבודתו ית', ועד היכן צריך לתקן מעשיו, "והבאתם את עומר" הוא כמו אומ"ר באלף, כי מתחלף זה בזה באותיות אחה"ע, פי׳ שצריכים אתם לתקן את הדברים בטלים שדיברתם, ותראו להעלות אותם בקדושה שיעלו לרצון לפניו ית' הנקרא כהן, וזהו "אל הכהן", וזהו "ראשית קצירכם" כי הדברים בטלים הם המביאים את האדם לכל הקיצורים והם התחלה לכולם, "והניף את העומר לפני ה׳" ר"ל שתעלה ותניף את האומר לפני ה׳, "לרצונכם" ר"ל למחשבותיכם, דהיינו שיהא האמירה והמחשבה יחד בקדושה, "ממחרת השבת יניפנו הכהן" ר"ל והקב"ה ברחמיו יניף את האמירה זאת למעלה לעולם העליון, "ועשיתם ביום הניפכם את העומר כבש תמים בן שנתו לעולה" פי׳ כשיהיה מחשבה והדיבור יחד בקדושה טובים, אז יעשה כבש ודרגא להעלות אותו הדיבור לעולה לה׳. וזהו "והעומר עשירית האיפה הוא", דאיתא גבי איוב שאמר לו הקב"ה איפה היית ביסדי ארץ, ופי׳ בספרים ששאל אותו השי"ת מאיזה "איפה" אתה מאדם הראשון, כי כל הנשמות הם היו תלויים באדם הראשון, ואמר לו אמור לי השורש שלך היכן הוא, וזהו "והעומר עשירית האיפה" דעשר רמז לקדושה, והיינו ע"י אמירות קדושות וטהורות מקדש את האיפה, היינו השורש שהוא בא משם.
Et c'est "quand vous viendrez au pays" (Lévitique 23,10) : les pensées pures viennent du côté de l'âme (nechama), et les autres pensées viennent du corps. Et le verset dit : lorsque vous mériterez d'attirer l'âme avec une si grande sainteté que par elle le corps aussi sera sanctifié par des pensées saintes, et "vous viendrez au pays" - c'est-à-dire que vous en arriverez à examiner et à veiller aussi sur la terrestrité pour l'introduire dans la sainteté ; alors "vous moissonnerez sa moisson" - c'est-à-dire que ce degré vous rendra sages pour comprendre l'insuffisance et le raccourcissement dans Son service, béni soit-Il, et jusqu'où il faut réparer ses actes.
"Vous apporterez le omer" - c'est comme "omer" (אומ"ר, parole) avec un alef, car ces lettres s'échangent entre elles dans le groupe אחה"ע (alef, het, hé, ayin) ; c'est-à-dire que vous devez réparer les paroles vaines que vous avez dites, et veiller à les élever dans la sainteté afin qu'elles montent en faveur devant Lui, béni soit-Il, qui est appelé "cohen" ; et c'est "vers le cohen". Et c'est "les prémices de votre moisson", car les paroles vaines sont ce qui amène l'homme à tous les raccourcissements et elles sont le commencement de tous.
"Il balancera le omer devant ה'" - c'est-à-dire que tu élèveras et balanceras la parole (omer) devant ה'. "Pour votre agrément (lirtsonkhem)" - c'est-à-dire pour vos pensées, à savoir que la parole et la pensée soient ensemble dans la sainteté.
"Le lendemain du chabbat le cohen le balancera" - c'est-à-dire que le Saint béni soit-Il, dans sa miséricorde, balancera cette parole vers le haut, vers le monde supérieur. "Vous ferez, le jour où vous balancerez le omer, un agneau sans défaut, âgé d'un an, en holocauste" - c'est-à-dire lorsque la pensée et la parole seront ensemble dans la sainteté et seront bonnes, alors cela fera un agneau (keves) et un échelon (darga) pour élever cette parole en holocauste (ola, ce qui monte) vers ה'.
Et c'est "et le omer est le dixième de l'épha" : il est rapporté au sujet de Job que le Saint béni soit-Il lui dit "où étais-tu quand je fondais la terre" (Job 38,4 ; le mot איפה signifie "où" et se lit aussi "épha", la mesure) ; et il est expliqué dans les livres que le Saint béni soit-Il lui demanda : de quel "épha" (איפה) es-tu, dans Adam le premier homme ? car toutes les âmes étaient suspendues à Adam le premier homme ; et Il lui dit : dis-moi où est ta racine. Et c'est "et le omer est le dixième de l'épha" : le dix fait allusion à la sainteté ; à savoir que par des paroles saintes et pures on sanctifie l'épha, c'est-à-dire la racine dont on provient.
ונחזור לביאור הכתוב "ומנחתו" ר"ל תפילת מנחה היא עיקרה לבטל דינים המתחילים לצאת אז משרשם, ונמתקים ע"י תפילת הצדיקים, וכדאיתא שאליהו לא נענה אלא בתפילת המנחה, וזהו "ומנחתו שני עשרונים" ר"ל ב׳ מדריגות קדושות, "סולת בלולה בשמן" רמז להשפעות שמשפיע לזה העולם, "אשה לה׳" הוא השפעות שמשפיע הצדיק לעולמות העליונים.
Et revenons à l'explication du verset : "et son offrande (minhato)" - c'est-à-dire que la prière de minha est l'essentiel pour annuler les rigueurs (dinim) qui commencent alors à sortir de leur racine, et qui sont adoucies par la prière des justes, comme il est rapporté qu'Élie ne fut exaucé que dans la prière de minha. Et c'est "et son offrande, deux dixièmes" - c'est-à-dire deux degrés de sainteté.
"De fleur de farine pétrie à l'huile" - allusion aux influx (chefa) qu'il fait descendre sur ce monde. "Une offrande par le feu pour ה'" - ce sont les influx que le juste fait monter vers les mondes supérieurs.
"וספרתם לכם ממחרת השבת" מלשון ספיר המאיר, דהיינו שתאיר קדושתכם ותשפיעו אור ושפע למעלה בעולמות עליונים, וזהו "ממחרת השבת" כנ"ל שתעלו הדיבור, "שבע שבתות תמימות תהיינה" פי׳ שתתקן כל שבעים שנה אשר אתה חי, "ממושבותיכם תביאו לחם תנופה" ר"ל אף אם יהיה עת שלא תהיו כ"כ במדריגה עליונה, כ"א למטה במושבותיכם, גם אז "תביאו לחם" יהיה יכולת בידכם להמשיך השפעות, "תנופה" עי"ז תנשאו למעלה למדריגתכם, "שתים" פי' ע"י שתי מדריגות אהבה ויראה, "שני עשרונים" היינו שכל אחד יהיה כלול משניהם, שעם היראה תהיה האהבה ועם אהבה תהיה היראה, "סולת תהיינה" ר"ל שכל מעשיכם יהיה נקי כסולת בקדושה וטהרה, "חמץ תיאפנה" פי׳ בכל זאת לא תחזיק עצמך לכלום, רק שתמצא בעצמך תמיד חסרונות תערובות חמץ, ותהיה תמיד בתשובה, "ביכורים לה׳" דכ"ף בקו"ף מתחלף באותיות גיכ"ק, זה הוא הדרך שצריך האדם לבקר בתחילה ולדרוש היטב שיהיו לה׳ לשמו הגדול, אמן כי"ר.
"Vous compterez pour vous à partir du lendemain du chabbat" (Lévitique 23,15) - du langage de "sapir" (saphir) qui illumine, c'est-à-dire que votre sainteté illuminera et que vous ferez rayonner lumière et abondance en haut, dans les mondes supérieurs. Et c'est "à partir du lendemain du chabbat" comme ci-dessus, que vous éleviez la parole.
"Sept semaines entières il y aura" - c'est-à-dire que tu répareras les soixante-dix années que tu vis. "De vos habitations vous apporterez un pain de balancement" - c'est-à-dire même s'il y a un temps où vous ne serez pas à un degré si élevé, mais en bas, dans vos habitations, même alors "vous apporterez du pain", vous aurez la capacité d'attirer les influx ; "de balancement (tenoufa)" - par cela vous serez élevés en haut, à votre degré.
"Deux" - c'est-à-dire par les deux degrés, l'amour et la crainte. "Deux dixièmes" - à savoir que chacun soit composé des deux, qu'avec la crainte il y ait l'amour et qu'avec l'amour il y ait la crainte.
"Ce sera de la fleur de farine (solet)" - c'est-à-dire que tous vos actes soient purs comme la fleur de farine, dans la sainteté et la pureté. "Elles seront cuites avec du levain (hamets)" - c'est-à-dire que malgré tout cela tu ne te tiendras pour rien, mais que tu trouveras toujours en toi des manques, des mélanges de hamets, et que tu seras toujours dans le repentir (techouva).
"Prémices pour ה'" (bikourim) - car le kaf et le kouf s'échangent dans les lettres גיכ"ק (guimel, youd, kaf, kouf), et ainsi ביכורים évoque le mot bikour, examiner : c'est la voie que l'homme doit suivre, examiner d'abord et bien rechercher que ses actes soient pour ה', pour Son grand Nom. Amen, qu'ainsi soit Sa volonté (כי"ר).
או יאמר אלה מועדי ה׳ כו׳ בחודש הראשון בארבעה עשר לחודש, ר"ל דהכתוב מלמד אותנו איך נעבוד השי"ת בהדרגה, דהיינו בהיות האדם קודם חצי שנותיו, ולזה רמז "ארבעה עשר לחדש" קודם חצי חודש, "בין הערבים" שאז אין האדם יכול לקבל אור הקדושה ולתקן את מעשיו לגמרי, ועדיין הוא בין הערבים, בין צללי ערב, שעדיין התגברות היצר על האדם, "פסח לה׳" פי׳ שצריך לתקן אז בפיו פה סח, שהפה ישיח וידבר תמיד בתורתו הקדושה, לה׳ לשמו, ולעסוק בעניני הלימוד היטב בגמ׳ ופוסקים ומפרשי הש"ס.
Ou bien on dira : "Ce sont les fêtes de ה'" etc., "au premier mois, le quatorze du mois" - c'est-à-dire que le verset nous enseigne comment servir le Saint, béni soit-Il, par degrés : à savoir lorsque l'homme est avant la moitié de ses années, et c'est ce qu'indique "le quatorze du mois", avant la moitié du mois ; "entre les deux soirs" - car alors l'homme ne peut pas encore recevoir la lumière de la sainteté ni réparer complètement ses actes, et il est encore entre les deux soirs, entre les ombres du soir, car le mauvais penchant (yetser) domine encore l'homme ; "Pessa'h pour ה'" - c'est-à-dire qu'il doit alors réparer par sa bouche : "pe sah" (פה סח, la bouche parle), que la bouche parle et dise toujours Sa Torah sainte, "pour ה'", pour Son Nom, et qu'il s'occupe bien des matières de l'étude, dans la Guemara, les décisionnaires et les commentateurs du Chas (le Talmud).
"ובחמשה עשר יום לחודש" דהיינו אחר חצי שנות האדם, "חג המצות לה׳" פי׳ שיתגבר בקדושה ויהיה עסקן במצוות ה׳ באהבה רבה, ואש בוערת לה׳ בהתלהבות גדול, "שבעת ימים מצות תאכלו" פי׳ עי"ז יתקן כל שבעים שנה של אדם המרומזים בז׳ ימים, ואמר הכתוב "ביום הראשון מקרא קודש יהיה לכם" פי׳ בהתחלת קדושתך לכנוס לעבודת הבורא ית׳, "מקרא קודש יהיה לכם" תתאמץ מאד שיהיה כל קריאתך הן תורה או תפילה רק בקדושה ולא לפני׳ ח"ו, "כל מלאכת עבודה לא תעשו" דהתפילה נקרא עבודה, איזה עבודה שבלב זו תפילה, ולפעמים נמצאים ב"א אשר יקריבו לעבודה כאשר יראו עיניו מעשה הצדיקים ותנועתם לשמו ית׳, הוטב בעיניו מאד התנועה ההיא לעשות גם הוא כמוהם להתנועע כך, כנוע עצי היער בלא טעם וריח, שסובר שהתנועה מחמת עצמה היא יפה והיא מלאכה בפני עצמה, ובאמת אינו כך, כי התנועה באה מרוב עבודה הזכה וצחות הנפש וחשקה הגדול לעבודה, אז ממילא נתהוה מכחה התנועה הנאה והיפה, וזהו "כל מלאכת עבודה לא תעשו" דהיינו התנועות והמלאכות שבעבודה, לא תעשו בכונה לדמות עצמו לצדיק לעשות כמעשהו, זר מעשהו בהיות שלא לשמה חלילה, אך ורק תעשו לשמו הגדול.
"Et le quinzième jour du mois" - à savoir après la moitié des années de l'homme ; "fête des matsot pour ה'" - c'est-à-dire qu'il se renforcera dans la sainteté et sera actif dans les commandements de ה' avec un grand amour, et avec un feu brûlant pour ה' dans un grand enthousiasme. "Sept jours vous mangerez des matsot" - c'est-à-dire que par cela il réparera les soixante-dix années de l'homme, auxquelles font allusion les sept jours.
Et le verset dit "le premier jour il y aura pour vous une convocation sainte (mikra kodech)" - c'est-à-dire au commencement de ta sainteté, quand tu entres dans le service du Créateur béni soit-Il, "il y aura pour vous une convocation sainte" : efforce-toi beaucoup pour que toute ta lecture (kria), que ce soit la Torah ou la prière, soit uniquement dans la sainteté et non pour l'apparence extérieure (lifnim), à Dieu ne plaise. "Vous ne ferez aucun travail de service (melekhet avoda)" - car la prière est appelée "service" (avoda) : quel est le service du cœur ?
C'est la prière. Et parfois il se trouve des gens qui s'approchent du service lorsque leurs yeux voient les actes des justes et leurs mouvements pour Son Nom, béni soit-Il ; ce mouvement plaît beaucoup à leurs yeux, et l'homme veut faire comme eux et se mouvoir ainsi, comme le balancement des arbres de la forêt, sans goût ni parfum, car il pense que le mouvement par lui-même est beau et qu'il est un travail en soi.
Mais en vérité il n'en est pas ainsi, car le mouvement vient de l'abondance du service pur, de la clarté de l'âme et de son grand désir du service ; alors, de soi-même, se forme par sa force le mouvement agréable et beau. Et c'est "vous ne ferez aucun travail de service" : à savoir les mouvements et les travaux qui sont dans le service, ne les faites pas avec l'intention de vous rendre semblable au juste pour faire comme lui - son acte est étranger, puisqu'il n'est pas pour Son Nom, à Dieu ne plaise ; mais seulement faites-le pour Son grand Nom.
"והקרבתם אשה לד׳", דהנה אמרו חז"ל יצר ותינוק ואשה כו׳, י"ל שכל זה חד הוא, ר"ל יצר נקרא בעצמו אשה, שמתעצל את האדם בעבודתו ית׳ כאשה עצלה, ותינוק שעושה מעשה תעתועים כתינוק, וצריך האדם לקרבו להבורא ב"ה, לעבוד את הבורא בשני יצרים. וזהו "והקרבתם אשה" ר"ל דהיינו נקבות הוא צד היצר, תקריבו אותו "לה׳ שבעת ימים" הם כל ימי שנותיו של אדם, "ביום השביעי מקרא קודש" ר"ל אחר שיגיע לימי הזיקנה, צריך ג"כ להתגבר בקדושה שיהא מקרא קודש, בבוקר זרע זרעך ולערב אל תנח ידיך.
"Vous offrirez une offrande par le feu pour ה'" - voici, nos Sages de mémoire bénie ont dit : "le mauvais penchant, un enfant et une femme (yetser, tinok, icha)" etc. On peut dire que tout cela est une seule et même chose : c'est-à-dire que le mauvais penchant lui-même est appelé "icha" (femme), car il rend l'homme paresseux dans Son service, béni soit-Il, comme une femme paresseuse ; et "tinok" (enfant), car il accomplit des actes de dérision comme un enfant ; et l'homme doit le rapprocher (lékarvo) du Créateur béni soit-Il, afin de servir le Créateur avec les deux penchants.
Et c'est "vous offrirez (véhikravtem) une icha" - c'est-à-dire le féminin, qui est le côté du mauvais penchant : rapprochez-le "vers ה', sept jours" - ce sont tous les jours des années de l'homme. "Le septième jour, convocation sainte" - c'est-à-dire qu'après qu'il sera parvenu aux jours de la vieillesse, il doit lui aussi se renforcer dans la sainteté afin que ce soit une convocation sainte : "au matin sème ta semence, et le soir ne laisse pas reposer ta main" (Ecclésiaste 11,6).