« Parle aux kohanim » et « tu leur diras » (Vayikra 21,1) : pourquoi « dis » et « tu diras » ? Pour le Noam Elimele'h, il y a des justes sanctifiés par leurs pères, et des nézirim (naziréens) qui se sont détachés d'eux-mêmes, fils de gens pauvres en savoir : humbles, ils se surveillent d'un œil ouvert et ne tombent pas vite. Les premiers, assistés du mérite des pères, peuvent en venir à l'intérêt personnel (penia) et à la grandeur, et tomber vite. On les avertit de ne laisser monter en pensée le lignage, de s'imposer un détachement nouveau, et de se regarder comme s'ils n'avaient aucun mérite des pères : c'est par « son peuple », ce lignage, qu'ils peuvent rendre l'âme impure.
Aussi : le kohen oint qui fait des trahisons des vêtements de sainteté en s'attribuant les fautes ; Yaakov, le pain, le vêtement et la dîme comme techouva, pas plus d'un cinquième ; les moadim, mondes élevés par la lecture sainte de la Torah.
אמור אל הכהנים כו׳ ואמרת אליהם כו׳. י"ל על כפל לשון "אמור ואמרת", ומתחילה נפרש הפסוק "דבר אל אהרן ואל בניו וינזרו מקדשי בני ישראל", דהנה יש ב׳ גווני צדיקים, יש צדיקים שנתקדשו מאבותיהם שהיו קדושים ויראים ושלימים והתורה מחזרת על אכסניא שלה, ויש צדיקים הנקראים נזירים על שם פרישותם מעצמם אף על פי שהם בני עניי הדעת, והצדיקים ההם לא במהרה הם יכולים ליפול ממדריגתם הקדושה, כי אין להם על מה שיסמוכו, והם נכנעים בדעתם ומשגיחים על עצמם בעינא פקיחא תמיד בלי הפסק, אבל הצדיקים הקדושים שנתקדשו מאבותיהם, אף שהם מלאים תורה ומצוות מחמת זכות אבותם מסייעתם, לפעמים יכולים לבוא ע"י זה לפניה וגדלות מזה ויפלו מהר ממדרגתם, וזהו "אמור אל הכהנים בני אהרן" פירוש רמז לאותן צדיקים אשר הם בני צדיקים והם נקראים "כהנים בני אהרן", תזהיר אותם מאד שלא יעלה על מחשבתם כלל יחוס אבותיהם, רק ינזרו ויפרשו לעצמם פרישות מחדש, ויבחרו להם הדרך הטובה, וזהו "דבר אל אהרן ואל בניו וינזרו מקדשי בני ישראל", ר"ל שגם הם יהיו נזירים ופרושים מעצמם, וישגיחו ג"כ על עצמם מאוד, ולא ישגיחו על זכות אבותם כדי שלא יבוא להם חלילה איזה התנשאות מחמת יחוסיהם, ותועבת ה׳ כל גבה לב.
וזהו "ולא יחללו את שם קדשי אשר הם מקדישים לי".
"Parle aux kohanim" etc. "et tu leur diras" etc.
(Vayikra 21,1). Il y a lieu de s'interroger sur le redoublement de l'expression "dis (amor) et tu diras (ve-amarta)".
Commençons d'abord par expliquer le verset "Parle à Aharon et à ses fils, et qu'ils se tiennent à l'écart (ve-yinazrou, de la racine nazir) des choses saintes des enfants d'Israël" (Vayikra 22,2). Car voici, il y a deux sortes de justes : il y a des justes qui ont été sanctifiés par leurs pères, lesquels étaient saints, craignant le Ciel et parfaits - et la Torah revient à son auberge (elle retourne chez ceux qui l'ont déjà hébergée) ; et il y a des justes appelés nézirim (naziréens, ceux qui se séparent) en raison du détachement qu'ils se sont imposé d'eux-mêmes, bien qu'ils soient fils de gens pauvres en savoir.
Et ces justes-là ne peuvent pas tomber rapidement de leur degré saint, car ils n'ont rien sur quoi s'appuyer ; ils sont humbles dans leur pensée et se surveillent eux-mêmes בעינא פקיחא (d'un œil ouvert) constamment, sans interruption. Mais les justes saints qui ont été sanctifiés par leurs pères, bien qu'ils soient remplis de Torah et de mitsvot parce que le mérite de leurs pères les assiste, peuvent parfois en venir par cela à l'intérêt personnel (penia) et à la grandeur (gadlout), et tomber vite de leur degré.
Et c'est le sens de "Parle aux kohanim, fils d'Aharon" : explication, allusion à ces justes qui sont fils de justes et qui sont appelés "kohanim, fils d'Aharon" - avertis-les très fortement de ne laisser monter en leur pensée, en aucune façon, le lignage de leurs pères, mais qu'ils se séparent et s'imposent à eux-mêmes un détachement nouveau, et qu'ils se choisissent la bonne voie. Et c'est "Parle à Aharon et à ses fils, et qu'ils se tiennent à l'écart des choses saintes des enfants d'Israël", c'est-à-dire qu'eux aussi soient nézirim et séparés d'eux-mêmes, et qu'ils se surveillent eux aussi beaucoup, et qu'ils ne comptent pas sur le mérite de leurs pères, afin qu'il ne leur vienne pas, à Dieu ne plaise, quelque orgueil à cause de leur lignage - car "tout cœur hautain est une abomination pour ה'" (Michle 16,5).
Et c'est "et ils ne profaneront pas le nom de Ma sainteté, qu'ils Me sanctifient" (Vayikra 22,2).
וזהו "אמור אל הכהנים ואמרת אליהם" פי׳ אמור ואמרת רמז לב׳ מדריגות, שצריך אתה לחזור אליהם ולכפול להם הדבר, כדי שלא יחשבו שזכות אבותם מסייעתם ויפלו חלילה ע"י זה לגאות ולא יפעלו כלום, וזהו "ואמרת אליהם" פי׳ לא ישגיחו על זכות אבותיהם כי אם על עצמם, וזהו אמירה שתאמר להם תיבת "אליהם" פי׳ שיביטו על עצמם כאילו אין להם זכות אבות כלל, וזהו "לנפש לא יטמא בעמיו", כי ע"י עמיו הם היחוס אבותם, הם יכולין לטמא הנפש, לכך הכפל להם הדבר הזה מאד, ויהיה להם הרגל דבר, ויבחרו הדרך הישרה ואז טוב להם.
Et c'est "Parle aux kohanim... et tu leur diras" : explication, "dis" et "tu diras" est une allusion à deux degrés, car tu dois revenir vers eux et leur répéter la chose, afin qu'ils ne pensent pas que le mérite de leurs pères les assiste, et qu'ils ne tombent par cela, à Dieu ne plaise, dans l'orgueil, et alors ils n'accompliraient rien. Et c'est "et tu leur diras (aleihem)" : explication, qu'ils ne comptent pas sur le mérite de leurs pères mais sur eux-mêmes seulement.
Et c'est la parole que tu dois leur dire, le mot "aleihem" (à eux) : explication, qu'ils regardent vers eux-mêmes comme s'ils n'avaient aucun mérite des pères. Et c'est "il ne se rendra pas impur pour un mort parmi son peuple (be-amav)" (Vayikra 21,1), car c'est par "son peuple", qui est le lignage de leurs pères, qu'ils peuvent rendre l'âme impure.
C'est pourquoi répète-leur beaucoup cette chose, afin qu'elle leur devienne habituelle, et qu'ils choisissent la voie droite, et alors il leur sera bon.
או יאמר כו׳ ואמרת אליהם פירש"י ז"ל "אמור ואמרת להזהיר הגדולים על הקטנים", יש לומר כוונת רש"י ז"ל "להזהיר גדולים" דהיינו צדיקים גדולים, "על הקטנים" ר"ל על עבירות קטנים שאדם דש בעקבו.
Ou bien on dira : "...et tu leur diras" - Rachi, de mémoire bénie, explique : "dis et tu diras, pour avertir les grands au sujet des petits". Il y a lieu de dire que l'intention de Rachi, de mémoire bénie, par "avertir les grands" est : les grands justes ; "au sujet des petits", c'est-à-dire au sujet des fautes légères que l'homme foule de son talon.
או יאמר אמור ואמרת, דהכלל דדרך הצדיק כשרוצה להוכיח אדם אחד, אז צריך להיות האמירה הזה לכלל בני אדם, ואז ממילא יוחל הדיבור לאיש הזה, וזה בא להורות הפסוק, "אמור" ר"ל שיהא האמירה לכלל, "ואמרת אליהם" שיהא הדיבור יוחל לא׳, וזה פי׳ רש"י ז"ל "להזהיר גדולים על הקטנים" ר"ל שיהא האזהרה לכלל אף לגדולים, כשרוצה להזהיר על הקטנים. וק"ל.
Ou bien on dira "dis et tu diras" ainsi : la règle est que la voie du juste, lorsqu'il veut réprimander un homme en particulier, est que cette parole soit adressée à l'ensemble des gens, et alors d'elle-même la parole s'appliquera à cet homme-là. Et c'est ce que le verset vient enseigner : "dis", c'est-à-dire que la parole soit adressée à l'ensemble ; "et tu leur diras", que la parole s'applique à un seul.
Et telle est l'explication de Rachi, de mémoire bénie, "pour avertir les grands au sujet des petits", c'est-à-dire que l'avertissement soit adressé à tous, même aux grands, lorsqu'il veut avertir au sujet des petits. Et cela est facile à comprendre.
בענין אחר נראה לפרש דברי רש"י ז"ל "להזהיר גדולים על הקטנים" להיות כל האדם בשעה שעוסק בתורה או בתפילה או באיזה דבר קדושה, אז הוא בגדלות המוחין, וכך הדרך הצדיקים שלפני התפילה המה מיישבים עצמם ומוחין שלהם לפני מי הם מתפללין, והקדושה ההיא מגביה המוחין בעת העסק בה, אבל אחר התפילה או עסק הקדושה ההוא, נופל לקטנות המוחין בהילוכו בהבלי הזמן, וזה אינו תכלית העבודה השלימה, כי אדם צריך להיות תמיד בקדושה ובטהרה בלי הפסק רגע א', לזה צריך לקשר עצמו ג"כ בעת הגדלות מחשבתו בהש"י ב"ה, שיהיה מחשבתו קשורה אף שילך ממנה, וזה "להזהיר גדולים" פי׳ בשעה שהם בגדלות, "על הקטנים" שישארו בקדושתם אף שיהיו בקטנות. וק"ל.
D'une autre manière, il apparaît qu'on peut expliquer les paroles de Rachi, de mémoire bénie, "pour avertir les grands au sujet des petits" : tout homme, à l'heure où il s'occupe de Torah, ou de prière, ou de quelque chose de saint, se trouve alors dans la gadlout de-mohin (l'état de grandeur des mohin, les consciences supérieures). Et telle est la voie des justes : avant la prière, ils mettent en ordre leur personne et leurs mohin en songeant devant Qui ils prient, et cette sainteté élève les mohin pendant le temps où ils s'y adonnent.
Mais après la prière ou après cette occupation sainte, il tombe dans la katnout de-mohin (l'état de petitesse des mohin) en allant parmi les vanités du temps ; or ce n'est pas là le but du service parfait, car l'homme doit se tenir toujours dans la sainteté et la pureté sans l'interruption d'un seul instant. Pour cela, il doit aussi se lier, au moment de la grandeur de sa pensée, au Nom, béni soit-Il, en sorte que sa pensée demeure liée même lorsqu'il s'en éloignera.
Et c'est "avertir les grands" : explication, à l'heure où ils sont dans la gadlout ; "au sujet des petits", qu'ils demeurent dans leur sainteté même lorsqu'ils seront dans la katnout. Et cela est facile à comprendre.
והכהן הגדול מאחיו אשר יוצק על ראשו שמן המשחה. פי׳ שעל ידו הולכים כל השפעות והרחמים שהם נקראים "שמן המשחה" לשון גדולה, "ומלא את ידו ללבוש את הבגדים" פי׳ שיש כח ביד צדיק כזה להלביש את הבגדים, כי בגד הוא מלשון בגידה, פי׳ היכולת בידו לכפר על עוון הדור, עושה מהם לבושי קודשא, שדרך הצדיק להוכיח עצמו תמיד בכל עת, ואומר בפני ב"א תמיד שהוא מקולקל במעשיו, והוא פורט לפניהם חטאים שעושים אותם שאר בני אדם ותולה הצדיק הזה בעצמו אותם חטאים כאילו עשאם הוא, ועי"ז הוא מכניס בלבם יראה גדולה והם שבים מעוונותיהם, וגדולה תשובה שזדונות נעשים כזכיות, נמצא אותם הבגידות עצמם, הצדיק בחכמתו עושה מהם זכויות ולבושי הקודש כמצוות עצמם, ואמר הכתוב הצדיק כזה "את ראשו לא יפרע" פי׳ לא יגלה החכמות שבראשו, רק צריך להסתיר אותם מאד בשעת דיבורו עם ב"א, "ובגדיו לא יפרום" ר"ל ומדריגה הזאת שמחזיק עצמו תמיד לשפל ונבזה וכבוגד חלילה, "לא יפרום" רק יחזיק זאת לעולם.
"Et le kohen qui est le plus grand parmi ses frères, sur la tête duquel a été versée l'huile d'onction" (Vayikra 21,10). Explication : par lui passent tous les influx et toutes les miséricordes, qui sont appelés "huile d'onction (chemen ha-mich'ha)", terme de grandeur.
"Et dont on a rempli la main pour revêtir les vêtements (begadim)" : explication, un tel juste a le pouvoir dans sa main de revêtir les begadim - car begued est de la même racine que beguida (trahison) - c'est-à-dire qu'il a la capacité d'expier la faute de la génération, et qu'il fait des trahisons mêmes des vêtements de sainteté. Car la voie du juste est de se réprimander lui-même constamment, en tout temps, et de dire sans cesse devant les gens qu'il est corrompu dans ses actes ; il détaille devant eux les fautes que commettent les autres hommes, et ce juste s'attribue à lui-même ces fautes-là comme s'il les avait commises.
Et par cela il introduit dans leurs cœurs une grande crainte, et ils reviennent de leurs fautes ; or grande est la techouva (le retour), car les fautes volontaires deviennent comme des mérites. Il se trouve donc que ces trahisons (beguidot) elles-mêmes, le juste par sa sagesse en fait des mérites et des vêtements de sainteté, comme les mitsvot elles-mêmes.
Et l'Écriture dit d'un juste tel que celui-là : "il ne laissera pas sa tête découverte (et rocho lo yifra)" : explication, il ne dévoilera pas les sagesses qui sont dans sa tête, mais il doit les cacher soigneusement à l'heure où il parle avec les gens ; "et il ne déchirera pas ses vêtements (ou-vegadav lo yifrom)", c'est-à-dire : ce degré par lequel il se tient toujours pour bas, méprisable et comme un traître, à Dieu ne plaise, "il ne le déchirera pas", mais il le maintiendra pour toujours.
ואיש כי יאכל קודש בשגגה כו׳. דהנה יעקב אבינו ע"ה אמר "אם יהיה אלקים עמדי כו׳ ונתן לי לחם לאכול, וכל אשר תתן לי עשר אעשרנו לך", ולכאורה קשה על המובחר שבאבות ידבר בתנאי לו ית׳, כאשר יטיב לו אז יעשר לו.
אך הענין הוא דדרך הצדיקים האמיתיים שהם כל ימיהם בתשובה, ובכל דבר שעושים מוצאין בו חיסרון שלא עשה הדבר כתיקונו, וע"י שמהרהרים בתשובה תמיד הם מעלים אותן הניצוצות שנפלו למטה מחמת חטא שאר ב"א, כ"ז הם מתקנים בכח הרהורי תשובתם, ואיתא בגמ׳ "המבזבז אל יבזבז יותר מחומש מנלן מיעקב" כו׳, וי"ל הפי׳ עד"ז "המבזבז" הוא ב׳ תיבות, המבזה בז, שהעוונות נקראים בז, שהם בזויים וכעורים מאד, והוא מבזה אותם, פי׳ שהוא מתחרט תמיד על מעשיו, שמוצא בהם חסרון ועוון יחשב לו ומהרהר בתשובה, "אל יבזבז יותר מחומש" פי׳ שעיקר עסקו יהיה בקדושה העליונה, ארבע ידות לה׳ לתורה ולמצוות, וחלק חמישית יתנהג בדרך הנ"ל.
"Et si un homme mange une chose sainte par erreur (bi-chegaga)" etc. (Vayikra 22,14).
Car voici, Yaakov notre père, la paix soit sur lui, a dit : "Si Elokim est avec moi... et qu'Il me donne du pain à manger... et de tout ce que Tu me donneras, je T'en donnerai la dîme" (Berechit 28,20-22). À première vue c'est difficile : comment le plus choisi des patriarches parlerait-il à Lui, qu'Il soit béni, sous condition, à savoir que, lorsqu'Il lui fera du bien, alors il donnera la dîme ?
Mais la chose est ainsi : la voie des justes véritables est qu'ils sont tous leurs jours dans la techouva, et en toute chose qu'ils font ils y trouvent un manque, estimant qu'ils n'ont pas accompli la chose comme il fallait. Et parce qu'ils pensent constamment à la techouva, ils élèvent ces étincelles (nitsotsot) qui sont tombées en bas à cause de la faute des autres hommes : tout cela, ils le réparent par la force de leurs pensées de techouva.
Et il est dit dans la Guemara : "Celui qui dilapide (ha-mevazbez), qu'il ne dilapide pas plus d'un cinquième ; d'où le savons-nous ? de Yaakov" etc. (Ketoubot 50a).
Et l'on peut dire l'explication de cette manière : "ha-mevazbez" (המבזבז) est fait de deux mots, ha-mevaze baz (celui qui méprise le butin) - car les fautes sont appelées baz (בז, butin), étant méprisables et fort laides - et lui les méprise : explication, il se repent constamment de ses actes, y trouvant un manque, et cela lui est compté comme une faute, et il pense à la techouva. "Qu'il ne dilapide pas plus d'un cinquième" : explication, que l'essentiel de son occupation soit dans la sainteté supérieure - quatre parts pour ה', pour la Torah et pour les mitsvot - et que dans la cinquième part il se conduise de la manière susdite.
וזהו שאמר יעקב אבינו ע"ה "אם יהי׳ כו׳ ונתן לי לחם לאכול" פי׳ שיתן לי מדריגה זה להעלות ניצוצות הקדושה תמיד ע"י הרהורי תשובה, שאזכה להסתכל תמיד על מעשיי שאני מקצר בעבודת הבורא, והיה ראוי שהלחם יאכל אותי, "ובגד ללבוש" מלשון בגידה, דהיינו לעשות מהבגידות לבוש עליון חלוקי דרבנן ע"י הרהורי תשובה, "ושבתי בשלום אל בית אבי" פי׳ שאתנהג כ"כ עד שאפעול להעלות הכל אל אבי שבשמים, "וכל אשר תתן לי עשר אעשרנו לך" פי׳ שאחר כל זאת אחזיק העיקר בקדושה עליונה, רק חלק חמישית אחזיק בדרך זה כנ"ל.
Et c'est ce qu'a dit Yaakov notre père, la paix soit sur lui : "Si [Elokim] est..." etc. "et qu'Il me donne du pain à manger" : explication, qu'Il me donne ce degré-là, d'élever constamment les étincelles de sainteté par les pensées de techouva, que je mérite de regarder toujours mes actes en voyant que je suis en défaut dans le service du Créateur, et qu'il conviendrait que ce soit le pain qui me mange.
"Et un vêtement (begued) pour me vêtir" - de la racine beguida (trahison), c'est-à-dire faire des trahisons un vêtement supérieur, les 'haloukei de-rabanan (le manteau des sages), par les pensées de techouva. "Et que je revienne en paix à la maison de mon père" : explication, que je me conduise à un tel point que je parvienne à tout élever vers mon Père qui est aux cieux.
"Et de tout ce que Tu me donneras, je T'en donnerai la dîme" : explication, qu'après tout cela je tiendrai l'essentiel dans la sainteté supérieure, et que je ne tiendrai dans cette voie-là que la cinquième part, comme ci-dessus.
וזהו "רגלי חסידיו ישמור" פי׳ הניצוצות הקדושה שנפלו למטה לרגליים, והחסידים מעלים אותם ע"י הרהורי תשובתם, וע"ז שומר השי"ת ומצפה אליהם תמיד. וזהו "ואיש כי יאכל קודש" פירוש שילך בקדושה תמיד, "בשגגה" פי' כנ"ל שמוצא תמיד חסרונות בעצמו, לומר ששגג בהם ולא עשאם כראוי, "ויסף חמישיתו עליו" רמז לבל יבזבז יותר מחומש, "ונתן לכהן את הקודש" הוא הקב"ה הנקרא כהן, שיעלה הכל אליו ית'.
והבן.
Et c'est "Il garde les pieds de Ses fidèles ('hassidav)" (Chmouel I 2,9) : explication, les étincelles de sainteté qui sont tombées en bas, aux pieds ; et les 'hassidim les élèvent par leurs pensées de techouva, et sur cela le Nom, qu'Il soit béni, veille, et Il les attend constamment. Et c'est "et si un homme mange une chose sainte" : explication, qu'il marche constamment dans la sainteté ; "par erreur (bi-chegaga)" : explication comme ci-dessus, qu'il trouve toujours des manques en lui-même, disant qu'il y a failli par inadvertance et qu'il ne les a pas accomplis comme il convenait ; "et il y ajoutera son cinquième" : allusion à ce qu'il ne dilapide pas plus d'un cinquième ; "et il donnera au kohen la chose sainte" - c'est le Saint, béni soit-Il, qui est appelé kohen, qu'il élève tout vers Lui, qu'Il soit béni.
Et comprends.
שור או כשב או עז כו׳. דהנה האדם צריך להיות עובד הבורא ב"ה באלו המדריגות, האחד שצריך שילך תמיד בדביקות, גם צריך שיכסוף תמיד לעבודתו, גם צריך להתגבר בעבודה לבטל כל הדינים, ואם לא עשה א׳ מכל אלו אז צריך להתגלגל על זה, וזהו "שור" פי׳ מדריגת שור, דהיינו לשון הבטה, כמ"ש בנות צעדה עלי שור, דהיינו לחשוב תמיד בעיני שכלו רוממות אל ודבקותו ית', "או כשב" לכסוף תמיד לעבודתו ית', כי השין מתחלפת בסמך ובית בפא, "או עז" פי׳ שיתגבר עצמו לבטל הדינים, "כי יולד" ר"ל שבא בגלגול עבור אחת מהנה לתקנם ולא בשביל עבירה חלילה, "שבעת ימים" רמז למנין שנותיו של אדם שבעים שנה, "יהיה תחת אמו" פי׳ אמו היא השכינה, כנסת ישראל, והיא מתפללת תמיד על ישראל, ויהיה צדיק תחת אמו כנסת ישראל ג"כ להתפלל על ישראל ולהתעורר רחמים עליהם.
אמן.
"Un bœuf (chor), ou un mouton (kesev), ou une chèvre (ez)" etc. (Vayikra 22,27).
Car voici, l'homme doit servir le Créateur, béni soit-Il, selon ces degrés-ci : le premier, qu'il marche toujours dans la devekout (l'attachement) ; il faut aussi qu'il aspire toujours à Son service ; il faut aussi qu'il se renforce dans le service pour annuler tous les dinim (rigueurs, jugements). Et s'il n'a pas accompli l'un de tous ceux-là, il doit alors venir en guilgoul (transmigration, réincarnation) pour cela.
Et c'est "chor" : explication, le degré de chor, qui est un terme de regard, comme il est écrit "des filles ont marché sur la muraille (alei chour)" (Berechit 49,22) - c'est-à-dire penser toujours, des yeux de son intelligence, à l'élévation de Dieu et à l'attachement à Lui, qu'Il soit béni. "Ou kesev (כשב)" : aspirer (likhsof) toujours à Son service, qu'Il soit béni, car le chin permute avec le samekh et le beit avec le pe, et כשב devient ainsi kissouf (aspiration).
"Ou ez (עז)" : explication, qu'il se renforce lui-même (yitgaber) pour annuler les dinim. "Quand il naîtra", c'est-à-dire qu'il vient en guilgoul à cause de l'une de ces choses, pour les réparer, et non à cause d'une faute, à Dieu ne plaise.
"Sept jours" : allusion au compte des années de l'homme, soixante-dix ans. "Il sera sous sa mère" : explication, sa mère est la Chekhina, l'assemblée d'Israël (Knesset Israël), et elle prie constamment pour Israël ; et le juste sera lui aussi sous sa mère, l'assemblée d'Israël, pour prier lui aussi pour Israël et éveiller sur eux la miséricorde.
Amen.
דבר אל בני ישראל כו׳ אלה הם מועדי. דהנה השי"ת ב"ה הוא למעלה מן הזמן, שבו ית' אין לתת בו זמן כלל כידוע, וכבר כתבתי דהעולמות נקראים מועדים לשון זמן ומועד, לפי שאצל העולמות שייך לשון זמן שהם תחת הזמן, והנה ידוע דהנהגת העולמות הוא ע"י שם הוי"ה ב"ה הנותן חיות ושפע להעולמות, וזהו "דבר אל בני ישראל מועדי ה׳" פי׳ העולמות הנקראים מועד, הם מתנהגים ע"י שם הוי"ה ב"ה, המשפיע בהם בכח הא"ס ב"ה.
"Parle aux enfants d'Israël" etc. "ce sont là Mes moadim (temps fixés, fêtes)" (Vayikra 23,2).
Car voici, le Nom, qu'Il soit béni, est au-dessus du temps, et à Son égard, qu'Il soit béni, on ne peut appliquer aucune notion de temps, comme il est connu. Et j'ai déjà écrit que les mondes sont appelés moadim, terme de temps et de moment fixé, parce qu'à l'égard des mondes le terme de temps s'applique, eux étant soumis au temps.
Et voici, il est connu que la conduite des mondes se fait par le Nom havaya (le Nom en quatre lettres), béni soit-Il, qui donne vie et influx aux mondes. Et c'est "Parle aux enfants d'Israël : les moadim de ה'" : explication, les mondes qui sont appelés moed sont conduits par le Nom havaya, béni soit-Il, qui les influence par la force de l'Ein Sof (l'Infini), béni soit-Il.
אכן אחר "אשר תקראו אתם מקראי קדש" פי׳ ע"י שאתם תקראו אותיות התורה בקדושה ובטהרה, אתם מעלים את העולמות אל מדריגות גדולים שנשפעים ע"י הא"ס ב"ה בכבודו, כי האותיות התורה שהאדם מדבר ומקרב עצמו להבורא ב"ה, אז עושה יחוד בכל העולמות, ולזה נצטוינו לקרות בתורה בשבתות ובמועדים לייחד העולמות ולהעלותם, ומלמד אותנו הכתוב איך שנבוא למדריגה זו להעלות העולמות, "ששת ימים תעשה מלאכה" פי׳ כשתעסוק באיזה מלאכה, אל תכניס כל מחשבתך במלאכה, רק שתעסוק בה דרך עראי והמלאכה תעשה מאליה, כן תתנהגו כל ששת ימי המעשה, "וביום השביעי שבת שבתון" שתקדש עצמך כ"כ שע"י השבת שאתה שומר למטה, תתקן את השבת העליון שיהא שבתון שבת שלם, "שבת היא לה׳ בכל מושבותיכם" פי׳ בכל מקום שאתם יושבים, יהא ניכר ונראה הקדושה והאור של השבת, הן בבית הן בחוץ, בכל מקום יאיר ויזהיר האור של השבת קודש בכח קדושתכם הגדולה.
Or ensuite : "que vous proclamerez, ce sont Mes convocations saintes (mikraei kodech)" : explication, par le fait que vous lirez (tikreou) les lettres de la Torah dans la sainteté et la pureté, vous élevez les mondes vers de grands degrés qui reçoivent l'influx de l'Ein Sof, béni soit-Il, en Sa gloire. Car les lettres de la Torah que l'homme prononce en se rapprochant du Créateur, béni soit-Il, opèrent alors un yi'houd (union) dans tous les mondes.
Et c'est pourquoi il nous a été ordonné de lire dans la Torah les chabbatot et les jours de fête, pour unir les mondes et les élever. Et l'Écriture nous enseigne comment parvenir à ce degré-là d'élever les mondes : "six jours tu feras ton ouvrage" : explication, lorsque tu t'occuperas de quelque ouvrage, ne mets pas toute ta pensée dans l'ouvrage, mais occupe-t'en de façon accessoire, et l'ouvrage se fera de lui-même ; ainsi vous conduirez-vous durant les six jours ouvrables.
"Et le septième jour, chabbat chabbaton" : que tu te sanctifiés à tel point que, par le chabbat que tu gardes en bas, tu réparés le chabbat supérieur, pour qu'il soit chabbaton, un chabbat complet. "C'est un chabbat pour ה' dans toutes vos demeures" (Vayikra 23,3) : explication, en tout lieu où vous habitez, que soient reconnaissables et visibles la sainteté et la lumière du chabbat, tant à la maison qu'au dehors ; en tout lieu que brille et resplendisse la lumière du chabbat saint par la force de votre grande sainteté.
או יאמר דבר אל בני ישראל ואמרת אליהם מועדי ד׳ כו' אלה הם מועדי. י"ל על כפל הלשון, דהנה השי"ת ב"ה נתן לנו המועדות שהם זמן שמחה ותענוג לנו, והשי"ת ב"ה עיקר תענוגו ושמחתו הוא כאשר אנחנו מתנהגים בקדושה במחשבות טהורות, וזהו "אלה מועדי ה׳" שנתן לנו השי"ת למועד ולשמחה, "אשר תקראו אותם מקראי קדש" פי׳ כאשר תקראו אותם בקדושה וטהרה, אז "אלה מועדי" פי׳ היא שמחתי ותענוגי, ואמר הכתוב הראיה לזה שהעיקר הוא המחשבה הקדושה, שהרי "ששת ימים תעשה מלאכה" פי׳ המלאכה נעשית מאליה, ולא פועל ידך עשתה המלאכה כ"א ע"י הבורא ב"ה, ואעפ"י שהמלאכה אפילו בחול נעשית ע"י הבורא ב"ה, אעפ"כ ייחשב לכם השביתה שאתם שובתים בשבת ממלאכה למצוה כאילו אתם שובתים ממלאכה ממש מחמת מצות שבת, וזהו "ולא תעשו מלאכה" שהכתוב תולה המלאכה בכם.
Ou bien on dira : "Parle aux enfants d'Israël et tu leur diras : les moadim de ה'" etc. "ce sont là Mes moadim" (Vayikra 23,2).
Il y a lieu de s'interroger sur le redoublement de l'expression. Car voici, le Nom, qu'Il soit béni, nous a donné les fêtes, qui sont pour nous un temps de joie et de délice ; et pour le Nom, qu'Il soit béni, l'essentiel de Son délice et de Sa joie est lorsque nous nous conduisons dans la sainteté avec des pensées pures.
Et c'est "ce sont les moadim de ה'", que le Nom, qu'Il soit béni, nous a donnés pour temps fixé et pour joie ; "que vous proclamerez, ce sont Mes convocations saintes" : explication, lorsque vous les proclamerez dans la sainteté et la pureté, alors "ce sont Mes moadim" : explication, c'est là Ma joie et Mon délice. Et l'Écriture donne la preuve que l'essentiel est la pensée sainte, car voici "six jours tu feras ton ouvrage" : explication, l'ouvrage se fait de lui-même, et ce n'est pas l'œuvre de ta main qui a fait l'ouvrage, mais cela s'est fait par le Créateur, béni soit-Il.
Et bien que l'ouvrage, même en semaine, se fasse par le Créateur, béni soit-Il, malgré cela le repos que vous observez le chabbat en cessant tout ouvrage vous sera compté comme une mitsva, comme si vous cessiez réellement un ouvrage qui serait le vôtre, en raison de la mitsva du chabbat. Et c'est "et vous ne ferez aucun ouvrage" (Vayikra 23,3), car l'Écriture attribue l'ouvrage à vous-mêmes.