« Parle à toute l'assemblée des enfants d'Israël » (Vayikra 19,2) : les tsadikim complets sont appelés « Israël », les incomplets « enfants d'Israël » ; tous sont égaux pour le bien à l'égard du degré « vous serez saints ». Selon le Noam Elimele'h, l'essentiel de la sainteté est de regarder toujours vers la divinité, « car Je suis saint, Hachem ». L'homme doit regarder toujours l'élévation de D.ieu, et cela aussi dans sa bassesse. Avraham a voulu encore réparer pour Israël une chose de plus, comme le bélier d'Its'hak pris dans le fourré par ses cornes : saisir cette midda (qualité) de se voir bas comme l'épine, et dans cette midda regarder la grandeur de D.ieu.
Aussi : si je suis ici, l'homme n'est appelé « Ani (Moi) » que par la Che'hina ; le juge qui juge « selon sa vérité » et le tsadik qui annule les dinim ; les mouvements copiés sans nechama (âme), comme l'idolâtrie.
דבר אל כל עדת בני ישראל. נראה לפרש דהנה הצדיקים הגמורים נקראים ישראל והצדיקים שאינם גמורים נקראים בני ישראל, וצוה השי"ת "דבר אל כל בני ישראל" פי׳ שכולן שוין לטובה למדריגה הזאת, "קדושים תהיו" שהיא מדריגה גדולה, "כי קדוש אני ד׳" כו׳, פי׳ כי עיקר הקדושה הוא להסתכל תמיד על אלקותי שאני ד׳, ובבחינה זאת הם יכולים כולם להיות קדושים.
"Parle à toute l'assemblée des enfants d'Israël" (Lévitique 19,2). Il semble qu'on puisse expliquer ainsi : voici, les tsadikim (justes) complets sont appelés "Israël", et les tsadikim qui ne sont pas complets sont appelés "enfants d'Israël" ; et le Saint béni soit-Il a ordonné "parle à tous les enfants d'Israël", c'est-à-dire qu'ils sont tous égaux pour le bien à l'égard de ce degré : "vous serez saints", qui est un grand degré, "car Je suis saint, ה'" etc.
L'explication : l'essentiel de la sainteté est de regarder toujours vers Ma divinité, [à savoir] que Je suis ה' ; et sous cet aspect, ils peuvent tous être saints.
וזהו "וישא עיניו וירא והנה איל אחר נאחז בסבך בקרניו", דצריך האדם להסתכל תמיד רוממות אל שהוא אלקינו כנ"ל, וזאת ג"כ צריך להסתכל בשפלותו, והנה עקידת יצחק עפרו צבור לזכור עקידת יצחק לזרע ישראל, ואברהם אבינו ע"ה היה רוצה לתקן עוד לישראל דבר אחד שיהא להם לזכות כמו אילו של יצחק, וזהו "וישא אברהם וירא והנה איל אחר" ר"ל זאת ועוד אחרת תיקן לישראל שיהא כמו זכות האיל של יצחק, דהיינו "נאחז בסבך בקרניו" פי' שיאחוז במידה זאת להסתכל בשפלותו שיהא שפל ונבזה בעיניו כמו קוץ ודרדר, "בקרניו" פי׳ גם במידה זו להסתכל ג"כ רוממות אל וגדולתו. קרניו לשון שררה וגדולה.
וק"ל.
Et c'est [le sens de] "et il leva ses yeux et vit, et voici un bélier, derrière (aher), pris dans le fourré par ses cornes" (Genèse 22,13). Car l'homme doit regarder toujours l'élévation de Dieu, qui est notre Dieu, comme ci-dessus ; et cela aussi il doit le regarder dans sa bassesse.
Et voici, la ligature d'Its'hak (akédat Yits'hak) - sa cendre amassée - est pour rappeler la ligature d'Its'hak à la descendance d'Israël ; et Avraham notre père, la paix soit sur lui, voulait encore réparer pour Israël une chose de plus, qui leur serait un mérite comme le bélier d'Its'hak. Et c'est [le sens de] "et Avraham leva [ses yeux] et vit, et voici un bélier autre" : cela veut dire, celle-ci et encore une autre [chose] il a réparée pour Israël, afin qu'elle soit comme le mérite du bélier d'Its'hak, à savoir "pris dans le fourré par ses cornes" ; l'explication : qu'il saisisse cette midda (qualité, mesure) de regarder sa bassesse, qu'il soit bas et méprisable à ses propres yeux comme l'épine et le chardon ; "par ses cornes", l'explication : dans cette midda aussi, il faut regarder de même l'élévation de Dieu et Sa grandeur - "ses cornes" (karnav) est un terme de domination et de grandeur.
Et cela se comprend aisément.
או יאמר דבר אל כל עדת בני ישראל, ונקדים לפרש משנה באבות, ר׳ חנניא בן חכינאי אומר הנעור בלילה כו׳, דהנה כבר כתבנו בזה כמה פעמים דהצדיק צריך לעבוד את הבורא ב"ה וב"ש בשני מדריגות, לראות תמיד לחשב רוממות אל וגדולתו, ולחשוב ולראות תמיד בשפלותו, וזהו פי׳ המשנה "עקביא בן מהללאל אומר הסתכל בשלשה דברים כו׳ דע מאין כו׳ מאין באת מטיפה סרוחה כו׳", ולכאורה היה לו לתנא לקצר ולומר הסתכל דע מאין באת מטיפה סרוחה כו׳, ולמה לו לכפול את דבריו. אך האמת שהתנא הורה לנו את דרכי ה׳ כנ"ל, שאנחנו חייבים להסתכל תמיד את רוממות אל ושפלותינו, ורמז תחילה באמרו "דע מאין באת" פי׳ ראה והסתכל וחשוב מחצבתך שנחצבת משם ממקום גבוה מתחת כסא הכבוד, "ולאן אתה הולך" פי׳ ותחשוב שצריך שתחזור נשמתך למקום שלוקחה למחצבה הראשון בלי שום פגם, וצריך אתה לזכך ולצחצח וללבן את נשמתך מכל סיג, "ולפני מי אתה עתיד ליתן דין", והשלש האלה הם רוממות האל, והזהיר התנא בלשונו הזך והטהור.
ואח"כ פי׳ לנו התנא שנחשוב בשפלותיגו, והמה "מאין באת כו׳ ולפני מי כו'" ואיך תשא פניך לעמוד לפני מלך גדול ונורא בהסתכלך בשפלותך כזה שאתה הבל וריק וצל עובר, לכן יהיה תמיד נגד עיניך ותהיה תמיד בתשובה על עווניך ופשעיך, שהשפל כזה יכעיס שמו הגדול והנורא, ותראה תמיד את רוממות האל ואחדותו ליחד שמו הגדול באמת, ותדאג תמיד על צרות ישראל ולהתפלל עליהם על טובתם והשפעתם, שישפיע להם השי"ת ב"ה כל טוב, ולבטל מעליהם כל הגזירות.
Ou bien il dira : "parle à toute l'assemblée des enfants d'Israël". Et nous commencerons par expliquer une michna des Pirke Avot : Rabbi 'Hanania ben 'Hakhinai dit : "celui qui veille la nuit" etc.
(Avot 3,4). Car voici, nous avons déjà écrit à ce sujet plusieurs fois que le tsadik doit servir le Créateur, béni soit-Il et béni soit Son Nom, selon deux degrés : voir toujours et penser l'élévation de Dieu et Sa grandeur, et penser et voir toujours sa propre bassesse.
Et c'est là l'explication de la michna : "Akavia ben Mahalalel dit : regarde trois choses etc., sache d'où tu viens etc. - d'une goutte putride etc." (Avot 3,1). Et à première vue, le tana (maître de la michna) aurait dû abréger et dire : "regarde, sache que tu viens d'une goutte putride etc." ; et pourquoi doubler ses paroles ?
Mais en vérité, le tana nous a enseigné les voies de ה' comme ci-dessus, [à savoir] que nous sommes tenus de regarder toujours l'élévation de Dieu et notre bassesse. Et il a d'abord fait allusion en disant "sache d'où tu viens" : l'explication, vois, regarde et pense à la carrière d'où tu as été taillé, d'un lieu élevé, de dessous le Trône de Gloire ; "et où tu vas" : l'explication, pense que ton âme doit retourner au lieu d'où elle a été prise, à sa carrière première, sans aucun défaut (pegam), et tu dois purifier, polir et blanchir ton âme de toute scorie ; "et devant qui tu es destiné à rendre des comptes".
Et ces trois-là sont l'élévation de Dieu, et le tana a averti dans son langage pur et limpide. Et ensuite le tana nous a expliqué que nous devons penser à notre bassesse, et ce sont [les mots] "d'où tu viens etc., et devant qui etc." - et comment lèveras-tu ta face pour te tenir devant un Roi grand et redoutable, en regardant une telle bassesse en toi, [toi] qui es vanité et vide et ombre qui passe ?
C'est pourquoi cela sera toujours devant tes yeux, et tu seras toujours en techouva (retour, repentir) sur tes fautes et tes transgressions, car un être aussi bas irrite Son Nom grand et redoutable ; et tu verras toujours l'élévation de Dieu et Son unité, pour unifier Son grand Nom en vérité ; et tu t'inquiéteras toujours des malheurs d'Israël, et [tu penseras] à prier pour eux, pour leur bien et pour l'influx (hachpaa) qui leur revient, afin que le Saint béni soit-Il fasse couler vers eux tout bien et annule d'eux tous les décrets.
וזהו "הנעור בלילה", פי׳ הצדיק שהוא נעור ולא ינום ולא יישן בגלות המר הזה נקרא לילה, ומתפלל תמיד על שמחת ישראל וגדולתם, "והמהלך בדרך יחידי" פי׳ שהולך בדרך האמת בבדידות בהצנע לכת שלא להראות חסידותו לאחרים, והולך באחדותו ליחד שמו הגדול, "ומפנה לבו לבטלה" פי׳ שפונה לבו מכל עסקיו ועניניו הנוגעים לו ואינו חושב ורואה אלא לבטל כל הגזירות מישראל, וכשתראה צדיק כזה הוי יודע שהוא רואה שפלותו ונאנח ודואג תמיד על עוונותיו, ורואה תמיד חוב לעצמו שמחסר בעבודתו ית"ש, ודומה לו כאילו עדיין לא עבד הבורא ית׳ אף רגע א׳, וזהו "הרי זה" פי' צדיק זה, "מתחייב בנפשו" פי' הוא מחייב את נפשו תמיד כנ"ל. וזהו ודברת בם ודרשינן בגמ׳ ולא בדברים בטלים, פי׳ כשתעסקו בתורה לשמה אז לא תהיה צריך לדבר לבטל דינים, כי ממילא הם בטלים.
Et c'est [le sens de] "celui qui veille la nuit" : l'explication, le tsadik qui est éveillé et ne sommeille ni ne dort dans cet exil amer qui est appelé nuit, et qui prie toujours pour la joie d'Israël et pour leur grandeur. "Et celui qui marche sur le chemin, seul" : l'explication, qu'il marche sur le chemin de la vérité dans la solitude, avec discrétion, pour ne pas montrer sa piété aux autres, et il marche dans son unité pour unifier Son grand Nom.
"Et qui tourne son cœur à la vacuité" : l'explication, qu'il détourne son cœur de toutes ses affaires et de tout ce qui le concerne, et qu'il ne pense ni ne voit rien d'autre que d'annuler tous les décrets [pesant] sur Israël. Et lorsque tu verras un tel tsadik, sache qu'il voit sa bassesse, qu'il soupire et s'inquiète toujours de ses fautes, et qu'il voit toujours une dette à sa charge, [estimant] qu'il manque à son service de Celui dont le Nom est béni ; et il lui semble comme s'il n'avait pas encore servi le Créateur béni soit-Il ne fut-ce qu'un seul instant.
Et c'est [le sens de] "celui-là", l'explication : ce tsadik, "se rend coupable de son âme (mit'hayev be-nafcho)", l'explication : il déclare son âme en dette constamment, comme ci-dessus. Et c'est [le sens de] "et tu parleras d'elles" (Deutéronome 6,7), et nous exposons dans la guemara : "d'elles, et non de paroles vaines (devarim betelim)" ; l'explication : quand vous vous occuperez de la Torah pour elle-même (lichma), alors vous n'aurez pas besoin de parler pour annuler (levatel) les dinim (rigueurs), car d'eux-mêmes ils sont annulés (betelim).
וזהו "דבר אל כל עדת בני ישראל קדושים" פי׳ זהו דבר השוה לכל נפש להתקדש בקדושת הבורא ית"ש, "כי קדוש אני" כו׳, ואתם חלקי ממעל, וראוי הוא לכל עדת בני ישראל שקדושים יהיו, ואמר הכתוב "איש אמו ואביו תיראו" ר"ל כל איש יראה בזה בהסתכלו מאין הוא מקום צאתו מאביו ואמו כמאמר התנא מאין כו׳ מטיפה כו׳, זהו ראותו בשפלותו, וז"ש דוד המלך ע"ה ובחטא יחמתני אמי, "ואת שבתותי תשמרו" והיינו רוממות אל, שזה הוא חידוש העולם כמ"ש וינח ביום השביעי, ושתי שבתות ע"י שתקיימו שבת תחתון תתקנו שבת העליון, וזהו מלה כפולה שבתותי היינו שבת תחתון ועלינו ליחד אחד אל אחד.
Et c'est [le sens de] "parle à toute l'assemblée des enfants d'Israël : saints [vous serez]" : l'explication, ceci est une chose égale pour toute âme, de se sanctifier de la sainteté du Créateur béni soit Son Nom ; "car Je suis saint" etc., et vous êtes Ma part d'en haut, et il convient à toute l'assemblée des enfants d'Israël qu'ils soient saints. Et le verset dit "chacun craindra sa mère et son père" (Lévitique 19,3) : cela veut dire que chaque homme verra cela en regardant d'où est le lieu de sa sortie, [venu] de son père et de sa mère, selon la parole du tana "d'où... d'une goutte..." ; c'est là sa vision de sa bassesse.
Et c'est ce qu'a dit David le roi, la paix soit sur lui : "et dans la faute ma mère m'a conçu" (Psaumes 51,7). "Et vous garderez Mes chabbats" - et c'est l'élévation de Dieu, car c'est le renouvellement du monde, comme il est écrit "et Il se reposa le septième jour" (Exode 20,11) ; et [il y a] deux chabbats : par le fait que vous accomplirez le chabbat d'en bas, vous réparerez (tikoun) le chabbat d'en haut.
Et c'est [pourquoi] le mot est double, "Mes chabbats" (chabtotai), à savoir le chabbat d'en bas, et il nous incombe d'unifier l'un à l'autre.
"אני ד׳ אלקיכם" פי' אף המדה"ד יתהפך לרחמים, ואז ממילא יתמלא כל העולם מילי מיטב, וזהו "אל תפנו אל האלילים" שלא תפנו אל מדעתכם, "ואלקי מסכה לא תעשו לכם" כי ממילא לא תצטרכו לדאוג על כסף וזהב כלל.
"Je suis ה' votre Dieu" : l'explication, même la midat ha-din (l'attribut de rigueur) se transformera en rahamim (miséricorde) ; et alors, d'elle-même, le monde entier se remplira des meilleures choses. Et c'est [le sens de] "ne vous tournez pas vers les idoles (élilim)" : que vous ne vous tourniez pas vers ce qui vient de votre propre opinion ; "et des dieux de métal fondu (massékha) vous ne vous ferez pas" - car d'elles-mêmes [les choses viendront], et vous n'aurez nullement besoin de vous inquiéter pour l'argent et l'or.
"קדושים תהיו כי קדוש אני ה׳ אלקיכם" וכו׳. נראה שהאדם צריך לקדש עצמו מלמטה, ולהאמין בשם הוי"ה ב"ה המנהיג העולמות כולם ע"י עשר ספירות, וישראל עם הקודש מאמינים בא"ס ב"ה, אשר השתלשל העולמות כולם ע"י עשר ספירות בהשפעת השם הוי"ה ב"ה המאיר בהם, אבל האומות אינם מאמינים בשם הוי"ה ב"ה, ומכח זה נתפקרו המינים באמרם שהעולם קדמון, מחמת שאינם מאמינים בהשתלשלות העולמות ע"י עשר ספירות בכח השם הוי"ה ב"ה.
וזה אומרו "קדושים תהיו כו׳ אני ד׳ אלקיכם" פי׳ שאני מהוה העולמות כולם בכח השם הוי"ה, ו"א-להיכם" ר"ל אלהותכם, פירוש שלכם אבל לא של האומות, כי הם אינם מאמינים בזה, וזה הוא המצוה "קדושים תהיו" שגם האדם למטה יקדש עצמו כהעולמות העליונים הקדושים, כי העולמות מכוונים וכל מה שיש בעולם הזה השפל יש דוגמתו בעולמות עליונים הקדושים, ובכל דבר שאדם עושה צריך לקדש עצמו בשורש הדבר של מעלה הוא כך. וזה "איש אמו ואביו תיראו", למטה יש אב ואם ודוגמתו למעלה יש עולמות הנקראים או"א, זה הוא "ואת שבתותי תשמורו" שהעולמות נקראים שבת ע"ש קדושתן ומנוחתן, "תשמרו" ר"ל בכל מה שתעשו תשמרו במחשבתכם הכוונה בעולמות העליונים וק"ל.
"Vous serez saints, car Je suis saint, ה' votre Dieu" etc. (Lévitique 19,2).
Il semble que l'homme doit se sanctifier d'en bas, et croire au Nom הוי"ה (le Nom de quatre lettres) béni soit-Il, qui dirige tous les mondes par les dix sefirot ; et Israël, peuple saint, croient en le Ein Sof (l'Infini) béni soit-Il, qui a fait descendre par enchaînement (hichtalchelout) tous les mondes par les dix sefirot, par l'influx (hachpaa) du Nom הוי"ה béni soit-Il qui les éclaire. Mais les nations ne croient pas au Nom הוי"ה béni soit-Il, et c'est de ce fait que les hérétiques (minim) sont devenus impies en disant que le monde est éternel (kadmon), parce qu'ils ne croient pas à l'enchaînement des mondes par les dix sefirot, par la force du Nom הוי"ה béni soit-Il.
Et c'est ce qu'il dit : "vous serez saints etc., Je suis ה' votre Dieu" - l'explication : que Je fais exister tous les mondes par la force du Nom הוי"ה ; et "votre Dieu (Elokékhem)", cela veut dire votre divinité (Elokoutkhem), c'est-à-dire la vôtre, mais non celle des nations, car elles n'y croient pas. Et c'est là le commandement "vous serez saints" : que l'homme aussi, en bas, se sanctifie comme les mondes supérieurs saints ; car les mondes se correspondent, et tout ce qui existe dans ce monde inférieur a son équivalent dans les mondes supérieurs saints ; et en toute chose que l'homme fait, il doit se sanctifier [en pensant] que dans la racine de la chose, en haut, il en est ainsi.
Et c'est [le sens de] "chacun craindra sa mère et son père" : en bas il y a un père et une mère, et leur équivalent en haut, [car] il y a des mondes appelés או"א (abba ve-ima, le père et la mère). C'est [le sens de] "et vous garderez Mes chabbats" : car les mondes sont appelés chabbat en raison de leur sainteté et de leur repos ; "vous garderez", cela veut dire que dans tout ce que vous ferez, vous garderez dans votre pensée la kavana (intention) [dirigée] vers les mondes supérieurs.
Et cela se comprend aisément.
או יאמר קדושים תהיו כו'. נראה לפרש דאיתא בגמ׳ "כל דיין שדן דין אמת לאמתו נעשה שותף להקב"ה", ולכאורה מלת לאמתו הוא מיותר, אך נראה דרז"ל רמזו לנו בזה על הצדיק שהוא מבטל הדינים, והוא הנקרא דיין שכאשר ידין ויגזור כן יקום, שהקב"ה גוזר וצדיק מבטל, והוא אע"פ שקושטא הוא שחלילה שקודשא בדיך הוא יעביד דינא בלא דינא, וגזירתו הוא באמת שהדין הוא שיהיה כך כי הוא היודע האמת, אך הצדיק למראה עיניו ישפוט ואמירתו ונראה לו שכך הוא הדין האמת, והקדוש ברוך הוא ברחמיו וחסדיו מסכים עם הצדיק, וזהו "לאמיתו" דייקא היינו אמיתתו של הצדיק נוטה כך.
וזהו פי׳ "איזה דרך שיבור לו האדם כל שהיא תפארת לעושיה ותפארת לו מן האדם" ר"ל תפארת הם הרחמים שזה תפארתו של הקב"ה, והיינו "תפארת לעושיה" ר"ל להבורא ב"ה שברא הרחמים, "ותפארת לו מן האדם" פי׳ שהתעוררות צריך שיבא מן האדם מכחו כנ"ל. וזהו פירוש המדרש "קדושים תהיו יכול כמוני ת"ל כי קדוש אני קדושתי למעלה מקדושתכם", ולכאורה אינו מובן כלל המדרש, ועפ"י דרכנו יבואר היטב, דהנה השפעות הרחמים מהבורא ב"ה הוא בא בהשתלשלות מעולם לעולם, כי אלולי זה לא היה באפשרי לקבל השפע מרוב בהירות, וזהו "דבר אל כו׳ קדושים תהיו יכול כמוני" ר"ל שאתם תרצו להתנהג עצמכם בקדושתכם כמו שאני נוהג עצמי בקדושה שלי, הם ההשפעות שיורדים לכם בהשתלשלות, ותרצו גם אתם לעשות כן ולא תעוררו הרחמים בפעם א׳, "ת"ל כי קדוש אני קדושתי למעלה מקדושתכם" ולכן צריך ההשתלשלות מפני הבהירות הגדול וכנ"ל, וההשתלשלות הוא ע"י שם הקדוש הוי"ה ב"ה וע"י שם "אני" אבל אתם צריכין לעורר הרחמים הכל כאחת וק"ל.
Ou bien il dira : "vous serez saints" etc. Il semble qu'on puisse expliquer ainsi : car il est enseigné dans la guemara "tout juge (dayan) qui juge un jugement de vérité selon sa vérité (la-amito) devient associé au Saint béni soit-Il".
Et à première vue, le mot "selon sa vérité" est superflu ; mais il semble que nos maîtres, leur mémoire est une bénédiction, nous ont fait la une allusion au tsadik qui annule les dinim (rigueurs), et qui est appelé "juge", car lorsqu'il jugera et décrétera, ainsi cela s'accomplira - car le Saint béni soit-Il décrète et le tsadik annule. Et cela, bien qu'en vérité (kouchta) - à Dieu ne plaise [de dire autrement] - le Saint béni soit-Il ne rend pas un jugement sans jugement, et Son décret est en vérité, car le din est qu'il en soit ainsi, puisque c'est Lui qui connaît la vérité ; mais le tsadik juge selon ce que voient ses yeux, et il dit et il lui semble que tel est le jugement véritable, et le Saint béni soit-Il, dans Sa miséricorde et Ses bontés, s'accorde avec le tsadik.
Et c'est précisément [le sens de] "selon sa vérité (la-amito)", à savoir que la vérité du tsadik penche ainsi. Et c'est là l'explication de "quelle est la voie droite que l'homme doit choisir pour lui ?
Toute [voie] qui est une tiferet (splendeur, honneur) pour celui qui la fait, et une tiferet pour lui de la part des hommes" (Avot 2,1) : cela veut dire que la tiferet, ce sont les rahamim (miséricorde), car c'est là la tiferet du Saint béni soit-Il ; et c'est [le sens de] "une tiferet pour celui qui la fait", c'est-à-dire pour le Créateur béni soit-Il qui a créé les rahamim ; "et une tiferet pour lui de la part de l'homme", l'explication : que l'éveil (hitorérout) doit venir de l'homme, par sa force, comme ci-dessus. Et c'est là l'explication du midrach : "vous serez saints - peut-être comme Moi ?
L'enseignement dit : car Je suis saint - Ma sainteté est au-dessus de votre sainteté". Et à première vue, ce midrach n'est nullement compréhensible, mais selon notre voie il s'expliquera bien.
Car voici, les influx (hachpaot) de rahamim venant du Créateur béni soit-Il viennent par enchaînement (hichtalchelout) de monde en monde, car sans cela il ne serait pas possible de recevoir l'influx, en raison de l'excès de clarté (béhirout). Et c'est [le sens de] "parle à... vous serez saints - peut-être comme Moi ?", cela veut dire que vous voudriez vous conduire dans votre sainteté comme Je me conduis dans Ma sainteté - ce sont les influx qui descendent vers vous par enchaînement - et vous voudriez, vous aussi, faire de même et ne pas éveiller les rahamim en une seule fois ; "l'enseignement dit : car Je suis saint, Ma sainteté est au-dessus de votre sainteté" - et c'est pourquoi l'enchaînement est nécessaire, à cause de la grande clarté, comme ci-dessus ; et l'enchaînement se fait par le Nom saint הוי"ה béni soit-Il et par le Nom "Ani (Moi)" ; mais vous, vous devez éveiller les rahamim tous ensemble, en une seule fois.
Et cela se comprend aisément.
או יאמר קדושים תהיו כו׳. דאיתא בגמרא "הלל אומר אם אני כאן הכל כאן ואם אין אני כאן מי כאן", ולכאורה יש להבין וכי היה הלל מתפאר עצמו כך? אך נראה כוונת הדברים בעזה"י, דהנה האדם הוא כלא ואין נחשב, ובלתי אפשר שיאמר אדם על עצמו "אני" שהוא משמע דבר חשוב וממש, והאדם כאין נחשב אם לא כשאדם ממשיך על עצמו קדושת הבורא ב"ה, ומשרה שכינתו הקדושה עליו הנקראת "אני" כידוע, אז האדם הזה נקרא בשם "אני" מחמת השכינה השורה עליו, אבל כל זמן שאינו במדריגה זו צריך האדם להיות שפל בעיני עצמו כלא, וזהו "אם אני כאן" ר"ל שיוכל להיקרא בשם "אני", "אז הכל כאן" פי׳ הוא בוודאי שלם בכל המידות וזה כל האדם, "ואם אין אני כאן" פי׳ שאינו במדריגה זו שתשרה שכינה עליו, "מי כאן" צריך להשפיל עצמו לומר מי אנכי שאיני כלל, כן הוא הדרך שיתנהג בו האדם, אבל הבורא ב"ה ברוב רחמיו הוא מקבל מאתנו אף המיעוט שעושים בעבודתו ית', וזהו פי׳ הגמ׳ "ופערה פיה לבלי חק, ודרשינן בגמ' חד אמר אף מי שקיים כל התורה כולה ולא חיסר אלא חק א' מוכרח לבא בגיהנום חלילה, א"ל לא ניחא למרייהו לומר כך, אלא מי שלא קיים אפי׳ חק אחד כו׳", ולי נראה דמר אמר חדא ומר אמר חדא ולא פליגי, דהיינו ע"פ הנ"ל שהאדם בעיני עצמו צריך להיות כלא, וידמה בעיניו שפלותו תמיד וכאילו אינו עושה כלל, אבל השי"ת מקבל הכל מאתנו כנ"ל, וזה שאמר "אפילו מי שלא חיסר אלא חק א׳", זה קאי על האדם שידמה בעיניו כך שאפי׳ אם לא יחסר אלא חק אחד יוכרח להיות בגיהנום חלילה, "א"ל לא ניחא למרייהו" כו׳ ר"ל להבורא ב"ה לא ניחא לומר כן, כי הבורא ב"ה בודאי לא יאמר כך כמו שאדם צריך לחשוב בעצמו, שהוא מקבל הכל מאתנו אפי׳ חק אחד, וזהו "דבר אל בני ישראל קדושים תהיו" פי׳ כולכם שוין לטובה אצלי וכנ"ל, רק שיהיה באופן "כי קדוש אני" כו׳, ר"ל כשיש צדיק כזה שהוא נקרא בשם "אני" וק"ל.
Ou bien il dira : "vous serez saints" etc. Car il est enseigné dans la guemara : "Hillel disait : si je suis ici, tout est ici ; et si je ne suis pas ici, qui est ici ?".
Et à première vue, il y a lieu de comprendre : Hillel se glorifiait-il ainsi lui-même ? Mais il semble que l'intention de ces paroles, avec l'aide de Dieu, est la suivante : voici, l'homme est comme rien et compte pour néant, et il n'est pas possible qu'un homme dise de lui-même "Ani (Moi)", ce qui implique une chose importante et réelle, alors que l'homme est compté pour rien ; sauf lorsque l'homme attire sur lui-même la sainteté du Créateur béni soit-Il et fait reposer sur lui Sa Chekhina sainte, qui est appelée "Ani (Moi)", comme on le sait : alors cet homme-là est appelé du nom "Ani", en raison de la Chekhina qui repose sur lui.
Mais tant qu'il n'est pas à ce degré, l'homme doit être bas à ses propres yeux comme rien. Et c'est [le sens de] "si je suis ici (im ani kan)", cela veut dire qu'il puisse être appelé du nom "Ani" ; "alors tout est ici", l'explication : il est certainement parfait dans toutes les middot, et c'est là tout l'homme ; "et si je ne suis pas ici (ve-im ein ani kan)", l'explication : qu'il n'est pas à ce degré où la Chekhina reposerait sur lui, "qui est ici (mi kan)" - il doit s'abaisser lui-même en disant : qui suis-je, moi qui ne suis rien du tout.
Telle est la voie dans laquelle l'homme doit se conduire. Mais le Créateur béni soit-Il, dans Sa grande miséricorde, reçoit de nous même le peu que nous faisons dans Son service, béni soit-Il.
Et c'est là l'explication de la guemara : "et elle a ouvert sa bouche sans mesure (li-vli hok)" (Isaie 5,14), et nous exposons dans la guemara : l'un dit, même celui qui a accompli toute la Torah entière et n'a manqué qu'une seule règle (hok), est contraint de venir au guéhinom, à Dieu ne plaise ; l'autre lui dit : il ne plaît pas à leur Maître de dire ainsi, mais [le sens est] celui qui n'a pas accompli même une seule règle etc. Et il me semble que l'un a dit une chose et l'autre une autre, et qu'ils ne sont pas en désaccord ; à savoir, selon ce qui précède, que l'homme, à ses propres yeux, doit être comme rien, et qu'il doit se représenter toujours sa bassesse, comme s'il ne faisait rien du tout, mais que le Saint béni soit-Il reçoit tout de nous, comme ci-dessus.
Et c'est ce qu'il a dit : "même celui qui n'a manqué qu'une seule règle" - cela se rapporte à l'homme qui doit se représenter les choses ainsi, que même s'il ne manquait qu'une seule règle il serait contraint d'être dans le guéhinom, à Dieu ne plaise ; "il lui dit : il ne plaît pas à leur Maître" etc., cela veut dire qu'au Créateur béni soit-Il il ne plaît pas de dire ainsi, car le Créateur béni soit-Il certainement ne dira pas comme l'homme doit le penser de lui-même, puisqu'Il reçoit tout de nous, même une seule règle. Et c'est [le sens de] "parle aux enfants d'Israël : vous serez saints", l'explication : vous êtes tous égaux pour le bien auprès de Moi, comme ci-dessus, seulement que ce soit de la manière [dite] "car Je suis saint" etc., cela veut dire lorsqu'il y a un tsadik tel qu'il est appelé du nom "Ani".
Et cela se comprend aisément.
אל תפנו אל האלילים. בגמ' אמרו "אל תפנו אל מדעתכם".
נראה פירושם ע"פ שכתב בספרים שבכל אבר או תנועה שאדם עושה בה מצוה או דבר קדושה, אז הנשמה שורה באבר ההוא, וכשהנשמה שורה באותו האבר אז האבר מתנועע מכחה ומחמת זה נראית התנועה בחוץ, וזה משתנה באדם לפי מעשיו הם תנועותיו, ובשביל זה התנועות של הצדיקים מתוקים וטובים לרואיהן, כי מכח הנשמה היא התנועה והנשמה היא חלק אלוה ממעל אשר כל הטוב בו, ולזה כשאדם עושה תנועות חבירו, אינה מקובלת לשום אדם, מחמת שאינו שלו ולא היה נשמתו באבר ההוא כשעשה התנועה והיא בלא קדושה, והוא ר"ל כע"ז שעושה תנועה שאינו חלק אלקות, כ"א מחמת שאהב התנועה שראה מחבירו ותמצא חן בעיניו, וזה אינו יודע שזה היה מחמת החלק אלקות השרויה בהאבר, לזה הטעם התנועה מתוקה ומצאה חן בעיניו, אבל לא מחמת התנועה עצמיות כ"א מכח הנשמה השרויה בה, והוא עושה בלא שכל ובלא כוונה כ"א מחמת יפה התנועה, וא"כ הוא עובד להתנועה, ועושה האבר שעושה בה התנועה כמסכה לעבוד האבר ההוא, וזה הוא "אל תפנו אל האלילים, אל תפנו אל מדעתכם" כו׳, שאלהותכם אשר חלק לכם הבורא בחסדו, היא הנשמה הקדושה, אל תפנו מכם, "ואלקי מסכה לא תעשו לכם" פירוש לא תעשו לעצמכם במסכה בתנועות כוזבות שאין בהם חיות אלקות, כ"א תעשו בדעתכם ובכוונה, וזו היא "אני ד׳ אלקיכם" ר"ל מכח האלהות שהיא הנשמה הקדושה השרויה בכם.
"Ne vous tournez pas vers les idoles" (Lévitique 19,4). Dans la guemara ils ont dit : "ne vous tournez pas vers ce qui vient de votre propre esprit".
Il semble que leur explication soit selon ce qui est écrit dans les livres : que dans chaque membre ou mouvement par lequel l'homme accomplit une mitsva ou une chose de sainteté, alors la nechama (l'âme) repose dans ce membre-là ; et quand la nechama repose dans ce membre, alors le membre se meut par sa force, et de ce fait le mouvement paraît au-dehors. Et cela varie chez l'homme selon ses actes, qui sont ses mouvements.
Et c'est pour cela que les mouvements des tsadikim sont doux et bons pour ceux qui les voient, car le mouvement vient de la force de la nechama, et la nechama est une part de Dieu d'en haut, en laquelle est tout le bien. Et pour cela, quand un homme fait les mouvements de son compagnon, ils ne sont agréés d'aucun homme, parce qu'ils ne sont pas les siens et que sa nechama n'était pas dans ce membre lorsqu'il a fait le mouvement, et il est sans sainteté.
Et cela veut dire que c'est comme l'avoda zara (l'idolâtrie), car il fait un mouvement qui n'est pas une part de divinité, mais seulement parce qu'il a aimé le mouvement qu'il a vu de son compagnon et qu'il a trouvé grâce à ses yeux ; et celui-là ne sait pas que cela venait de la part de divinité qui résidait dans le membre, [et que] c'est pour cette raison que le mouvement était doux et a trouvé grâce à ses yeux, et non à cause du mouvement en lui-même, mais par la force de la nechama qui y résidait. Et lui, il le fait sans intelligence et sans kavana (intention), seulement à cause de la beauté du mouvement ; s'il en est ainsi, il sert le mouvement, et il fait du membre par lequel il accomplit ce mouvement comme une idole de métal fondu (massékha), pour servir ce membre-là.
Et c'est [le sens de] "ne vous tournez pas vers les idoles - ne vous tournez pas vers ce qui vient de votre propre esprit" etc. : que votre divinité, que le Créateur vous a départie dans Sa bonté, à savoir la nechama sainte, ne la détournez pas de vous ; "et des dieux de métal fondu vous ne vous ferez pas", l'explication : ne faites pas pour vous-mêmes, en métal fondu, des mouvements mensongers dans lesquels il n'y a pas de vitalité divine, mais faites [tout] avec votre daat (entendement) et avec kavana. Et c'est [le sens de] "Je suis ה' votre Dieu", cela veut dire : par la force de la divinité, qui est la nechama sainte résidant en vous.