נועם אלימלך

Noam Elimelech — Sefer Vayikra, Tazria (2/3)

Rabbi Élimélech de Lizhensk
En bref

« Une femme qui conçoit » (Vayikra 12,2). Selon le Noam Elimele'h, « quiconque accomplit une seule mitsva » (Kidouchin 39b) le fait de sorte que les deux penchants soient un : l'échauffement du yetser entre dans la sainteté, « de tout ton cœur, avec tes deux penchants ». Dans ce bien même il reste un manque, une arrière-pensée (pnia). Le tsadik, « chair » encore revêtu de « peau », reçoit un che'hin (échauffement) ; par le regret il mérite seet levana (élévation blanche) et baheret (clarté), avec encore de l'adamdemet (rouge). On le montre au Cohen, le tsadik parfait : après les objections, « a tourné au blanc ». La femme, le yetser, émet d'abord vers la mitsva et enfante un mâle ; la promptitude mène à la propreté.

Aussi : les tsadikim retournent la rigueur en miséricorde, ou elle est dès l'origine par le repentir ; paroles de crainte et de morale, semaille dont le signe est la joie des cœurs droits ; habitude sans arrière-pensée, grandeur et petitesse

או יאמר אשה כי תזריע כו׳. נ"ל דאיתא במשנה "כל העושה מצוה אחת מטיבין לו ומאריכין לו ימיו".

ולכאורה מי זה האיש אשר לא עשה אף מצוה אחת כל ימיו? ואם רוצה לומר העושה מצוה אחת בשלימות, היה לו לתנא לפרש, ובאמת פירשו חז"ל עיין שם. ולעניות דעתי נראה על פי דאיתא "בכל לבבך בשני יצריך", ואיתא "איזהו גבור הכובש את יצרו", י"ל הפירוש כך, דהנה יצרו של אדם מתגבר עליו בכל יום ומחממו להסיתו לעבירה חלילה, וצריך האדם להתגבר בגבורתו להביא אותו החימום אל הקדושה, ואז נקרא היצר הזה בשם גבור, וזהו פירוש איזהו גבור, וזהו בכל לבבך בשני יצריך, דהיינו שאותו החימום של היצר צריך להכניס גם כן אל הקדושה ושניהם כאחד עובדים להבורא ב"ה, וזהו "כל העושה מצוה אחת", כלומר שעושה המצוה באופן ששני היצרים הם אחת, "מטיבין לו", אך אדם אין צדיק בארץ אשר יעשה טוב ולא יחטא, היינו באותו טוב שעושה יש גם כן איזה חטא, פירוש חסרון, שעושה הדבר באיזה פניה.

"Ou bien il dira : une femme qui conçoit", etc. (Lévitique 12,2).

Il me semble ceci, car il est enseigné dans la Michna : "Quiconque accomplit une seule mitsva, on lui fait du bien et on lui prolonge ses jours" (Kidouchin 39b). Or à première vue, quel est l'homme qui n'a pas accompli ne serait-ce qu'une seule mitsva de toute sa vie ?

Et si l'on veut dire : celui qui accomplit une mitsva dans sa perfection, le Tana (maître de la Michna) aurait dû le préciser ; et en vérité nos Sages, de mémoire bénie, l'ont expliqué, voir là-bas. Et à mon humble avis il semble, d'après ce qui est enseigné : "de tout ton cœur (bekhol levavekha)" (Deutéronome 6,5) - "avec tes deux penchants" (Berakhot 54a), et il est enseigné : "Qui est fort (guibor) ?

Celui qui domine son penchant (yetser)" (Avot 4,1). On peut dire que l'explication est ainsi : voici que le penchant de l'homme se renforce sur lui chaque jour et l'échauffe pour l'inciter à la faute, à Dieu ne plaise ; et l'homme doit se renforcer par sa force pour amener cet échauffement vers la sainteté, et alors ce penchant est appelé du nom de "fort" (guibor).

Et c'est là l'explication de "qui est fort", et c'est cela "de tout ton cœur, avec tes deux penchants" : à savoir que cet échauffement du penchant, il faut le faire entrer lui aussi dans la sainteté, et que tous deux comme un seul servent le Créateur, béni soit-Il. Et c'est cela "quiconque accomplit une seule mitsva", c'est-à-dire qu'il accomplit la mitsva de telle manière que les deux penchants soient un, "on lui fait du bien".

Mais "il n'est pas sur terre d'homme juste qui fasse le bien et ne pèche point" (Ecclésiaste 7,20) : à savoir que dans ce bien même qu'il fait il y a aussi quelque faute - c'est-à-dire un manque - car il fait la chose avec quelque arrière-pensée intéressée (pnia).

‎וי"ל שזה רמז הפסוק "אדם כי יהיה בעור בשרו שחין ונרפא", ש"בשר" הוא רמז על הצדיק ההולך בדרכי ה׳, והוא במדרגת בשר על דרך והסירותי לב האבן מבשרכם ונתתי לכם לב בשר, אלא שעדיין הוא מלובש "בעור" בעין, ולא באלף כמו שהיה בתורתו של רבי מאיר, על דרך מה שפרשתי קודם עיין שם, ונמצא הוא עלול לקבל איזה חימום היצר תחת עור בשרו, וזה רמז "שחין" שהוא לשון חימום כפירוש רש"י. ואמר הכתוב "ונרפא", רצה לומר האדם הזה בוודאי בקל יוכל להתרפא על פגמיו וחסרוניו הקטנים, "והיה במקום השחין שאת לבנה", רצה לומר שהצדיק הזה בוודאי על ידי הרהורי תשובה והחרטות על החימום של היצר, על ידי זה יזכה שבמקום השחין ישא לבבו אל אל בשמים, ויזכה לליבון עוונות ולליבון העליון, וזהו רמז "שאת לבנה", "או בהרת לבנה", רצה לומר שגם יוכל לבא אל בהירות גדול, ו"בהרת" הוא לשון בהירות ואור ההתלהבות בעבודת הבורא ית"ש.

ואמר הכתוב אף על פי שתזכה לכל זה, אף על פי כן הנני מזהירך ומלמדך שתדע באמת שעדיין יש בך "אדמדמת", פירוש פתוכי אדמומית, רמז לחטא שנקרא אדום.

Et l'on peut dire que c'est ce qu'indique le verset : "Un homme, lorsqu'il y aura dans la peau de sa chair une inflammation (che'hin) et qu'elle guérira" (Lévitique 13,18). Car "chair" (bassar) est une allusion au tsadik (juste) qui marche dans les voies de Hachem, et il est au degré de "chair", selon "J'ôterai le cœur de pierre de votre chair et Je vous donnerai un cœur de chair" (Ezechiel 36,26).

Seulement, il est encore revêtu "de peau" ('or avec un ayin), et non "de lumière" ('or avec un alef) comme il en était dans le rouleau de la Torah de Rabbi Meir, selon ce que j'ai expliqué précédemment, voir là-bas. Il se trouve donc qu'il est susceptible de recevoir quelque échauffement du penchant sous la peau de sa chair, et c'est ce qu'indique "che'hin", qui est un terme d'échauffement selon l'explication de Rachi.

Et le verset dit "et qu'elle guérira", c'est-à-dire que cet homme-là pourra certainement guérir facilement de ses atteintes et de ses petits manques. "Et il y aura à la place de l'inflammation une tumeur blanche (seet levana)" (Lévitique 13,19), c'est-à-dire que ce tsadik, certainement, par des pensées de repentir et par les regrets sur l'échauffement du penchant, méritera par cela qu'à la place de l'inflammation il élève (yissa) son cœur vers le Dieu qui est aux cieux, et il méritera le blanchiment (libboun) des fautes et le blanchiment supérieur ; et c'est ce qu'indique "seet levana" (élévation blanche).

"Ou une tache blanche (baheret levana)", c'est-à-dire qu'il pourra aussi parvenir à une grande clarté, et "baheret" est un terme de clarté (behirout) et de lumière de l'enthousiasme dans le service du Créateur, béni soit Son Nom. Et le verset dit : bien que tu mérites tout cela, malgré tout Je t'avertis et Je t'enseigne que tu saches en vérité qu'il y a encore en toi "adamdemet" (rougeâtre), c'est-à-dire mêlé de rougeur, allusion à la faute qui est appelée rouge.

"ונראה אל הכהן" פירוש הכהן הוא הצדיק הגמור האמיתי, על דרך שאמר הכתוב "והכהן הגדול מאחיו" ודרשינן גדלהו משל אחיו, י"ל הפירוש דכהן גדול צריך להיות גדול בנוי בחכמה בעושר, ולכאורה העשירות הוא דבר השמאלי, אלא הפירוש הוא כך "בנוי בעושר" פירוש שגם העשירות יהיה לעבודת הבורא ב"ה ולא להנאת עצמו, "ואם אין לו" רצה לומר אם עדיין לא הגיע למדרגה זו, שעדיין יש לו חימום ותאוה אל העשירות החומריות, "גדלהו" צריך להשתדל להביא אותו אל מדריגה זו, "מאחיו" על דרך הנ"ל, הם השני המלאכים המלוין את האדם, המה היצר טוב והיצר הרע, צריך להביא את שניהם אל הגדולה דהיינו ימין. וזהו "עושר שמור לבעליו לרעתו", פירוש שהבעלים צריכים לשמור העושר מהרעות שבו כנ"ל.

"Et il sera montré au Cohen" (Lévitique 13,19) : l'explication est que le Cohen est le tsadik parfait et véritable, selon ce que dit le verset "et le Cohen, le plus grand de ses frères" (Lévitique 21,10), et nous exposons : "rends-le grand à partir de ce qu'ont ses frères" (Yoma 18a). On peut dire que l'explication est que le Cohen gadol (grand prêtre) doit être grand en beauté, en sagesse et en richesse ; or à première vue la richesse est une chose du côté gauche.

Mais l'explication est ainsi : "en beauté, en richesse" signifie que la richesse elle aussi sera pour le service du Créateur, béni soit-Il, et non pour son propre plaisir. "Et s'il n'a pas", cela veut dire : s'il n'est pas encore parvenu à ce degré, s'il a encore un échauffement et un désir pour la richesse matérielle, "rends-le grand" - il faut s'efforcer de l'amener à ce degré - "à partir de ses frères", selon ce qui précède : ce sont les deux anges qui accompagnent l'homme, à savoir le bon penchant (yetser tov) et le mauvais penchant (yetser hara) ; il faut amener les deux à la grandeur, c'est-à-dire à la droite.

Et c'est cela "une richesse gardée par son propriétaire pour son malheur" (Ecclésiaste 5,12) : l'explication est que les propriétaires doivent garder la richesse des maux qui sont en elle, comme ci-dessus.

‎ונחזור לענינינו "ונראה אל הכהן" רצה לומר שהצדיק הנ"ל, שעדיין הוא צריך אל הצדיק הגמור האמיתי להיות נראה אליו, "וראה הכהן" פירוש וראה האיש הזה על הכהן, דהיינו הצדיק הגמור, "והנה מראהו שפל מן העור" פירוש שידמה בעיניו שעדיין גם בו חסרונות, כי כן יש בני אדם הבאים אל הצדיקים הגדולים וקשה להם על הצדיק קושיות. וזהו "ושערה" פירוש שיהיה כמו שער בנפשו שיעלה במחשבתו כמה קושיות על הצדיק גמור, וכל זה הוא מחמת חסרון שלמותו, ואף על פי כן "הפך לבן" רצה לומר אחר כל מחשבותיו וקושיותיו על הצדיק גמור, יגרום לו קדושתו של הצדיק ההוא שייהפך גם הוא ללבן.

Et revenons à notre propos. "Et il sera montré au Cohen" veut dire que le tsadik mentionné ci-dessus a encore besoin du tsadik parfait et véritable, pour lui être montré.

"Et le Cohen verra" : l'explication est que cet homme-là verra sur le Cohen, c'est-à-dire sur le tsadik parfait, "et voici, son apparence est plus basse que la peau" (Lévitique 13,20) : l'explication est qu'il lui semblera à ses yeux qu'il y a encore en lui aussi des manques ; car il y a bien des gens qui viennent auprès des grands tsadikim et qui éprouvent des objections difficiles à l'égard du tsadik. Et c'est cela "et son poil (ousea'ra)" : l'explication est qu'il y aura comme une tempête (sa'ar) dans son âme, en sorte que montent dans sa pensée plusieurs objections contre le tsadik parfait ; et tout cela vient du manque de sa propre perfection.

Et malgré tout, "a tourné au blanc" veut dire : après toutes ses pensées et ses objections contre le tsadik parfait, la sainteté de ce tsadik-là fera que lui aussi se changera en blanc.

‎וזהו "אשה כי תזריע" כפירוש רש"י אשה מזרעת תחילה יולדת זכר, פירוש על דרך הנ"ל שצריך שחימום היצר יביאו אל הקדושה ולעבוד בשני יצרים, כדאמרו ז"ל "זריזות מביא לידי נקיות" רצה לומר הזריזות שמזרז עצמו ומתגבר בחמימות של היצר להביא אל הקדושה, מביאו לידי נקיות, על דרך יצא פלוני נקי מנכסיו, דהיינו בעשותו מצוה הרי היא נקיה מכל סיג, "ונקיות מביאה לידי טהרה" שהוא מדריגה גדולה, וזהו "אשה" רמז על היצר הרע שהוא הנקבות והשמאלית כידוע, ואם גם הוא מזריע בו תחילה החמימות אל המצוה, "וילדה זכר" הרי הוא מוליד הולדה העליונה הנקרא בשם זכר, "וטמאה שבעת ימים" כנ"ל, דהנה אנחנו צריכין למנות הימים, שאנו אומרים היום יום ראשון בשבת, וכן בכל יום, וכוונתינו בזה הוא כדי להכניס קדושת שבת בששת ימי החול, ונמצא בכל דבר כלול קדושת שבת חלק שביעי, וגם באכילה ושתיה צריך לעורר הקדושה שיהא שורה בו הששה קצוות ויום השביעי, וצריך שיבין הצדיק שכל עבודתו העבר עדיין היה בכלל טומאה, דהיינו שלא היתה עבודתו שלימה.

Et c'est cela "une femme qui conçoit", selon l'explication de Rachi : "la femme émet la semence en premier, elle enfante un mâle". L'explication est selon ce qui précède : il faut que l'échauffement du penchant, on l'amène à la sainteté, et que l'on serve avec les deux penchants, comme ont dit nos Sages de mémoire bénie : "la promptitude (zerizout) mène à la propreté (nekiyout)" (Avoda Zara 20b).

Cela veut dire : la promptitude par laquelle il se hâte et se renforce dans l'échauffement du penchant pour l'amener à la sainteté, elle l'amène à la propreté - selon l'expression "un tel est sorti net (naki) de ses biens", à savoir qu'en accomplissant la mitsva, celle-ci est nette de toute scorie. "Et la propreté mène à la pureté (tahara)", qui est un grand degré.

Et c'est cela "une femme" : allusion au mauvais penchant, qui est le féminin et le côté gauche, comme on sait ; et si lui aussi émet d'abord en elle l'échauffement vers la mitsva, "et elle enfantera un mâle" - voici qu'il engendre l'enfantement supérieur appelé du nom de mâle. "Et elle sera impure sept jours", comme ci-dessus.

Car voici, nous devons compter les jours, puisque nous disons "aujourd'hui est le premier jour de la semaine (du chabbat)", et ainsi chaque jour ; et notre intention en cela est de faire entrer la sainteté du chabbat dans les six jours ouvrables. Il se trouve donc qu'en toute chose est incluse la sainteté du chabbat, la septième part ; et dans le manger et le boire aussi il faut éveiller la sainteté, afin que reposent en elle les six extrémités et le septième jour.

Et il faut que le tsadik comprenne que tout son service passé était encore compris dans l'impureté, à savoir que son service n'était pas complet.

‎וזהו "וטמאה שבעת ימים" רמז על כל דבר שעשה עד הנה, "כימי נדת" כו׳, כך ידמה בעיניו, ועל ידי זה ילך בכל פעם ממדריגה למדריגה עד התכלית המכוון. וזהו "וביום השמיני" רמז אל הקדושה שהוא למעלה מקדושת שבת הנקרא ממחרת השבת, והוא יום השמיני כידוע.

"ימול בשר ערלתו" רצה לומר אז ימול כל ערלת לבו. "ושלשים יום ושלשת ימים" דאיתא בגמרא ישלש אדם שנותיו שליש במקרא כו׳, וידוע שכל דבר קדושה כלול מעשר.

וזהו "ושלשים ושלשת" רצה לומר כל מה שמשליש ימיו במקרא, צריך להיות כל אחד כלול מעשר, דהיינו שלשתן בין כולם שלשים. "תשב בדמי טהרה" רצה לומר כל זה יעשה תמיד כך בחמימות של הטהרה, כי נקיות מביא כנ"ל.

ואמר הכתוב בכל זאת לא תחזיק עצמך בעיניך שבקרבך קדוש, "וזהו בכל קודש לא תגע ואל המקדש לא תבא" כי בזמן המקדש היה השראת השכינה בבית המקדש, ועתה בגלותינו המר כתיב ואהיה להם למקדש מעט, היינו שמשרה שכינתו על הצדיק, ואתה אל תחזיק עצמך במדריגה זו, "עד מלאת ימי טהרה" רצה לומר עד אחר שיתמלאו ימיך ימים רבים בקדושה ובטהרה.

Et c'est cela "et elle sera impure sept jours" : allusion à tout ce qu'il a fait jusqu'ici. "Comme aux jours de l'impureté (nida) de sa souffrance", etc. - ainsi cela lui semblera à ses yeux ; et par cela il ira chaque fois de degré en degré jusqu'au but visé.

Et c'est cela "et le huitième jour" : allusion à la sainteté qui est au-dessus de la sainteté du chabbat, celle qui est appelée "le lendemain du chabbat", et qui est le huitième jour, comme on sait. "On circoncira la chair de son prépuce" veut dire : alors il circoncira tout le prépuce de son cœur.

"Et trente jours et trois jours" (Lévitique 12,4) : car il est enseigné dans la Guemara "que l'homme divise ses années en trois : un tiers dans l'Écrit (mikra)", etc. (Kidouchin 30a) ; et il est connu que toute chose de sainteté est composée de dix.

Et c'est cela "et trente et trois", cela veut dire : tout ce dont il fait un tiers de ses jours dans l'Écrit, chacun doit être composé de dix, à savoir que les trois ensemble font trente. "Elle restera dans le sang de sa purification" veut dire : tout cela, il le fera toujours ainsi, dans l'échauffement de la pureté, car la propreté mène [à la pureté] comme ci-dessus.

Et le verset dit : malgré tout cela, ne te tiens pas à tes propres yeux pour saint en ton intérieur. Et c'est cela "elle ne touchera à aucune chose sainte et n'entrera pas au sanctuaire (mikdach)" (Lévitique 12,4) : car au temps du Temple, la Chekhina (Présence divine) résidait dans le Temple, et maintenant, dans notre exil amer, il est écrit "et Je fus pour eux un sanctuaire en petit" (Ezechiel 11,16), à savoir qu'Il fait reposer Sa Chekhina sur le tsadik ; et toi, ne te tiens pas à ce degré-là.

"Jusqu'à ce que soient accomplis les jours de sa purification" veut dire : jusqu'après que se seront remplis tes jours, des jours nombreux, dans la sainteté et dans la pureté.

או יאמר אשה כי תזריע כו׳. ואיתא בגמרא מפני מה צדיקים נמשלו לעתר, מה עתר מהפך התבואה בגורן, אף צדיקים מהפכין מידת הדין למידת הרחמים.

אך כשיש התעוררות תשובה בעולם, אז רחמים בעולם מתחילה ואין צריך להפך, וזהו "אשרי העם שככה לו" רצה לומר אשרי כשיש צדיקים בעולם שיכולים להפך הדין ולשככו להפכו לרחמים, ו"שככה" הוא מלשון וחמת המלך שככה, "אשרי העם שה׳ א-להיו" רצה לומר אשרי כשהדין הוא רחמים מעיקרא, דהיינו כשיש התעוררות תשובה בעולם כנ"ל.

"Ou bien il dira : une femme qui conçoit", etc. Et il est enseigné dans la Guemara : pourquoi les tsadikim ont-ils été comparés à une fourche (éter) ?

De même que la fourche retourne le grain sur l'aire, ainsi les tsadikim retournent la mesure de rigueur (din) en mesure de miséricorde (ra'hamim) (Yevamot 64a). Mais lorsqu'il y a un éveil de repentir dans le monde, alors la miséricorde est dans le monde des le départ et il n'y a pas besoin de retourner.

Et c'est cela "heureux le peuple pour qui il en est ainsi (chekakha lo)" (Psaumes 144,15), cela veut dire : heureux [le peuple] lorsqu'il y a dans le monde des tsadikim qui peuvent retourner la rigueur et l'apaiser, la changer en miséricorde ; et "chekakha" est du langage de "et la fureur du roi s'apaisa (chakhakha)" (Esther 7,10). "Heureux le peuple dont Hachem est le Dieu", cela veut dire : heureux [le peuple] lorsque la rigueur est miséricorde dès l'origine, à savoir lorsqu'il y a un éveil de repentir dans le monde, comme ci-dessus.

‎וזהו "אשה כי תזריע" רצה לומר כאשר כל העולם בהתעוררות תשובה, שאף אותם שהם בנקבות מזריעים ועושים פירות בקדושה, אז "וילדה זכר" רצה לומר רחמים מעיקרא נקרא בשם זכר, "ואם נקבה" רצה לומר בשיש דין חס ושלום שכינה לנקבה, "תלד" רצה לומר גם זאת אפשר לעשות בו הולדה להפכו לרחמים. אמן.

Et c'est cela "une femme qui conçoit", cela veut dire : lorsque le monde entier est dans un éveil de repentir, en sorte que même ceux qui sont dans le féminin émettent une semence et produisent des fruits dans la sainteté, alors "et elle enfantera un mâle", cela veut dire que la miséricorde dès l'origine est appelée du nom de mâle. "Et si c'est une femelle", cela veut dire : lorsqu'il y a de la rigueur, à Dieu ne plaise, la Chekhina est au féminin ; "elle enfantera", cela veut dire : là aussi il est possible d'opérer un enfantement, pour la changer en miséricorde.

Amen.

או יאמר אשה כי תזריע כו׳. דהנה האדם צריך לעבוד הבורא ב"ה תמיד בתורה ותפילה, רק שאי אפשר לאדם להיות עוסק תמיד בלי הפסק בתורה ובתפילה, וצריך לפעמים לדבר עם אחרים כדי לבטל השיעמום חס ושלום, רק שבכל זאת צריך שלא יהיו אותן הדברים שיחת חולין חס ושלום, רק צריך לדבר ולשיח דברים של יראה ומוסר, אז פועל בדברים אלו שמתעורר אורות עליונים בדיבורים אלו, וזה נקרא בשם "זריעה", כמו שאדם זורע בודאי הזרע מתרבה ומצמיח יותר ויותר, כך הצדיק הגדול שמדבר דיבורים קדושים דברי יראה ומוסר, הוא מזריע לאחרים, כי הוא פועל שיתרבה הרהורי תשובה בליבות בני אדם שמדבר עמם, וגם פועל שיתרבה אורות עליונים למעלה.

וזה פירוש הפסוק "אור זרוע לצדיק ולישרי לב שמחה" רצה לומר שזה האות והסימן הניכר לכל, שזה ה"אור" הוא "זרוע להצדיק" שמזריע אורות עליונים בדיבורו, זה הוא האות, ש"לישרי לב שמחה" בדיבורו, כשהצדיק מדבר דברי מוסר, אזי הוא מכניס יראה בלב בני אדם הישרי לב המדבר אליהם, וכשאנו רואים שדבריו נתנו שמחה בלב ישרי לב, בודאי נתעורר אורות עליונים למעלה.

"Ou bien il dira : une femme qui conçoit", etc. Car voici, l'homme doit servir le Créateur, béni soit-Il, sans cesse par la Torah et par la prière ; seulement, il est impossible à l'homme d'être occupé toujours et sans interruption à la Torah et à la prière, et il lui faut parfois parler avec d'autres afin d'écarter l'ennui, à Dieu ne plaise.

Seulement, malgré tout, il faut que ces paroles-là ne soient pas des conversations profanes (si'hat 'houlin), a Dieu ne plaise ; il faut plutôt parler et s'entretenir de paroles de crainte [du Ciel] et de morale (moussar). Alors il opère par ces paroles que s'éveillent des lumières supérieures dans ces discours, et cela s'appelle du nom de "semaille" (zeria) : de même que l'homme qui sème, certainement la semence se multiplie et pousse de plus en plus, ainsi le grand tsadik qui prononce des paroles saintes, des paroles de crainte et de morale, sème pour les autres ; car il opère que se multiplient les pensées de repentir dans les cœurs des gens à qui il parle, et il opère aussi que se multiplient les lumières supérieures en haut.

Et c'est l'explication du verset "la lumière est semée pour le tsadik, et pour les hommes au cœur droit, la joie" (Psaumes 97,11), cela veut dire que ceci est le signe et la marque reconnaissable de tous, que cette "lumière" est "semée pour le tsadik" qui sème des lumières supérieures par sa parole ; voici le signe : que "pour les hommes au cœur droit il y a de la joie" par sa parole. Car lorsque le tsadik dit des paroles de morale, alors il fait entrer la crainte dans le cœur des gens au cœur droit auxquels il parle ; et lorsque nous voyons que ses paroles ont donné de la joie dans le cœur des hommes au cœur droit, certainement des lumières supérieures se sont éveillées en haut.

‎אבל צריך הצדיק לזה להיות מתון ומדקדק על עצמו בדיבוריו, שלא יבוא לו חס ושלום פניה מזה שמדבר דברים כאלו, וצריך להרגיל עצמו בכל פעם מעט עד שיהיה לו הדבר הרגל שלא יהיה לו שום פניה לגמרי. וזהו פירוש הגמרא "שיחתן של תלמידי חכמים צריכין לימוד" רצה לומר כשהצדיק משיח שיחת חולין כדי לנוח מעט מלימודו, צריכין להיות באופן הנ"ל בדברי יראה ומוסר, וזה צריך לימוד, שפירושו הרגל, שצריך שירגיל את עצמו שיהיה לו לטבע שלא יבוא לו איזה פניה וגדלות מזה, והיינו שהתלמיד חכם עצמו צריך להרגיל עצמו בשיחה נאה הזאת, כדי שלא יבא לידי פניה.

וזהו "ויברך ה׳ אותך לרגלי" פירוש שיעקב אבינו עליו השלום היה רוצה להראות ללבן שהשי"ת בירך אותו בשביל צדקתו, ועיקר הצדקות הוא אחר ההרגל כנ"ל, וזהו שאמר ויברך ה׳ אותך לרגלי, דהיינו אחר שהרגלתי בצדקתי.

Mais pour cela le tsadik doit être posé et scrupuleux envers lui-même dans ses paroles, afin qu'il ne lui vienne pas, à Dieu ne plaise, une arrière-pensée intéressée (pnia) de ce qu'il dit de telles choses ; et il doit s'y habituer chaque fois un peu, jusqu'à ce que la chose lui devienne une habitude, en sorte qu'il n'ait plus aucune arrière-pensée du tout. Et c'est l'explication de la Guemara : "la conversation des talmide 'hakhamim (disciples des sages) requiert étude (limoud)" (Avoda Zara 19b), cela veut dire : lorsque le tsadik tient une conversation profane afin de se reposer un peu de son étude, elle doit être de la manière susdite, en paroles de crainte et de morale ; et cela requiert "limoud", dont l'explication est l'habitude, car il doit s'habituer jusqu'à ce que cela lui devienne une nature, afin qu'il ne lui vienne de là aucune arrière-pensée ni aucun orgueil.

Et cela veut dire que le talmid ''hakham lui-même doit s'habituer à cette belle conversation, afin de ne pas en venir à une arrière-pensée. Et c'est cela "et Hachem t'a béni sur mes pas (leragli)" (Genèse 30,30) : l'explication est que Yaakov notre père, sur lui la paix, voulait montrer à Laban que Hachem Yitbarakh (le Nom, béni soit-Il) l'avait béni à cause de sa droiture (tsidkout), et l'essentiel de la droiture vient après l'habitude (herguel, de la même racine que leragli), comme ci-dessus ; et c'est ce qu'il a dit "et Hachem t'a béni leragli", à savoir : après que je me suis habitué à ma droiture.

‎והנה כשאדם עוסק בתורה או תפילה, אז נקרא במדרגת "זכר", אבל דברים הנ"ל, היינו דיבורים דברי יראה ומוסר שהצדיק מדבר לפעמים, זה נקרא בשם "נוקבא", כי העיקר הוא התורה והתפילה, אלא שצריך לדיבורים אלו כנ"ל, וגם פועל לעצמו שיעלה על זכרונו הרהורי תשובה בעת שיעמוד עצמו להתפלל או ללמוד, אז הדברי קדושה שדיבר קודם יזכירו לו הרהורי תשובה. וזהו פירוש "אשה כי תזריע" רצה לומר כשאדם הוא במדרגת אשה, דהיינו בשעת הדיבורים דברי יראה ומוסר כנ"ל, שמזריע אורות עליונים, יפעול גם כן בזה "וילדה זכר" פירוש שיוולד לו מהדברים האלו זכירה, שיזכיר לעצמו בשעת תורה ותפילה הרהורי תשובה.

"וטמאה שבעת ימים" רצה לומר הצדיק הזה שהוא במדריגה ההוא כנ"ל, הצדיק הזה אינו מוצא בעצמו שום מעלה כל ימיו, רק תמיד הוא אצלו כטמא חס ושלום בטומאת עוונות, שסובר בודאי שעדיין אינו טהור בעבודתו ית"ש. וזה "וטמאה שבעת ימים" רמז לשבעים שנה של אדם, ודואג תמיד שיטהר עצמו יותר ויותר, אבל זה הוא שלא בשעת תפילה, דהיינו כשמדבר עם בני אדם, אז צריך הצדיק להתיישב בשפלותו מטעמים הנ"ל, אבל כשצריך להתפלל על איזה דבר, אל יאמר בלבו מי אנכי שאתפלל על הדבר ההוא, רק אדרבה צריך להחזיק אז במדרגתו ואל יתעצל מלהתפלל על כל דבר, וזהו "וביום השמיני ימול בשר ערלתו" רצה לומר כשיבוא למדריגה השמינית שהוא העולם העליון ונעלם, אז צריך לימול בשר ערלתו, פירוש להחזיק עצמו לצדיק גדול כאילו אין בו שום שפלות וערלות, גם צריך להצדיק הנ"ל להחזיק עצמו במדריגה הזאת, דהיינו "שלשים יום ושלשת ימים תשב בדמי טהרה" פירוש שצריך להחזיק עצמו פעמים בגדלות ופעמים בקטנות כנ"ל, "שלשים" רמז לגדלות, ששם הוי"ה ב"ה עם ארבע אותיותיו עולה גימטריא שלשים, ו"שלש" הוא קטנות, כי שלש הוא מספר קטן של שלשים, והיינו להחזיק עצמו בשפלות והכנעה, דהיינו "בדמי" שהוא טמא, ולפעמים להיפך דהיינו ב"טהרה", שבשעת תפילה יחזיק עצמו לטהור גמור שהוא צדיק כנ"ל, עד כאן מדריגת צדיק ההולך תמיד בעבודתו ית"ש.

אבל אם אדם חס ושלום אינו עובד הבורא, ומתעצל עצמו בעבודתו בתורה ובתפילה, שאינו מתפלל בזריזות וחדוה, וכן בשאר דברי קדושה הוא מתעצל, הוא מכונה בשם "נקבה", כי טבע הנקבה היא בעצלות, וזה "אם נקבה תלד וטמאה שבועיים" פירוש שהוא טמא חס ושלום שבועות הרבה, עד שיעשה תשובה שלימה להשי"ת ויתקן מעשיו, ואז טוב לו בזה ובבא.

Et voici, lorsque l'homme s'occupe de Torah ou de prière, il est alors appelé au degré de "mâle" (zakhar) ; mais les choses susdites, à savoir les paroles de crainte et de morale que le tsadik prononce parfois, cela est appelé du nom de "noukva" (le féminin) - car l'essentiel est la Torah et la prière, seulement que ces paroles sont nécessaires comme ci-dessus. Et il opère aussi pour lui-même que montent à son souvenir des pensées de repentir au moment où il se tiendra pour prier ou pour étudier : alors les paroles saintes qu'il a dites auparavant lui rappelleront des pensées de repentir.

Et c'est l'explication de "une femme qui conçoit", cela veut dire : lorsque l'homme est au degré de femme, à savoir au moment des paroles de crainte et de morale comme ci-dessus, où il sème des lumières supérieures, il opère aussi par cela "et elle enfantera un mâle (zakhar)", dont l'explication est qu'il naîtra pour lui de ces paroles un souvenir (zekhira), en sorte qu'il se rappellera à lui-même, au moment de la Torah et de la prière, des pensées de repentir. "Et elle sera impure sept jours", cela veut dire : ce tsadik qui est à ce degré-là comme ci-dessus, ce tsadik ne trouve en lui-même aucune qualité tous ses jours ; il est plutôt toujours à ses propres yeux comme impur, à Dieu ne plaise, de l'impureté des fautes, car il pense certainement qu'il n'est pas encore pur dans son service de Lui, béni soit Son Nom.

Et c'est cela "et elle sera impure sept jours" : allusion aux soixante-dix ans de l'homme, et il se soucie toujours de se purifier de plus en plus. Mais cela vaut hors du moment de la prière, à savoir lorsqu'il parle avec les gens : alors le tsadik doit s'établir dans son abaissement, pour les raisons susdites.

Mais lorsqu'il doit prier pour quelque chose, qu'il ne dise pas en son cœur "qui suis-je pour prier sur cette chose" ; au contraire, il doit alors se tenir à son degré et ne pas se relâcher de prier sur toute chose. Et c'est cela "et le huitième jour on circoncira la chair de son prépuce", cela veut dire : lorsqu'il viendra au huitième degré, qui est le monde supérieur et caché, alors il doit circoncire la chair de son prépuce - l'explication est : se tenir pour un grand tsadik, comme s'il n'y avait en lui aucun abaissement ni aucun prépuce.

Et ce tsadik susdit doit aussi se tenir à ce degré-là, à savoir "trente jours et trois jours elle restera dans le sang de sa purification" : l'explication est qu'il doit se tenir tantôt dans la grandeur (gadlout) et tantôt dans la petitesse (katnout), comme ci-dessus. "Trente" est une allusion à la grandeur, car le Nom de quatre lettres (הוי"ה), béni soit-Il, avec ses quatre lettres, s'élève en guematria à trente (vingt-six plus les quatre lettres) ; et "trois" est la petitesse, car trois est le "petit nombre" (mispar katan) de trente, et c'est se tenir dans l'abaissement et la soumission, à savoir "bedamei" (dans le sang), qui est impur ; et parfois l'inverse, à savoir dans la "tahara" (pureté), car au moment de la prière il se tiendra pour parfaitement pur, étant tsadik comme ci-dessus.

Jusqu'ici, le degré du tsadik qui marche toujours dans Son service, béni soit Son Nom. Mais si un homme, à Dieu ne plaise, ne sert pas le Créateur et se relâche dans son service, dans la Torah et dans la prière, en ce qu'il ne prie pas avec promptitude et avec joie, et de même se relâche dans les autres choses saintes, il est désigné du nom de "femelle" (nekeva), car la nature de la femelle est dans la paresse.

Et c'est cela "et si elle enfante une femelle, elle sera impure deux semaines" (Lévitique 12,5) : l'explication est qu'il est impur, à Dieu ne plaise, de nombreuses semaines, jusqu'à ce qu'il fasse un repentir complet envers Hachem Yitbarakh et répare ses actes ; et alors il lui sera bien en ce monde-ci et dans le monde à venir.

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