נועם אלימלך

Noam Elimelech — Sefer Vayikra, Shmini

Rabbi Élimélech de Lizhensk
En bref

« Aaron leva ses mains vers le peuple » (Vayikra 9,22). Le Noam Elimele'h enseigne que le tsadik, toujours dans la devekout (attachement permanent au divin), descend un peu de ce degré par désir du bien d'Israël. En voyant cette aspiration, les hommes reçoivent la crainte de D.ieu et Son amour, et s'éveillent à Son service, désigné par le nom des mains. « Hatat » et « ola » font allusion à l'examen et à la techouva pour toute pensée ; « chelamim » à la devekout qui fait la paix dans la cour céleste. Moché et Aaron entrent dans la tente d'assignation, puis sortent un peu pour bénir, et la gloire de Hachem apparaît à tout le peuple.

Aussi : le Nom saint et la vitalité par « voici l'animal » ; les chratsim créés contre l'accusation, et Hachem fait monter Israël ; la honte d'Aaron, signe du tsadik choisi pour l'autel

וישא אהרן את ידיו אל העם כו׳. נ"ל דהנה הצדיק הולך תמיד בדביקות ודבוק בעולמות עליונים, רק מחמת שתשוקתו תמיד על טובת ישראל שייטיב להם השי"ת בכל מיני שפע וברכה, מחמת זה הוא יורד קצת ממדריגתו ודביקותו, אך בכל זאת הוא פועל טוב במה שיורד קצת מהדביקות, שע"י שרואים בני אדם גודל תשוקתו ותאוותו לטובתם, הוא מכניס בלבם יראת ד׳ ואהבתו, שכולם נתעורר לבבם לעבודתו ית"ש.

וזהו "וישא אהרן את ידיו" ע"ד נשא לבבינו אל כפים, וי"ל הפי' דהיינו האדם אשר ישא לבו לעבודת הבורא ית"ש, אז מחמת גודל האהבה והתלהבות שבו הוא מכה כף אל כף, ונמצא עבודת הבורא נקרא ע"ש הידים.

"Aaron leva ses mains vers le peuple, etc." (Vayikra 9,22). Il me semble que voici : le tsadik marche toujours dans la devekout (attachement permanent au divin) et est collé aux mondes supérieurs ; seulement, parce que son désir porte toujours sur le bien d'Israël, que ה' béni soit-Il leur fasse du bien par toutes sortes d'abondance (chefa) et de bénédiction, à cause de cela il descend un peu de son degré et de sa devekout.

Mais malgré tout il accomplit une bonne chose par le fait même qu'il descend un peu de la devekout : car, en voyant la grandeur de son désir et de son aspiration à leur bien, les hommes reçoivent dans leur cœur la crainte de ה' et Son amour, de sorte que le cœur de tous s'éveille à Son service, que Son Nom soit béni. Et c'est le sens de "Aaron leva ses mains", à la manière de "élevons notre cœur avec nos paumes" (Eikha 3,41) ; et on peut expliquer qu'il s'agit de l'homme qui élève son cœur vers le service du Créateur béni soit-Il : alors, par la grandeur de l'amour et de l'enthousiasme qui est en lui, il frappe paume contre paume, et il se trouve que le service du Créateur est désigné par le nom des mains.

‎וזהו "וישא אהרן את ידיו אל העם" פי' כנ"ל שתשוקת הצדיק אל העם להטיב להם, "ויברכם וירד מעשות החטאת והעולה והשלמים" פי' עי"ז ירד ממדריגתו, שמדרגת הצדיק הוא תמיד לבדוק עצמו בכל עת ורגע אולי חטא חלילה באיזה נדנוד חטא והרהור והוא מהרהר תמיד בתשובה, זה רמז "חטאת ועולה" שבא על הרהור, "והשלמים" רמז להדביקות שבו, שעושה שלום בפמליא של מעלה, וע"י תשוקתו היה יורד ממדריגותיו האלו קצת.

Et c'est "Aaron leva ses mains vers le peuple" : l'explication est comme ci-dessus, que le désir du tsadik va vers le peuple pour lui faire du bien. "Et il les bénit, et il descendit après avoir fait le sacrifice pour la faute (hatat), l'holocauste (ola) et les sacrifices de paix (chelamim)" (Vayikra 9,22) : l'explication est que, par cela, il descendit de son degré.

Car le degré du tsadik consiste à s'examiner toujours, à chaque instant et à chaque moment, craignant d'avoir peut-être fauté, à Dieu ne plaise, par quelque ombre de faute ou par une pensée, et il pense sans cesse à la techouva. C'est ce à quoi font allusion "hatat et ola", qui viennent pour la pensée ; "et les chelamim" fait allusion à la devekout qui est en lui, car il fait la paix (chalom) dans la famille d'en haut (pamalia chel maala, la cour céleste) ; et par son désir il descendait un peu de ces degrés.

"ויבא משה ואהרן אל אוהל מועד", דיש כמה גווני צדיקים, צדיק גדול הנקרא בשם "משה", ויש צדיק אשר הוא מדרגת "אהרן", וכל אחד לפי מדרגתו עולה ובא בקדושה הנקרא "אוהל מועד", "ויצאו" ר"ל ואח"כ יוצאים קצת ממדרגתם, ואין זה אלא למען "ויברכו את העם",כנ"ל אך בכל זאת גורמים קדושה ויראה לכל העם, וזהו "וירא כבוד ה׳ אל כל העם", וזהו "עדותיך נאמנו מאוד" כו׳, דאיתא בגמ' שלשה מעידין זה על זה הקב"ה וישראל ושבת, נמצא ישראל נקרא עדות של הקב"ה, וזהו "עדותיך נאמנו מאד" פי׳ שהם נאמנים וחביבים, למי? ומפרש הפסוק "לביתך נאוה קודש" לאותן הצדיקים הדרים תמיד בעולמות העליונים, "ד' לאורך ימים" פי׳ שהם גורמין במעשיהם שתתפשט הקדושה והיראה עי"ז לכל ישראל אמן.

"Moché et Aaron entrèrent dans la tente d'assignation (ohel moed)" (Vayikra 9,23). Car il y a plusieurs sortes de tsadikim : il y a le grand tsadik, appelé du nom de "Moché", et il y a le tsadik qui est au degré d'"Aaron", et chacun selon son degré monte et entre dans la sainteté appelée "tente d'assignation".

"Et ils sortirent" : c'est-à-dire qu'ensuite ils sortent un peu de leur degré, et cela n'est que pour "et ils bénirent le peuple", comme ci-dessus ; mais malgré tout ils suscitent sainteté et crainte pour tout le peuple, et c'est "et la gloire de ה' apparut à tout le peuple". Et c'est "Tes témoignages sont très fidèles" etc.

(Tehilim 93,5) : car il est enseigné dans la Guemara que trois témoignent l'un sur l'autre, le Saint béni soit-Il, Israël et le chabbat ; il se trouve donc qu'Israël est appelé le témoignage du Saint béni soit-Il. Et c'est "Tes témoignages sont très fidèles", c'est-à-dire qu'ils sont fidèles et chers - à qui ?

Et le verset explique : "à Ta maison convient la sainteté", pour ces tsadikim qui demeurent toujours dans les mondes supérieurs ; "ה', pour la longueur des jours", c'est-à-dire qu'ils font, par leurs actes, que la sainteté et la crainte se répandent par là sur tout Israël, amen.

זאת החי׳ אשר תאכלו כו׳. נ"ל דאיתא בזוהר הקדוש זאת החיה רמז להשם הקדוש, אשר תאכלו פי׳ שע"י יש לנו אחיזה וחיות.

"Voici l'animal (hahaya) que vous mangerez, etc." (Vayikra 11,2). Il me semble qu'il est enseigné dans le saint Zohar que "voici l'animal" fait allusion au Nom saint, et "que vous mangerez" veut dire que par lui nous avons une prise et une vitalité (haiout).

או יאמר "זאת החיה" רמז למה שראה דניאל חיה זו אדום, "אשר תאכלו" לשון ואכלתם את אויביכם, ואמר הכתוב עי"ז יהיה כח בידכם לכלות אותם דהיינו מכל בהמה, דאיתא בגמ' בבא מציעא "אמר רב חנינא מסורא דפרת לרבינא יציאת מצרים דכתב רחמנא גבי שרצים למה לי, א"ל אמר הקב"ה אני שהבחנתי כו׳, א"ל אנא המעלה קא קשיא לי מאי שנא המעלה דכתב רחמנא, א"ל לכדתנא דבי ר׳ ישמעאל אלמלא לא העליתי את ישראל אלא בשביל שאינם מטמאין בשרצים ומעליותא היא גבייהו" וכו׳. י"ל הפי׳ הגמ' הנ"ל ע"פ דאיתא במדרש, שאלו המלאכים את הקב"ה למה ברא השרצים, והשיב להם השי"ת מפני הקטרוג, אם יבא לקטרג על ישראל חלילה שחוטאים לפניו ואין צורך בהם, אז משיב לו השי"ת הלא השרצים אין צורך בהם כלל ואעפ"כ בראתים.

וז"ש "אנא המעלה קשיא לי" דהמעלה הוא הוא לשון הגבהה, שהקב"ה מגביה את ישראל מבין הקליפות והחטאים והם נופלים למטה, וז"ש המעלה כו׳, כלומר לאיזה סיבה וזכות מעלה את כללות ישראל מחטאותיהם, "א"ל אלמלא כו׳ אלא שאין מטמאין בשרצים" פי׳ הלא ישראל אין אוכלים השרצים ונמצא אין צורך כלל בבריאתם כיון שישראל אין אוכלין מהם, ואעפ"כ בראתים כדברי מדרש הנ"ל, ממילא אין כח להמקטרג לקטרג עליהם, ולזה אני מעלה ומגביה אותם מעונותיהם כנ"ל.

Ou bien on dira : "voici l'animal" (zot hahaya) fait allusion à ce que vit Daniel, cet animal étant Edom ; "que vous mangerez" au sens de "vous dévorerez vos ennemis". Et le verset dit que, par cela, vous aurez la force de les anéantir, c'est-à-dire "parmi toute bête" (mikol habehéma).

Car il est enseigné dans la Guemara Baba Metsia : "Rav Hanina de Soura du Perat dit à Ravina : la sortie d'Égypte que le Miséricordieux a écrite à propos des bestioles rampantes (chratsim), pourquoi m'est-elle nécessaire ? Il lui dit : le Saint béni soit-Il a dit : Moi qui ai distingué, etc.

Il lui dit : c'est 'Celui qui fait monter' (hamaalé) qui m'est difficile ; en quoi 'hamaalé', que le Miséricordieux a écrit, est-il différent ? Il lui dit : c'est conforme à ce qu'a enseigné l'école de Rabbi Yichmael : n'aurais-Je fait monter Israël que pour qu'ils ne se rendent pas impurs par les chratsim, ce serait déjà pour eux une supériorité", etc.

On peut expliquer cette Guemara d'après ce qui est enseigné dans le Midrach : les anges demandèrent au Saint béni soit-Il pourquoi Il avait créé les chratsim, et ה' béni soit-Il leur répondit : à cause de l'accusation (kitroug) ; si l'accusateur vient accuser Israël, à Dieu ne plaise, en disant qu'ils fautent devant Lui et qu'on n'a pas besoin d'eux, alors ה' béni soit-Il lui répond : les chratsim, n'est-ce pas, on n'en a aucun besoin, et pourtant Je les ai créés. Et c'est ce qu'il dit : "c'est hamaalé qui m'est difficile", car "hamaalé" est un terme d'élévation : le Saint béni soit-Il élève Israël d'entre les kelipot (écorces, forces d'impureté) et les fautes, et celles-ci tombent en bas.

Et c'est ce que dit "hamaalé" etc., c'est-à-dire : pour quelle raison et par quel mérite fait-Il monter la collectivité d'Israël hors de ses fautes ? "Il lui dit : n'aurais-Je, etc., que parce qu'ils ne se rendent pas impurs par les chratsim" : l'explication est que, voici, Israël ne mange pas les chratsim, et il se trouve qu'il n'y a aucun besoin de leur création puisque Israël n'en mange pas, et pourtant Je les ai créés, selon les paroles du Midrach ci-dessus ; dès lors l'accusateur n'a plus la force de les accuser, et pour cela Je les fais monter et Je les élève hors de leurs fautes, comme ci-dessus.

‎וזהו "כל ישראל יש להם חלק לעוה"ב", פי׳ כללות ישראל כנ"ל, וגם הצדיק נקרא "כל", שהוא עיקר כללות להשפיע להם טובה וברכה ויראה, שע"י הצדיק נתעוררים כללות ישראל בתשובה.

Et c'est "tout Israël a une part au monde à venir" : l'explication est la collectivité d'Israël, comme ci-dessus ; et le tsadik aussi est appelé "tout" (kol), car il est l'essentiel de la collectivité, pour faire couler vers eux le bien, la bénédiction et la crainte, puisque par le tsadik la collectivité d'Israël s'éveille à la techouva.

‎וזהו "ויאמר משה אל אהרן קרב אל המזבח" ופרש"י שהיה אהרן בוש וירא לגשת וא"ל משה למה אתה בוש לכך נבחרת, דהנה עיקר הוא לאדם הבושה, סימן טוב לאדם שהוא ביישן, וכל המתבייש לא במהרה הוא חוטא, ואהרן היה מתבייש מאד מגודל ההכנעה שהיה בו, שכן דרך הצדיק שתמיד רואה בעיניו חטאים על כל נדנוד עבירה, ואפי׳ דבר קל לעבירה חמורה תחשב לו, ומכניע עצמו ומשפיל עצמו תמיד, ובפני רבים מוכיח עצמו, ועי"ז מכניס הרהורי תשובה בהשומעים, באמרם אם בארזים נפלה השלהבת מה יעשו אזובי הקיר, והם חוזרים בתשובה שלימה, וזהו שאמר לו משה רבינו ע"ה "למה אתה בוש" פי׳ בשביל שאתה בוש וירא וא"כ אתה הוא הצדיק השלם הראוי ליקרב למזבח, "לכך נבחרת" שכך הוא ראוי לצדיק להתנהג בעבודתו ית"ש, וזהו "ויקרב אהרן אל המזבח" ר"ל כיון ששמע ממשה שכך הוא המדרגה המעולה, הבושה וגודל ההכנעה בלב ועשה כן, "ויקרב אהרן אל המזבח" פי׳ שהיה מקרב עצמו תמיד אל המזבח, שהיה מוצא בעצמו חסרונות והיה מחשב תמיד שצריך למזבח כפרה.

Et c'est "Moché dit à Aaron : approche-toi de l'autel" (Vayikra 9,7), et Rachi explique qu'Aaron avait honte et craignait de s'approcher, et que Moché lui dit : pourquoi as-tu honte ? c'est pour cela que tu as été choisi. Car l'essentiel pour l'homme est la honte : c'est un bon signe pour l'homme d'être pudique (bayechan), et celui qui a honte ne faute pas vite.

Et Aaron avait très honte, par la grandeur de la soumission (hakhnaa) qui était en lui ; car telle est la voie du tsadik, qui voit toujours de ses yeux des fautes dans la moindre ombre de transgression, et même une chose légère lui est comptée comme une transgression grave, et il se soumet et s'abaisse toujours, et devant le public il se réprimande lui-même ; par là il introduit des pensées de techouva chez ceux qui l'écoutent, car ils se disent : si la flamme est tombée dans les cèdres, que feront les hysopes du mur ? et ils reviennent par une techouva complète. Et c'est ce que lui dit Moché notre maître, que la paix soit sur lui : "pourquoi as-tu honte ?", c'est-à-dire : parce que tu as honte et que tu crains, tu es donc le tsadik parfait, digne de s'approcher de l'autel ; "c'est pour cela que tu as été choisi", car c'est ainsi qu'il convient au tsadik de se conduire dans le service de ה' béni soit-Il.

Et c'est "Aaron s'approcha de l'autel" : c'est-à-dire que, ayant entendu de Moché que tel est le degré le plus élevé - la honte et la grande soumission dans le cœur -, il fit ainsi. "Aaron s'approcha de l'autel" veut dire qu'il se rapprochait toujours lui-même de l'autel, car il trouvait en lui-même des manques et pensait toujours qu'il avait besoin de l'autel pour l'expiation.

וישחט את עגל החטאת אשר לו דהנה באמת מאין יבא לצדיק שיוכשל ח"ו באיזה חטא נדנוד קל, זה בא הכל מחמת חטא עגל, והזוהמא הזאת גורם אף להצדיק חלילה איזה עבירה קלה, וע"י שהוא מתחרט מיד ומצטער מאד ומהרהר בתשובה, אזי הוא גורם "וישחט את עגל החטאת", "אשר לו" פי׳ שהחטא הזה אינו נחשב לעבירה, כי אם לו לבדו הוא נחשב לו לעבירה, לגודל צדקתו. ובראות שאר בני אדם את מעשה הצדיק הזה, איך שמהרהר בתשובה אפי׳ על דברים קלים מאד, נשבר לבם בקרבם ומוסרים נפשם ודמם לעבודתו ית"ש.

"Il égorgea le veau du sacrifice pour la faute qui était pour lui" (Vayikra 9,8). Car en vérité, d'où viendrait-il que le tsadik trébuche, à Dieu ne plaise, dans quelque faute légère, une simple ombre de faute ?

Tout cela vient à cause de la faute du veau [d'or], et cette souillure (zouhama) provoque même chez le tsadik, à Dieu ne plaise, quelque transgression légère. Et par le fait qu'il se repent aussitôt, qu'il en éprouve une grande peine et qu'il pense à la techouva, alors il produit "il égorgea le veau du sacrifice pour la faute" ; "qui était pour lui" (acher lo) veut dire que cette faute n'est pas comptée comme une transgression, sinon pour lui seul elle est comptée comme une transgression, à cause de la grandeur de sa justice.

Et lorsque les autres hommes voient l'acte de ce tsadik, comment il pense à la techouva même pour des choses très légères, leur cœur se brise en eux et ils livrent leur âme et leur sang au service de ה' béni soit-Il.

‎וזהו "ויקריבו בני אהרן את הדם אליו" פי' כנ"ל שע"י הצדיק מקריבים דמם לו ית"ש. "ויטבול אצבעו בדם" רמז שהצדיק מעלה את הדם של מסירת נפשם "על קרנות המזבח", קרנות לשון גדולה ושררה, שפועל בזה לדבר גדול מאד.

ו"את הדם יצק" פי׳ המידות שהם מחזיקים בהם עם מסירת נפשם יצק "על יסוד המזבח" פי׳ נעשה מהם יסוד לעולם המזבח כנ"ל.

Et c'est "les fils d'Aaron lui présentèrent le sang" (Vayikra 9,9) : l'explication est comme ci-dessus, que par le tsadik ils offrent leur sang à ה' béni soit-Il. "Il trempa son doigt dans le sang" fait allusion au fait que le tsadik élève le sang de leur don de soi (mesirat nefech) "sur les cornes de l'autel" ; "cornes" (karnót) est un terme de grandeur et de domination, car il opère par là une chose très grande.

Et "il versa le sang" veut dire : les midot (traits de caractère) auxquelles ils se tiennent avec leur don de soi, il les versa "sur le fondement de l'autel", c'est-à-dire qu'il en est fait un fondement pour le monde - l'autel - comme ci-dessus.

‎ונחזור לביאור הכתוב שעי"ז יש כח לכלות האויבים "מכל הבהמה", דהיינו כללות ישראל ע"י הצדיק הנקרא "כל בהמה" ע"ד שאמרו חז"ל אדם ובהמה אלו בני אדם שמשימים עצמם כבהמה, דהצדיק מכניע ומשפיל עצמו כבהמה ועי"ז כללות ישראל נגבהים ומתעלים וכנ"ל. "מפרסת פרסה" מלשון ופרשו השמלה, דהנה השמים נבראו ע"י פריסה דהיינו הבדל, כמו שאמר הכתוב "יהי רקיע בתוך המים ויהי מבדיל בין מים למים", וי"ל הפי׳ דהנה שמים פרש"י אש ומים, דהתורה נקראת מים, והשי"ת ברא מדרגות והבדל בין מים למים, שפי׳ שצריך האדם ללמוד עם אש התלהבות וחשק לשמו ית׳, ורקיע הוא לשון ריקועי פחים, ותרגומו ורדידו לשון דקות, דהיינו שצריך להיות דקות בין מים למים, שהסודות התורה יעלה למעלה ולהשפיע למטה, וזהו "מפרסת פרסה" כנ"ל, שיהא מבדיל בין מים למים, "ושוסעת שסע" שיהא הבדל גמור.

Et revenons à l'explication du verset : par cela il y a une force pour anéantir les ennemis, "parmi toute bête" (mikol habehéma), c'est-à-dire la collectivité d'Israël par le tsadik, qui est appelé "toute bête", à la manière de ce qu'ont dit nos maîtres de mémoire bénie : "homme et bête" - ce sont les hommes qui se font eux-mêmes comme une bête ; car le tsadik se soumet et s'abaisse comme une bête, et par là la collectivité d'Israël est haussée et élevée, comme ci-dessus. "Qui a le sabot fendu" (mafréset parsa) est de la langue de "et ils étendront le drap" (Devarim 22,17), car voici : les cieux ont été créés par un étendage (perisa), c'est-à-dire par une séparation, comme dit le verset : "qu'il y ait un firmament (rakia) au milieu des eaux, et qu'il sépare entre les eaux et les eaux" (Berechit 1,6).

Et on peut expliquer ainsi : voici, "chamayim" (cieux), Rachi explique : ech et mayim (feu et eau) ; or la Torah est appelée eau, et ה' béni soit-Il a créé des degrés et une séparation entre eaux et eaux, ce qui veut dire que l'homme doit étudier avec le feu de l'enthousiasme et du désir pour Son Nom béni. Et "rakia" est un terme de "rikouéi pahim" (lames de métal battues), et sa traduction araméenne est "veradidou", terme de finesse : c'est-à-dire qu'il doit y avoir de la finesse entre eaux et eaux, pour que les secrets de la Torah montent en haut et fassent couler l'abondance en bas.

Et c'est "qui a le sabot fendu", comme ci-dessus, qu'il sépare entre eaux et eaux ; "et qui fend l'ongle" (vechossaat chessa), qu'il y ait une séparation complète.

או יאמר "מפרסת" כו׳, ע"ד והיה עקב תשמעון, אלו עבירות שאדם דש בעקביו שיהיו דומים עליו כחמורות, והיינו "את המשפטים האלה", וזהו "מפרסת פרסה" לשון דריסת הרגל בפרסות רגליו. וק"ל.

Ou bien on dira "mafréset" etc. à la manière de "et il arrivera, en conséquence (ekev) de ce que vous écouterez" (Devarim 7,12) : ce sont les transgressions que l'homme foule de ses talons (akev), et qu'elles soient à ses yeux comme des transgressions graves ; et c'est "ces lois-ci". Et c'est "mafréset parsa", terme de foulement du pied avec les sabots de ses pieds.

Et cela est facile à comprendre.

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