נועם אלימלך

Noam Elimelech — Sefer Vayikra, Vayikra

Rabbi Élimélech de Lizhensk
En bref

« Il appela Moché » (Vayikra 1,1), sans dire qui l'appelait. Le Noam Elimele'h rapporte du Zohar que le alef de « Vayikra » est petit (alef zéira), car la Che'hina est amoindrie hors de sa place, le Temple à Yerouchalayim, et ils sont au désert : c'est ce alef qui appela Moché. Une fois Moché incliné de toute sa force vers le service du Créateur et sanctifié à l'extrême, « le Nom lui parla », le Nom de la miséricorde. David prie « Toi, le Nom, Tu sièges à jamais » (Eikha 5,19) : la Che'hina est en exil et Il se lève du trône de rigueur (din) pour s'asseoir sur celui de miséricorde ; dans l'avenir tout sera miséricorde entière.

Aussi : le tsadik tremble pour une faute légère et l'élève en mérite ; il adoucit les rigueurs à leur racine, en secret, sans forcer la fin ; deux sortes de tsadikim, par le manger et par la mortification, dont la parole s'accomplit.

ויקרא אל משה וידבר ד׳ אליו מאהל מועד לאמר. לכאורה היה ראוי לכתוב ויקרא ד' אל משה וידבר אליו כדי שנדע מי קראו, ולא כן עתה ויקרא אל משה סתם ואינו יודע מי קראו.

אך הענין הוא דאיתא בזוהר ויקרא כו׳ אלף זעירא, דהשכינה כשאינה במקומה אזי היא זעירא, ואז היו במדבר ועיקר מקום כבודו הוא בבית המקדש בירושלים, ולכן מתחילה נאמר "ויקרא אל משה" והוא אלף זעירא קרא אל משה, אך אח"כ כשכבר קראו והיה משה רבינו ע"ה מטה עצמו לעבודת הבורא ב"ה בכל יכלתו, והיה מקדש עצמו במאוד מאוד ובא למדריגה זו "וידבר ה׳ אליו" שהוא שם הרחמים, וזהו שהתפלל דוד המלך ע"ה (איכה ה, יט) "אתה ה׳ לעולם תשב", כי עתה בעוונותינו הרבים שהשכינה בהגלות, כשהקב"ה רוצה לדון את ישראל, צריך ברוב רחמיו לעמוד מכסא דין ולישב עליהם בכסא רחמים, אבל לעתיד לבא יהיה כולו רחמים גמורים ולא יצטרך לעמוד מכסא דין כלל ולשנות מכסא לכסא, ועל זה התפלל "אתה ה׳ לעולם תשב כסאך לדור ודור", דעיקר שכינת כבודו יתברך הוא על הצדיקים, והתפלל לאמר אע"פ שנתמעטו הדורות אם ראשונים כו׳, אעפ"כ יהיה כסאך עלינו בכל דור ודור, ברוב רחמיך תחופף עלינו אור שכינתך. אמן.

'Il appela Moche, et le Nom lui parla depuis la tente d'assignation, en disant' (Vayikra 1,1). À première vue, il aurait convenu d'écrire 'Et le Nom appela Moche et lui parla', afin que l'on sache qui l'appelait ; or ce n'est pas le cas ici : 'Il appela Moche', sans plus, et l'on ne sait pas qui l'a appelé.

Mais voici l'explication. Il est dit dans le Zohar que dans 'Vayikra' etc. le alef est petit (alef zéira, le petit alef de ce mot), car la Chekhina (la Présence divine), lorsqu'elle n'est pas à sa place, est alors amoindrie ; or ils se trouvaient alors au désert, et le lieu essentiel de Sa gloire est le Temple à Yerouchalayim.

C'est pourquoi il est dit d'abord 'Il appela Moche' : c'est le alef zéira qui appela Moche. Mais ensuite, une fois qu'Il l'eut appelé, et que Moche notre maître, la paix sur lui, se fut incliné vers le service du Créateur, béni soit-Il, de toute sa force, et se fut sanctifié à l'extrême, il parvint à ce degré : 'et le Nom lui parla', qui est le Nom de la miséricorde.

Et c'est ce que pria le roi David, la paix sur lui (Eikha 5,19) : 'Toi, le Nom, Tu sièges à jamais'. Car maintenant, du fait de nos nombreuses fautes, la Chekhina est en exil ; et lorsque le Saint béni soit-Il veut juger Israël, Il doit, dans Son immense miséricorde, se lever du trône de rigueur (din) et s'asseoir à leur égard sur le trône de miséricorde.

Mais dans l'avenir à venir, tout sera miséricorde entière, et Il n'aura nul besoin de se lever du trône de rigueur ni de changer d'un trône à l'autre. C'est sur cela qu'il pria : 'Toi, le Nom, Tu sièges à jamais, Ton trône dure d'âge en âge' ; car la résidence essentielle de Sa gloire bénie repose sur les justes.

Et il pria en disant : bien que les générations soient allées en diminuant, 'si les premiers étaient comme des anges' etc., malgré cela que Ton trône soit sur nous en chaque génération, et que dans Ton immense miséricorde la lumière de Ta Chekhina nous abrite. Amen.

ונפש כי תחטא כו׳. נ"ל דאיתא בזוהר הקדוש (ח"ג טז, א) ונפש כי תחטא שהוא לשון תמיהה, שהכתוב מתמיה על נפש העליון שיחטא, ע"ש הלשון.

ויש לפרש ג"כ ברמז על נפש צדיק שחטא באיזה חטא קל כחוט השערה, שעבר על איזו מדה והנהגה טובה חלילה, כפירוש הזוהר הקדוש שנפש היא מדריגה גדולה, והצדיק הזה הנכשל חלילה באיזו מדה כחוט השערה, אזי יחרד לבו בקרבו ותאחז נפשו פלצות, ומי יתן ויחרד לב הרשעים העוברים עבירות חמורות כקלות כמו הצדיק הזה אשר הקל שבקלות בעיניו כחמורות, ונפשו תאבל עליו ותחרד מאוד כאילו עתה שומע השבועה שהיו משביעין אותו קודם שיצא לאויר העולם כדאיתא בגמ'.

'Et une âme, si elle faute' etc. (Vayikra 5,1).

Il me semble (nir'é li) qu'il est dit dans le saint Zohar (tome 3, 16a) que 'et une âme, si elle faute' est une expression d'étonnement : l'Écriture s'étonne que l'âme supérieure puisse fauter ; vois-y le texte. Et l'on peut aussi l'expliquer par allusion à l'âme du juste qui a fauté d'une faute légère comme un cheveu, ayant transgressé, à Dieu ne plaise, quelque trait de caractère (mida) ou quelque bonne conduite ; conformément au commentaire du saint Zohar selon lequel 'nefech' (l'âme) désigne un grand degré.

Et ce juste, qui trébuche, à Dieu ne plaise, dans quelque mida gros comme un cheveu, alors son cœur tremble en lui et son âme est saisie d'effroi. Plût au Ciel que le cœur des méchants, qui commettent les transgressions graves comme les légères, tremblât comme celui de ce juste, aux yeux de qui la plus légère des légères est comme les graves ; son âme s'en afflige et tremble fort, comme s'il entendait à l'instant le serment que l'on faisait prêter à l'âme avant sa sortie à l'air du monde, ainsi qu'il est dit dans la Guemara.

וזהו "ושמעה קול אלה" פירוש שדומה לו כאילו שומע עתה מחדש קול האלה והשבועה כנ"ל, "והוא עד" הוא לשון התראה, מלשון העדותי בכם כו׳, ופירושו הוא כך, מה הוא הדבר שמעיד ומתרה בהצדיק לעוררו שיחרד לבבו, ומפרש הכתוב והוא עד, ר"ל זה הדבר המתרה להצדיק, דהיינו "או ראה או ידע" על דרך שפירשתי כבר שהנשמה קודם יציאתה לעולם מוליכין אותה בכל עולמות ומלמדין אותה כל התורה, ואח"כ בא מלאך וסטרו על פיו כדאיתא בגמ', וכל זאת למה, אמרתי כבר באריכות השורש הוא לסיבה הזאת שמראין לו כל עולמות, הוא למען שיוכל אח"כ להשיג העולמות ולעבוד בהם להשי"ת ב"ה ולהשיג התורה שלמד, ואילולי זאת שמראין לו כנ"ל, לא היה יכול להשיג כלל וכלל לא התורה ולא העולמות העליונים, רק ע"י הרשימו הנרשם בו קודם יציאתו לעולם, עי"ז יכול אח"כ להשיג, ואם לא היה נשכח ממנו כל מה שראה ולמד, לא היה לו שום שכר בעבודתו.

Et c'est le sens de 'et elle entend la voix d'une imprécation (ala)' : il lui semble entendre à l'instant, à nouveau, la voix de l'imprécation et du serment, comme ci-dessus. 'Et lui est témoin (vehou ed)' : c'est une expression d'avertissement, du langage de 'j'ai averti (ha'idoti) en vous' etc. Et voici son explication.

Quelle est la chose qui témoigne et avertit le juste, pour l'éveiller afin que son cœur tremble ? L'Écriture l'explique : 'et lui est témoin', c'est-à-dire voici la chose qui avertit le juste, à savoir 'ou il a vu, ou il a su'.

Selon ce que j'ai déjà expliqué : l'âme, avant sa sortie vers le monde, on la conduit à travers tous les mondes et on lui enseigne toute la Tora ; puis vient un ange qui la frappe sur la bouche, ainsi qu'il est dit dans la Guemara. Et pourquoi tout cela ?

Je l'ai déjà dit longuement : la racine en est cette raison-ci, qu'on lui montre tous les mondes afin qu'elle puisse ensuite atteindre les mondes et y servir le Nom béni soit-Il, et saisir la Tora qu'elle a apprise. Et sans cela, sans qu'on la lui montre comme ci-dessus, elle ne pourrait rien saisir du tout, ni la Tora ni les mondes supérieurs ; ce n'est que par la trace (rechimou, l'empreinte résiduelle) inscrite en elle avant sa sortie vers le monde qu'elle peut ensuite saisir.

Et si elle n'oubliait pas tout ce qu'elle a vu et appris, elle n'aurait aucune récompense pour son service.

וזהו "או ראה" ר"ל או שראה כל העולמות הגבוהים לכן יחרד לבו בו, "או ידע" שלפעמים מתגלגל הצדיק עבור איזה מצוה אחת שיש לו לתקן, וזהו או ידע, דהיינו בבריאה ראשונה שראה הכל, ונמצא לא היה הצורך להראות לו כנ"ל כשבא בגלגול, "אם לא יגיד" כו׳, שדרך הצדיק הזה אם יארע לו איזה נדנוד חטא כל שהוא, אזי הוא מוכיח עצמו ומדבר לעצמו דברים קשין כגידין, ולכן נכתב לו"א יגיד בוא"ו ואל"ף, לרמז ג"כ אם ל"ו דהיינו לעצמו יגיד, פירוש לשון גידין כמו שאמרו חז"ל ותגיד לבני ישראל דברים קשים כגידין, "ונשא עונו" פירוש הצדיק זה נושא עונו זה למעלה לעולמות עליונים, על דרך שאמרו חז"ל זדונות נעשים כזכיות. וזהו וצדיקים ישמחו ויעלצו בך, ר"ל שהצדיקים בכל פעם הם שמחים יותר ויותר בו ית׳, לעולם ירננו פירוש זה גורם להם כל השמחות, מחמת שהם מרננים על עצמם כשבא להם שום נדנוד חטא ומביאין אותו החטא לעולם עליון שנעשה להם זכות, וזהו לעולם ר"ל לעולם עליון, ירננו לשון רינון על דרך דאיתא והיו כל העם מרננין אחריו, והרינון הזה הם מביאים לעולם עליון לזכות גמור ולשמחה גדולה עד עולם.

והבן.

Et c'est le sens de 'ou il a vu' : c'est-à-dire ou bien il a vu tous les mondes élevés, aussi son cœur tremble-t-il en lui. 'Ou il a su' : car parfois le juste revient en incarnation (guilgoul, transmigration de l'âme) pour une seule mitsva qu'il a à réparer ; et c'est le sens de 'ou il a su', à savoir que lors de la première création il avait déjà tout vu, de sorte qu'il n'était plus besoin de le lui montrer comme ci-dessus lorsqu'il revient en guilgoul. 'S'il ne déclare pas (im lo yaguid)' etc. : la conduite de ce juste est telle que, s'il lui arrive la moindre ombre de faute, il se réprimande lui-même et s'adresse à lui-même des paroles dures comme des tendons. C'est pourquoi le mot 'lo' est écrit ici avec vav et alef (לוא), pour faire allusion aussi à 'im lo yaguid' au sens de לו, c'est-à-dire : qu'il le dise à lui-même (lo = à lui) ; 'yaguid' étant pris au sens de tendons (guidin), comme l'ont dit nos sages de mémoire bénie sur 'et tu déclareras (vetaguid) aux enfants d'Israël' : des paroles dures comme des tendons. 'Et il portera sa faute (venasa avono)' : ce juste élève (nosse) cette faute vers le haut, vers les mondes supérieurs, selon ce qu'ont dit nos sages de mémoire bénie : les fautes volontaires deviennent comme des mérites.

Et c'est le sens de 'et les justes se réjouiront et exulteront en Toi' : les justes se réjouissent chaque fois davantage en Lui, béni soit-Il ; 'à jamais ils chanteront (leolam yeranenou)', ce qui veut dire que cela leur procure toutes les joies, du fait qu'ils murmurent (meranenim) contre eux-mêmes lorsque leur survient la moindre ombre de faute, et qu'ils portent cette faute vers le monde supérieur, où elle devient pour eux un mérite. Ainsi 'leolam' signifie : vers le monde supérieur ; 'yeranenou' au sens de murmure (rinoun), selon ce qui est dit : 'et tout le peuple murmurait derrière lui'.

Et ce murmure, ils l'élèvent vers le monde supérieur en mérite complet et en grande joie pour toujours. Comprends.

או נפש אשר תגע בכל דבר טמא כו׳. י"ל שהתורה הקדושה מלמדת דרך הצדיק הרוצה לבטל הדינים ולהמתיקם שזה נקרא לשון נגיעה, שצריך להטות עצמו ליגע באותו דבר, ואמר הכתוב "נפש כי תגע בכל דבר טמא" ר"ל בכללות הטומאה להמתיק למט׳ רשעים הטמאים והמתועבים.

"או בנבלת חיה טמאה" כו׳. דאיתא בזוהר הקדוש דארבעה חיות הקודש הנושאים הכסא הם נותנים השפעה וחיות כל אחד במינו, דהיינו אדם נותן חיות באדם, ושור נותן חיות בבהמות, והאריה היה מוכרח לרבוץ על המזבח ג"כ כדי להשפיע.

וגם נשר אף שהוא מין טמא, אך מחמת שהוא רחמני על בניו הוא ג"כ משפיע על מיני עופות. ולעומת זה יש במרכבה טמאה ג"כ ד׳ חיות טמאות אשר ג"כ יש להן כח ע"י הרשעים החוטאים הם נותנים להם אחיזה וחיות בעוונם, וצריך הצדיק הרוצה לבטל הדינין להמתיקם בשרשם במקום התחלתם של הדינין.

ואמר הכתוב "או בנבלת חיה טמאה" רמז שרוצה להמתיק שורש הדין של החיה טמאה, רמז על דרך שדרשו חז"ל בערבי פסחים על פסוק גער חית קנה, געור חיה כו׳, "או בנבלת בהמה טמאה" כו׳, רמז לכח הדין שבמרכבה טמאה שיש בה בהמה טמאה "או בנבלת שרץ" כו׳, רמז לכללות הטומאות, ובא הכתוב ומלמד הצדיק באיזה אופן ימתיקם, דהיינו "ונעלם ממנו" שצריך הדבר להיות בנעלם ובסוד גמור בהסתר כאילו גם ממנו עצמו הוא נעלם. "והוא טמא", פירוש שהכתוב מלמד שלא ידחוק עצמו לכלות אותם לגמרי שיגרום מיד ביאת המשיח, כי אמרו חז"ל אסור לדחוק את הקץ, רק "והוא טמא" פירוש שהטומאה עדיין תישאר, אלא שיראה להמתיקם, וזהו "ואשם" לשון שממה, ר"ל לעשותם משומם ומבולבל שלא יהיה בהם כח לשלוט כלל ולהמתיקם עד שיבא משיח במהרה ואז והעביר רוח הטומאה מן הארץ.

אמן.

'Ou une âme qui touche à quelque chose d'impur' etc. On peut dire que la sainte Tora enseigne ici la voie du juste qui veut annuler les rigueurs (dinim) et les adoucir : cela est appelé du terme de contact (neguia), car il doit s'incliner lui-même pour toucher à cette chose.

Et l'Écriture dit 'une âme, si elle touche à toute chose impure', c'est-à-dire à l'ensemble de l'impureté, pour adoucir en bas les méchants impurs et abominables. 'Ou à la charogne d'un animal impur (haya temea)' etc. Il est dit dans le saint Zohar que les quatre hayot (créatures vivantes) de sainteté qui portent le trône dispensent influx et vitalité, chacune à son espèce : ainsi l'homme donne vie à l'homme, le bœuf donne vie au bétail, et le lion devait lui aussi se coucher sur l'autel afin de dispenser l'influx ; et l'aigle, bien qu'il soit d'une espèce impure, du fait qu'il est miséricordieux envers ses petits, dispense lui aussi aux espèces d'oiseaux.

À l'opposé de cela, il y a aussi dans le char impur (merkava impure) quatre hayot impures, qui ont elles aussi une force par le moyen des méchants qui fautent : ceux-ci leur donnent prise et vitalité par leur faute. Et le juste qui veut annuler les rigueurs doit les adoucir à leur racine, au lieu même de leur commencement.

Et l'Écriture dit 'ou à la charogne d'un animal impur' : allusion à ce qu'il veut adoucir la racine de la rigueur de l'animal impur ; allusion selon ce qu'ont exposé nos sages de mémoire bénie dans le chapitre Arvei Pessahim sur le verset 'tance la bête du roseau', 'tance la bête' etc. 'Ou à la charogne d'un bétail impur' etc. : allusion à la force de rigueur qui est dans le char impur, où se trouve un bétail impur. 'Ou à la charogne d'un reptile' etc. : allusion à l'ensemble des impuretés. Et l'Écriture vient enseigner au juste de quelle manière il les adoucira, à savoir 'et cela lui est caché (venelam mimenou)' : la chose doit se faire dans le caché et dans le secret complet, dans la dissimulation, comme si elle était cachée même à lui-même. 'Et lui est impur (vehou tame)' : l'Écriture enseigne qu'il ne doit pas se forcer à les anéantir entièrement, ce qui provoquerait immédiatement la venue du Machiah, car nos sages de mémoire bénie ont dit qu'il est interdit de forcer la fin (de hâter le terme des temps) ; mais plutôt 'et lui est impur', c'est-à-dire que l'impureté subsistera encore, et qu'il veillera seulement à les adoucir.

Et c'est le sens de 've'achem' (et il sera coupable), pris au sens de désolation (chemama) : c'est-à-dire les rendre désolés et confus, de sorte qu'ils n'aient plus aucune force pour dominer, et les adoucir jusqu'à ce que vienne le Machiah, promptement ; et alors 'Il fera passer l'esprit d'impureté hors de la terre'. Amen.

או כי יגע בטומאת אדם רמז לאדם רשע שנטמא בעוונות וחטאים ועי"ז נותן כח וחיות לאדם רע בליעל, והצדיק רוצה שישוב מעוונו ולא יעשה עוד, וזהו "או כי יגע" פירוש שמטה עצמו לדבר זה כנ"ל, ומלמד הכתוב ג"כ שיעשה בדרך זה, "ונעלם ממנו" שיראה לעשות הדבר הזה בהעלמה ובהסתר, "והוא ידע", פי׳ ממילא יתוודע לאותו רשע וירגיש בעוונו ויפול עליו חרדה גדולה והתעוררות תשובה. "ואשם" פי׳ כנ"ל שיהא משומם ומבולבל מאותו דבר ולא יעשה עוד.

'Ou s'il touche à l'impureté d'un homme' : allusion à l'homme méchant qui s'est souillé par des fautes et des transgressions, et qui donne par là force et vitalité à l'homme mauvais et vaurien (belial) ; et le juste veut qu'il revienne de sa faute et ne recommence plus. Et c'est le sens de 'ou s'il touche' : il s'incline lui-même vers cette chose, comme ci-dessus.

Et l'Écriture enseigne aussi qu'il agisse de cette manière : 'et cela lui est caché' : qu'il veille à faire cette chose dans l'effacement et dans le secret ; 'et lui a su (vehou yada)' : c'est-à-dire que d'elle-même la chose sera connue de ce méchant, il ressentira sa faute, une grande crainte tombera sur lui ainsi qu'un éveil de repentir. 've'achem' : comme ci-dessus, qu'il soit désolé et confus à cause de cette chose et ne recommence plus.

או נפש כי תשבע לבטא בשפתים כו׳. ונפרש המשנה שבועות שתים כו׳.

דהנה יש ב׳ גווני צדיקים, יש צדיקים המענים ומסגפים עצמם, עי"ז הן משברים כח הדינין, ויש צדיקים האוכלים בקדושה ובטהרה למען עבודתו ית"ש, אזי הם משפיעים ברכה ופרנסה לעולם, והצדיקים הללו יש להן כח להשביע ולגזור, כרצונם כן יקום, שזה הכח והשליטה שיש להם לגזור אומר ויקום נקרא בלשון שבועה, על דרך דאיתא ג׳ מלכו בכיפה וא׳ מהן היה אחאב, ומביא הגמ׳ ראיה מהפסוק והשביע את הממלכה ואת הגוי ואם לאו דשליט עלייהו איך יכול להשביעם ע"ש, נמצא ע"י כח השליטה שהיה לו היה יכול להשביעם, ולכן כח הצדיק הגוזר אומר ויקם נקרא בשם שבועה. וזהו "שבועות שתים" פי׳ ב׳ גווני צדיקים יש שיש להן כח להשביע ולגזור אומר ויקם כנ"ל, "שהן ארבע", רמז ששניהן גורמין תיקון להשם הוי"ה ב"ה שהוא ד׳ אותיות.

ומפרש התנא "שתים שאוכל ושלא אוכל", רומז כנ"ל שהצדיק הזה מתקן באכילתו וזה בעינויו ובסיגופו שאינו אוכל, והוסיפו חכמים עוד ב׳ דהיינו "שאכלתי", פירוש הצדיק הזה שהוא אוכל עתה בקדושה, צריך להזכיר עצמו ולהעלות על זכרונו להיותו דואג על אכילתו שאכל כבר בלא קדושה, ולבו יבער על זאת: "ושלא אכלתי", רמז על הצדיק השני המסגף עצמו ידאג על הסיגופים שסיגף עצמו כבר שלא היו לתכלית לעבודתו ית"ש, כי יש פעמים מסגפים עצמם ומכחישים כחם בענין רע בפנים לא טובות שלא לשם שמים, על דרך שאמר הכתוב (ישעיהו נח, ד) "הן לריב ומצה תצומו", כי על זה צריך האדם להשכיל מאוד על דרך שאמרו במטותא מינייכו לא תרתו תרתי גיהנם, וצריך הצדיק לתקן ולבו יבער על הסיגופים הקודמים שלא היו לעבודתו ית"ש, ואז יהיה כח בהצדיקים לתקן הכל כנ"ל:

'Ou une âme, si elle jure en prononçant des lèvres' etc. Expliquons la Michna : 'Les serments sont deux' etc.

(Chevouot 1,1). Voici : il y a deux sortes de justes.

Il y a des justes qui s'affligent et se mortifient, et brisent par là la force des rigueurs ; et il y a des justes qui mangent en sainteté et en pureté pour le service du Nom béni soit-Il, et qui alors font descendre bénédiction et subsistance sur le monde. Et ces justes-là ont le pouvoir de faire jurer et de décréter : selon leur volonté, ainsi cela s'accomplit.

Ce pouvoir et cette domination qu'ils ont de décréter une parole qui s'accomplit sont appelés du terme de serment (chevoua), selon ce qui est dit : trois ont régné sur tout le globe, et l'un d'eux était Ahav ; et la Guemara apporte une preuve du verset 'et il fit jurer le royaume et la nation' : s'il n'avait pas dominé sur eux, comment aurait-il pu les faire jurer ? Vois-y.

Il ressort donc que c'est par la force de la domination qu'il détenait qu'il pouvait les faire jurer ; c'est pourquoi le pouvoir du juste qui décrète une parole qui s'accomplit est appelé du nom de serment. Et c'est le sens de 'les serments sont deux' : les deux sortes de justes qui ont le pouvoir de faire jurer et de décréter une parole qui s'accomplit, comme ci-dessus. 'Qui sont quatre' : allusion à ce que tous deux causent une réparation (tikoun) au Nom de quatre lettres, béni soit-Il.

Et le Tana explique : 'deux, que je mangerai et que je ne mangerai pas', ce qui fait allusion, comme ci-dessus, à ce que ce juste-ci répare par son manger, et celui-là par son affliction et sa mortification, en ne mangeant pas. Et les Sages en ont ajouté deux autres, à savoir 'que j'ai mangé' : c'est-à-dire que ce juste qui mange maintenant en sainteté doit se le rappeler et faire remonter à sa mémoire de s'affliger de ce qu'il a déjà mangé sans sainteté, et son cœur en brûlera ; 'et que je n'ai pas mangé' : allusion au second juste, celui qui se mortifie, qu'il s'afflige au sujet des mortifications qu'il s'est déjà imposées et qui n'avaient pas pour but le service du Nom béni soit-Il.

Car il arrive que l'on se mortifie et que l'on affaiblisse ses forces dans une intention mauvaise, avec des dispositions qui ne sont pas bonnes, non pour l'amour du Ciel, selon ce que dit l'Écriture (Yechayahou 58,4) : 'voici, c'est pour la querelle et la dispute que vous jeûnez'. Sur cela l'homme doit réfléchir profondément, selon ce qu'ils ont dit : de grâce, n'héritez pas de deux gehinnom.

Et le juste doit réparer, et son cœur brûlera au sujet des mortifications antérieures qui n'étaient pas pour le service du Nom béni soit-Il ; et alors les justes auront la force de tout réparer, comme ci-dessus.

וזהו שאמר הכתוב "או נפש" רמז על הצדיק כנ"ל כו', "לבטא בשפתים" שעקימת שפתיו של הצדיק הוי מעשה, הם פועלים מעשה בעולמות העליונים "להרע או להטיב" כמ"ש חז"ל להרע שלא אוכל להטיב שאוכל, רומז על ב׳ גווני הצדיקים הנ"ל. "לכל אשר יבטא" פי׳ כל אשר יבטא הן הצדיק הזה באכילתו והן השני בסיגופו, "האדם בשבועה", כמו שדרשו חז"ל (שבועות כו, א) שצריך להיות האדם בשבועה, דהיינו שיהא צדיק גמור בצדקו הנקרא בשם אדם שהיא מדרגה גדולה.

Et c'est ce que dit l'Écriture : 'ou une âme', allusion au juste comme ci-dessus etc. ; 'pour prononcer des lèvres', car le mouvement des lèvres du juste est un acte : elles opèrent un acte dans les mondes supérieurs. 'Pour faire du mal ou pour faire du bien', comme l'ont dit nos sages de mémoire bénie : 'pour faire du mal', que je ne mangerai pas ; 'pour faire du bien', que je mangerai. Ceci fait allusion aux deux sortes de justes mentionnées. 'Pour tout ce qu'il prononcera' : tout ce que prononcera aussi bien ce juste-ci par son manger que le second par sa mortification. 'L'homme, dans un serment' : comme l'ont exposé nos sages de mémoire bénie (Chevouot 26a), il faut que ce soit l'homme dans le serment, c'est-à-dire qu'il soit un juste parfait dans sa justice, celui que l'on appelle du nom d'homme (adam), ce qui est un grand degré.

וזהו "אדם כי יקריב מכם קרבן" ודרשו חז"ל מכם ולא כולכם, בכם חילקתי ולא באומות, נ"ל הרמז ג"כ לדברינו הנ"ל, אדם שיקריב עצמו להבורא ב"ה בעובדות כשרים שהן כמו קרבן, ואמרו חז"ל ולא כולכם פירוש שלא תהא מדרגת כולכם שוה בסגנון אחד, רק חלוק לשני גוונין כנ"ל, דהיינו א׳ שמתקן באכילתו וא׳ בסיגופו כל א׳ לפי מדרגתו. וזהו בכם חילקתי, פירוש בישראל יש חילוק בין הצדיקים כנ"ל, וזה שאמר יעקב אבינו ע"ה "אולי ימושני אבי כו׳ והבאתי עלי קללה".

ולכאורה איך טעה יעקב בזה שהיה סובר שיצחק יקלל אותו, הרי השכינה היה עם יעקב ובודאי ידע האמת, כאשר באמת אמר יצחק גם ברוך יהיה, אך נבאר לפי מה שאמרתי טעם שרצה יצחק לבדך את עשו, וכי חלילה יטעה יצחק לברך את עשו ולא את יעקב, אך שיצחק היה רוצה לברך את יעקב בברכת עולם הבא ואת עשו בעולם הזה, ורבקה ראתה שחלילה אם לא יהיה ליעקב חלק בעוה"ז לא יהיה לבניו חלילה תקומה בין האומות, לכך היתה מהדרת שיברך יצחק את יעקב גם בעוה"ז, ויעקב אבינו ע"ה לא היה דעתו נוחה מזה, שהיה מתיירא שיצחק יברך אותו בעניני עוה"ז בכולו גשמיות, כי גם בעניני גשמים יש חילוקים כנ"ל שצורך העולם לשני גווני צדיקים כנ"ל, וגם בעניני אכילה יש חילוק לאוכל בקדושה במחשבות טהורות בין האוכל כבהמה, ולזה אמר אולי ימושני אבי לשון ממשות, הדברים גשמיים נקרא בלשון מישוש, דהיינו אולי יברך אותי בכולו גשמיות, והבאתי עלי קללה שזה אצלי קללה יחשב, ואנכי איש חלק פירוש כנ"ל שאני מוכרח להיות מוחלק לשני אופנים כנ"ל. וזהו "בית יעקב לכו ונלכה באור ה׳", ולכאורה מלת לכו הוא מיותר, והכי הוי ליה למימר בית יעקב נלכה באור ה׳, אך הכונה לב׳ אופנים הנ"ל, בית יעקב הוא מדרגה קטנה כידוע ההפרש שבין יעקב לישראל, וכתיב בפסוק והיה בית יעקב אש ובית עשו לקש, רמז למדרגה של הצדיקים שע"י מדרגתם משברים כח הדינין, וזהו בית יעקב לכו פירוש במדרגתכם רמז למדרגה א׳, ונלכה באור ה׳ רמז למדרגה הב׳ ההולכים באור קדושתם בכל העולמות, והשי"ת יזכנו להיות מהם.

אכי"ר.

Et c'est le sens de 'un homme, lorsqu'il offrira parmi vous un sacrifice' ; et nos sages de mémoire bénie ont exposé : 'parmi vous' et non 'vous tous' ; c'est parmi vous que j'ai fait une distinction, et non parmi les nations. Il me semble que l'allusion rejoint elle aussi nos propos ci-dessus : un homme qui s'offre lui-même au Créateur béni soit-Il par des actes purs, qui sont comme un sacrifice.

Et nos sages de mémoire bénie ont dit 'et non vous tous', c'est-à-dire que le degré de tous ne sera pas égal ni sur un seul mode, mais divisé en deux sortes comme ci-dessus, à savoir l'un qui répare par son manger et l'autre par sa mortification, chacun selon son degré. Et c'est le sens de 'c'est parmi vous que j'ai fait une distinction' : en Israël il y a une distinction entre les justes, comme ci-dessus.

Et c'est ce qu'a dit Yaakov notre père, la paix sur lui : 'peut-être mon père me palpera' etc. 'et j'attirerai sur moi une malédiction'. À première vue, comment Yaakov s'est-il trompé là-dessus, pensant que Yits'hak le maudirait ?

Or la Chekhina était avec Yaakov, et il connaissait certainement la vérité, comme en effet Yits'hak dit ensuite 'lui aussi sera béni'. Mais expliquons selon ce que j'ai dit quant à la raison pour laquelle Yits'hak voulait bénir Essav.

Est-il concevable, à Dieu ne plaise, que Yits'hak se trompât au point de bénir Essav et non Yaakov ? Non : Yits'hak voulait bénir Yaakov de la bénédiction du monde à venir, et Essav de celle de ce monde-ci.

Et Rivka vit que, à Dieu ne plaise, si Yaakov n'avait pas de part en ce monde-ci, ses fils n'auraient pas, à Dieu ne plaise, de stabilité parmi les nations ; c'est pourquoi elle s'employa à ce que Yits'hak bénisse Yaakov aussi en ce monde-ci. Et Yaakov notre père, la paix sur lui, n'en avait pas l'esprit tranquille, car il craignait que Yits'hak ne le bénisse dans les affaires de ce monde-ci en pure matérialité ; car dans les choses matérielles aussi il y a des distinctions, comme ci-dessus, puisque le monde à besoin des deux sortes de justes ; et même en matière de nourriture il y a une distinction entre celui qui mange en sainteté avec des pensées pures et celui qui mange comme une bête.

C'est pourquoi il dit 'peut-être mon père me palpera (yemocheni)', expression de consistance matérielle (mamachout) : les choses matérielles sont désignées par le terme de palpation (michouch), c'est-à-dire peut-être me bénira-t-il en pure matérialité ; 'et j'attirerai sur moi une malédiction', car cela serait tenu à mes yeux pour une malédiction. 'Et moi je suis un homme lisse (halak)', au sens dit plus haut : je dois être divisé (mouhlak) en deux modes, comme ci-dessus. Et c'est le sens de 'maison de Yaakov, allez et marchons à la lumière du Nom'.

À première vue le mot 'allez' est superflu, et il aurait fallu dire 'maison de Yaakov, marchons à la lumière du Nom'. Mais l'intention vise les deux modes mentionnés : 'maison de Yaakov' est un degré moindre, comme on connaît la différence entre Yaakov et Israël ; et il est écrit dans le verset 'et la maison de Yaakov sera un feu et la maison d'Essav un chaume', allusion au degré des justes qui, par leur degré, brisent la force des rigueurs.

Ainsi 'maison de Yaakov, allez' signifie : dans votre degré, allusion au premier degré ; 'et marchons à la lumière du Nom', allusion au second degré, ceux qui marchent dans la lumière de leur sainteté à travers tous les mondes. Et que le Nom béni soit-Il nous accorde d'être des leurs.

Amen, ainsi soit-Il.

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