« Ce sont les comptes du michkan » (Chemot 38,21). Selon le Noam Elimele'h, grande est l'œuvre de la tsedaka donnée au tsadik complet, qui unit les midot tsadik et tsedek : le hey final monte vers tsedek, « tsedaka » se forme, et le monde se remplit de tout bien conduit à chacun selon son manque. Trois degrés : le « doukhra » (masculin) ne vise que l'abondance d'Israël et fait un zivoug « minéi ouvéi » (de lui-même en lui-même) ; le « noukva » (féminin) reçoit aussi pour sa subsistance et unit ces midot ; le troisième attire l'effusion depuis la racine. « Pekoudei » est ce dont le tsadik pourvoit chaque homme ; Moché et Aharon n'avaient d'attention que pour répandre l'effusion sur Israël.
Aussi : pourquoi Moché fit un serpent d'airain alors qu'il lui fut dit de se faire un saraph ; le din et les rahamim vus ensemble dès la création ; le treillis d'airain, crible du tsadik et filet du yetser hara
אלה פקודי המשכן כו׳. הנה התורה [י"ל] לכמה פנים, ונראה לפרש דהנה גדולה מעשה הצדקה, הנותן צדקה לצדיק השלם שעושה יחוד במדות העליונות, כידוע שיש שני מדות צדיק וצדק, וע"י הצדיק המקבל את הצדקה הוא מעלה את הה׳ אחרונה שהיא איתנו בגלותינו למדת צדק ונעשה צדקה, ואז העולם מלא ושבע כל טוב שפע וברכה ורחמים וחיים ובני ומזוני ושלום עד אין קץ ותכלית הנשפע ע"י הצדיק המקבל את הצדקה, וע"י הולכת ההשפעה לכל העולם לכל אחד ואחד די מחסורו והצטרכותו.
וזה מרומז בפסוק "ונתנו איש כופר כו׳", מלת ונתנו האותיות למפרע הוא ג"כ ונתנו כנ"ל, שע"י הצדקה בא צדקה לעולם:
"Ce sont les comptes du michkan (le Tabernacle)", etc. (Chemot 38,21).
Voici, la Torah [peut s'entendre] selon plusieurs faces, et il semble qu'on puisse expliquer ainsi : voici, grande est l'œuvre de la tsedaka (la charité), celui qui donne la tsedaka au tsadik complet, lequel fait un yihoud (une union) dans les midot (les attributs, les mesures) supérieures. Car il est connu qu'il y a deux midot, tsadik et tsedek, et par le tsadik qui reçoit la tsedaka, celui-ci fait monter le hey final (la dernière lettre du Nom), qui est avec nous dans notre exil, vers la midah de tsedek, et il s'en fait "tsedaka" (le mot צדק joint au ה donne צדקה).
Et alors le monde est plein et rassasié de tout bien : abondance (chefa) et bénédiction et miséricorde et vie et enfants et subsistance et paix, sans fin ni terme, tout cela étant répandu par le tsadik qui reçoit la tsedaka ; et par lui l'effusion est conduite au monde entier, à chacun selon son manque et selon son besoin. Et cela est fait allusion dans le verset "et ils donneront chacun la rançon", etc.
(Chemot 30,12) : le mot "vénatnou" (ונתנו, et ils donneront), ses lettres lues à l'envers donnent aussi "vénatnou", comme il a été dit plus haut, car par la tsedaka vient la tsedaka au monde.
והנה יש שלש מדרגות צדיקים. יש צדיק שאינו משגיח לחשוב בקבלתו הצדקה לטובת והנאת עצמו, אלא כל כוונתו הוא כדי שיושפע עי"ז שפע טובה לכל ישראל, ותמיד נפשו ורצונו הטוב משתוקק לראות בשמחת ישראל שלא יחסר להם כל טוב, אבל מה שנוגע לו להצטרכותו אינו משגיח כלל וכלל והכל בעיניו כאילו ביתו מלא ומוכן כל טוב, וזה הצדיק נקרא בשם דוכרא אף שהוא מקבל, כי כל כוונתו ובקשתו אינו אלא כדי להשפיע, וזה הוא הזיווג הידוע שיש זיווג מיניה וביה.
ויש צדיק המקבל צדקה וכוונתו ג"כ להנאת עצמו כדי מזונותיו ופרנסתו, וזה נקרא בשם נוקבא מחמת שכוונתו ג"כ לקבל. והצדיק הזה ג"כ עושה יחוד להשני מידות הנ"ל ע"י קבלה לידו הצדקה.
Et voici, il y a trois degrés de tsadikim. Il y a un tsadik qui ne prête aucune attention à penser, en recevant la tsedaka, à son propre bien et à son propre agrément ; toute son intention est au contraire que par cela soit répandue une abondance de bien sur tout Israël.
Toujours son âme et sa bonne volonté aspirent ardemment à voir la joie d'Israël, qu'il ne leur manque aucun bien ; mais ce qui touche à ses propres besoins, il n'y prête aucune attention, absolument aucune, et tout est à ses yeux comme si sa maison était pleine et pourvue de tout bien. Et ce tsadik est appelé du nom de "doukhra" (le masculin, celui qui donne) bien qu'il reçoive, car toute son intention et toute sa demande ne sont que pour répandre l'effusion ; et c'est là le zivoug (l'accouplement, l'union) connu, car il y a un zivoug "minéi ouvéi" (de lui-même en lui-même).
Et il y a un tsadik qui reçoit la tsedaka et dont l'intention est aussi son propre agrément, pour sa nourriture et sa subsistance, et celui-là est appelé du nom de "noukva" (le féminin, celui qui reçoit) parce que son intention est aussi de recevoir. Et ce tsadik-là, lui aussi, fait un yihoud des deux midot mentionnées plus haut par le fait de recevoir la tsedaka dans sa main.
וזהו "וכל איש אשר נמצא אתו תכלת וארגמן", דהיינו הצדיק הנקרא בשם דוכרא כנ"ל שכל הצטרכותו כאילו נמצא אצלו הכל מוכן, "תכלת וארגמן" רמז לכל מיני טובה, ואין כוונתו רק להשפיע: "הביאו" ר"ל צדיקים כאלו הם מביאים תמיד שפע רב כל טוב לעולם.
"וכל אשה" ר"ל הצדיק השני הנקרא בשם נוקבא כנ"ל, רק שהוא "חכמת לב" היינו בעבודת הבורא ית׳ ובתורתו הקדושה לעשות נחת רוח ליוצרו. "בידיה טוו" ר"ל ע"י ידיה שמקבל הצדק לידו הוא ג"כ ממשיך השפעה, "ויביאו מטוה" היינו השפעה.
"תכלת וארגמן" רמז לכל מיני השפעות.
Et c'est [le sens de] "et tout homme chez qui se trouvait du tekhelet (la pourpre violette) et de l'argaman (la pourpre rouge)" (Chemot 35,23) : c'est-à-dire le tsadik appelé du nom de doukhra, comme il a été dit, pour qui tout ce dont il a besoin est comme s'il se trouvait déjà chez lui, tout prêt. "Tékhélet et argaman" est une allusion à toutes les sortes de bien, et son intention n'est que de répandre l'effusion.
"Ils apportèrent" veut dire que de tels tsadikim apportent toujours au monde une grande abondance de tout bien. "Et toute femme" (Chemot 35,25) veut dire le second tsadik, appelé du nom de noukva comme il a été dit, sauf qu'il est "sage de cœur" (hakhmat lev), à savoir dans le service du Créateur, béni soit-Il, et dans Sa Torah sainte, pour faire une satisfaction à son Facteur.
"De ses mains elle filait" veut dire que par ses mains, par lesquelles il reçoit le tsedek dans sa main, lui aussi attire l'effusion. "Et elles apportèrent le filé" : c'est l'effusion.
"Tékhélet et argaman" est une allusion à toutes les sortes d'effusions.
ג׳ "וכל הנשים אשר נשא לבן אותנה בחכמה", ר"ל הצדיק שיש לו נשיאת לב בחכמה עליונה, אף שכוונתו לקבל ונקרא ג"כ בשם נוקבא, "טוו את העיזים" ר"ל רמז כצמר ששורשו הוא מן העיזים כך הצדיק הזה מושך השפעה מהשורש:
Troisièmement : "et toutes les femmes que leur cœur porta avec sagesse" (Chemot 35,26) veut dire le tsadik qui possède une élévation du cœur dans la 'hokhma (la sagesse) supérieure, bien que son intention soit de recevoir et qu'il soit lui aussi appelé du nom de noukva. "Elles filaient les poils de chèvres" veut dire une allusion : de même que la laine a sa racine dans les chèvres, ainsi ce tsadik attire l'effusion depuis la racine.
וזהו "ואלה פקודי המשכן" רמז לשלש צדיקים הנ"ל, "פקודי" פי׳ מה שהצדיק פוקד את כל אדם בהשפעה טובה יש בהם שלש מדרגות, א׳ "המשכן" הוא מלשון המשכה שממשיך השפעה ע"י קבלת הצדקה לידו ועושה יחוד בשני מדות הנ"ל וזהו המשכן בה"א. ב׳ "משכן" רמז לצדיק השלם והגמור כנ"ל זה נקרא בשם דוכרא כנ"ל, ונקרא בלשון סתום ונעלם מחמת שאינו משגיח על עצמו כאילו אינו בעולם ועושה יחוד מיניה וביה, "העדות אשר פוקד על פי משה ואהרן" שהיו משתוקקים תמיד להשפיע לישראל ולא היה כוונתם והשגחתם על עצמם.
Et c'est [le sens de] "et ce sont les comptes du michkan" : une allusion aux trois tsadikim mentionnés. "Pekoudei" (les comptes) signifie ce dont le tsadik pourvoit (pokéd) chaque homme en effusion bonne, et il y a en cela trois degrés.
Premièrement, "haMichkan" (le Tabernacle) est de la langue de "hamshakha" (l'attraction, le fait d'attirer), car il attire l'effusion en recevant la tsedaka dans sa main et fait un yihoud dans les deux midot mentionnées plus haut, et c'est "haMichkan" avec un hey. Deuxièmement, "Michkan" [sans article] est une allusion au tsadik complet et achevé dont il a été parlé, celui qui est appelé du nom de doukhra comme il a été dit ; et il est désigné par une expression close et cachée parce qu'il ne prête aucune attention à lui-même, comme s'il n'était pas au monde, et il fait un yihoud "minéi ouvéi".
"Le témoignage, qui fut dénombré sur l'ordre de Moche et d'Aharon" : eux qui aspiraient toujours à répandre l'effusion sur Israël, et dont l'intention et l'attention n'étaient pas sur eux-mêmes.
וזהו "ויאמר ה׳ אל משה פסל לך", ודרשו חז"ל הפסולת יהיה שלך כו׳, ויש לכוון פי׳ הגמרא שהשי"ת אמר למשה כל מה שנוגע לך לפרנסתך להצטרכותך יהיה בעיניך כפסולת המאכל הנדחה מן הגוף, שלא תשגיח על הנוגע לך: מכאן נתעשר משה, פי׳ שמשה רבינו ע"ה עשה כאשר אמר לו השי"ת והיה כל כוונתו שיהיו מלאים ושבעים כל טוב, וזה היה כל עושרו שראה בעושרם וטובתם:
ג׳ "עבודת הלוים" היינו הצדיקים הקטנים הנלווים אל ה׳ לעבודתו, גם הם משפיעים שפע ברכה וחיים לעולם ולכל ישראל.
Et c'est [le sens de] "et ה' dit à Moche : taille-toi [deux tables de pierre]" (Chemot 34,1), et nos maîtres, de mémoire bénie, ont exposé : "les éclats seront à toi", etc. (Nedarim 38a).
Et l'on peut orienter ainsi le sens de la Guemara : le Nom béni soit-Il dit à Moche que tout ce qui te touche, pour ta subsistance et pour tes besoins, sera à tes yeux comme le déchet de la nourriture qui est repoussé hors du corps, en sorte que tu ne prêtes pas attention à ce qui te touche. "C'est de là que Moche s'enrichit" (Nedarim 38a) : l'explication en est que Moche notre maître, la paix soit sur lui, fit comme le Nom béni soit-Il le lui avait dit, et toute son intention était qu'ils fussent pleins et rassasiés de tout bien ; et c'était là toute sa richesse, qu'il voyait leur richesse et leur bien.
Troisièmement, "le service des leviim (les Lévites)" : ce sont les petits tsadikim, ceux qui se joignent (nilvim) à ה' pour Son service ; eux aussi répandent l'effusion de la bénédiction et de la vie sur le monde et sur tout Israël.
ויעש למזבח מכבר כו׳, ומתחילה נפרש הפסוק "ויאמר ד׳ אל משה עשה לך שרף ויעש משה נחש הנחושת", והנה זה צריך ביאור להבין למה שינה משה: ואקדים לך לפרש במה שדקדקו קמאי בראשית ברא וכו׳ מתחילה עלה במחשבה לבראו במדת הדין כו׳, וחלילה לנו לחשוב על הקב"ה האחד האמתי הפשוט שיהא חלילה איזה שינוי אצלו.
אך העיקר הוא כך, באמת שצריך האדם לעבוד את הבורא בכל אופני אופנים לבלתי יחטא לפניו חלילה בשום עבירה ונדנוד חטא, והקלה שבקלות יהיה בעיניו כחמורות, וזה הצדיק היה יכול להתקיים אף ע"י מדת הדין, וזה שורת הדין נותן שיהא האדם כך, אבל בני עליה המה מועטים שיהיו יכולים לעמוד נגד שורת הדין, ולכן היה צריך לשתף מדת הרחמים, ובאמת בתחילה ראה הקב"ה באחד השני מדריגות, היינו צדיק מעיקרא ומדרגות בעל תשובה, וזהו מתחילה עלה במחשבה כו׳, ר"ל מהתחלת הבריאה עלה במחשבה לבראו במדת הדין קאי על הצדיק שיכול להתקיים ע"פ שורת הדין, וראה שאין העולם מתקיים מחמת שטבע הבריאה בלתי אפשרי להיות כולם צדיקים כאשר כתבתי במקום אחר, ושיתף מדת הרחמים, אבל באמת חישב וראה הכל ביחד בלי שום השתנות חלילה, וזהו "אני ה׳ אלקיכם אמת", ר"ל מי שהולך באמת בעבודת הבורא ית׳ שלא יחטא חלילה, אף המדת הדין הוא רחמים אצלו ואין לו להתיירא ממדת הדין, וזהו "אני ד׳ קודם שיחטא האדם ואחר שיחטא", דקודם שיחטא גם הדין הוא רחמים, ואף אחר שיחטא אני ד׳ הרחמים, וזהו "ועשו לי מקדש" כו׳, שבית המקדש שלמעלה מכוון כנגד בית המקדש שלמטה, וכשאדם מקדש עצמו למטה עושה מקדש להשי"ת ב"ה.
"Et il fit pour l'autel un treillis (mikhbar)", etc. (Chemot 38,30).
Et d'abord nous expliquerons le verset "et ה' dit à Moche : fais-toi un saraph (un serpent brûlant), et Moche fit un serpent d'airain (nehochet)" (Bamidbar 21,8-9). Et voici, cela demande explication, pour comprendre pourquoi Moche a changé [la parole divine].
Et je vais te présenter d'abord une explication de ce sur quoi les anciens se sont arrêtés à propos de "Au commencement Il créa", etc. : "Au début il monta dans la pensée de le créer par la midah de din (la rigueur)", etc. (Rachi sur Bereshit 1,1 ; Bereshit Rabba 12,15).
Et loin de nous de penser du Saint béni soit-Il, l'Un véritable et simple, qu'il y ait chez Lui, à Dieu ne plaise, un changement quelconque. Mais l'essentiel est ainsi : en vérité, l'homme doit servir le Créateur de toutes les manières possibles, afin de ne pas pécher devant Lui, à Dieu ne plaise, par aucune faute ni par l'ombre d'une faute, et la plus légère des choses légères sera à ses yeux comme les plus graves ; et un tel tsadik pouvait subsister même par la midah de din, et c'est ce que donne la stricte ligne du droit (chourat hadin), que l'homme soit ainsi.
Mais les "benei aliya" (les hommes de l'ascension) sont peu nombreux, ceux qui peuvent tenir devant la stricte ligne du droit ; c'est pourquoi il a fallu y associer la midah de rahamim (la miséricorde). Et en vérité, au début, le Saint béni soit-Il a vu d'un seul regard les deux degrés, à savoir le tsadik dès l'origine (tsadik meikara) et le degré du baal techouva (le repentant).
Et c'est [le sens de] "au début il monta dans la pensée", etc., c'est-à-dire que dès le commencement de la création il monta dans la pensée de le créer par la midah de din - cela se rapporte au tsadik qui peut subsister selon la stricte ligne du droit ; et Il vit que le monde ne subsisterait pas, parce que la nature de la création rend impossible que tous soient des tsadikim, comme je l'ai écrit ailleurs, et Il y associa la midah de rahamim. Mais en vérité Il a pensé et vu le tout ensemble, sans aucun changement, à Dieu ne plaise.
Et c'est [le sens de] "Je suis ה' votre Dieu, [c'est] vérité" : c'est-à-dire, celui qui marche en vérité dans le service du Créateur, béni soit-Il, pour ne pas pécher, à Dieu ne plaise, même la midah de din est pour lui rahamim, et il n'a pas à craindre la midah de din. Et c'est [le sens de] "Je suis ה' avant que l'homme ne pèche et après qu'il a péché" (Roch Hachana 17b) : car avant qu'il ne pèche, le din lui aussi est rahamim, et même après qu'il a péché, Je suis ה', les rahamim.
Et c'est [le sens de] "et ils Me feront un sanctuaire", etc. (Chemot 25,8), car le Temple d'en haut est placé exactement en face du Temple d'en bas, et lorsque l'homme se sanctifie lui-même en bas, il fait un sanctuaire au Nom béni soit-Il.
וזהו "ועשו לי מקדש", אימתי, "ושכנתי בתוכם", היינו כשיקדשו עצמם למטה שאז אני שוכן בתוכם, אז עושין לי מקדש למעלה.
Et c'est [le sens de] "et ils Me feront un sanctuaire" - quand ? - "et Je résiderai au milieu d'eux" : c'est-à-dire lorsqu'ils se sanctifieront eux-mêmes en bas, car alors Je réside au milieu d'eux, [et] alors ils Me font un sanctuaire en haut.
וזהו "עשה לך שרף", ר"ל בני אדם השורפים בקדושתם וכרשפי אש התלהבותם, בוודאי הצדיקים הללו עליהם נאמר ותגזר אומר וכו׳, "ושים אותו על נס" פי׳ שתשים את הצדיק הזה לנס לעולם, שיבינו הכל שכל פעולותיו ומעשיו הכל מעשה ניסים, וזהו "כל הנשוך" ר"ל כל מי שיש לו נשיכה, דהיינו שחסר לו איזה דבר הן רפואה והן מזוני חיי בני, "וראה אותו וחי" תיכף בראיה כל דהוא בעלמא ימשיך לו הצדיק הנ"ל הכל. ומשה רבינו ע"ה ראה שבני עליה המה מועטים "ויעש משה נחש הנחושת" ופרש"י ז"ל לשון נופל על הלשון, י"ל הפירוש כך, נחש הוא השטן הוא היצר הרע העולה ומקטרג, וראה משה רבינו ע"ה לעשות נגדו נחושת, שאף מי שאינו כ"כ צדיק כנ"ל, ולזה מרמז נחושת, שהנחושת של נדבת המשכן היה מכפר על מעשה נחש, שגם הצדיק כזה יהיה יכולת בידו לפעול הכל, ולא היה משנה משה מדברי הקב"ה, כי כן היה כוונת הבריאה בתחילה כנ"ל.
Et c'est [le sens de] "fais-toi un saraph" : cela veut dire les hommes qui brûlent dans leur sainteté et qui sont comme des flammes de feu par leur enthousiasme (hitlahavout) ; assurément, c'est de ces tsadikim-là qu'il est dit "tu décréteras une chose et elle s'accomplira pour toi", etc. (Iyov 22,28).
"Et place-le sur une perche (nés)" : l'explication en est que tu poseras ce tsadik comme un "nés" (un miracle, un étendard) pour le monde, en sorte que tous comprennent que toutes ses actions et tous ses actes sont entièrement des actes de miracles. Et c'est [le sens de] "quiconque a été mordu" : cela veut dire quiconque a une morsure, c'est-à-dire à qui manque quelque chose, que ce soit la guérison, ou bien la subsistance, la vie, les enfants ; "et il le regardera et il vivra" : aussitôt, par un regard si menu soit-il, le tsadik dont il a été parlé lui attirera tout.
Et Moche notre maître, la paix soit sur lui, vit que les benei aliya sont peu nombreux : "et Moche fit un serpent d'airain (nehochet)", et Rachi de mémoire bénie a expliqué : "un mot qui en appelle un autre par sa sonorité" (na'hach, le serpent, et nehochet, l'airain). On peut expliquer ainsi : le na'hach (le serpent), c'est le Satan, c'est le yetser hara (le mauvais penchant) qui monte et qui accuse ; et Moche notre maître, la paix soit sur lui, vit qu'il fallait faire contre lui du "nehochet", [signifiant] que même celui qui n'est pas tellement un tsadik comme il a été dit [puisse tout accomplir] - et c'est à cela que fait allusion le nehochet, car le nehochet de l'offrande du michkan expiait pour l'acte du na'hach - en sorte que même un tel tsadik ait en sa main le pouvoir de tout accomplir.
Et Moche ne changeait pas les paroles du Saint béni soit-Il, car telle était dès le début l'intention de la création, comme il a été dit.
וזהו "ויעש למזבח מכבר מעשה רשת נחושת", ר"ל מכבר פי׳ כוברו בכברה לראות את מעשה הצדיק דמעיקרא ובני עליה המה מועטים, ולכן עשה ופעל שגם הצדיק שאינו בבחינה גדולה כ"כ גם הוא יכול לפעול הכל, ויהיה שיעור הכתוב כך, "ויעש למזבח" ר"ל למען יהיה מזבח כפרה, "מכבר" ההכרחי לראות מעשה הצדיק הגמור, "נחושת מעשה רשת" ר"ל ומחמת שרוב בני אדם נלכדים במצודת ורשת הנחש היצה"ר, עשה ופעל שגם הצדיק המרומז בשם נחושת יפעול הכל כנ"ל, וק"ל.
Et c'est [le sens de] "et il fit pour l'autel un treillis (mikhbar), un ouvrage de réseau (récheth) d'airain (nehochet)" : cela veut dire que "mikhbar" s'explique par "kovro bikhvara" (il le passé au crible), pour voir l'acte du tsadik dès l'origine ; et [comme] les benei aliya sont peu nombreux, c'est pourquoi il fit et opéra que même le tsadik qui n'est pas d'un rang si élevé, lui aussi puisse tout accomplir. Et la mesure du verset sera ainsi : "et il fit pour l'autel" veut dire, afin qu'il y ait un autel d'expiation ; "un mikhbar", le crible nécessaire pour voir l'acte du tsadik achevé ; "d'airain, un ouvrage de réseau" veut dire que, parce que la plupart des hommes sont pris dans le piège et dans le réseau (récheth) du na'hach, le yetser hara, il fit et opéra que même le tsadik auquel fait allusion le nom de "nehochet" puisse tout accomplir, comme il a été dit.
Et cela est facile à comprendre.