« Tu feras une cuve de cuivre » (Chemot 30,18). Pour le Noam Elimele'h, l'or, l'argent et le cuivre des vêtements de la prêtrise font allusion à l'homme qui entre dans le service : l'or, dont les lettres se rapetissent, est l'humilité jusqu'à l'extrême ; l'argent, dont les lettres montent, est le désir qui s'élève sans fin ; le cuivre, de la langue de na'hach (serpent), est la matérialité à sanctifier. La cuve verse des effusions par le cuivre, et sa base est le fondement de l'abondance sur Israël. Même les miroirs des femmes, matérialité plus épaisse, D.ieu ordonne de les prendre, car leur intention était d'annuler les pensées d'autres hommes.
Aussi : les aromates, parfum même de l'amertume et deror (liberté) hors du sitra a'hra ; Ben Katin : enfoncer peu à peu la matérialité, sans ascèse extrême ; la descente de Moché qui lui vaut les tables et le visage rayonnant
ועשית כיור נחושת כו'. נראה לפרש דהנה ציוה השי"ת ליקח בבגדי כהונה ג' דברים, "זהב כסף נחושת", י"ל שהתורה הקדושה רמזה לאדם הרוצה לכנוס אל הקדושה ועבודתו יתברך, צריך הכנעה מתחילתה עד תכלית הכנעה, כמאמר התנא "מאד מאד הוי שפל רוח", ולזה רמז אותיות "זהב", שכל אות הוא מספר מועט מאות שלפניו, לרמז להאדם הרוצה לכנוס אל הקדושה שהיא מדריגה חשובה שהוא רמז זהב דבר חשוב, צריך לשבר גבהותו וגדלותו אשר טמן בקרבו, עד תכלית הכנעה צריך למעט עצמו, "כסף" רמז לאהבה ותשוקה בעבודת הבורא יתברך, כמו נכסף נכספת כו', ואותיות כסף עולה במספרו, כל אות מרובה מאות הקודמת, רמז שצריך להתגבר ולעלות למעלה מעלה בכל פעם עד תכלית יכולתו ואפשרו בעבודתו יתברך עד אין תכלית, ו"נחושת" לשון נחש, לשון נופל על הלשון, ר"ל הגשמיות, דהיינו אכילה ושתיה ועניני גשמיות עוה"ז הבא מצד הנחש צריך להכניס הכל אל הקדושה, שיאכל וישתה בקדושה ובטהרה ובמחשבות טהורות הכל למען עבודתו יתברך, ובזה הוא גורם השפעות לישראל ולעולם.
"Tu feras une cuve de cuivre", etc. (Chemot 30,18).
Il semble qu'on puisse expliquer ainsi : voici, le Nom béni soit-Il a ordonné de prendre pour les vêtements de la prêtrise trois choses, "de l'or, de l'argent, du cuivre" (Chemot 25,3). On peut dire que la Torah sainte a fait par la allusion à l'homme qui veut entrer dans la sainteté et dans le service de Lui, béni soit-Il : il lui faut l'humilité (hakhnaa, l'abaissement de soi) depuis son commencement jusqu'à l'extrême de l'humilité, selon la parole du Tana : "Sois très, très humble d'esprit" (Avot 4,4).
Et c'est à cela que font allusion les lettres du mot "or" (זהב), dont chaque lettre est d'un nombre plus petit que celle qui la précède (ז vaut 7, ה vaut 5, ב vaut 2) : allusion à l'homme qui veut entrer dans la sainteté, laquelle est un degré précieux - ce qu'évoque l'or, chose précieuse - et qui doit briser la hauteur et la grandeur qu'il a enfouies au fond de lui ; jusqu'à l'extrême de l'humilité il doit se rapetisser. "L'argent" (כסף) fait allusion à l'amour et au désir ardent dans le service du Créateur, béni soit-Il, comme dans "tu as ardemment désiré (nikhsof nikhsafta)", etc.
(Bereshit 31,30) ; et les lettres du mot כסף montent dans leur nombre, chaque lettre étant plus grande que celle qui la précède (כ vaut 20, ס vaut 60, ף vaut 80) : allusion à ce qu'il faut se renforcer et monter toujours plus haut, chaque fois, jusqu'à l'extrême de sa capacité et de son pouvoir dans le service de Lui, béni soit-Il, sans fin. Et "le cuivre" (נחושת, nehochet) est de la langue de "na'hach" (serpent) - un mot qui en appelle un autre par sa sonorité - c'est-à-dire la matérialité, à savoir manger et boire et les affaires matérielles de ce monde-ci, qui viennent du côté du serpent : tout cela, il faut le faire entrer dans la sainteté, en sorte qu'il mange et boive dans la sainteté et la pureté et avec des pensées pures, le tout pour le service de Lui, béni soit-Il.
Et par cela il procure des effusions (hachpaot) à Israël et au monde.
וזהו "ועשית כיור", דהכיור הוא דבר המשפיע ומריק מים מהדדים שבתוכו, וציוה השי"ת שיעשה כיור שיגרום השפעות ע"י נחושת, היינו ע"י הגשמיות שינהג עצמו בהם בקדושה ובטהרה, "וכנו נחושת", "כנו" הוא לשון מושב ויסוד, דהיינו שיעשה יסוד גמור להשפעות להשפיע לישראל ע"י הגשמיות, ולכן מתחילה לא רצה משה רבינו ע"ה לקבל מראות הצובאות שיעשה מהם הכיור עד שציוה השי"ת לקבל מהם, כי מחמת שתאוה הזאת הוא דבר עלול לקבל טומאה, ובעו"ה רוב בני אדם נכשלים בעון הזה הנראה ונדמה להם שאין זה חטא כלל, ואינם יודעים עד היכן הדברים מגיעים שפוגמים בחטא זה ע"פ הרוב חטא של הרהורים, ותאוויות האלו באים מהאשה המהרהרת חלילה בהרהורים לא טובים, ולכן ציוה השי"ת שיקבל מהם, כי השי"ת יודע מחשבות שכוונת הנשים היתה בהסתכלותם בהמראות למען יבוטל מהם ההרהורים מאנשים אחרים, לכן ציוה השי"ת שיקבל מהם, ואף שהיא גשמיות עב מכל הגשמיות, גם זאת הצורך להכניס אל הקדושה.
Et c'est [le sens de] "tu feras une cuve" : car la cuve est une chose qui répand et qui verse l'eau par les mamelons (dadim, les robinets en forme de mamelles) qui s'y trouvent ; et le Nom béni soit-Il a ordonné que l'on fasse une cuve qui procure des effusions par le cuivre, c'est-à-dire par la matérialité, en se conduisant en elle avec sainteté et pureté. "Et sa base de cuivre" : "kano" (sa base) est un terme de siège et de fondement, c'est-à-dire qu'il fera un fondement complet pour les effusions, afin de répandre l'abondance sur Israël par le moyen de la matérialité.
Et c'est pourquoi, au début, Moche notre maître, la paix soit sur lui, ne voulait pas prendre les miroirs des femmes qui s'assemblaient (marot hatsoveot, Chemot 38,8) pour en faire la cuve, jusqu'à ce que le Nom béni soit-Il lui ordonnât de les prendre d'elles ; car ce désir-là est une chose susceptible de recevoir l'impureté, et par nos nombreuses fautes la plupart des hommes trébuchent dans cette faute, qui leur paraît et leur semble n'être pas une faute du tout, et ils ne savent pas jusqu'où vont les choses, [ni] combien ils portent atteinte par cette faute, qui est le plus souvent une faute de pensées [impures] ; et ces désirs viennent de la femme qui nourrit, à Dieu ne plaise, des pensées qui ne sont pas bonnes. C'est pourquoi le Nom béni soit-Il ordonna qu'il les prit d'elles, car le Nom béni soit-Il connaît les pensées, [et Il savait] que l'intention des femmes, en se regardant dans les miroirs, était que fussent annulées d'elles les pensées [venant] d'autres hommes ; c'est pour cela que le Nom béni soit-Il ordonna qu'il les prit d'elles.
Et bien que ce soit une matérialité plus épaisse que toute matérialité, cela aussi il est nécessaire de le faire entrer dans la sainteté.
וזהו "ואתה קח לך בשמים", פירוש שתעלה ריח ניחוח במעשיך, דהיינו אפילו מדבר הגשמי ביותר מכל הגשמיות תעלה ממנו ריח ניחוח, וזהו "ראש מור", לשון מר, ר"ל אפילו דבר שהוא תכלית וראש לכל המרירות תעלה ממנו ריח ניחוח, "דרור", פירוש תראה שיהיה דרור, דהיינו חירות ממלאך המות דהיינו מסיטרא אחרא ומשעבוד מלכיות, כל זה תגרום בכל דברי גשמיות.
Et c'est [le sens de] "et toi, prends-toi des aromates" (Chemot 30,23) : explication, que tu fasses monter un parfum agréable par tes actes, c'est-à-dire que même de la chose la plus matérielle de toutes tu fasses monter un parfum agréable. Et c'est [le sens de] "en tête de la myrrhe" (roch mor) : "mor" est de la langue de "mar" (amer), c'est-à-dire que même d'une chose qui est l'extrême et la tête de toute amertume tu fasses monter un parfum agréable.
"Deror" (myrrhe franche) : explication, veille à ce qu'il y ait "deror" (liberté), c'est-à-dire la liberté à l'égard de l'ange de la mort, autrement dit du sitra a'hra (l'autre côté, le domaine des forces impures), et à l'égard de l'asservissement aux royaumes ; tout cela, tu le procureras par toutes les choses matérielles.
וזה שאמרו חז"ל "בן קטין עשה מוכני לכיור כדי שלא יהא מימיו נפסלים בלינה, והיו משקעים אותו בבור ששם אין נפסלים בלינה", רמז שלא יאמר האדם א"כ הוא שאסור לאדם לקחת מעוה"ז ותאוותו כי אם הכל למען שמו והוא דבר קשה מאוד הבלתי אפשרי לעמוד בו, א"כ אפריש עצמי מכל עניני עוה"ז הגשמי ולא אוכל ולא אשתה כלל ואהיה פרוש מאד, אל יאמר כן, אלא צריך האדם להתאמץ במעט מעט לשבר כח התאוויות ולסבב הדבר בסיבוב אחר סיבוב עד שיגיע לתכלית יסוד הקדושה ושורשה בכל דבר גשמיות ג"כ. וזה רמז "שעשה מוכני לכיור לשוקעו בבור", רמז שצריך האדם לגלגל ולשקע הגשמיות עד אשר יושקע ויוטבע בטבע בשורש הקדושה, "שלא יהיו נפסלים בלינה", רמז לעוה"ז הנקרא לילה, ואינה אלא כמו לינה, "אדם ביקר בל ילין".
וזהו "ותעבור המנחה על פניו והוא לן בלילה ההוא במחנה", ר"ל אף שכל המנחה ששלח יעקב היו דברים גשמיים, אעפ"כ הוא לן בלילה ההוא, ר"ל בעוה"ז הנקרא לילה, לן בה במחנה, דהיינו בהקדושה, מחנות קדושה.
Et c'est ce qu'ont dit nos maîtres, de mémoire bénie : "Ben Katin fit une machinerie (moukhni) pour la cuve, afin que ses eaux ne fussent pas rendues impropres par le fait d'y passer la nuit (lina), et on la faisait descendre dans le puits, où elles ne sont pas rendues impropres par le fait d'y passer la nuit" (Yoma 37a) : allusion à ce que l'homme ne dise pas : s'il en est ainsi, qu'il est interdit à l'homme de prendre de ce monde-ci et de son désir sinon entièrement pour Son Nom, et que c'est une chose très difficile, impossible à tenir - s'il en est ainsi, je me séparerai de toutes les affaires de ce monde-ci matériel, je ne mangerai ni ne boirai du tout, et je serai extrêmement ascète (paroush, séparé). Qu'il ne dise pas cela ; mais l'homme doit s'efforcer, peu à peu, de briser la force des désirs et de faire tourner la chose, tour après tour, jusqu'à ce qu'il parvienne au terme, [qui est] le fondement de la sainteté et sa racine, en toute chose matérielle également.
Et c'est l'allusion de "il fit une machinerie pour la cuve afin de la faire descendre dans le puits" : allusion à ce que l'homme doit faire rouler et enfoncer la matérialité jusqu'à ce qu'elle soit enfoncée et immergée par nature dans la racine de la sainteté. "Afin qu'elles ne soient pas rendues impropres par le fait d'y passer la nuit (lina)" : allusion à ce monde-ci, qui est appelé nuit, et qui n'est qu'à la manière d'un gîte d'une nuit (lina), [selon] "l'homme dans sa splendeur n'y passe pas la nuit" (Tehilim 49,13).
Et c'est [le sens de] "le présent passa devant lui, et lui passa cette nuit-là dans le camp" (Bereshit 32,22) : c'est-à-dire que, bien que tout le présent qu'envoya Yaakov fut choses matérielles, malgré cela "il passa la nuit cette nuit-là", c'est-à-dire dans ce monde-ci qui est appelé nuit ; il y passa la nuit "dans le camp", c'est-à-dire dans la sainteté, [dans] les camps de la sainteté.
וזהו "ומשה יקח את האוהל", דאוהל רמז להקדושה והשכינה הנקרא אוהל, ומשה רבינו ע"ה היה מתאמץ בקדושתו להעלות הקדושה והשכינה, וזהו "יקח את האוהל ונטה לו מחוץ למחנה", ר"ל אף דבר שהוא מחוץ למחנה, דהיינו דברים גשמיים שהם דברי חיצונים מחוץ להקדושה, היה משה נוטהו ומביאו אל הקדושה, וזהו "נטה לו", פירוש 'לו' מוסב אל מלת אוהל, "הרחק מן המחנה", פירוש הדבר החיצוני שבתוך הגשמיות היה מרחיק מהקדושה, והקדושה והרוחניות שבו היה מעלה אל הקדושה, "והיה כל מבקש ה' יצא אל אוהל מועד אשר מחוץ למחנה", פירושו מובן ממילא, שכל מבקש ה' היה יוצא להתאמץ עצמו בדרך הזה, והאיך עשה? ואמר הכתוב "והיה כצאת משה אל האוהל כו'", דהנה העיקר לאדם ללמוד מהצדיק את מעשיו אשר עושה, יראה וישגיח על מעשיו הקדושים ובזאת יעיר לבו בקרבו ג"כ בקדושה להתחיל בעבודתו יתברך, וזהו "והביטו אחרי משה, ונצבו איש פתח אהלו", ר"ל שהתחילו לעמוד על פתח וההתחלה של קדושה הזאת לעשות כיוצא בו, "עד בואו האוהלה", מוסב על "ונצבו איש פתח", ר"ל שהתחיל כל איש להתאמץ ולהתחיל בקדושה עד שזכה לבא אל האהל ממש.
Et c'est [le sens de] "et Moche prenait la tente" (Chemot 33,7) : car la tente fait allusion à la sainteté et à la Chekhina, qui est appelée tente ; et Moche notre maître, la paix soit sur lui, s'efforçait par sa sainteté de faire monter la sainteté et la Chekhina. Et c'est [le sens de] "il prenait la tente et la dressait pour lui hors du camp" : c'est-à-dire que même une chose qui est hors du camp, à savoir les choses matérielles, qui sont des choses extérieures (hitsonim, les écorces extérieures), hors de la sainteté, Moche les inclinait et les amenait vers la sainteté.
Et c'est [le sens de] "il la dressait pour lui" : explication, le mot "lui" se rapporte au mot "tente". "Loin du camp" : explication, la chose extérieure qui est au sein de la matérialité, il l'éloignait de la sainteté, et la sainteté et la spiritualité qui sont en elle, il les faisait monter vers la sainteté.
"Et quiconque cherchait ה' sortait vers la tente d'assignation qui était hors du camp" : son explication se comprend d'elle-même, que quiconque cherchait ה' sortait pour s'efforcer lui-même dans cette voie. Et comment faisait-il ?
Le verset dit : "et il arrivait, lorsque Moche sortait vers la tente", etc. (Chemot 33,8) - car voici, l'essentiel pour l'homme est d'apprendre du tsadik les actes qu'il accomplit : qu'il voie et observe ses actes saints, et par cela il éveillera son propre cœur en lui, lui aussi, dans la sainteté, pour commencer le service de Lui, béni soit-Il.
Et c'est [le sens de] "et ils regardaient derrière Moche, et ils se tenaient chacun à l'entrée de sa tente" : c'est-à-dire qu'ils se mirent à se tenir à l'entrée et au commencement de cette sainteté, pour faire comme lui. "Jusqu'à ce qu'il entrât dans la tente" se rapporte à "ils se tenaient chacun à l'entrée" : c'est-à-dire que chaque homme se mit à s'efforcer et à commencer dans la sainteté, jusqu'à ce qu'il méritât d'entrer dans la tente elle-même.
ונחזור לביאור הכתוב "ועשית כיור נחושת, ונתת בין אוהל מועד ובין המזבח", פירוש ע"י שתקדש עצמך בדברי גשמיות, תפעול שני דברים, הן שתעלה הקדושה להשכינה כנ"ל, גם שיהא לך מזבח כפרה על עוונותיך, ע"ד שאמרו חז"ל "בזמן שבית המקדש קיים היו קרבנות מכפרים ועכשיו שולחנו של אדם מכפר", וזהו "בין אוהל מועד ובין המזבח", ר"ל הן זאת והן זאת תפעול, ועוד תפעול "ונתת שמה מים", רמז שתגרום השפעות רחמים וחסדים לעולם וישראל. והשם ברחמיו יחזק ויאמץ לבבנו ללכת בכל דרכיו הקדושים.
אמן כן יהי רצון.
Et revenons à l'explication du verset "tu feras une cuve de cuivre... et tu la placeras entre la tente d'assignation et l'autel" (Chemot 30,18) : explication, par le fait que tu te sanctifieras dans les choses matérielles, tu produiras deux choses : et que tu feras monter la sainteté vers la Chekhina, comme il a été dit plus haut, et aussi que tu auras un autel d'expiation pour tes fautes, à la manière de ce qu'ont dit nos maîtres, de mémoire bénie : "Au temps où le Temple était debout, les sacrifices expiaient ; et maintenant, c'est la table de l'homme qui expie" (Berakhot 55a). Et c'est [le sens de] "entre la tente d'assignation et l'autel" : c'est-à-dire que tu produiras et ceci et cela.
Et tu produiras encore [ce que dit] "et tu y mettras de l'eau" : allusion à ce que tu procureras des effusions de miséricorde et de bontés (hassadim) au monde et à Israël. Et que le Nom, dans Sa miséricorde, fortifie et affermisse notre cœur pour marcher dans toutes Ses voies saintes.
Amen, qu'ainsi soit Sa volonté.
ויהי ברדת משה מן ההר כו'. יבואר ג"כ ע"פ דברינו הנ"ל, שאדם הרוצה לבוא אל הקדושה ופרישות לעבודתו יתברך, צריך להכניע עצמו בהכנעה גדולה, וזה יגרום לו לקבל קדושה על עצמו, וזהו "ברדת משה מן ההר", ע"ד שאמרו חז"ל "הרים גבנונים ההר חמד א-להים, שנתן הקב"ה התורה על הר סיני מחמת שהוא נמוך מכל ההרים", ומשה היה מוריד ומשפיל עצמו שהיה עניו מכל אדם, והיה מוכנע מאד יותר מהר סיני, לכן זכה "ושני לוחות בידו", שע"י הכנעתו היה זוכה להקדושה הגדולה הזאת, זהו ששנה הכתוב לכפול "ברדתו מן ההר" שלכאורה הוא אך למותר, שהרי פתח הכתוב בתחילה "ברדת משה מן ההר", אלא שהתורה מרמזת שזכה לזאת בעבור שהכניע עצמו, וזהו "ברדתו", בי"ת של ברדתו פירושו בעבור רדתו מן ההר כנ"ל שהיה מוכנע ביותר, "ומשה לא ידע כי קרן עור פניו בדברו אתו", פירוש שהכתוב מפרש גודל הכנעתו שלא ידע כי קרן כו', דהצדיק המדבר עם אדם דברי קדושות ויראת ה', אזי בא לו ההתלהבות גדול בלבו ויאיר פניו באור גדול מהתלהבות אש אשר בקרבו, וכל זאת לא ידע משה בעצמו אם יש לו התלהבות כלל, וזהו "בדברו אתו", ר"ל כשהיה איזה אדם מדבר עם משה דברי קדושות.
"Et il arriva, lorsque Moche descendit de la montagne", etc. (Chemot 34,29).
Cela s'expliquera également selon nos paroles ci-dessus : l'homme qui veut venir à la sainteté et à la séparation (perichout, l'abstinence à l'égard du matériel) pour le service de Lui, béni soit-Il, doit s'abaisser d'un grand abaissement, et cela lui vaudra de recevoir la sainteté sur lui. Et c'est [le sens de] "lorsque Moche descendit de la montagne", à la manière de ce qu'ont dit nos maîtres, de mémoire bénie : "'Montagnes aux cimes altières, [pourquoi guettez-vous avec envie] la montagne que Dieu a désirée pour Sa résidence' (Tehilim 68,17) - car le Saint, béni soit-Il, donna la Torah sur le mont Sinaï parce qu'il est le plus bas de toutes les montagnes" (Sota 5a).
Et Moche abaissait et rabaissait sa propre personne, lui qui était plus humble que tout homme, et il était bien plus abaissé que le mont Sinaï ; c'est pourquoi il mérita "et les deux tables dans sa main", car par son abaissement il méritait cette grande sainteté. C'est [pour cela] que le verset a répété une seconde fois "lors de sa descente de la montagne", ce qui a première vue n'est que superflu, puisque le verset avait commencé par "lorsque Moche descendit de la montagne" ; mais la Torah fait allusion à ce qu'il mérita cela parce qu'il s'était abaissé lui-même.
Et c'est [le sens de] "lors de sa descente" (béridto) : le beth de "béridto" signifie "à cause de" sa descente de la montagne, comme il a été dit plus haut, [à savoir] qu'il était extrêmement abaissé. "Et Moche ne savait pas que la peau de son visage rayonnait lorsqu'Il parlait avec lui" : explication, le verset expose la grandeur de son abaissement, en ce qu'il ne savait pas que rayonnait, etc. ; car le tsadik qui parle avec un homme des paroles de sainteté et de crainte de ה', alors lui vient un grand enthousiasme dans son cœur et son visage s'illumine d'une grande lumière, par l'enthousiasme du feu qui est en lui ; et tout cela, Moche lui-même ne le savait pas, [il ne savait pas] s'il avait le moindre enthousiasme.
Et c'est [le sens de] "lorsqu'il parlait avec lui" : c'est-à-dire lorsque quelque homme parlait avec Moche des paroles de sainteté.