נועם אלימלך

Noam Elimelech — Sefer Shemot, Terumah (3/3)

Rabbi Élimélech de Lizhensk
En bref

Ce passage poursuit les trois choses difficiles pour Moché, allusions à la bassesse de l'homme, à l'élévation de D.ieu et au renouvellement quotidien de cette sainteté dans l'hitbodedout (le recueillement solitaire). Selon le Noam Elimele'h, un tsadik attire constamment les hassadim (les bontés) ; un autre va par les guevourot (les rigueurs), se mortifie pour les fautes de sa jeunesse, adoucit les dinim (les jugements) et accomplit le tikoun (la réparation) de la Che'hina. Le mem et le samekh des Tables tiennent par nés, du langage de « levez un étendard » : ces tsadikim doivent élever toujours plus haut. Le bénoni saisit les deux degrés et les élève vers la sainteté.

Aussi : diviser ses années en Mikra, Michna et Talmud ; les cornes de l'autel et les trois étages de l'arche ; l'angle sud-est sans yésod pour le tsadik sanctifié dès sa jeunesse.

‎וזהו דאמרינן בגמרא "שלשה דברים נתקשה משה רבינו ע"ה: שרצים ומנורה וקידוש החודש", רמז לשלש דברים הנ"ל שחייב האדם להתנהג בהם, דהיינו לחשוב רוממות אל יתברך, ושפלות עצמו, וכן בכל יום תמיד, ובכל זה צריך להיות הצנע לכת בסתר ולא בגלוי בהתבודדות יחידי בכל מעשיו לעבודתו ית"ש, וזהו רמז "שרצים", ע"ד שאמר התנא "ולאן אתה הולך למקום עפר רמה ותולעה", זה שפלות האדם, ו"מנורה" רמז לרוממות אל יתברך כנ"ל, ו"קידוש החודש" רמז שצריך האדם לחדש בכל יום הקדושה הזאת לקדש עצמו במחשבות הנ"ל, וזה שאמרו חז"ל "נתקשה משה", תתקשה הוא לשון "מקשה תעשה", ופירש רש"י ז"ל "עשת של זהב", דהיינו חתיכה אחת, רמז שזה קשה מאוד לצמצם הדבר ביחידי כנ"ל, "עד שהראהו השי"ת מתוך האש", ר"ל שעם האש והתלהבות ובהירות שיתלהב לעבודתו ית"ש תוכל לפעול הכל, ר"ל הבא לטהר מסייעין לו.

Et c'est [le sens de] ce que nous disons dans la Guemara : "Trois choses ont été difficiles pour Moche notre maître, la paix soit sur lui : les sheratsim (les petites bêtes rampantes, dont les lois d'impureté sont complexes), la menora et la sanctification du mois" (Menahot 29a). C'est une allusion aux trois choses mentionnées ci-dessus selon lesquelles l'homme est tenu de se conduire, à savoir : penser à l'élévation de Dieu, béni soit-Il, et à sa propre bassesse, et ainsi chaque jour constamment.

Et en tout cela il faut marcher humblement, en secret et non au grand jour, dans l'hitbodedout (le recueillement solitaire), seul dans tous ses actes pour Son service, que Son Nom soit béni. Et c'est l'allusion des "sheratsim", selon ce qu'a dit le Tana : "et où vas-tu ? vers un lieu de poussière, de vermine et de vers" (Avot 3,1) - cela, c'est la bassesse de l'homme.

Et la "menora" est une allusion à l'élévation de Dieu, béni soit-Il, comme ci-dessus. Et la "sanctification du mois" est une allusion au fait que l'homme doit renouveler chaque jour cette sainteté, se sanctifier lui-même par les pensées mentionnées ci-dessus.

Et ce qu'ont dit nos sages de mémoire bénie, "cela a été difficile (nitkacha) pour Moche" : "titkacha" est du même langage que "tu la feras d'une pièce massive (miksha)" (Chemot 25,31), et Rachi, de mémoire bénie, explique : "un lingot d'or", c'est-à-dire un seul bloc - allusion au fait qu'il est très difficile de concentrer cette chose dans la solitude, comme ci-dessus. "Jusqu'à ce que le Saint, béni soit-Il, la lui montre du milieu du feu" : cela veut dire qu'avec le feu, l'enthousiasme et la clarté dont il s'enflammera pour Son service, que Son Nom soit béni, tu pourras tout accomplir - c'est-à-dire "celui qui vient se purifier, on l'aide" (Yoma 38b).

‎וזהו "לעולם ישליש אדם שנותיו שליש במקרא", פירוש שצריך לקרוא להשי"ת בתחילה בתשובה ותפילה וחרטה על עוונותיו, "ושליש במשנה", פירוש משנה דהיינו כפול, לכפול הנהגות כנ"ל, דהיינו לחשוב רוממות אל יתברך ושפלות עצמו כנ"ל, "ושליש בתלמוד", רמז אחר שיתנהג כן ויהיה גמור בצדקו יבוא למדריגה גדולה, ע"ד שאמרו "גמרא גמור זמורתא תהא", י"ל שרמזו לדברינו הנ"ל, שאחר שיהיה גמור בצדקו וזהו "גמרא גמור" לשון גמר, "זמורתא תהא", פירוש תזכה למדריגה להלל להשי"ת ב"ה בשירות ותשבחות כמו דוד המלך ע"ה. וזהו "שלש אמות", רמז על שילוש שנותיו של אדם כנ"ל.

Et c'est [le sens de] "l'homme doit toujours diviser ses années en trois : un tiers dans le Mikra (l'Écriture)" (Kidouchin 30a). L'explication : il faut d'abord appeler (likro) le Saint, béni soit-Il, par le repentir, la prière et le regret de ses fautes.

"Et un tiers dans la Michna" : l'explication, "michna" veut dire double (chene), doubler les conduites mentionnées ci-dessus, à savoir penser à l'élévation de Dieu, béni soit-Il, et à sa propre bassesse, comme ci-dessus. "Et un tiers dans le Talmud" : allusion au fait qu'après s'être conduit ainsi et être achevé (gamour) dans sa justice, il parviendra à un grand degré, selon ce qu'ils ont dit : "apprends la Guemara, même si ce n'est qu'une chansonnette (zémourta)" (Sota 22a).

On peut dire qu'ils ont fait allusion à nos paroles ci-dessus : après qu'il sera achevé dans sa justice - et c'est "guemara gamour", du langage d'achèvement (guémar) - "zémourta tehe", dont l'explication est : tu mériteras le degré de louer le Saint, béni soit-Il, par des chants et des louanges, comme le roi David, la paix soit sur lui. Et c'est [le sens de] "trois coudées" : allusion à la division en trois des années de l'homme, comme ci-dessus.

‎ורמז "חמשה אמות מיסוד לסובב", דאיתא בגמרא "מ"ם וסמ"ך שבלוחות בנס היו עומדין", י"ל רמז על שני מדריגות הצדיקים, דאמר הכתוב "את המשכן תעשה עשר יריעות אורך היריעה האחת כ"ח באמה ורוחב ארבע באמה, ועשית יריעות עזים לאוהל על המשכן עשתי עשרה יריעות אורך היריעה שלשים באמה ורוחב ארבע כו׳, וחברת כו׳, וכפלת את היריעה השישית אל מול פני האהל", יש לומר בדרך רמז על שני מדריגות הצדיקים, דיש צדיק העובד השי"ת מנעוריו וממשיך תמיד חסדים, וזה רמז "עשר יריעות", רמז להקדושה העליונה הנקרא בשם "עשר", והצדיק הזה הוא תמיד עבודתו בהם להמשיך החסדים, וזהו רמז "כ"ח באמה ורוחב ארבע באמה", דהשם הויה ב"ה וב"ש הוא ד' אותיות והמילוי הוא כ"ח אותיות, והשם הויה ב"ה הוא כולו רחמים והמילוי הוא קצת דין, והצדיק הזה צריך להמתיק שגם המילוי יהיה כולו רחמים. וזהו "ועתה יגדל נא כח ה׳", "[כח ה']"רמז להמילוי הויה ב"ה שהוא כ"ח אותיות, "יגדל נא", דהיינו שיתמלא כולו רחמים.

Et [voici] l'allusion de "cinq coudées depuis le yésod (le socle de l'autel) jusqu'au sovév (la corniche qui en fait le tour)". Car il est enseigné dans la Guemara : "le mem et le samekh qui étaient dans les Tables tenaient par miracle" (Chabat 104a).

On peut dire que c'est une allusion aux deux degrés des tsadikim (les justes). Car l'Écriture dit : "tu feras le Michkan de dix tentures ; la longueur d'une tenture sera de vingt-huit coudées et la largeur de quatre coudées" (Chemot 26,1-2), "et tu feras des tentures de poil de chèvre pour [servir de] tente sur le Michkan : tu en feras onze ; la longueur d'une tenture sera de trente coudées et la largeur de quatre, etc." (Chemot 26,7-8), "et tu joindras, etc., et tu replieras la sixième tenture sur le devant de la tente" (Chemot 26,9).

On peut le dire par voie d'allusion sur les deux degrés des tsadikim. Car il y a un tsadik qui sert le Saint, béni soit-Il, depuis sa jeunesse et attire constamment les hassadim (les bontés) : c'est l'allusion des "dix tentures", allusion à la sainteté supérieure appelée du nom de "dix" ; et ce tsadik-là, son service est toujours en elles, pour attirer les hassadim.

Et c'est l'allusion de "vingt-huit coudées de long et quatre coudées de large" : car le Nom Havaya, béni soit-Il et béni soit Son Nom, est de quatre lettres, et son milouy (l'épellation pleine de ses lettres) est de vingt-huit lettres ; et le Nom Havaya, béni soit-Il, est tout entier rahamim (miséricorde), tandis que le milouy comporte un peu de din (rigueur) ; et ce tsadik doit adoucir [les rigueurs] afin que le milouy lui aussi soit tout entier miséricorde. Et c'est [le sens de] "et maintenant, que se magnifie la force (koah) de ה'" (Bamidbar 14,17) : "koah ה'" est une allusion au milouy du Nom Havaya, qui est de vingt-huit (koah, כח = 28) lettres ; "que se magnifie", c'est-à-dire qu'il se remplisse entièrement de miséricorde.

‎ויש צדיק ההולך בגבורות, דהיינו שמסגף עצמו בעינויים וסיגופים על חטאת נעוריו ועי"ז הוא משבר כח הדינים וממתיקם, ולזה רמז "עשתי עשרה יריעות עזים", רמז לסטרא אחרא שהיא אחד עשר יריעות עזים, דכל יתר כנטול דמי כידוע, וכנגד זה יש צדיק שמשבר את כחם וממתיקם, והצדיק הזה הוא פועל תיקון השכינה בגלות המר הזה. ולזה רמז "שלשים באמה ורוחב ארבע באמה", והוא גימטריא "דל", שהשכינה בגלות המר הזה נקראת "דלה", וזהו רמז "לאוהל על המשכן", שעושה לבושים להשכינה להעלותה אל המשכן.

Et il y a un tsadik qui va par les guevourot (les rigueurs), c'est-à-dire qu'il se mortifie par des jeûnes et des macérations pour les fautes de sa jeunesse, et par là il brise la force des dinim (les jugements) et les adoucit. Et c'est à cela que fait allusion "onze tentures de poil de chèvre" : allusion à la sitra a'hra (l'autre côté, le domaine de l'impureté), qui est [figurée par] les onze tentures de poil de chèvre, car "tout ce qui est en trop est comme retranché" (Houlin 58b), comme on le sait.

Et face à cela il y a un tsadik qui brise leur force et les adoucit ; et ce tsadik-là accomplit le tikoun (la réparation) de la Chekhina dans cet exil amer. Et c'est à cela que fait allusion "trente coudées de long et quatre coudées de large" : cela fait la guematria de "דל" (dal, pauvre, 34), car la Chekhina, dans cet exil amer, est appelée "dala" (indigente).

Et c'est l'allusion de "pour [servir de] tente sur le Michkan" : il confectionne des vêtements pour la Chekhina afin de l'élever vers le Michkan.

‎וזה רמז למה שאמרו חז"ל "עין יפה אחד מארבעים עין רעה אחד מששים ובינונית אחד מחמשים", לכאורה עין רעה אינו נותן כלום? אך הענין הוא רמז לדברינו הנ"ל, "עין יפה" רמז להצדיק הממשיך תמיד חסדים, ע"ד הנ"ל "עשר יריעות ורוחב כל יריעה הוא ארבע באמה" ונמצא הוא ארבעים, "עין רעה" רמז להצדיק השני הנותן עינו פקיחא להמתיק הדינים רעים, וזה רמז "אחד מששים", ע"ד דאיתא בספר למה שאנו אומרים בשעת ברכת כהנים "רבש"ע חלום חלמתי", הטעם שהחלום הוא אחד מששים בנבואה והכהנים הוא כולו נבואה, שמטעם זה אסור להסתכל בידי הכהנים שהשכינה שורה בידיהם, ולכן אנו אומרים רבש"ע כדי לבטל החלום בששים, וכן הצדיק הממתיק דינים, הוא צריך להמתיקם בשורשם ונמצאים בטלים בששים.

Et c'est une allusion à ce qu'ont dit nos sages de mémoire bénie : "un œil généreux [donne] un quarantième, un œil mauvais un soixantième, et un [œil] moyen un cinquantième" (Teroumot 4,3). À première vue, l'œil mauvais ne donne-t-il donc rien ?

Mais la chose est une allusion à nos paroles ci-dessus. "Un œil généreux" est une allusion au tsadik qui attire constamment les hassadim, selon ce qui précède : "dix tentures", et la largeur de chaque tenture est de quatre coudées - il se trouve que cela fait quarante.

"Un œil mauvais" est une allusion au second tsadik, celui qui pose son œil ouvert (eina pékiha) pour adoucir les dinim mauvais ; et c'est l'allusion de "un soixantième", selon ce qui est écrit dans un livre au sujet de ce que nous disons au moment de la bénédiction des kohanim : "Maître du monde, j'ai fait un rêve". La raison en est que le rêve est un soixantième de la prophétie et que les kohanim sont tout entiers prophétie - c'est pour cette raison qu'il est interdit de regarder les mains des kohanim, car la Chekhina réside sur leurs mains ; c'est pourquoi nous disons "Maître du monde", afin d'annuler le rêve dans les soixante.

De même, le tsadik qui adoucit les dinim doit les adoucir à leur racine, et ils se trouvent alors annulés dans les soixante.

‎וזהו "מ"ם וסמ"ך שבלוחות בנס היו עומדים", כי "מ"ם" רמז לעין יפה, הוא הצדיק הממשיך כולו חסדים, "וסמ"ך" רמז להצדיק הממתיק הדינים כנ"ל, "בנס היו עומדים", לשון הרימו נס, דהיינו שהצדיקים הללו צריכין לעלות ולהגביה הדבר הזה למעלה למעלה, וזה רמז "שבלוחות", שהלוחות קודם החטא לא היו רק לוח אחד, שאז לא היה צריך להמתיק הדינים, ואחר חטא העגל, שאותיות "עגל" הוא "עריות, גזל, לשון הרע", נתחלקו הלוחות ונעשו חמשה מול חמשה, דהיינו חמשה דברות הם כולו דביקות, אנכי ה׳ וכו׳, וחמשה דברות שהם לא תנאף כו׳ הם הנוגע לבריות, ומחמת חטא היה כח להס"א להיות לה אחיזה לכן צריך להמתיקם. וזה רמז ג"כ שני לוחות שנתחלקו, רמז לשני הצדיקים הנ"ל, האחד הממשיך חסדים והשני שקלקל ח"ו ועובד בגבורה להמתיק הדינים כנ"ל, וזהו "מ"ם וסמ"ך שבלוחות כו׳".

Et c'est [le sens de] "le mem et le samekh qui étaient dans les Tables tenaient par nés (miracle)". Car le "mem" est une allusion à l'œil généreux, c'est le tsadik qui attire des hassadim entiers ; "et le samekh" est une allusion au tsadik qui adoucit les dinim, comme ci-dessus.

"Ils tenaient par nés" - du langage de "levez un étendard (nés)" (Yechayahou 13,2), c'est-à-dire que ces tsadikim doivent élever et hausser cette chose toujours plus haut. Et c'est l'allusion de "qui étaient dans les Tables" : car les Tables, avant la faute, n'étaient qu'une seule table, car alors il n'y avait pas besoin d'adoucir les dinim ; et après la faute du veau (egel) - dont les lettres "עגל" [désignent] "arayot (débauches), guezel (vol), lachon hara (médisance)" - les Tables se sont divisées et sont devenues cinq face à cinq, à savoir cinq commandements qui sont tout entiers attachement [à Dieu], "Je suis ה' etc.", et cinq commandements qui sont "tu ne commettras pas d'adultère, etc.", lesquels concernent les créatures.

Et à cause de la faute, la sitra a'hra a eu la force d'y avoir une prise, c'est pourquoi il faut les adoucir. Et c'est aussi l'allusion des deux Tables qui se sont divisées : allusion aux deux tsadikim mentionnés ci-dessus, l'un qui attire les hassadim, et le second qui a commis une faute, que Dieu préserve, et qui sert par la guevoura pour adoucir les dinim, comme ci-dessus.

Et c'est [le sens de] "le mem et le samekh qui étaient dans les Tables, etc."

‎ויש צדיק שמתקן את עצמו בעבודתו שאוחז בשני המדריגות, שממשיך חסדים וממתיק גבורות, וזה נקרא בינוני שהוא ממוצע בין ב׳ מידות, וזה "בינוני אחד מחמשים", שהוא כלול מחמשים, דהיינו ב׳ מדריגות החמשה שבלוחות הנ"ל, שכל דבר הוא כלול מעשרה ונמצא הוא חמשים. וזהו "וחמושים עלו בני ישראל", ופירש רש"י ז"ל "אחד מחמשה", שהיו ישראל בינונים כנ"ל.

וזהו שאמר "כגון אנו בינונים, ואמר ליה לא שביק מר חיי לכל בריה", פירוש כשאתה בינוני ואתה ממתיק הדינים ולא שביק להם חיי כלל, דהס"א נקרא חי כמ"ש במ"א, וזהו "וחברת חמש כו׳, וכפלת היריעה הששית" מהעשתי עשרה יריעות הנרמזים לס"א כנ"ל, תכפול אותם כדי שיהיה אחר שתכפול רק עשרה עם היריעה הכפולה, ונמצא אתה מעלה אל הנרמזות בעשר ונמתקים הדינים, "אל מול פני האהל" דהיינו אל הקדושה. וזה רמז "חמש אמות מיסוד לסובב", רמז שצריך האדם לעשות לעצמו יסוד כנ"ל, ואח"כ לעבוד ולתקן עצמו במדריגתו למדריגת חמשה כנ"ל, דהיינו מדריגות בינוני, ועל כל זאת צריך "אמה סובב" כנ"ל, לסבב על מדריגות הללו בכל יום תמיד.

Et il y a un tsadik qui se répare lui-même dans son service en saisissant les deux degrés, attirant les hassadim et adoucissant les guevourot ; celui-là est appelé bénoni (intermédiaire), car il se tient au milieu entre les deux midot (mesures, attributs). Et c'est [le sens de] "le [œil] moyen, un cinquantième" : il est composé de cinquante, à savoir les deux degrés des cinq [commandements] des Tables mentionnés ci-dessus, car chaque chose est composée de dix, et il se trouve que cela fait cinquante.

Et c'est [le sens de] "et les enfants d'Israël montèrent hamouchim" (Chemot 13,18), que Rachi, de mémoire bénie, explique : "un sur cinq" - car Israël étaient des bénonim, comme ci-dessus. Et c'est ce qu'il a dit : "des gens comme nous sont des bénonim", et [son compagnon] lui répondit : "le maître ne laisse la vie à aucune créature" (Berakhot 61b).

L'explication : lorsque tu es bénoni et que tu adoucis les dinim, tu ne leur laisses aucune vie du tout, car la sitra a'hra est appelée "vivant", comme je l'ai écrit ailleurs. Et c'est [le sens de] "et tu joindras cinq, etc., et tu replieras la sixième tenture" - des onze tentures qui font allusion à la sitra a'hra comme ci-dessus : tu les replieras, de sorte qu'après ce repliement il n'en reste que dix avec la tenture repliée ; il se trouve alors que tu les élèves vers ce à quoi le nombre dix fait allusion, et les dinim sont adoucis, "sur le devant de la tente", c'est-à-dire vers la sainteté.

Et c'est l'allusion de "cinq coudées depuis le yésod jusqu'au sovév" : allusion au fait que l'homme doit se faire à lui-même un yésod (un fondement) comme ci-dessus, et ensuite servir et se réparer lui-même dans son degré jusqu'au degré de cinq comme ci-dessus, à savoir le degré de bénoni ; et par-dessus tout cela il faut "une coudée de sovév" comme ci-dessus, pour tourner autour de ces degrés chaque jour, constamment.

"ועשית קרנותיו כו׳", "קרן" הוא לשון שררה וגדלות, דהיינו לאחר שתזכה לכל המדריגות הנ"ל, תזכה לשררות גדולות, שכל העולם כולו יהיו נשמעים לדבריך וידבקו בך לשתות בצמא את דבריך, וזהו "קרנותיו על ארבע פינותיו", פירוש באיזה אופן שתפנה יהיה לך שררה וגדולה, "ממנו יהיו קרנותיו", פירוש שכל שררה וגדולה שיהיה לך, בשביל זאת לא תשתנה לאיש אחר, רק כמו שהיית מקודם כן עתה יסוד ואמה סובב, רק שתתגלה מידתך וישאו חן בעיני בני אדם דבריך שתדבר בעבודתו ית"ש, וזהו "ממנו", ר"ל כמו מקדם "תהיה קרנותיו", וזה רמז שהקרן היה אמה, רמז לאחר שיזכה לכל המדריגות, יזכה לאחדות העליון.

"Et tu feras ses cornes, etc." (Chemot 27,2) : "keren" (corne) est un langage d'autorité et de grandeur, c'est-à-dire qu'après que tu auras mérité tous les degrés mentionnés ci-dessus, tu mériteras de grandes autorités, en sorte que le monde entier écoutera tes paroles et s'attachera à toi pour boire tes paroles avec soif. Et c'est [le sens de] "ses cornes sur ses quatre angles" : l'explication, de quelque côté que tu te tournes, tu auras autorité et grandeur.

"Ses cornes seront de lui-même" : l'explication, toute autorité et grandeur que tu auras, tu n'en deviendras pas pour autant un autre homme ; mais tel que tu étais auparavant, tel tu seras maintenant, yésod et coudée de sovév - sinon que ta midda se révélera et que tes paroles, celles que tu diras dans Son service, que Son Nom soit béni, trouveront grâce aux yeux des gens. Et c'est [le sens de] "de lui-même", c'est-à-dire comme auparavant "seront ses cornes".

Et c'est une allusion [dans le fait] que la corne était d'une coudée : allusion au fait qu'après avoir mérité tous les degrés, il méritera l'unité supérieure.

‎וזהו "תחתיים שנים ושלשים תעשיה", כאשר פירשתי כבר שזה רמז שאנחנו צריכין לעבוד ולתקן השלש עולמות ולהביאם אל עולם הד׳, "ואל אמה תכלנה מלמעלה", פירושו כנ"ל, שאח"כ תזכה לאמה העליונה כנ"ל, דהיינו לאחדות העליונה.

Et c'est [le sens de] "tu la feras avec un [étage] inférieur, un deuxième et un troisième" (Berechit 6,16), selon ce que j'ai déjà expliqué : c'est une allusion au fait que nous devons servir et réparer les trois mondes et les amener au quatrième monde. "Et tu l'achèveras à une coudée par le haut" (Berechit 6,16) : son explication est comme ci-dessus, qu'ensuite tu mériteras la coudée supérieure comme ci-dessus, à savoir l'unité supérieure.

‎וזה רמז ש"דרומית מזרחית לא היה לה יסוד", רמז להצדיק המקדש עצמו מנעוריו והולך בדרך חכמה שזהו רמז "דרומית", הרוצה להחכים ידרים, "מזרחית", פירוש שאורו זורח על כל העולמות למעלה ולמטה, "לא היה לה יסוד", רמז שצדיק כזה אין צריך להתאמץ לעשות לו יסוד כנ"ל לצמצם עצמו בכל מעשיו, כי הצדיק הזה ממילא הוא משומר מכל פניה ומכשול ורגלי חסידיו ישמור. והבן להכניס הדברים הנ"ל בלב לשומרם ולעשותם כל הימים.

אמן.

Et c'est l'allusion de "l'angle sud-est n'avait pas de yésod" (Zevahim 53b) : allusion au tsadik qui se sanctifie depuis sa jeunesse et va par la voie de la 'hokhma (sagesse) - c'est l'allusion de "sud", selon "celui qui veut devenir sage, qu'il aille vers le sud" (Baba Batra 25b) ; "est" (mizrahit), dont l'explication est que sa lumière se lève (zoréah) sur tous les mondes, en haut et en bas ; "il n'avait pas de yésod", allusion au fait qu'un tel tsadik n'a pas besoin de se forcer à se faire un yésod comme ci-dessus, pour se concentrer dans tous ses actes, car ce tsadik-là est de toute façon préservé de toute arrière-pensée et de tout faux pas, et "Il gardera les pieds de Ses fidèles" (Chmouel I 2,9). Et comprends, pour faire entrer ces paroles dans le cœur, afin de les garder et de les accomplir tous les jours.

Amen.

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