נועם אלימלך

Noam Elimelech — Sefer Shemot, Terumah (1/3)

Rabbi Élimélech de Lizhensk
En bref

« Qu'ils prennent pour Moi un prélèvement » (Chemot 25,2). Rachi explique : « pour Moi, pour Mon Nom ». Pour le Noam Elimele'h, le tsadik qui étudie la Torah lichma (pour elle-même) et fait don de son cœur au Lieu, béni soit-Il, fait monter les dinim (rigueurs) à leur racine et les adoucit ; miséricordes et 'hassadim s'opèrent d'eux-mêmes. Prendre le prélèvement, c'est étudier : on élève ainsi les dinim. Rachi fait allusion à la Torah, les Noms du Saint : étudiez lichma pour attirer D.ieu vers Son Nom, Sa Torah, qui adoucit les dinim dans leur racine. David dit « J'appelle Elokim le Très-Haut » (Tehilim 57,3) : le tsadik les adoucit dans ce monde supérieur, et le ''hessed s'achève de lui-même vers lui.

Aussi : le tsadik multiplie chaque jour les influx et le suivant ajoute un tikoun aux premiers ; œuvres qui élèvent la Che'hina, attachement de pensée qui répand les influx ; l'éclat de la Che'hina dès ici-bas, terouma du monde à venir

ויקחו לי תרומה. פירש רש"י ז"ל "לי לשמי".

נראה לי דהנה הצדיק ע"י עוסקו בתורה לשמה ומנדב את לבו למקום ב"ה, ע"י זה הוא מרים ומעלה את הדינים לשורשם וממתיקם שם וממילא פועל רחמים וחסדים, וזהו "ויקחו לי תרומה" ר"ל שיקחו וילמדו את התורה, שע"י זה ירימו "לי תרומה", דהיינו שיעלו את הדינים למעלה להמתיקם. וזה שפירש רש"י ז"ל "לי לשמי", ר"ל שרש"י ז"ל מרמז שקאי על התורה היא שמותיו של הקב"ה, ותלמדו את התורה לשמה להמשיך אותי "לשמי", דהיינו לתורתי שהיא שמותי, וזהו לי לשמי, להמשיך אותי לשמי לתורתי, וזאת התורה תפעול המתקת הדינים בשורשם.

"Qu'ils prennent pour Moi un prélèvement (terouma)" (Chemot/Exode 25,2). Rachi, de mémoire bénie, explique : "pour Moi - pour Mon Nom".

Il me semble [d'expliquer ainsi] : voici, le tsadik (le juste), par le fait qu'il s'occupe de Tora lichma (pour elle-même) et qu'il fait don de son cœur au Lieu (haMakom), béni soit-Il, par cela il soulève et fait monter les dinim (rigueurs, jugements) vers leur racine et les adoucit là-haut, et de ce fait il opère de lui-même miséricordes et hassadim (bontés). Et c'est [le sens de] "qu'ils prennent pour Moi un prélèvement" : c'est-à-dire qu'ils prennent et étudient la Tora, car par cela ils élèveront "pour Moi un prélèvement", à savoir qu'ils feront monter les dinim en haut pour les adoucir.

Et c'est ce qu'a expliqué Rachi, de mémoire bénie : "pour Moi - pour Mon Nom", c'est-à-dire que Rachi, de mémoire bénie, fait allusion au fait que cela se rapporte à la Tora, laquelle est les Noms du Saint, béni soit-Il ; et [le sens est] : étudiez la Tora lichma afin de M'attirer "vers Mon Nom", à savoir vers Ma Tora, qui est Mes Noms. Et c'est [le sens de] "pour Moi - pour Mon Nom" : M'attirer vers Mon Nom, vers Ma Tora ; et cette Tora opérera l'adoucissement des dinim dans leur racine.

‎וזהו שאמר דוד המלך ע"ה "אקרא לא-להים עליון כו׳", ד"אלקים עליון" הוא עולם העליון אשר משם התחלת הדינים, והצדיק הממתיק אותם צריך להמתיקם שם בשורשם. ואמר דוד המלך ע"ה "אקרא לא-להים עליון", ר"ל שאני ממתיק הדינים שם בשורשם הנקרא "א-להים עליון", "לאל" ר"ל וממילא נעשים רחמים וחסד כמ"ש חסד אל כל היום, "גומר עלי" ר"ל ואז ממילא בא החסד אלי למטה ונגמר אלי הרחמים והחסד.

והבן. וק"ל.

Et c'est ce qu'a dit le roi David, paix sur lui : "J'appelle Elokim le Très-Haut, etc." (Tehilim/Psaumes 57,3). Car "Elokim le Très-Haut" est le monde supérieur, d'où commence l'origine des dinim, et le tsadik qui les adoucit doit les adoucir là-bas, dans leur racine.

Et le roi David, paix sur lui, a dit : "J'appelle Elokim le Très-Haut", c'est-à-dire : j'adoucis les dinim là-bas, dans leur racine, [en ce lieu] qui est appelé "Elokim le Très-Haut" ; "vers El (Dieu)" - c'est-à-dire que de ce fait se font d'eux-mêmes miséricordes et bonté ('hessed), comme il est écrit "la bonté de Dieu dure tout le jour" (Tehilim 52,3) ; "qui achève pour moi" - c'est-à-dire qu'alors le 'hessed vient de lui-même jusqu'à moi, en bas, et la miséricorde et la bonté s'achèvent vers moi. Comprends cela.

Et cela est facile à comprendre (ve-kal lehavin, formule de clôture des paragraphes).

או יאמר דהנה הצדיק בכל יום ויום הוא מרבה השפעות יותר להשפיע לעולם. וזהו פירוש "יום ליום יביע אומר", יביע מלשון מעיין הנובע, שבכל יום נובע השפעתו שמשפיע יותר ויותר.

וזהו "יודע ה׳ ימי תמימים כו׳", דבאברהם אבינו ע"ה נאמר "עתה ידעתי כי ירא א-להים אתה", ולהבין אין שייך לומר אצל הבורא ב"ה "עתה ידעתי" משמע ולא קודם חלילה. אך הענין הוא כשהצדיק מתנהג בקדושתו ימים רבים אזי הוא מביא קדושתו ועבודתו למעלה עד הבורא ב"ה, ולכן אחר שנתנסה אברהם אבינו ע"ה בעשר נסיונות, אמר השי"ת "עתה ידעתי", ר"ל שעלה קדושתך למעלה אלי, וזה נקרא "ידיעה" לשון חיבור ממש בבורא ב"ה.

וזהו "יודע ה׳ ימי תמימים", פירוש כל יום ויום של הצדיקים התמימים עולים למעלה עד הבורא ב"ה ומתקנים הצינורות ההשפעות, ואחר שיקום עוד צדיק כמותם, אזי הוא ג"כ מתקן הצינורות וממשיך השפעות עוד נוסף על הצדיקים הראשונים, דהיינו מה שתיקנו ופעלו הצדיקים הראשונים קיימת לעד וכל צדיק הבא אח"כ הוא מוסיף תיקון על תיקון הראשונים, וזהו "ונחלתם", דהיינו ירושתם שהם מורישים לעולם, "לעולם תהיה".

Ou bien on dira [ainsi] : voici, le tsadik, chaque jour, multiplie davantage les influx pour les répandre sur le monde. Et c'est le sens de "un jour à l'autre épanche la parole" (Tehilim 19,3) : "épanche" (yabia) est du langage d'une source qui jaillit, car chaque jour jaillit son influence, qu'il répand de plus en plus.

Et c'est [le sens de] "le Nom connaît les jours des intègres, etc." (Tehilim 37,18) : car d'Avraham notre père, paix sur lui, il est dit "maintenant Je sais que tu crains Elokim" (Berechit/Genèse 22,12) ; et il faut comprendre : il n'est pas convenable de dire au sujet du Créateur, béni soit-Il, "maintenant Je sais", ce qui impliquerait "et non auparavant", à Dieu ne plaise. Mais la chose est ainsi : lorsque le tsadik se conduit dans sa sainteté durant de nombreux jours, alors il porte sa sainteté et son service en haut, jusqu'au Créateur, béni soit-Il ; c'est pourquoi, après qu'Avraham notre père, paix sur lui, eut été éprouvé par dix épreuves, le Nom, béni soit-Il, dit "maintenant Je sais", c'est-à-dire : ta sainteté est montée en haut jusqu'à Moi ; et cela s'appelle "connaissance" (yedia), un langage d'union véritable avec le Créateur, béni soit-Il.

Et c'est [le sens de] "le Nom connaît les jours des intègres" : l'explication est que chaque jour des tsadikim intègres monte en haut jusqu'au Créateur, béni soit-Il, et répare les canaux des influx ; et lorsque se lève ensuite encore un tsadik semblable à eux, alors lui aussi répare les canaux et attire des influx en surplus de ceux des premiers tsadikim - c'est-à-dire que ce qu'ont réparé et opéré les premiers tsadikim subsiste à jamais, et chaque tsadik qui vient après eux ajoute un tikoun (réparation) sur le tikoun des premiers. Et c'est [le sens de] "et leur héritage", à savoir l'héritage qu'ils lèguent au monde, "sera pour toujours" (Tehilim 37,18).

‎וזהו "ויקחו לי תרומה", ר"ל ע"י שאתם תעלו ותגביהו עבודתכם הקודש אלי עד שמי ממש, וזהו "לי לשמי", ע"י זה תקחו "תרומה", דהיינו השפעות, ולא זה בלבד שע"י מעשיכם ועבודתכם תגרמו השפעות, אלא שגם "מאת כל איש אשר ידבנו לבו תקחו תרומתי", פירוש גם מכל איש צדיק וצדיק הקודם לכם תקחו ג"כ תרומתי דהיינו השפעתי לישראל. וק"ל.

Et c'est [le sens de] "qu'ils prennent pour Moi un prélèvement" : c'est-à-dire que, parce que vous ferez monter et élèverez votre service saint vers Moi, jusqu'à Mon Nom lui-même - et c'est [le sens de] "pour Moi - pour Mon Nom" -, par cela vous prendrez un "prélèvement", à savoir des influx. Et non seulement par vos actes et votre service vous susciterez des influx, mais de plus "de tout homme dont le cœur l'incitera vous prendrez Mon prélèvement" (Chemot 25,2) : l'explication est que, de chaque homme juste qui vous a précédés, vous prendrez également Mon prélèvement, à savoir Mon influx pour Israël.

Et cela est facile à comprendre.

או יאמר "ויקחו לי תרומה", דדוד המלך ע"ה אמר "מה גדלו מעשיך ה׳ מאוד עמקו מחשבותיך". י"ל הפירוש, דהנה יש ב׳ מיני צדיקים, דהיינו יש צדיק העובד השם במעשים טובים ועובדות כשרות בגופו ועדיין לא הגיע למדריגות מחשבות בדביקות גמור בבורא יתברך ויתעלה במחשבתו הטהורה, והצדיק הזה הוא גורם תיקון השכינה הקדושה והטהורה, אבל עדיין אין בידו הכח להשפיע השפעות טובות לעולם, ויש צדיק הדבוק בבורא יתברך במחשבות קדושות תמיד ודביקות בלי הפסק, הצדיק הזה הוא גורם השפעות גדולות לעולם, וזהו "מה גדלו מעשיך ה'", ר"ל מדריגות הצדיקים העוסקים במעשים טובים, "מאד עמקו מחשבותיך", רמז לצדיק הנ"ל העובד במחשבות, זה עמוק עמוק מי ימצאנו.

Ou bien on dira [ainsi] "qu'ils prennent pour Moi un prélèvement" : le roi David, paix sur lui, a dit "que Tes œuvres sont grandes, ô Nom, Tes pensées sont très profondes" (Tehilim 92,6). On peut en donner l'explication suivante : voici, il y a deux sortes de tsadikim.

Il y a le tsadik qui sert le Nom par de bonnes actions et par des œuvres droites accomplies avec son corps, et qui n'est pas encore parvenu au degré des pensées, dans une deveikout (attachement, adhésion) complète au Créateur, béni et exalté soit-Il, par sa pensée pure ; ce tsadik-là cause le tikoun de la Chekhina sainte et pure, mais il n'a pas encore en main le pouvoir de répandre de bons influx sur le monde. Et il y a le tsadik qui est attaché au Créateur, béni soit-Il, par des pensées saintes en permanence et par une deveikout sans interruption ; ce tsadik-là cause de grands influx pour le monde.

Et c'est [le sens de] "que Tes œuvres sont grandes, ô Nom" : c'est-à-dire le degré des tsadikim qui s'occupent de bonnes actions ; "Tes pensées sont très profondes" : allusion au tsadik mentionné ci-dessus, qui sert par la pensée - cela est "profond, profond, qui le trouvera ?" (Kohelet/Ecclésiaste 7,24).

‎וזהו "גדולים מעשי ה׳ דרושים לכל חפציהם", דהיינו המעשים טובים והתורה והמצוות הם גדולים מאוד, ולא עוד אלא שהצדיק יכול לדרוש אותם לכל חפצי בני אדם לגרום להם השפעות וברכות וטובות.

Et c'est [le sens de] "grandes sont les œuvres du Nom, recherchées par tous ceux qui les désirent" (Tehilim 111,2) : à savoir que les bonnes actions, la Tora et les mitsvot sont très grandes ; et bien plus, le tsadik peut les requérir (dorech) pour tous les désirs des hommes, afin de leur susciter influx, bénédictions et biens.

‎וזהו "ויקחו לי תרומה", פירש רש"י ז"ל "לשמי", רמז למדריגת הצדיקים העובדים במעשים טובים וגורמים העלאת השכינה הקדושה, "מאת כל איש אשר ידבנו לבו", ר"ל אבל על ידי אותו הצדיק המנדב את לבו בכל מכל כל במחשבותיו ומנדב את עצמו לשמים, על ידי הצדיק תקחו הכל, דהיינו "תקחו את תרומתי" דהיינו קדושתי, וגם נוסף על זאת שיהיה לכם השפעות על ידו, וזהו "וזאת" וי"ו מוסיף על ענין ראשון - תקחו את תרומתי, גם "וזאת אשר תקחו מאתם זהב וכסף ונחושת", דהיינו השפעות גדולות ברכות וטובות. וק"ל.

Et c'est [le sens de] "qu'ils prennent pour Moi un prélèvement", où Rachi, de mémoire bénie, explique "pour Mon Nom" : allusion au degré des tsadikim qui servent par de bonnes actions et causent l'élévation de la Chekhina sainte. "De tout homme dont le cœur l'incitera" : c'est-à-dire que c'est par ce tsadik-là, qui fait don de son cœur entièrement et en tout par ses pensées et qui se donne lui-même au Ciel, c'est par ce tsadik que vous prendrez tout, à savoir "vous prendrez Mon prélèvement", c'est-à-dire Ma sainteté ; et de plus, en surplus de cela, vous aurez par lui des influx.

Et c'est [le sens de] "et ceci" (vézot) - le vav ajoutant au sujet précédent : vous prendrez Mon prélèvement, et aussi "et ceci est le prélèvement que vous prendrez d'eux : or, argent et cuivre" (Chemot 25,3), à savoir de grands influx, bénédictions et biens. Et cela est facile à comprendre.

או יאמר "מה גדלו מעשיך ה׳", דיש לדקדק בפסוק שאמר "שמן למאור וכו׳ אבני שוהם לאפוד", ונמצא מפרש הפסוק כל דבר מאלו לאיזה צורך הם באים, ולגבי זהב וכסף סתם הכתוב ואינו מפרש לאיזה צורך הם באים. אך הענין דדרשו חז"ל "ואהבת את ה׳ א-להיך בכל לבבך כו׳ ופירשו בכל ממונך", ויש לדקדק למה לא אמר בפירוש "בכל ממונך", ולמה שינה הכתוב לכתוב "מאודך", אך שהתורה הקדושה רמזה לנו עוד דבר אחד, דהנה השי"ת ברוב רחמיו נתן לנו רשות להנות קצת בעוה"ז מכסף וזהב לצורכינו, אך לזה צריך שימור גדול ליזהר מאד מאד להתנהג כשורה בממונו, וזהו ששינה הכתוב לכתוב "בכל מאודך" ופירשו חז"ל "בכל ממונך", רמז לדברינו הנ"ל, שיזהר מאוד מאוד בממונו שלא יבוא בהם לידי תקלה ח"ו, וצריך האדם לעמוק במחשבותיו שלא יימצא בממונו שום עול ועוון, ולכן לא נאמר בכסף וזהב לאיזה צורך, דרמז דניתן רשות ג"כ להנות בני אדם קצת בממונם לצורכיהם.

Ou bien on dira [ainsi] "que Tes œuvres sont grandes, ô Nom" : il y a lieu d'examiner de près le verset qui dit "de l'huile pour le luminaire, etc., des pierres de choham pour l'efod" (Chemot 25,6-7) - on constate que le verset explique, pour chacune de ces choses, à quel usage elle vient, tandis que pour l'or et l'argent l'Écriture est restée muette et n'explique pas à quel usage ils viennent. Mais la chose est ainsi : nos maîtres, de mémoire bénie, ont exposé "et tu aimeras le Nom ton Dieu de tout ton cœur, etc." (Devarim/Deutéronome 6,5), et ils ont expliqué ["de tout ton meod" :] "de tout ton argent" (Berakhot 61b).

Et il y a lieu d'examiner pourquoi [l'Écriture] n'a pas dit explicitement "de tout ton argent", et pourquoi le verset a changé [de terme] pour écrire "mêôdekha" (ton très, ta force). Mais [la raison est] que la Tora sainte nous a fait allusion à une chose de plus : voici, le Nom, béni soit-Il, dans l'abondance de Ses miséricordes, nous a donné permission de jouir un peu, en ce monde-ci, de l'argent et de l'or pour nos besoins ; mais cela exige une grande garde, de prendre garde très très fort à se conduire droitement avec son argent.

Et c'est pourquoi l'Écriture a changé [de terme] pour écrire "de tout ton meod", que nos maîtres, de mémoire bénie, ont expliqué "de tout ton argent" : allusion à nos propos ci-dessus, [à savoir] qu'il prenne garde très très fort avec son argent, de n'en venir par lui à aucun trébuchement, à Dieu ne plaise ; et l'homme doit approfondir dans ses pensées afin qu'il ne se trouve dans son argent aucune injustice ni aucune faute. C'est pourquoi il n'a pas été dit, pour l'argent et l'or, à quel usage ils viennent : allusion au fait qu'il est aussi donné permission aux hommes de jouir un peu de leur argent pour leurs besoins.

‎וזהו "מה גדלו מעשיך כו׳ מאד", פירוש בעניני ועסקי ממונו שנאמר בהם בכל מאודך, "עמקו מחשבותיך", צריך לעמוק בהם במחשבותיו שלא יכשל בהם, לקיים בהם "בכל מאודך". וק"ל.

Et c'est [le sens de] "que Tes œuvres sont grandes, etc., très (meod)" : l'explication est que dans les affaires et les occupations liées à son argent, dont il est dit "de tout ton meod", [s'applique] "Tes pensées sont profondes" - il doit y approfondir dans ses pensées afin de ne pas y trébucher, pour accomplir à leur sujet "de tout ton meod". Et cela est facile à comprendre.

או יאמר "מה גדלו מעשיך ה׳", דיש לדקדק בפסוק שאמר "שמן למאור וכו׳ אבני שוהם לאפוד", ונמצא מפרש הפסוק כל דבר מאלו לאיזה צורך הם באים, ולגבי זהב וכסף סתם הכתוב ואינו מפרש לאיזה צורך הם באים. אך הענין דדרשו חז"ל "ואהבת את ה׳ א-להיך בכל לבבך כו׳ ופירשו בכל ממונך", ויש לדקדק למה לא אמר בפירוש "בכל ממונך", ולמה שינה הכתוב לכתוב "מאודך", אך שהתורה הקדושה רמזה לנו עוד דבר אחד, דהנה השי"ת ברוב רחמיו נתן לנו רשות להנות קצת בעוה"ז מכסף וזהב לצורכינו, אך לזה צריך שימור גדול ליזהר מאד מאד להתנהג כשורה בממונו, וזהו ששינה הכתוב לכתוב "בכל מאודך" ופירשו חז"ל "בכל ממונך", רמז לדברינו הנ"ל, שיזהר מאוד מאוד בממונו שלא יבוא בהם לידי תקלה ח"ו, וצריך האדם לעמוק במחשבותיו שלא יימצא בממונו שום עול ועוון, ולכן לא נאמר בכסף וזהב לאיזה צורך, דרמז דניתן רשות ג"כ להנות בני אדם קצת בממונם לצורכיהם.

Ou bien on dira [ainsi] "que Tes œuvres sont grandes, ô Nom" : il y a lieu d'examiner de près le verset qui dit "de l'huile pour le luminaire, etc., des pierres de choham pour l'efod" (Chemot 25,6-7) - on constate que le verset explique, pour chacune de ces choses, à quel usage elle vient, tandis que pour l'or et l'argent l'Écriture est restée muette et n'explique pas à quel usage ils viennent. Mais la chose est ainsi : nos maîtres, de mémoire bénie, ont exposé "et tu aimeras le Nom ton Dieu de tout ton cœur, etc." (Devarim/Deutéronome 6,5), et ils ont expliqué ["de tout ton meod" :] "de tout ton argent" (Berakhot 61b).

Et il y a lieu d'examiner pourquoi [l'Écriture] n'a pas dit explicitement "de tout ton argent", et pourquoi le verset a changé [de terme] pour écrire "mêôdekha" (ton très, ta force). Mais [la raison est] que la Tora sainte nous a fait allusion à une chose de plus : voici, le Nom, béni soit-Il, dans l'abondance de Ses miséricordes, nous a donné permission de jouir un peu, en ce monde-ci, de l'argent et de l'or pour nos besoins ; mais cela exige une grande garde, de prendre garde très très fort à se conduire droitement avec son argent.

Et c'est pourquoi l'Écriture a changé [de terme] pour écrire "de tout ton meod", que nos maîtres, de mémoire bénie, ont expliqué "de tout ton argent" : allusion à nos propos ci-dessus, [à savoir] qu'il prenne garde très très fort avec son argent, de n'en venir par lui à aucun trébuchement, à Dieu ne plaise ; et l'homme doit approfondir dans ses pensées afin qu'il ne se trouve dans son argent aucune injustice ni aucune faute. C'est pourquoi il n'a pas été dit, pour l'argent et l'or, à quel usage ils viennent : allusion au fait qu'il est aussi donné permission aux hommes de jouir un peu de leur argent pour leurs besoins.

‎וזהו "מה גדלו מעשיך כו׳ מאד", פירוש בעניני ועסקי ממונו שנאמר בהם בכל מאודך, "עמקו מחשבותיך", צריך לעמוק בהם במחשבותיו שלא יכשל בהם, לקיים בהם "בכל מאודך". וק"ל.

Et c'est [le sens de] "que Tes œuvres sont grandes, etc., très (meod)" : l'explication est que dans les affaires et les occupations liées à son argent, dont il est dit "de tout ton meod", [s'applique] "Tes pensées sont profondes" - il doit y approfondir dans ses pensées afin de ne pas y trébucher, pour accomplir à leur sujet "de tout ton meod". Et cela est facile à comprendre.

או יאמר דאיתא במשנה "אל תהיו כעבדים המשמשים את הרב ע"מ לקבל פרס אלא וכו׳", ויש לדקדק על כפל הלשון, וי"ל דהנה הצדיק העובד השם במצוות ומשמר את עצמו שלא לעבור ח"ו על איזה מצוה קלה ומהדר אחריה לעשותה כתקנה, אבל אינו במדריגה זו שיבוא בהמצוות אל הדביקות הבורא ב"ה וחשקות גדול אליו יתברך, לזה הצדיק יש לו לצפות לתשלום גמול לעוה"ב, אבל יש צדיק שעובד במחשבות טהורות ומדבק את עצמו ע"י המצוות בבורא ב"ה בדביקות וחשקות גדול ורואה תמיד רוממותו יתברך, הצדיק הזה הוא מושך תענוגי עוה"ב אליו כאילו נהנה מזיו השכינה בעוה"ז, וזה הצדיק אינו מצפה לתענוגי עוה"ב כי יש לו תענוגי עוה"ב בעוה"ז, וזהו דאיתא בברכות שברכו "עולמך תראה בחייך", ר"ל שתזכה שתהיה כ"כ צדיק שתהיה בדביקות תמיד ואז תהיה לך תענוגי עוה"ב בחייך.

Ou bien on dira [ainsi] : voici ce qui est enseigné dans la Michna : "Ne soyez pas comme des serviteurs qui servent le maître en vue de recevoir une récompense, mais [soyez comme des serviteurs qui servent le maître sans condition de recevoir une récompense], etc." (Avot 1,3). Et il y a lieu d'examiner de près le redoublement de l'expression.

On peut dire ainsi : voici, il y a le tsadik qui sert le Nom par les mitsvot et se garde lui-même de transgresser, à Dieu ne plaise, quelque mitsva légère que ce soit, et qui la recherche avec zèle pour l'accomplir comme il faut, mais qui n'est pas à ce degré où, par les mitsvot, il parvient à la deveikout au Créateur, béni soit-Il, et à un grand désir ardent vers Lui, béni soit-Il ; ce tsadik-là a lieu d'attendre le paiement de sa rétribution pour le monde à venir. Mais il y a le tsadik qui sert par des pensées pures et qui s'attache lui-même, par les mitsvot, au Créateur, béni soit-Il, dans une deveikout et un désir ardent, et qui voit sans cesse Son élévation, béni soit-Il ; ce tsadik-là attire vers lui les délices du monde à venir, comme s'il jouissait de l'éclat de la Chekhina en ce monde-ci ; et ce tsadik n'attend pas les délices du monde à venir, car il a les délices du monde à venir en ce monde-ci.

Et c'est [le sens de] ce qui est rapporté dans [le traité] Berakhot, où ils ont béni [en disant] "que tu voies ton monde de ton vivant" (Berakhot 17a) : c'est-à-dire, que tu mérites d'être tsadik à un tel point que tu sois en deveikout en permanence, et alors tu auras les délices du monde à venir de ton vivant.

‎וזהו פירוש המשנה "אל תהיו כעבדים המשמשין את הרב ע"מ לקבל פרס" בעוה"ב, היינו שמצפים לתשלום שכר, "אלא היו כעבדים כו'", ר"ל שתהיו כ"כ צדיקים שתהיה לכם השכר מיד בשעת עשיית המצוות כנ"ל, דהיינו התדבקות ע"י המצוות תמשיכו את התענוג לכם.

Et c'est l'explication de la Michna : "Ne soyez pas comme des serviteurs qui servent le maître en vue de recevoir une récompense" dans le monde à venir - à savoir ceux qui attendent le paiement d'un salaire -, "mais soyez comme des serviteurs, etc." : c'est-à-dire que vous soyez des tsadikim à un tel point que vous ayez le salaire immédiatement, à l'heure même de l'accomplissement des mitsvot, comme il a été dit ci-dessus, à savoir que par l'attachement [obtenu] au moyen des mitsvot vous attiriez à vous le délice.

‎וזהו "ויקחו לי תרומה", ר"ל שתזכו להנות מזיו שכינתי בעוה"ז, וזהו כמו תרומה והפרשה מעוה"ב, וזהו "ויקחו לי - לשמי", דהיינו שתקחו ותמשיכו את הבורא ב"ה אצליכם ותהנו מזיו שכינתו. ומפרש הכתוב מי הוא שזוכה אל מדריגה זו ואל מי אני מדבר? דהיינו "מכל איש אשר ידבנו לבו", דהיינו שנדב לבו לעבוד את הבורא ב"ה במחשבות טהורות ודביקות הבורא ב"ה, "תקחו את תרומתי".

וק"ל.

Et c'est [le sens de] "qu'ils prennent pour Moi un prélèvement" : c'est-à-dire que vous méritiez de jouir de l'éclat de Ma Chekhina en ce monde-ci, et cela est comme un prélèvement (terouma) et une mise à part [prélevés] sur le monde à venir. Et c'est [le sens de] "qu'ils prennent pour Moi - pour Mon Nom" : à savoir que vous preniez et attiriez le Créateur, béni soit-Il, auprès de vous, et que vous jouissiez de l'éclat de Sa Chekhina.

Et l'Écriture explique : qui est celui qui mérite ce degré, et à qui est-ce que Je parle ? À savoir "de tout homme dont le cœur l'incitera", c'est-à-dire celui qui a fait don de son cœur pour servir le Créateur, béni soit-Il, par des pensées pures et par la deveikout au Créateur, béni soit-Il - [de celui-là] "vous prendrez Mon prélèvement".

Et cela est facile à comprendre.

או יאמר "ויקחו לי תרומה". דהנה הצדיק כשרוצה לפרש איזה תורה או איזה פסוק, אזי כשמתחיל לדבר הוא מנענע בשורשו ובא לו הפירוש מהשורש שלו, וזהו דוקא כשמדבר אל צדיק חבירו ומנדב את לבו לשמוע אליו, אזי דיבורו אינו נפסק מהשורשו ויכול למשוך הפירוש משורשו, כי כל דבר שבקדושה צריך להיות דכר ונוקבא להשפיע למקבל, משא"כ כשרוצה לדבר וחבירו אין נותן לבו לשמוע אזי דיבורו נפסק, וזהו "ויקחו לי תרומה", ר"ל התרומה שאתם מרימים הפירוש מעולם העליון, "תקחו לי - לשמי" דהיינו לשמה, ואמר הכתוב אימתי אתם תוכלו להרים הפירוש מעולם העליון? "מאת כל איש אשר ידבנו לבו", היינו כשתדברו אל הצדיק אשר נדב לבו לשמוע.

וק"ל.

Ou bien on dira [ainsi] "qu'ils prennent pour Moi un prélèvement" : voici, lorsque le tsadik veut expliquer quelque enseignement de Tora ou quelque verset, alors, dès qu'il commence à parler, il met en mouvement sa racine [d'en haut] et l'explication lui vient depuis sa racine ; et cela précisément lorsqu'il parle à un tsadik son compagnon, et que celui-ci fait don de son cœur pour l'écouter : alors sa parole n'est pas coupée de sa racine et il peut tirer l'explication depuis sa racine, car toute chose de sainteté doit être [en] dakhar et noukva (masculin et féminin, celui qui donne et celle qui reçoit) pour répandre l'influx vers le receveur. Il n'en va pas de même lorsqu'il veut parler et que son compagnon ne donne pas son cœur pour écouter : alors sa parole est coupée.

Et c'est [le sens de] "qu'ils prennent pour Moi un prélèvement" : c'est-à-dire, le prélèvement que vous élevez, [à savoir] l'explication [tirée] du monde supérieur, "vous le prendrez pour Moi - pour Mon Nom", c'est-à-dire lichma. Et l'Écriture dit : quand pourrez-vous élever l'explication depuis le monde supérieur ?

"De tout homme dont le cœur l'incitera" - à savoir lorsque vous parlerez au tsadik qui a fait don de son cœur pour écouter. Et cela est facile à comprendre.

ועשו ארון עצי שטים כו׳. נראה לפרש דהנה הארון והשולחן והמנורה הם רמז על "בני חיי ומזוני", דהיינו הארון רמז על "חיי", דע"י התורה הקדושה נמשכים חיים לעולם, כמ"ש "ואתם הדבקים בה' א-להיכם חיים כולכם היום", והשולחן הוא ממילא רמז על "מזוני", ואיתא בגמרא "חיי ובני ומזוני לאו בזכותא תליא מילתא אלא במזלא", ויש לומר הפירוש כך, דימי החול נקראים "זכותא" מלשון זכוכית, והוא מחמת שהצדיק רואה בהם באספקלריה שאינה מאירה, היינו שהוא כעין חציצה ומחיצה קצת המפסקת, אבל קדושת יום שבת קודש נקרא "מזלא" דהוא עולם עליון, והוא בגימטריא ע"ח ג' הויות, והם כנגד שלש סעודות של שבת קודש, וע"י הצדיק ממשיך את השלש הנ"ל, דהיינו ע"י שלש הויות הנ"ל שהם בגימטריא מזלא, הוא ממשיך חיי ובני ומזוני, שבשבת קודש הצדיק בא בקדושה רבה וכאילו רואה באספקלריה מאירה שאין דבר חוצץ נגדו.

"Et ils feront une arche en bois d'acacia, etc." (Chemot 25,10). Il semble qu'on puisse expliquer ainsi : voici, l'arche, la table et le candélabre sont une allusion à "les enfants, la vie et la subsistance" (bané, hayé, mezoné) ; à savoir que l'arche fait allusion à "la vie", car par la Tora sainte des vies sont attirées vers le monde, comme il est écrit "et vous qui êtes attachés au Nom votre Dieu, vous êtes tous vivants aujourd'hui" (Devarim 4,4) ; et la table, d'elle-même, fait allusion à "la subsistance".

Et il est rapporté dans la Guemara : "la vie, les enfants et la subsistance, la chose ne dépend pas du mérite (zekhouta) mais de la constellation (mazala)" (Moed Katan 28a). Et on peut en donner l'explication suivante : les jours ordinaires de la semaine sont appelés "zekhouta", du langage de zekhoukhit (verre), et cela parce que le tsadik y voit à travers un miroir qui n'éclaire pas, c'est-à-dire qu'il y a comme une interposition et une cloison qui séparent quelque peu ; mais la sainteté du jour du saint Chabbat est appelée "mazala", car c'est le monde supérieur, et [ce mot, מזלא,] a pour guematria 78 (ע"ח), [soit] trois havayot (trois fois le Nom de quatre lettres, de valeur 26 chacune), lesquelles correspondent aux trois repas du saint Chabbat.

Et par cela le tsadik attire les trois [choses] susdites : c'est-à-dire que par les trois havayot susdites, dont la guematria est [celle de] mazala (מזלא), il attire la vie, les enfants et la subsistance ; car au saint Chabbat le tsadik vient dans une grande sainteté, et c'est comme s'il voyait à travers un miroir qui éclaire, sans que rien fasse écran devant lui.

‎וזהו "ארון עצי שטים", דהצדיק נקרא "עץ", שהוא דבוק בעץ החיים כמ"ש "היש בה עץ" ופירש רש"י ז"ל "אדם כשר", וזהו שאמר אברהם אבינו ע"ה למלאכים "והשענו תחת העץ", דהיינו שראה אותם וחשב או שהם צדיקים גמורים או שהם ערביים כפירוש רש"י, ואמר להם לפי ראות עיני אתם צדיקים גדולים והשענו תחת העץ היינו עץ החיים. וזהו "ויורהו ה׳ עץ", ר"ל ע"י הצדיק נהפך מר למתוק, "וימתקו המים" שהמתיק אותם.

ואמר הכתוב הצדיקים שהם נקראים עצי "שטים", ר"ת "שלום, טובה, ישועה, מזוני", היינו שהם ממשיכים הכל לעולם, והם יראו עיקר שיפעלו בתורתם.

Et c'est [le sens de] "une arche en bois (ets) d'acacia" : car le tsadik est appelé "arbre" (ets), lui qui est attaché à l'arbre de vie, comme il est écrit "y a-t-il en elle un arbre ?" (Bamidbar/Nombres 13,20), et Rachi, de mémoire bénie, a expliqué : "un homme droit". Et c'est ce qu'a dit Avraham notre père, paix sur lui, aux anges : "et appuyez-vous sous l'arbre" (Berechit 18,4), à savoir qu'il les vit et pensa ou bien qu'ils étaient des tsadikim parfaits, ou bien qu'ils étaient des Arabes, selon l'explication de Rachi ; et il leur dit : d'après ce que voient mes yeux, vous êtes de grands tsadikim, "et appuyez-vous sous l'arbre", à savoir l'arbre de vie.

Et c'est [le sens de] "et le Nom lui montra un arbre" (Chemot 15,25) : c'est-à-dire que par le tsadik l'amer se change en doux, "et les eaux devinrent douces" - car il les a adoucies. Et l'Écriture dit : les tsadikim, qui sont appelés bois d'"acacia" (chitim, שטים), acronyme de "chalom (paix), tova (bien), yechoua (salut), mezoné (subsistance)", à savoir qu'ils attirent tout vers le monde ; et qu'ils veillent à l'essentiel : à ce qu'ils opèrent par leur Tora.

"אמתים וחצי ארכו". דאיתא בגמרא "מרובה מדת תשלומי כפל ממדת וכו'", פירוש דהצדיק צריך לקשר ולייחד העולמות העליונים בתחתונים, דהיינו שצריך לעבוד ולתקן האותיות הויה ב"ה וב"ש שהם ד׳ עולמות עד הגיע אל החכמה, דהיו"ד הוא חכמה, ומשם יעלה עד עולם החמישי שהוא קוצו של יו"ד.

"Deux coudées et demie sa longueur" (Chemot 25,10). Il est rapporté dans la Guemara : "la mesure du paiement du double est plus étendue que la mesure [du paiement du quadruple et du quintuple], etc." (Baba Kama 62b).

L'explication est que le tsadik doit relier et unir les mondes supérieurs aux mondes inférieurs, c'est-à-dire qu'il doit travailler et réparer les lettres du Nom de quatre lettres (havaya), béni et loué soit-Il, lesquelles sont les quatre mondes, jusqu'à parvenir à la 'Hokhma (Sagesse) - car le youd est la 'Hokhma -, et de là il montera jusqu'au cinquième monde, qui est la pointe du youd (koutsô chel youd).

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