« Et Yitro entendit » (Chemot 18,1). Rachi ajoute à la sortie d'Égypte la fente de la mer des Joncs et la guerre d'Amalek. Selon le Noam Elimele'h, un cœur engourdi par les fautes ne s'éveille pas à la techouva en voyant des miracles faits pour d'autres ; l'éveil vient du tsadik qui unifie le Nom, et l'abondance sainte déversée en lui entraîne les cœurs, car eux aussi sont une part divine. La mer s'est fendue lorsque le cercueil de Yossef l'a éveillée ; Amalek vint aussi par un éveil d'en bas : voilà ce qui a conduit Yitro sous les ailes de la Che'hina.
Aussi : la prière au moment où le cœur s'éveille dans l'attachement ; la délivrance selon le degré de chacun, pour Moché et pour Israël ; Yitro éveillé par la sainteté de Moché, Israël exilé pour que les convertis voient Israël
וישמע יתרו פירש רש"י ז"ל "מה שמועה שמע ובא קריעת ים סוף ומלחמת עמלק". לכאורה הלא מפורש בפסוק "כי הוציא וכו'" ומה בעי רש"י בזה שחידש עוד טעמים על ביאתו?
"Et Yitro entendit" (Chemot 18,1). Rachi (Rabbi Chelomo Yitshaki), de mémoire bénie, explique : "Quelle nouvelle entendit-il pour qu'il vienne ?
La fente de la mer des Joncs et la guerre d'Amalek." À première vue, le verset lui-même le dit pourtant explicitement : "car le Nom avait fait sortir, etc." - que cherche donc Rachi en ajoutant encore d'autres motifs à sa venue ?
אך נראה דהנה אין אדם מתעורר לשוב בתשובה ולקרב עצמו לעבודתו ית"ש ע"י שרואה ניסים ונפלאות הנעשים לאחרים, כי מי שיש לו לב אטום ומטומטם מעונותיו אין מכיר בנס ולא יבין כלל להשגיח על גדולת הבורא יתברך ורוממותו, אך עיקר התעוררות בתשובה ולהכיר גדולתו יתברך הוא בא ע"י הצדיק העובד השי"ת ב"ה באהבה רבה ויראה ודבקות ומיחד שמו הגדול באמת, אזי השי"ת ב"ה משפיע לו לצדיק עוד שפע קודש ומביאו אל אחדות האמיתי, ע"ד שאמר הקב"ה "אתם עשיתם לי חטיבה אחת בעולם", פירוש שעשיתם לי החטיבה הזאת ליחד שמי, וזהו "אחת", ר"ל אל האחדות, "ואני אעשה אתכם חטיבה אחת", ר"ל גם אנכי אביא אתכם אל האחדות לעורר לבבכם והפנימיות שבכם בדביקות וקדושה אל האחדות, וע"י שהשי"ת משפיע שפע קדושה בהפנימיות של הצדיק, דבר זה הוא הגורר ג"כ את לב בני אדם שיתעוררו בתשובה לעבודתו ית"ש כי הם ג"כ חלק אלקי. וזהו "לא יהיה לך א-להים אחרים על פני" ע"ד דאיתא "לא יהיה בך אל זר" זה היצה"ר, והזהיר "לא יהיה לך א-להים אחרים", פירוש מחשבות זרות, "על פני" ר"ל שהוא נגד הפנימיות, וזה הוא התנגדות שלא תוכלו לעורר הפנימיות.
Mais voici ce qu'il semble. Aucun homme ne s'éveille à revenir par la techouva (retour repentant) ni à se rapprocher du service de Celui dont le Nom soit béni parce qu'il voit des miracles et des prodiges accomplis pour d'autres ; car celui dont le cœur est bouche et engourdi par ses fautes ne reconnaît pas le miracle et ne comprend nullement qu'il faille prêter attention à la grandeur du Créateur, qu'Il soit béni, et à Son élévation.
L'éveil essentiel à la techouva et à la reconnaissance de Sa grandeur vient plutôt par le tsadik (le juste) qui sert le Nom, béni soit-Il, avec un grand amour, avec crainte et avec devekout (attachement), et qui unifie Son grand Nom en vérité. Alors le Nom, béni soit-Il, déverse sur ce tsadik un surcroît d'abondance sainte et le conduit à l'unité véritable, à la manière de ce qu'a dit le Saint béni soit-Il : "Vous avez fait de Moi un objet unique dans le monde" - explication : vous avez fait pour Moi cet objet-là, unifier Mon Nom, et tel est le sens de "unique", c'est-à-dire vers l'unité ; "et Moi Je ferai de vous un objet unique", c'est-à-dire : Moi aussi Je vous amènerai à l'unité, en éveillant vos cœurs et l'intériorité qui est en vous, dans l'attachement et la sainteté, vers l'unité.
Et du fait que le Nom, béni soit-Il, déverse une abondance de sainteté dans l'intériorité du tsadik, cela même entraîne aussi le cœur des hommes à s'éveiller par la techouva vers Son service, car eux aussi sont une part divine. Et c'est le sens de "Tu n'auras pas d'autres dieux devant Ma face" (Chemot 20,3), à la manière de ce qui est enseigné : "Il n'y aura pas en toi de dieu étranger" (Tehillim 81,10) - c'est le yetser hara (le penchant au mal).
Il a donc averti : "Tu n'auras pas d'autres dieux", explication : des pensées étrangères ; "devant Ma face" (al panai), c'est-à-dire qu'elles se dressent contre l'intériorité (penimiout) - et telle est l'opposition qui fait que vous ne pourrez pas éveiller l'intériorité.
וז"ש רש"י ז"ל "מה שמועה וכו'", שבוודאי ע"י שראה ישראל שיצאו לא נתעורר לבו לבוא להתגייר, כי זה הנס לא היה ע"י התעוררות ישראל, כאשר באמת היה הקטרוג הללו עובדי ע"ז וכו', ולכן פירש רש"י ז"ל מה שמועה שמע ובא, פירוש איזה דבר היה מעוררו שיבא, "קריעת ים סוף" שזה היה ע"י התעוררות הצדיק כשראה הים ארונו של יוסף - הים ראה וינוס, "ומלחמת עמלק" שזה ג"כ ע"י התעוררות דלתתא כמש"ה "כי יד על כס י"ה מלחמה לה' בעמלק" כפרש"י, וזה יהיה אי"ה במהרה ע"י אתערותא דלתתא של הצדיקים, וזה גרמה לו ליתרו שבא לחסות תחת כנפי השכינה.
Et c'est ce que dit Rachi, de mémoire bénie : "Quelle nouvelle, etc." Car assurément, de voir qu'Israël était sorti n'aurait pas éveillé son cœur au point de venir se convertir, puisque ce miracle-là ne s'est pas produit par un éveil d'Israël - au contraire, il y eut alors l'accusation : "ceux-ci sont des idolâtres et ceux-là, etc." C'est pourquoi Rachi, de mémoire bénie, explique : quelle nouvelle entendit-il pour qu'il vienne, autrement dit quelle chose l'a éveillé à venir ? "La fente de la mer des Joncs", laquelle s'est produite par l'éveil du tsadik, lorsque la mer vit le cercueil de Yossef : "la mer vit et s'enfuit" (Tehillim 114,3) ; "et la guerre d'Amalek", qui elle aussi vint par un éveil d'en bas, selon le verset : "car la main est sur le trône de Ya-h : guerre au Nom contre Amalek" (Chemot 17,16), comme l'explique Rachi.
Et il en ira ainsi, si Dieu le veut, bien vite, par l'éveil d'en bas (itarouta diletata) des tsadikim. Voilà ce qui a conduit Yitro à venir s'abriter sous les ailes de la Chekhina (la Présence divine).
וזהו (תהילים כז, ח) "לך אמר לבי בקשו פני", פירוש שדוד המלך ע"ה היה מרמז שעיקר התפילה הוא שיתפלל האדם כשמתעורר לבו בדביקות וקדושה, והיינו "לך", ר"ל בשבילך, "אמר לבי בקשו פני" דהיינו שנתעורר לבי בדביקות, וכאילו אומר בשבילך בקש פני, אז "פניך ה' אבקש". וק"ל.
Et c'est le sens de (Tehillim 27,8) "C'est pour Toi que mon cœur a dit : recherchez Ma face". Explication : le roi David, la paix soit sur lui, faisait allusion à ceci, que l'essentiel de la prière est que l'homme prie au moment où son cœur s'éveille dans l'attachement et la sainteté.
Ainsi "pour Toi", c'est-à-dire à cause de Toi, "mon cœur a dit : recherchez Ma face", à savoir que mon cœur s'est éveillé dans l'attachement, et c'est comme s'il disait : à cause de Toi, recherche Ma face ; alors "c'est Ta face, ô Nom, que je recherche". Et cela est facile à comprendre.
או יאמר כי יש לדקדק: א' "למשה" הוא מיותר, ורש"י ז"ל פירש דשקול כנגד כולם.
ב' "כי הוציאם" מיבעי ליה למימר.
Ou bien on peut dire qu'il y a lieu de préciser deux points. Premièrement, "pour Moche" est superflu - et Rachi, de mémoire bénie, a expliqué qu'il équivaut à eux tous.
Deuxièmement, il aurait fallu dire "car Il les a fait sortir".
אך נראה בהקדים לפרש פסוק "אני ה' אשר הוצאתיך מארץ מצרים", ופירשו אשר נאמר "הוצאתיך" לשון יחיד. ולענ"ד נראה, דהנה בהיותם תחת שעבוד מצרים לא היה דעת כולם שוה כנ"ל, וזהו "אשר הוצאתיך" לשון יחיד כנ"ל, לכל אחד ואחד היה הגאולה לפי דעתו ומדריגתו, ומשה רבינו ע"ה בוודאי כל דאגתו היה שלא היה יכול לעבוד השי"ת ע"י שהיה לו צער גדול על ישראל.
Mais il semble qu'il faille d'abord expliquer le verset "Je suis le Nom qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte" (Chemot 20,2), à propos duquel on a expliqué qu'il est dit "t'ai fait sortir" au singulier. Et à mon humble avis il semble que voici : lorsqu'ils étaient sous l'asservissement de l'Égypte, la conscience de tous n'était pas la même, comme il a été dit plus haut ; et tel est le sens de "qui t'ai fait sortir" au singulier, comme dit plus haut : pour chacun et chacun la délivrance fut selon sa conscience et selon son degré.
Quant à Moche notre maître, la paix soit sur lui, assurément tout son souci était de ne pouvoir servir le Nom, béni soit-Il, parce qu'il éprouvait une grande peine à cause d'Israël.
וזהו "וישמע יתרו" פירוש שהבין "את כל אשר עשה ה' למשה ולישראל", דהיינו למשה במדריגה אחרת היתה הגאולה לעבוד השי"ת בלי שום מניעה וצער, ולישראל היה הגאולה ג"כ באופן אחר, לקצתם לבלתי עבוד למצרים, "כי הוציא ה' את ישראל ממצרים" פירוש וההוצאה והגאולה היה לכללות ישראל, אך לכל אחד ואחד לפי מדריגתו. וק"ל.
Et tel est le sens de "Et Yitro entendit", explication : il comprit "tout ce que le Nom avait fait pour Moche et pour Israël" - à savoir que pour Moche la délivrance fut d'un autre degré, celui de servir le Nom, béni soit-Il, sans aucun empêchement ni aucune peine ; et pour Israël la délivrance fut elle aussi d'une autre manière, pour une partie d'entre eux : ne plus servir les Égyptiens. "Car le Nom avait fait sortir Israël d'Égypte", explication : la sortie et la délivrance concernaient la collectivité d'Israël, mais pour chacun et chacun selon son degré.
Et cela est facile à comprendre.
או יאמר, דהנה כתיב "קדושים תהיו כי קדוש אני אני ה' כו'", יש לומר הפירוש, דהנה עם בני ישראל קדושים בלתי אפשרי להיותם תמיד במדריגה אחת, רק בכל יום ויום הולכים ממדריגה למדריגה בעבודתו ית"ש ויתעלה, מחמת שיש בהם חלק אלקי ממעל והחלק הזה מעורר האדם לעבודת השי"ת ב"ה, ובכל יום מתגבר החלק הזה בתוך האדם, על ידי העבודה שעובד היום נותן בו התגברות להתעוררו למחרתו בעבודה יתירה, וכן בכל יום תמיד, כי אין סוף וקץ לעבודתו ית"ש, וכן אם ח"ו פוגם, נופל ממדריגתו וצריך התגברות מחדש. וזהו "קדושים תהיו" פירוש בכל יום יהיה נתהווה בכם הויה אחרת בקדושתכם כנ"ל, "כי קדוש אני וכו'", ר"ל מחמת שאני קדוש ה' שוכן בקרבכם ומעורר אתכם תמיד, ובלתי אפשרי שתהיו עומדים, רק הולכים בעבודתי ממדריגה למדריגה.
וזהו "ואתה קדוש יושב תהילות ישראל", ר"ל תהילות ישראל הם ע"י שאתה קדוש יושב בהם.
Ou bien on peut dire : il est écrit "Soyez saints car Je suis saint, Je suis le Nom, etc." (Vayikra 19,2). On peut en donner l'explication suivante.
Le peuple des enfants d'Israël, qui sont saints, ne peut pas demeurer toujours à un seul degré ; chaque jour au contraire ils vont de degré en degré dans le service de Celui dont le Nom soit béni et exalté, parce qu'il y a en eux une part divine d'en haut, et cette part éveille l'homme au service du Nom, béni soit-Il. Chaque jour cette part se renforce à l'intérieur de l'homme : par le service qu'il accomplit aujourd'hui, il se donne la force de s'éveiller le lendemain à un service supplémentaire, et ainsi chaque jour, constamment, car il n'y a ni fin ni terme à Son service.
De même, si à Dieu ne plaise il porte atteinte, il tombe de son degré et il lui faut un nouveau renforcement. Et tel est le sens de "Soyez saints" (kedochim tihyou) : chaque jour se produira en vous un autre être (havaya) dans votre sainteté, comme dit plus haut ; "car Je suis saint, etc.", c'est-à-dire : parce que Moi qui suis saint, le Nom, Je réside au milieu de vous et Je vous éveille sans cesse, et il est impossible que vous restiez à l'arrêt : vous ne pouvez qu'avancer dans Mon service, de degré en degré.
Et tel est le sens de "Et Toi, Saint, Tu sièges au milieu des louanges d'Israël" (Tehillim 22,4), c'est-à-dire : les louanges d'Israël existent par le fait que Toi, le Saint, Tu sièges en eux.
וזהו "וישמע יתרו כו'", דאיתא בגמרא "לא גלו ישראל אלא כדי שיתוספו עליהם גרים", ולכאורה וכי בשביל הגרים יהיו ישראל גולים? ומן הראוי היה שיבואו האומות לארץ ישראל מעצמם ויתגיירו שם. אך הענין הוא שהניצוץ הקדוש שבהם הוא מעורר אותם להתגייר, ומחמת שניצוץ הקדוש שבאומות הוא קטן מאוד, ואין כח בניצוץ הקדוש הזה להשיא את לבם שיבואו מעצמם לארץ ישראל להתגייר, רק ע"י ראותם והסתכלותם את ישראל, מהקדושה של ישראל נותן כח והתגברות והתעוררות לניצוץ הקדוש שבהם שיתגיירו, ולכן הוכרחו ישראל לגלות, וזהו שאמר הכתוב "וישמע יתרו כו' חותן משה כו'", ר"ל ע"י הקדושה של משה נתעורר לב יתרו שניתן בו התגברות לשמוע "את כל אשר עשה ה' למשה ולישראל".
וק"ל.
Et tel est le sens de "Et Yitro entendit, etc." Il est enseigné dans la Guemara : "Israël n'a été exilé que pour que des convertis se joignent à lui" (Pessahim 87b). À première vue : est-ce à cause des convertis qu'Israël devrait être exilé ?
Il aurait été plus juste que les nations viennent d'elles-mêmes en terre d'Israël et s'y convertissent. Mais la chose est ainsi : c'est l'étincelle sainte qui est en elles qui les éveille à se convertir ; et parce que l'étincelle sainte qui se trouve dans les nations est très petite, cette étincelle sainte n'a pas la force de porter leur cœur à venir d'elles-mêmes en terre d'Israël pour s'y convertir.
Ce n'est que par le fait de voir Israël et de le contempler que, de la sainteté d'Israël, une force, un renforcement et un éveil sont donnés à l'étincelle sainte qui est en elles, afin qu'elles se convertissent. C'est pourquoi Israël a dû être exilé.
Et c'est ce que dit le verset : "Et Yitro entendit, etc., le beau-père de Moche, etc.", c'est-à-dire : par la sainteté de Moche le cœur de Yitro s'est éveillé, un renforcement lui a été donné pour entendre "tout ce que le Nom avait fait pour Moche et pour Israël". Et cela est facile à comprendre.
כי יהיה להם דבר בא אלי ושפטתי בין איש ובין רעהו, ויאמר לו יתרו כו'. ויש לדקדק דהוי ליה למימר "באים אלי" דהוא לשון הוה, שהיו באים תמיד אליו, כי "בא" הוא לשון עבר, ואיך שייך כאן לשון עבר? וגם כי מתחיל כי יהיה "להם" דבר, ומסיים בלשון יחיד "בא" אלי.
גם תשובת יתרו היה אתה לעם מול הא-להים, מה לשון "מול" שייך כאן?
"Quand ils ont une affaire, elle vient à moi et je juge entre un homme et son prochain" (Chemot 18,16) ; "et Yitro lui dit, etc." Il y a lieu de préciser : il aurait fallu dire "ils viennent à moi", au présent, puisqu'ils venaient constamment à lui ; car "vient" (ba) est un passé - et comment un passé convient-il ici ? De plus, le verset commence par "quand ils ont, eux, une affaire", et il termine au singulier : "elle vient à moi".
Et de même la réponse de Yitro fut "sois, toi, pour le peuple, face à Elokim" (Chemot 18,19) : que vient faire ici le mot "face à" (moul) ?
ונראה כי משה רבינו ע"ה היה מדריגתו גדולה למאוד, ראיה שמיעה וריח וכל מעלות הנבואה, וכשהיה לישראל הצטרכות, אז ראה משה ההצטרכות קודם שבא אליו, ופעל ותיקן ההצטרכות קודם שבא אליו האדם לשאול ממנו ההצטרכות שלו, וזהו פירוש "כי יהיה להם דבר" כשיש להם איזה דבר, "בא אלי" דבר ההוא כבר, וצריך אני לתקן הדבר ההוא, וזה אמר "ושפטתי" ר"ל שאני שופט איך שיהיה הדבר, הצדיק מושל ביראת אלקים ע"ד "מי מושל בי - צדיק", וכמו שהצדיק שופט כך הקב"ה מקיים, ואמר לו יתרו מה העבודה גדולה כ"כ שאתה צריך לעיין הצטרכות בני אדם ולפעול לכל אחד ההצטרכות שלו, מוטב "היה אתה לעם מול האלקים" ר"ל כנגד אלקים, היינו התנגדות למדת "אלקים" שהוא מרומז על הדינים לבטלם, וממילא יהיה כל הצטרכות ישראל, כיון שלא ישלטו הדינים ויהיה רק רחמים ויהיה כל הצטרכות. והבן.
Et il semble que Moche notre maître, la paix soit sur lui, avait un degré extrêmement élevé : la vue, l'ouïe, l'odorat et toutes les qualités de la prophétie. Ainsi, lorsque Israël avait un besoin, Moche voyait ce besoin avant même qu'il ne parvienne jusqu'à lui, et il agissait et réparait ce besoin avant que l'homme ne vienne à lui pour lui demander ce dont il avait besoin.
Telle est l'explication de "quand ils ont une affaire" : lorsqu'ils ont quelque affaire, "elle vient à moi", cette affaire-là est déjà venue à moi, et il me faut la réparer. Et c'est ce qu'il dit : "et je juge", c'est-à-dire que c'est moi qui juge de ce qu'il en sera de la chose - le tsadik gouverne par la crainte de Dieu, à la manière de "qui gouverne sur Moi ? le tsadik" (Moed Katan 16b) ; et comme le tsadik juge, ainsi le Saint béni soit-Il accomplit.
Yitro lui dit alors : pourquoi un service si lourd, où il te faut examiner les besoins des hommes et accomplir pour chacun ce dont il a besoin ? Mieux vaut "sois, toi, pour le peuple, face à Elokim", c'est-à-dire en vis-à-vis d'Elokim, à savoir en opposition à la midda (mesure, attribut) d'"Elokim", qui fait allusion aux dinim (rigueurs, jugements), afin de les annuler ; et dès lors tous les besoins d'Israël seront comblés, puisque les rigueurs ne domineront plus, qu'il n'y aura que miséricorde, et que tout besoin sera satisfait.
Comprends bien.
או יאמר, כי נמצא בספרי קודש שלעתיד יהיה השם הקדוש "יהיה", כי לעת עתה הוא הויה ולעתיד כולו ביו"ד. ונראה הטעם כי י"ה הוא נגד עוה"ב, ו"ה נגד עוה"ז, ולעתיד יהיה יום שכולו שבת ויהיה כולו עוה"ב ויהיה הכל בי"ה.
Ou bien on peut dire : il se trouve dans les livres saints que dans l'avenir le Nom saint sera "Yihyeh" (יהיה, "Il sera"), car pour l'heure il est Havaya (le Nom de l'être), et dans l'avenir il sera tout entier avec un youd. Et la raison en semble être que youd-hé (י"ה) correspond au monde à venir, et vav-hé (ו"ה) à ce monde-ci ; or dans l'avenir ce sera un jour tout entier chabbat, tout entier monde à venir, et tout sera dans youd-hé (י"ה).
וזהו הפירוש "והיה ה' למלך על כל הארץ ביום ההוא יהיה ה' אחד ושמו אחד", כי אצל הצדיק צריך להיות דוגמת הגאולה, כי כל מה שעתיד להיות בעת הגאולה במהרה בימינו, צריך להיות עכשיו אצל הצדיק דוגמתו, וזהו הפירוש "והיה ה' למלך", דלכאורה היה לו לומר והיה ה' "מלך" כו', אלא ר"ל כשהקב"ה נותן מלוכה על הארץ דהיינו לצדיקים, שיהיה הצדיק כמלך למשול ביראת אלקים, כמ"ש לעיל מי מושל בי צדיק, "ביום ההוא יהיה ה' אחד", ר"ל שהשם יקרא "יהיה" כמו שיהיה אי"ה לעתיד כשיבוא הגאולה במהרה בימינו. ובמה זוכה צדיק למדריגה זו שימצא דוגמת הגאולה אצלו? ונראה שהוא ע"י הדיבור הקדוש, כי כשהצדיק מתחיל לומר דיבורים, אזי עושה פעולה בכל העולמות, וזו דוגמת הגאולה.
וזהו שאמר הפסוק "ודבר דבר אז תתענג על ה'", ר"ל כשתדבר דיבורים קדושים אז תתענג "על ה'" כמו "עם ה'", ר"ל שיהיה לך תענוג של השם, כמו שיהיה לעתיד במהרה בימינו כשיקרא השם "יהיה". וזהו "ושמו אחד", דאיתא "עתידין צדיקים שיקראו בשמו של הקב"ה שנאמר כל הכתוב לחיים בירושלים קדוש יאמר לו", וא"כ לעתיד "יהיה ה' אחד" שיקרא השם "יהיה", וזה לשון אחד, "ושמו אחד", שהוא הצדיקים יהיה ג"כ אחד, שיבואו לאחדות גמור.
Et telle est l'explication de "Le Nom sera pour roi sur toute la terre ; en ce jour-là le Nom sera un et Son nom un" (Zekharia 14,9). Car auprès du tsadik il doit y avoir comme un échantillon de la délivrance : tout ce qui doit advenir au temps de la délivrance, bien vite de nos jours, doit se trouver dès maintenant, à son image, auprès du tsadik.
Telle est l'explication de "et le Nom sera pour roi" : à première vue il aurait fallu dire "et le Nom sera roi", etc. ; mais cela veut dire que lorsque le Saint béni soit-Il donne la royauté sur la terre, à savoir aux tsadikim, le tsadik est alors comme un roi pour gouverner par la crainte de Dieu, ainsi qu'il a été dit plus haut : "qui gouverne sur Moi ? le tsadik". "En ce jour-là le Nom sera un", c'est-à-dire que le Nom sera appelé "Yihyeh" (יהיה), comme il en sera, si Dieu le veut, dans l'avenir, lorsque viendra la délivrance, bien vite de nos jours.
Et par quoi le tsadik mérite-t-il ce degré, de trouver auprès de lui l'image de la délivrance ? Il semble que ce soit par la parole sainte : car lorsque le tsadik commence à prononcer des paroles, il opère alors une action dans tous les mondes, et telle est l'image de la délivrance.
Et c'est ce que dit le verset : "et prononcer une parole - alors tu te délecteras auprès du Nom" (Yechayahou 58,13-14), c'est-à-dire : lorsque tu prononceras des paroles saintes, alors tu te délecteras "sur le Nom" (al ha-Chem) au sens de "avec le Nom" (im ha-Chem), à savoir que tu auras la délectation du Nom, telle qu'elle sera dans l'avenir, bien vite de nos jours, lorsque le Nom sera appelé "Yihyeh". Et tel est le sens de "et Son nom un", car il est enseigné : "dans l'avenir les tsadikim seront appelés du nom du Saint béni soit-Il, ainsi qu'il est dit : quiconque est inscrit pour la vie à Jérusalem, saint il sera appelé" (Baba Batra 75b, sur Yechayahou 4,3).
Si bien que dans l'avenir "le Nom sera un", puisque le Nom sera appelé "Yihyeh" - et c'est cela le sens de "un" ; "et Son nom un" : ce sont les tsadikim, qui eux aussi seront un, car ils parviendront à une unité complète.
וזהו "כי יהיה להם דבר", ר"ל כשהם צריכים שיקרא השם "יהיה", "דבר בא אלי", ר"ל שבא אלי הדיבור, וכשאני מתחיל לדבר אז נעשה אצלי דוגמת הגאולה וכנ"ל ודבר דבר. והבן.
Et tel est le sens de "quand ils ont une affaire" (ki yihyeh lahem davar), c'est-à-dire : lorsqu'ils ont besoin que le Nom soit appelé "Yihyeh", "une parole vient à moi" (davar ba élaï), c'est-à-dire que la parole vient à moi ; et lorsque je commence à parler, alors se réalise auprès de moi l'image de la délivrance, comme il a été dit plus haut à propos de "et prononcer une parole". Comprends bien.
היה אתה לעם מול הא-להים, פירושו כנ"ל, שתהיה אתה נגד הדינים שלא יהיו יכולים לשלוט, "והבאת הדברים אל הא-להים", ר"ל רק שלא תתגרה עם הדינים, אך כן תעשה שתמתיק את הדברים בחכמה עד שתביא את הדברים גם אל הדינים, שגם להם יומתקו הדברים ויסכימו עמך לרחמים. והבן.
"Sois, toi, pour le peuple, face à Elokim" : son explication est comme plus haut, que tu sois en vis-à-vis des dinim afin qu'ils ne puissent pas dominer. "Et tu porteras les affaires jusqu'à Elokim" (Chemot 18,19), c'est-à-dire : seulement, ne te mets pas en lutte ouverte avec les rigueurs ; fais plutôt ainsi, adoucis les choses avec sagesse jusqu'à porter ces choses aussi jusqu'aux rigueurs, de sorte qu'elles leur soient adoucies à elles aussi et qu'elles s'accordent avec toi pour la miséricorde.
Comprends bien.
בחודש השלישי לצאת בני ישראל מארץ מצרים וכו'. נראה לפרש ע"פ דאיתא בגמרא "והטוב בעיניך עשיתי זה הסומך גאולה לתפילה", ולכאורה האיך מוכח מכאן סמיכת גאולה לתפילה? אך נראה דהנה כבר פירשתי על פסוק "ה' ילחם לכם ואתם תחרישון" הפירוש כך, דהנה יש להבין הסיבה שאנו רואין האומות שהם שונאי ישראל, וגם רשעי ישראל הם שונאים הצדיקים.
ואמרתי הטעם מחמת שאין לך נברא בעולם שלא יהיה בו ניצוץ קדוש הנותן בהם חיות, שאילולי הניצוץ קדוש לא היה יכול לחיות, והנ"ק שבהם מתקנא בצדיקים, וכן הניצוץ הקדוש שבאומות מתקנא בכללות ישראל, וזה הסיבה הגורמת שנאה עליהם, וז"ש משה רבינו ע"ה "ה' ילחם לכם", פירוש הניצוץ הקדוש שבהם שהוא חלק אלקי הוא הנלחם בכם, "ואתם תחרישון" פירוש לשון חרישה ועבודה, דהיינו שתראו לעבוד בכדי שתקחו הנ"ק שבהם וממילא יפלו, וזהו כל עבודתינו להוציא הניצוצות הקדושות מהחיצונים וממילא הם נופלים והשכינה מתעלה, שזהו גלות השכינה שהיא עמנו בצרה בגלות המר הזה ועומדת ומצפה שיתעלו ויוגבהו כל הנה"ק ואז יהיה גאולת ישראל במהרה. וזה היה ג"כ גאולת מצרים, שהוציאו הניצוצות הקדושות ממצרים ונגאלו.
והנה אנו אומרים פסוקי דזמרה קודם התפילה הוא ג"כ כונה הזאת, דהיינו לזמר עריצים החיצונים להוציא הנ"ק, וזה נקרא מסמיך גאולה לתפילה. וזהו "הטוב בעיניך עשיתי", ר"ל מה שטוב בעיניך, דהיינו בעיני השכינה שהיא מתאוה ומסתכלת בעיניה תמיד על הנ"ק שיוגבהו, "עשיתי", פירוש שעשיתי הפעולה הזאת, ושפיר נלמד מכאן סמיכת גאולה לתפילה.
"Au troisième mois après la sortie des enfants d'Israël du pays d'Égypte, etc." (Chemot 19,1). Il semble qu'on puisse l'expliquer d'après ce qui est enseigné dans la Guemara : "'et ce qui est bon à Tes yeux, j'ai fait' - c'est celui qui joint la délivrance à la prière" (Berakhot 4b, sur Yechayahou 38,3).
À première vue, comment prouver de là la jonction de la délivrance à la prière ? Mais voici.
J'ai déjà expliqué le verset "le Nom combattra pour vous et vous, vous vous tairez" (Chemot 14,14) de la manière suivante. Il faut comprendre la cause de ce que nous voyons : les nations haïssent Israël, et les méchants d'Israël eux aussi haïssent les tsadikim.
J'en ai dit la raison : il n'est pas de créature au monde qui n'ait en elle une étincelle sainte lui donnant la vie, car sans cette étincelle sainte elle ne pourrait pas vivre ; or l'étincelle sainte qui est en eux jalouse les tsadikim, et de même l'étincelle sainte qui est dans les nations jalouse la collectivité d'Israël - telle est la cause qui provoque cette haine contre eux. Et c'est ce qu'a dit Moche notre maître, la paix soit sur lui : "le Nom combattra pour vous" (lakhem), explication : l'étincelle sainte qui est en eux, laquelle est une part divine, c'est elle qui combat en vous ; "et vous, vous vous tairez" (taharichoun), au sens de labourer et de travailler (haricha), à savoir que vous veillerez à travailler afin de prendre l'étincelle sainte qui est en eux, et alors d'eux-mêmes ils tomberont.
Tel est tout notre service : faire sortir les étincelles saintes des kelipot (écorces, forces impures), et alors elles tombent d'elles-mêmes et la Chekhina s'élève - car tel est l'exil de la Chekhina, qui est avec nous dans la détresse de cet amer exil et qui se tient dans l'attente que toutes les étincelles saintes s'élèvent et soient exhaussées ; alors viendra la délivrance d'Israël, bien vite. Telle fut aussi la délivrance d'Égypte : ils firent sortir les étincelles saintes d'Égypte et furent délivrés.
Or si nous disons les Pessoukei de-Zimra avant la prière, c'est aussi dans cette même intention, à savoir tailler et abattre (le-zamer) les tyrans, les forces extérieures (hitsonim), pour en faire sortir les étincelles saintes - et cela s'appelle joindre la délivrance à la prière. Et tel est le sens de "ce qui est bon à Tes yeux, j'ai fait", c'est-à-dire : ce qui est bon à Tes yeux, à savoir aux yeux de la Chekhina, qui désire et regarde constamment de ses yeux les étincelles saintes pour qu'elles soient exhaussées, "j'ai fait", explication : j'ai accompli cette action-là.
Et l'on apprend donc bien de là la jonction de la délivrance à la prière.
ואיתא בגמרא "למה נקרא הר סיני שנעשה ניסים לישראל", ומקשה הגמרא "א"כ הר ניסי מיבעי ליה, אלא שירדה שנאה לאומות". ולכאורה הלא מצינו כמה פעמים שאמרו חז"ל "אל תיקרי", הכי נמי מה מקשה הגמרא הר ניסי מבעי ליה, היה יכול לומר "אל תיקרי סיני אלא ניסי" כמו בשאר דוכתי? אך הענין הוא דהמקשה לא ניחא ליה בהאי תירוצא הר ניסים, דניסים הנעשים לישראל הוא מצד חסד, כשאין ראויים לפי מעשיהם השי"ת עושה ברוב רחמיו ע"פ נס, אבל לפי התירוץ שירדה שנאה לאומות עולם, אזי לפי הטבע ראויים ישראל לכל הטובות מהבורא יתעלה, כי השנאה לאומות הוא מחמת שהבורא ב"ה רואה מעשיהם הרעים וממילא מעשי ישראל טובים הם נגד מעשיהם, ולכן מתרץ שירד שנאה וכו', כי ניחא ליה בהאי תירוצא שיהיו ראויים לפי דרך הטבע ולא ע"פ נס, דלאו בכל יומא מתרחיש ניסא.
Et il est enseigné dans la Guemara : "pourquoi est-il appelé mont Sinaï ? Parce que des miracles (nissim) y ont été faits pour Israël." Et la Guemara objecte : "s'il en est ainsi, il aurait fallu dire mont Nissaï !
Mais plutôt : parce que la haine (sina) est descendue sur les nations" (Chabbat 89a). À première vue, n'avons-nous pas trouvé maintes fois que nos sages, de mémoire bénie, disent "ne lis pas ainsi mais ainsi" ?
Ici aussi, pourquoi la Guemara objecte-t-elle qu'il aurait fallu dire mont Nissaï ? Elle aurait pu dire "ne lis pas Sinaï mais Nissaï", comme dans les autres endroits.
Mais la chose est ainsi : celui qui objecte ne se satisfaisait pas de cette réponse, "le mont des miracles", car les miracles accomplis pour Israël relèvent du 'hessed (bonté) : lorsqu'ils n'en sont pas dignes selon leurs actes, le Nom, béni soit-Il, agit dans Sa grande miséricorde par voie de miracle. En revanche, selon la réponse "parce que la haine est descendue sur les nations du monde", alors selon la nature même Israël est digne de tous les bienfaits du Créateur, qu'Il soit exalté ; car la haine des nations vient de ce que le Créateur, béni soit-Il, voit leurs mauvaises actions, et dès lors les actes d'Israël sont bons en regard des leurs.
C'est pourquoi la Guemara répond "parce que la haine est descendue, etc.", car elle se satisfait de cette réponse-là : qu'ils en soient dignes selon la voie de la nature et non par voie de miracle, car ce n'est pas chaque jour qu'un miracle se produit (Pessahim 50b).
והנה כשאנחנו עובדים את הבורא ב"ה ואנו מוציאים הניצוצות הקדושות מן האומות ממילא ירדה שנאה עליהם, ואח"כ אנו מתפללים ח"י ברכות, ואיתא בגמרא "לעולם יסדר אדם שבחו דמריה" כו', דהיינו ג' ברכות הראשונות שהם שבחים דמריה כדי לעשות השם יתברך לראש, דשלש ראשונות נקראים ג' רישין, ועי"ז הוא עושה עמנו טובות. זהו שאמרו חז"ל "אם לא כיוון באבות יחזור לראש", ר"ל שצריך לחזור לעשותו ראש, מחמת שלא כיוון בתחילה לעשותו ראש.
Et voici : lorsque nous servons le Créateur, béni soit-Il, et que nous faisons sortir les étincelles saintes d'entre les nations, la haine descend d'elle-même sur elles ; et ensuite nous prions les dix-huit bénédictions (ח"י, dont les lettres totalisent dix-huit). Et il est enseigné dans la Guemara : "que l'homme ordonne toujours la louange de son Maître, etc." (Berakhot 32a), à savoir les trois premières bénédictions, qui sont les louanges de son Maître, afin de faire de Celui dont le Nom soit béni la tête - car les trois premières sont appelées les trois têtes (gimel richin) - et par là Il agit envers nous avec bonté.
C'est ce qu'ont dit nos sages, de mémoire bénie : "s'il ne s'est pas concentré lors de la bénédiction des Patriarches, qu'il retourne au commencement (là-roch)" (Berakhot 34a), c'est-à-dire qu'il lui faut revenir pour Le faire tête, puisqu'il ne s'est pas concentré au commencement pour Le faire tête.