« Et ton cordon (oufetilekha) » (Berechit 38,18). Le Noam Elimele'h l'introduit par le fil d'azur des tsitsit : pourquoi ce redoublement des souvenirs ? Le tekhelet ressemble à la mer : les mitsvot n'ont pas de fin. Le firmament ressemble au Trône de Gloire : même en s'occupant des mitsvot et de la pensée, il faut la techouva à chaque fois. Par les tsitsit on voit que les mitsvot n'ont pas de fin ; on les refait sans arrière-pensée, et le second souvenir élève les mitsvot déjà faites. La Che'hina demande que D.ieu aide Israël à ce degré et mette le bâton dans la main des tsadikim ; Il consent, et elle conçoit les bonnes actions d'Israël.
Aussi : la chute du tsadik compte comme mitsva ; Yaakov s'établit par l'humilité malgré des habitudes corrompues ; les noms des fils des matriarches font allusion à quatre degrés de tsadikim et à quatre degrés inférieurs ou simples
"ופתילך", ונקדים לפרש הפסוק "הכנף פתיל תכלת כו' וזכרתם כו' למען תזכרו כו'", ולכאורה כפל הזכירות למה? אך נראה, דאיתא בגמרא "תכלת דומה לים כו'", כבר פרשתי באופן אחר, ועתה אמרתי לפרש "תכלת" רמז דהמצוות "דומה לים", דהיינו שאין להם סוף כמו הים, שכל הנחלים הולכים אל הים והים איננו מלא, "וים דומה לרקיע", ורקיע היא לשון רקועי פחים, "רקיע דומה לכסא הכבוד", ר"ל הגם שעסק במצוות שאין להם סוף, צריך לזה לראות בדברים דקים רוחניים דהיינו במחשבה, ובכל זאת שמקיים המצוות ועוסק בדברים רוחניים, בכל זאת צריך תשובה בכל פעם, וזה רמז "רקיע דומה לכסא הכבוד" על דרך "גדולה תשובה שמגעת עד כסא הכבוד", וזהו "הכנף פתיל תכלת והיה לכם לציצית", ר"ל "ציצית" לשון מציץ מן החרכים, דהיינו שע"י מצות ציצית שיש בהם תכלת, עי"ז תסתכלו לראות שהמצוות אין להם סוף כנ"ל, תכלת דומה לים, "וראיתם אותו וזכרתם את כל מצות ה'", פירוש ואחר שתסתכלו כנ"ל בציצית התכלת, וגם אמנם אם תזכרו ותסברו שכבר עשיתם את כל מצוות ה', אעפ"כ "ועשיתם אותם", פירוש צריכים אתם לחזור ולעשותם מחדש כנ"ל שהוא דבר שאין לו סוף, "ולא תתורו כו'", דהיינו שצריכין עתה לעשותם בלי שום פניה והרהור, "למען תזכרו", פירוש הזכירה השנית הוא לאחר שתעשו כן כנ"ל, אזי תעלו את כל המצוות שעשיתם עד הנה, תעלם למעלה למעלה לרצון להם לפני השי"ת ב"ה.
"Et ton cordon (oufetilekha)" (Genèse 38,18). Introduisons [cela] en expliquant le verset : "[qu'ils mettent] au coin un fil d'azur (petil tekhelet) etc., et vous vous en souviendrez etc., afin que vous vous souveniez etc." (Nombres 15,38-40).
À première vue, pourquoi ce redoublement des souvenirs ? Mais il semble [l'expliquer ainsi] : il est enseigné dans la Guemara "le tekhelet (azur) ressemble à la mer etc." (Menahot 43b) - j'ai déjà expliqué cela d'une autre manière, et maintenant j'ai dit d'expliquer "tekhelet" comme une allusion aux mitsvot, qui "ressemblent à la mer", c'est-à-dire qu'elles n'ont pas de fin, comme la mer : car tous les fleuves vont à la mer, et la mer n'est pas remplie (Ecclésiaste 1,7).
"Et la mer ressemble au firmament (rakia)" - et "rakia" est de la langue de "rikouei pahim" (des lames battues et aplaties) (Nombres 17,3). "Le firmament ressemble au Trône de Gloire" : c'est-à-dire que, bien qu'il s'occupe de mitsvot qui n'ont pas de fin, il lui faut pour cela regarder dans les choses subtiles et spirituelles, à savoir dans la pensée ; et malgré tout cela, alors même qu'il accomplit les mitsvot et s'occupe de choses spirituelles, il lui faut malgré tout la techouva (retour, repentir) à chaque fois.
Et c'est l'allusion de "le firmament ressemble au Trône de Gloire", à la manière de "grande est la techouva, car elle atteint jusqu'au Trône de Gloire" (Yoma 86a). Et c'est "[qu'ils mettent] au coin un fil d'azur, et ce sera pour vous des tsitsit" : c'est-à-dire que "tsitsit" est de la langue de "metsits min haharakim" (il regarde par les treillis) (Cantique 2,9), à savoir que par la mitsva des tsitsit où il y a du tekhelet, par cela vous regarderez et verrez que les mitsvot n'ont pas de fin, comme ci-dessus : le tekhelet ressemble à la mer.
"Et vous le verrez et vous vous souviendrez de toutes les mitsvot de ה'" : explication, et après que vous aurez regardé comme ci-dessus dans les tsitsit du tekhelet, et même si en vérité vous vous souvenez et pensez que vous avez déjà accompli toutes les mitsvot de ה', malgré cela "et vous les ferez" : explication, il vous faut revenir et les faire à nouveau, comme ci-dessus, car c'est une chose qui n'a pas de fin. "Et vous n'explorerez pas etc." : à savoir qu'il faut maintenant les faire sans aucune arrière-pensée intéressée (pniya) ni pensée étrangère.
"Afin que vous vous souveniez" : explication, le second souvenir vient après que vous aurez fait ainsi comme ci-dessus ; alors vous élèverez toutes les mitsvot que vous avez faites jusqu'ici, vous les élèverez toujours plus haut, pour qu'elles soient en agrément devant le Nom béni soit-Il.
וזהו "ופתילך", ר"ל שהשכינה מבקשת מהקב"ה שהוא יעזור להם לישראל שיהיה להם לזכרון הפתילים, שיבואו למדריגה הנ"ל לקיים מצוותיו ולהיות תמיד בתשובה, כי קשה להם מאוד לבוא למדריגה זאת מעצמם, ובפרט בגלות המר אין לנו תכלת רק חוטי לבן, רמז שאנחנו צריכים לעבוד השי"ת בכל כחנו לעורר רחמים דהיינו לובן, ולזה צריכין סעד לתומכם, "ומטך", רמז שאמר אלישע לעבדו "קח את המטה להחיות הילד", וזה רמז שהשכינה מבקשת שיתן השי"ת המטה הזה ביד הצדיקים, שיהיה בהם כח לרפאות ולהחיותם בתפילתם, "ויתן לה", שהשי"ת הסכים על ידה, ותנתן לה כל השלש הנ"ל, "ויבא אליה ותהר לו", פירוש אז היא מתעברת מהמעשים טובים של ישראל ומביאתם לפני השי"ת, עי"ז נתעורר רחמים והשפעות גדולות על ישראל לעולם אמן ואמן. והבן.
Et c'est "et ton cordon" : c'est-à-dire que la Chekhina demande au Saint béni soit-Il qu'Il aide Israël, afin que les fils [des tsitsit] leur soient un souvenir et qu'ils parviennent au degré susdit, celui d'accomplir Ses mitsvot et d'être toujours en techouva ; car il leur est très difficile de parvenir à ce degré par eux-mêmes, et en particulier dans l'amer exil nous n'avons pas de tekhelet, mais seulement des fils blancs (lavan) - allusion au fait que nous devons servir le Nom béni soit-Il de toute notre force pour éveiller les miséricordes, c'est-à-dire le blanc (loven) ; et pour cela il faut un appui qui les soutienne. "Et ton bâton (oumatekha)" : allusion à ce qu'Elicha dit à son serviteur, "prends le bâton [et va] pour faire revivre l'enfant" (2 Rois 4,29) ; et c'est l'allusion : la Chekhina demande que le Nom béni soit-Il mette ce bâton dans la main des tsadikim, afin qu'il y ait en eux la force de guérir et de faire revivre [Israël] par leur prière.
"Et il les lui donna" : le Nom béni soit-Il a consenti à sa demande, et les trois choses susdites lui furent données. "Et il vint à elle et elle conçut de lui" : explication, alors elle conçoit des bonnes actions d'Israël et les amène devant le Nom béni soit-Il ; par cela s'éveillent de grandes miséricordes et de grands épanchements sur Israël pour toujours, amen et amen.
Et comprends.
או יאמר "וישב יעקב בארץ מגורי כו'", דהנה כתיב "שויתי ה' לנגדי תמיד כו'", דהנה הצדיק אשר לפעמים יבוא לו איזה נדנוד קל שנופל ממדריגתו, גם זה הוא לטובתו, כי עי"ז הוא מתחזק ומזרז עצמו יותר בעבודתו ית"ש, וגם שמביאו לידי הכנעה ושפל בעיני עצמו ומונע אותו מגדלות, וכל מעשיו הקודמים הם רצויים לפניו יתברך, וזהו "שויתי ה' לנגדי כו'", ד"מצוה" הוא הוי"ה ב"ה כידוע, והפירוש כך, "שויתי ה' לנגדי", ר"ל גם מה שהוא התנגדות לי שאני נופל ממדריגתי, גם זה הוא השם הויה ב"ה, גם זה למצוה ייחשב כנ"ל, "כי מימיני בל אמוט", פירוש עי"ז לא אמוט מהימין שלי, שאני מוכרח להיות יותר זריז ומוכנע ושפל כנ"ל. וזהו פירוש "ה' עוזי ומגיני", ר"ל הן הדבר העוז שהוא התנגדות לעבודתו ית"ש, והן הדבר שהוא מגיני, דהיינו המצוות שהם מגינים, הכל הוא השם הויה ב"ה כנ"ל שמביאני לקיים מצוותיו בזירוז יותר, וזהו "כי בו בטח לבי", "בו" דייקא, דהיינו עי"ז אני מתדבק בו יתברך יותר בזריזות.
Ou bien il dira : "et Yaakov s'établit dans le pays des séjours [de son père] etc." (Genèse 37,1). Car voici, il est écrit "j'ai placé ה' devant moi constamment etc." (Psaumes 16,8).
Voici, le tsadik à qui survient parfois quelque léger ébranlement, de sorte qu'il tombe de son degré - cela aussi est pour son bien, car par cela il se renforce et s'empresse davantage dans le service de Lui, béni soit Son Nom ; et cela l'amène aussi à la soumission (hakhnaa) et à être bas à ses propres yeux, et l'empêche de la grandeur [orgueilleuse] ; et toutes ses actions précédentes sont agréées devant Lui, béni soit-Il. Et c'est "j'ai placé ה' devant moi (lenegdi) etc." - car "mitsva" (מצוה) est le Nom Havaya béni soit-Il, comme on le sait (les lettres מ"צ se permutent en י"ה) ; et l'explication est ainsi : "j'ai placé ה' lenegdi", c'est-à-dire : même ce qui m'est opposition (hitnagdout), le fait que je tombe de mon degré, cela aussi est le Nom Havaya béni soit-Il, cela aussi sera compté comme une mitsva, comme ci-dessus.
"Car Il est à ma droite, je ne chancellerai pas" : explication, par cela je ne chancellerai pas de ma droite, car je suis contraint d'être plus empressé, plus soumis et plus bas, comme ci-dessus. Et c'est l'explication de "ה' est ma force (ouzi) et mon bouclier (maguini)" (Psaumes 28,7) : c'est-à-dire, tant la chose forte qui fait opposition au service de Lui, béni soit Son Nom, que la chose qui est mon bouclier - à savoir les mitsvot, qui protègent - tout cela est le Nom Havaya béni soit-Il, comme ci-dessus, qui m'amène à accomplir Ses mitsvot avec plus d'empressement.
Et c'est "car en Lui mon cœur s'est confié" - "en Lui" précisément, à savoir que par cela je m'attache à Lui, béni soit-Il, avec plus d'empressement.
וזהו "וישב יעקב בארץ מגורי אביו", ר"ל שהיה ביראת רוממות, יראת ה' אבינו שבשמים, וגם "בארץ כנען", ר"ל שהיה בהכנעה, "אלה תולדות יעקב (יוסף)", ר"ל התולדות המעשים טובים האלה, היראה גדולה וההכנעה גדולה, גם אם נפל לפעמים ממדריגתו הגדולה למדריגה קטנה, לזה רמז "יעקב", שהיא מדריגה קטנה, "יוסף", פירוש עי"ז גורם לו שניתוסף לו עוד מדריגה גדולה מהראשונה כנ"ל, מחמת שהוא מתחזק ומתגבר בעבודתו יתברך ויתעלה בזירוז ובהכנעה יותר. וק"ל.
Et c'est "et Yaakov s'établit dans le pays des séjours (mégouréï) de son père" : c'est-à-dire qu'il était dans la crainte de l'exaltation (yirat romémout), la crainte de ה' notre Père qui est aux cieux. Et aussi "au pays de Kenaan" : c'est-à-dire qu'il était dans la soumission (hakhnaa).
"Voici les engendrements de Yaakov (Yossef)" (Genèse 37,2) : c'est-à-dire, les engendrements, ce sont ces bonnes actions, la grande crainte et la grande soumission ; et même s'il est tombé parfois de son grand degré à un petit degré - et à cela fait allusion "Yaakov", qui est le petit degré - "Yossef" : explication, par cela il cause qu'il lui soit ajouté (nossaf) encore un degré plus grand que le premier, comme ci-dessus, parce qu'il se renforce et se surpasse dans le service de Lui, béni et exalté soit-Il, avec plus d'empressement et de soumission. Et c'est facile à comprendre.
או יאמר "וישב יעקב", בהקדים לפרש הפסוק שאמר דוד המלך ע"ה "אך טוב וחסד ירדפוני כל ימי חיי כו'", דלכאורה אינו מובן מלת ירדפוני, שלשון רדיפה שייך במי שבורח ורודפים אותו. אך הענין הוא, דהנה יש בני אדם שמעשיהם מקולקלים, רק מחמת שיש בהם איזה מידה טובה מצד הטבע, דהיינו שהוא לב טוב גומל חסד ועושה טובה עם בני אדם, זה מועיל להם שחוזרים למוטב, וזהו שאמר דוד "אך" הוא לשון מיעוט, ר"ל המעט הטוב והחסד שבי, זה "ירדפוני כל ימי חיי", "ושבתי כו'" שאשב בבית ה' לאורך ימים.
Ou bien il dira "et Yaakov s'établit", en introduisant l'explication du verset qu'a dit le roi David, la paix sur lui : "Oui, bien et bonté (tov vahéssed) me poursuivront tous les jours de ma vie etc." (Psaumes 23,6). À première vue, le mot "me poursuivront" (yirdéfouni) n'est pas compréhensible, car le terme de poursuite convient à l'égard de celui qui fuit et que l'on poursuit.
Mais voici la chose : il y a des gens dont les actions sont corrompues, et seulement parce qu'il y a en eux quelque bonne qualité du côté de la nature - à savoir qu'ils ont bon cœur, pratiquent la bonté ('hessed) et font du bien aux gens - cela leur profite pour qu'ils reviennent au bien. Et c'est ce qu'a dit David : "akh" (oui, seulement) est un terme de restriction, c'est-à-dire : le peu de bien et de bonté qui est en moi, cela "me poursuivra tous les jours de ma vie", "et je reviendrai etc.", que je siège dans la maison de ה' pour de longs jours.
וזהו "וישב כו'", דאדם העובד ה' תמיד נופל בו לשון ישיבה, שנתיישב בעבודת הבורא ית"ש וה' עמו, ע"ד שמצינו באברהם אבינו ע"ה "ביקש לעמוד אמר לו הקב"ה שב ואתה סימן לבניך שאני עתיד לעמוד בעדת הדיינין והם יושבים", ונמצא מצינו ישיבה במקום שהשי"ת שוכן שם בעדת קדושים העוסקים במצוה, ואמר הכתוב דאדם גם ע"י מידה אחת שבו, דהיינו שיהיה שפל בערכו כדבר הנידש בעקב, ולזה רמז "יעקב" לשון עקב, שמחזיק עצמו לשפל, גם עי"ז יזכה שיהיה לו ישיבה בעבודת הבורא ויעשה טוב בעיני ה' כנ"ל, וזהו "וישב יעקב", ר"ל ע"י מידת עקב, היא ענווה ושפלות, יזכה לישיבה כנ"ל, ואמר הכתוב "בארץ מגורי אביו בארץ כנען", פירוש אפילו אם הוא כבר מורגל במעשים מקולקלים ע"י הרגל שראה אצל אביו, וזהו "מגורי אביו", שאביו היה מתנהג במעשים מקולקלים, ולזה רמז "ארץ כנען", וכאשר ראה כן עשה גם הוא כאביו, אעפ"כ ע"י מדת ענווה ושפלות שיחזיק עצמו, יזכה לשוב לה'.
Et c'est "et il s'établit (vayéchev) etc." : car à l'homme qui sert ה' constamment s'applique le terme de "yechiva" (le fait de siéger, de s'établir), car il s'est établi dans le service du Créateur béni soit Son Nom, et ה' est avec lui ; à la manière de ce que nous trouvons au sujet d'Avraham notre père, la paix sur lui : "il voulut se tenir debout ; le Saint béni soit-Il lui dit : assieds-toi, et tu es un signe pour tes enfants, car Je suis destiné à me tenir debout dans l'assemblée des juges tandis qu'ils sont assis" (Berechit Rabba 48,7). Il se trouve donc que nous trouvons la yechiva là où le Nom béni soit-Il réside, dans l'assemblée des saints qui s'occupent d'une mitsva.
Et l'Écriture dit que l'homme, même par une seule qualité qui est en lui - à savoir qu'il soit bas à ses propres yeux comme une chose foulée par le talon (akev) - et à cela fait allusion "Yaakov", de la langue de "akev" (talon), lui qui se tient pour bas, par cela aussi il méritera d'avoir la yechiva dans le service du Créateur et fera le bien aux yeux de ה', comme ci-dessus. Et c'est "et Yaakov s'établit", c'est-à-dire : par la qualité du "akev", qui est l'humilité et l'abaissement, il méritera la yechiva, comme ci-dessus.
Et l'Écriture dit "dans le pays des séjours de son père, au pays de Kenaan" : explication, même s'il est déjà habitué à des actions corrompues par l'habitude qu'il a vue chez son père - et c'est "les séjours de son père", que son père se conduisait par des actions corrompues, et à cela fait allusion "le pays de Kenaan" - et que, voyant cela, il a fait lui aussi comme son père, malgré tout, par la qualité d'humilité et d'abaissement à laquelle il se tiendra, il méritera de revenir à ה'.
"אלה תולדות יעקב (יוסף)", פירוש אלו הן התולדות של זה האיש שהוא שפל בערכו, "יוסף", ר"ל שבכל יום ויום יוסיף הנהגות ישרות ומידות טובות ומצוות ושלימות, דהיינו אחר שיחזיק באיזו מידה טובה או איזה מצוה יום או יומים ויראה בעצמו שכבר מוחזק בה, אזי ביום המחרת יוסיף עוד להחזיק באיזו מידה טובה או איזה מצוה אחרת, ואמר הכתוב כל זה היא העבודה בקטנות, וזה רמז "בן שבע עשרה שנה", כי הויה ב"ה בקטנות במספר קטן גימטריא י"ז, והיינו הגם שנקרא "בן" למקום ב"ה, אעפ"כ היא קטנות, ואחר שיבוא למדריגה יתירה שיחזיק בקדושה יתירה, יזכה "לרעות את אחיו בצאן", דהיינו שרבים ישיב מעוון ויחזירם למוטב.
"Voici les engendrements de Yaakov (Yossef)" : explication, voici les engendrements de cet homme qui est bas à ses propres yeux. "Yossef" : c'est-à-dire que chaque jour il ajoutera (yossif) des conduites droites, de bonnes qualités, des mitsvot et des perfections ; à savoir qu'après s'être tenu à quelque bonne qualité ou à quelque mitsva un jour ou deux, et qu'il verra en lui-même qu'il y est déjà affermi, alors le lendemain il ajoutera encore de se tenir à quelque autre bonne qualité ou à quelque autre mitsva.
Et l'Écriture dit que tout cela est le service dans la katnout (l'état de petitesse), et à cela fait allusion "âgé de dix-sept ans", car le Nom Havaya béni soit-Il en katnout, en petit compte (mispar katan), a pour guematria dix-sept (י=1, ה=5, ו=6, ה=5) ; c'est-à-dire que, bien qu'il soit appelé "fils" (ben) de l'Omniprésent béni soit-Il, malgré cela c'est encore la katnout. Et après qu'il sera parvenu à un degré supérieur, où il se tiendra dans une sainteté supérieure, il méritera "de paître avec ses frères le petit bétail", à savoir qu'il ramènera beaucoup [de gens] de la faute et les fera revenir au bien.
וזהו "והוא נער את בני בלהה כו'", ונקדים לזה לפרש כמה דקדוקים לפי דרכינו, הלא המה הכתובים, "וירא ה' כי שנואה לאה כו' ותהר ותלד בן ותקרא שמו ראובן כו' ותהר עוד כו' ותקרא שמו שמעון כו' כי שמע ה' כי שנואה אנכי כו' ותקנא רחל כו', ותאמר הנה אמתי בלהה בא כו' ואבנה גם אנכי ממנה, ותהר בלהה ותלד בן ותאמר רחל דנני כו' וגם שמע כו' ותהר כו' ותאמר רחל נפתולי כו' ותרא לאה כי עמדה מלדת ותקח את זלפה כו'". ונתחיל לדקדק; א' איך עולה על דעת שיעקב אבינו עליו השלום יהיה שונא לאשתו, ב' שקראה בן השני שמעון מטעם כי שמע ה' כי שנואה אנכי, הלא הדעת נותן שבן הראשון ייקרא שמעון מטעם זה, כי השנאה היתה מתחילה כמו שאמר הכתוב וירא ה' כי שנואה לאה כו', ג' ותאמר רחל דנני כו' וגם שמע בקולי ויתן לי בן, וכי בנה היה והלא בן שפחתה היה? וכל כוונתה היה כדי שתלד גם היא ועדיין לא ילדה, וגם כשילדה בלהה את נפתלי אמרה רחל נפתולי כו' גם יכולתי, גם זה אינו מובן לכאורה, ד' ותרא לאה כו' ותקח את זלפה כו', מה היה כוונת לאה בנתינה הזאת, הלא היא כבר ילדה?
Et c'est "et il était jeune garçon (naar) auprès des fils de Bilha etc." (Genèse 37,2). Introduisons pour cela l'explication de plusieurs difficultés selon notre voie, et ce sont ces versets : "Et ה' vit que Léa était haïe etc., et elle conçut et enfanta un fils et elle l'appela Reouven etc. ; et elle conçut encore etc. et elle l'appela Chimon etc., car ה' a entendu que je suis haïe etc. ; et Rahel jalousa etc., et elle dit : voici ma servante Bilha, viens vers elle etc., et je serai bâtie moi aussi par elle ; et Bilha conçut et enfanta un fils, et Rahel dit : Dieu m'a jugé etc., et Il a aussi entendu etc. ; et elle conçut etc. et Rahel dit : des luttes etc. ; et Léa vit qu'elle avait cessé d'enfanter et elle prit Zilpa etc." (Genèse 29,31 - 30,9).
Et commençons à examiner. Premièrement : comment peut-il venir à l'esprit que Yaakov notre père, la paix sur lui, haïsse sa femme ?
Deuxièmement : qu'elle ait appelé le second fils Chimon pour la raison que "ה' a entendu que je suis haïe" - la raison voudrait pourtant que ce soit le premier fils qui fut appelé Chimon pour ce motif, car la haine était dès le début, comme le dit l'Écriture "et ה' vit que Léa était haïe etc.". Troisièmement : "et Rahel dit : Dieu m'a jugé etc., et Il a aussi entendu ma voix et m'a donné un fils" - était-ce donc son fils ?
N'était-ce pas le fils de sa servante ? Et toute son intention était qu'elle enfante elle aussi, et elle n'avait pas encore enfanté.
Et de même, lorsque Bilha enfanta Naftali, Rahel dit "des luttes etc., j'ai aussi pu" - cela non plus n'est pas compréhensible à première vue. Quatrièmement : "et Léa vit etc. et elle prit Zilpa etc." - quelle était l'intention de Léa dans ce don ?
N'avait-elle pas déjà enfanté ?
אך הענין הוא, דהנה האימהות ידעו שיצא מהן י"ב שבטים שמהם ישתכלל ויתיסד כל העולם כולו, מהם יהיו אנשים צדיקים עליונים בארבעה מדריגות, ועליהם רמזה לאה בקוראה שם ארבעה בנים שלה, רמז לד' מדריגות צדיקים אשר יהיו בין עם ישראל, הלא המה האחד קראה שמו "ראובן" לשון "ראו בן", רמז שהוא בן למקום ב"ה, והיינו הצדיק העובד את ה' מאהבה ומשמח את המקום ב"ה בחדוה ושמחה נקרא בשם בן, וזה שאמרו חז"ל "כאן בזמן שעושים רצונו של מקום נקראים בנים למקום", כוונתם עושים רצונו, שמשמחים את המקום במעשיהם הטובים נקראים בנים. ואחר שהוא צדיק כזה שנקרא בן, אזי בא למדריגה יתירה, שעולה קנאת אדם עליו שמתקנאים בו ושונאים אותו, כמו שמצינו בדברי חז"ל "האי צורבא מרבנן דרחמי ליה בני מתא, לאו משום דמעלי, אלא משום דלא מוכח להו במילי דשמיא", ונמצא המשמעות בשביל דמוכח להן במילי דשמיא שונאים אותו, והצדיק הזה השי"ת שומע כל תפילותיו, כמו שאמר הכתוב "ואלקים יבקש את הנרדף", וזה רמזה לאה בקוראה שמו "שמעון" "כי שמע ה' כי שנואה אנכי", פירוש שמע ה' כל תפילותיו מחמת שהוא שנוא והוא צדיק גמור כנ"ל.
והשם השלישי קראה שמו "לוי", רמז שאחר זה יבוא למדריגה גדולה שיבוא לדביקות גדול, וזה רמז "לוי", כאשר כתבנו מזה כמה פעמים שהוא לשון לויה ודביקות. והבן הרביעי קראה שמו "יהודה" לשון הודאה, רמז שהוא מודה ומשבח להשי"ת ב"ה בשירות ותשבחות, ובזה נשלם ומתוקן השם הוי"ה ב"ה, ד' אותיות שבשם "יהודה", ואות דלי"ת דבשם יהודה רמז לשכינה הקדושה הנקראת דלי"ת כידוע, שע"י השם הקדוש הוא מעלה את השכינה, וגם רמז לדוד כידוע.
והבן.
Mais voici la chose : les matriarches savaient que d'elles sortiraient les douze tribus, par lesquelles le monde entier serait parfait et fondé ; que parmi elles il y aurait des hommes tsadikim supérieurs selon quatre degrés, et c'est à eux que Léa a fait allusion en donnant leurs noms à ses quatre fils, allusion aux quatre degrés de tsadikim qu'il y aurait au sein du peuple d'Israël. Les voici : le premier, elle l'appela "Reouven", de la langue de "réou ben" (voyez, un fils), allusion à ce qu'il est un fils de l'Omniprésent béni soit-Il ; à savoir que le tsadik qui sert ה' par amour et réjouit l'Omniprésent béni soit-Il dans l'allégresse et la joie est appelé du nom de "fils".
Et c'est ce qu'ont dit nos maîtres de mémoire bénie : "ici, au temps où ils font la volonté de l'Omniprésent, ils sont appelés fils de l'Omniprésent" (Baba Batra 10a) - leur intention est que ceux qui font Sa volonté, c'est-à-dire qui réjouissent l'Omniprésent par leurs bonnes actions, sont appelés fils. Et après qu'il est un tsadik tel qu'il est appelé fils, alors il vient à un degré supérieur, où la jalousie des hommes monte contre lui, où l'on est jaloux de lui et où on le hait ; comme nous le trouvons dans les paroles de nos maîtres de mémoire bénie : "ce jeune érudit que les gens de la ville aiment, ce n'est pas parce qu'il est excellent, mais parce qu'il ne les reprend pas dans les choses du Ciel" (Ketoubot 105b) ; il ressort donc que c'est parce qu'il les reprend dans les choses du Ciel qu'on le hait.
Et ce tsadik-là, le Nom béni soit-Il entend toutes ses prières, comme le dit l'Écriture "et Dieu recherche celui qui est poursuivi" (Ecclésiaste 3,15). Et c'est ce à quoi Léa a fait allusion en l'appelant "Chimon", "car ה' a entendu (chama) que je suis haïe" : explication, ה' entend toutes ses prières parce qu'il est haï et qu'il est un tsadik parfait, comme ci-dessus.
Et le troisième, elle l'appela "Levi", allusion à ce qu'après cela il viendra à un grand degré, qu'il parviendra à un grand attachement (devekout) ; et c'est l'allusion de "Levi", comme nous l'avons écrit à ce sujet plusieurs fois, qui est de la langue de "lévaya" (accompagnement) et d'attachement. Et le quatrième fils, elle l'appela "Yehouda", de la langue de "hodaa" (reconnaissance, louange), allusion à ce qu'il reconnaît et loue le Nom béni soit-Il par des chants et des louanges ; et par cela le Nom Havaya béni soit-Il est achevé et réparé, [ce sont] les quatre lettres de ce Nom qui sont dans le nom "Yehouda" (יהודה) ; et la lettre dalet du nom Yehouda fait allusion à la sainte Chekhina, appelée dalet comme on le sait, car par le saint Nom il élève la Chekhina ; et elle fait aussi allusion à David, comme on le sait.
Et comprends.
וזה אמרו חז"ל "מאן דלא כרע במודים אחר ז' שנים נעשה שדרתו נחש", רמז מאן דלא הגיע עדיין למדריגה זאת שיהא כורע במודים, דהיינו שיהא מלא בשירות ותשבחות להודות ולשבח לשמו הגדול, אזי עדיין אינו מתוקן כל צורכו, ואף אם הלך בכל ז' מדריגות הידועים, אעפ"כ יש בו עדיין מסוג הנחש הקדמוני, וזה שרמזה לאה שהיא עלמא דאתכסיא על ארבע מדריגות הנ"ל, שעל ידם יתוקן השם הקדוש ומעלים את השכינה.
Et c'est ce qu'ont dit nos maîtres de mémoire bénie : "celui qui ne s'incline pas à [la bénédiction de] Modim, après sept ans sa colonne vertébrale devient un serpent" (Baba Kama 16a). Allusion : celui qui n'est pas encore parvenu à ce degré, celui de s'incliner à Modim, c'est-à-dire d'être rempli de chants et de louanges pour rendre grâce et louer Son grand Nom, celui-là n'est pas encore réparé comme il le faut ; et même s'il a parcouru les sept degrés connus, malgré cela il y a encore en lui de l'espèce du serpent primordial.
Et c'est ce à quoi Léa, qui est le monde caché (alma déitkassia), a fait allusion par les quatre degrés susdits, par lesquels le saint Nom est réparé et par lesquels on élève la Chekhina.
וגם את זה ידעו האימהות שלעומת ד' מדריגות הצדיקים הנ"ל, יהיה ג"כ בין ישראל ד' מדריגות, אנשים פחותים ושפלים ב', ופשוטי עם ב', ולזאת היתה כוונת רחל בנתינתה את בלהה שפחתה ליעקב, כדי שהשמות המרומזים להמדריגות הפחותים יצאו מהשפחות, ולזה קראה שמו "דן" שהוא לשון דין, לרמז על בני אדם הפחותים שהם תמיד כולו דין, דהיינו שפיהם מלא קללות וארורים שוא ושקר וכדומה, ואת בן השני של בלהה קראה שמו "נפתלי", רמז לבני אדם הפחותים אשר אומרים "נופת לי", דהיינו כל מתיקות העוה"ז ראויה לי ולא לאחרים הלומדים העניים ודלים, וזה רמז נפתלי - נופת לי. ולזה היתה כוונת רחל בראותה שכבר ילדה לאה ד' המרומזים לצדיקים, והיתה יראה שלא יצא ממנה לעומת זה ד' המרומז לנ"ל, כי ידעה שיהיה י"ב שבטים ויהיה לחלקה ששה, ולכן מסרה לו השפחה.
Et cela aussi, les matriarches le savaient : qu'en face des quatre degrés de tsadikim susdits, il y aurait également au sein d'Israël quatre degrés - deux d'hommes inférieurs et bas, et deux de gens simples. Et telle fut l'intention de Rahel en donnant à Yaakov sa servante Bilha : afin que les noms faisant allusion aux degrés inférieurs sortent des servantes.
Et c'est pourquoi elle l'appela "Dan", qui est de la langue de "din" (jugement, rigueur), pour faire allusion aux hommes inférieurs qui sont toujours entièrement din, c'est-à-dire dont la bouche est pleine de malédictions et d'imprécations, de vanité et de mensonge et de choses semblables. Et le second fils de Bilha, elle l'appela "Naftali", allusion aux hommes inférieurs qui disent "nôfet li" (le miel est pour moi), c'est-à-dire : toute la douceur de ce monde-ci me revient et non aux autres, ceux qui étudient, les pauvres et les indigents ; et c'est l'allusion de Naftali - "nôfet li".
Et telle fut l'intention de Rahel, voyant que Léa avait déjà enfanté les quatre qui font allusion aux tsadikim, et craignant qu'il ne sorte pas d'elle, en face de cela, les quatre qui font allusion à ce qui précède ; car elle savait qu'il y aurait douze tribus et que six lui reviendraient en partage ; c'est pourquoi elle lui remit la servante.
וגם לאה ראתה שעמדה מלדת שהיה לה ד' כנ"ל, והיתה יראה שלא יהיה עוד לה ב' המרומזים לפשוטי עם המגיע לחלקה עוד ב', ולכן גם היא מסרה את שפחתה זלפה ליעקב, כדי שממנה יצא הב' הנ"ל, ולכן קראה שם האחד "גד", "ותאמר בגד" כפירוש רש"י ז"ל מזל טוב, רמז שיהיה בין ישראל בני אדם שיהיה להם מזל טוב בעשירות, "ותהר עוד ותקרא שמו "אשר" כי אשרוני בנות", רמז על מדריגה ד', שיהיה בין ישראל בני אדם המתנהגים בדרך שאינם לומדי תורה, רק שהם מתנהגים כשורה וישרים הם בעיני בני אדם הפשוטים הנקראים "בנות" שהם מצד הנוקבא והם משבחים אותם.
Et Léa aussi vit qu'elle avait cessé d'enfanter, ayant eu les quatre comme ci-dessus, et elle craignit de ne plus avoir les deux qui font allusion aux gens simples, deux encore lui revenant en partage ; c'est pourquoi elle aussi remit sa servante Zilpa à Yaakov, afin que d'elle sortent les deux susdits. Et c'est pourquoi elle appela le nom du premier "Gad", "et elle dit : bégad" (Genèse 30,11), selon l'explication de Rachi de mémoire bénie : bonne fortune (mazal tov) ; allusion à ce qu'il y aurait au sein d'Israël des gens qui auraient bonne fortune dans la richesse.
"Et elle conçut encore et elle l'appela Acher, car les filles m'ont dite heureuse (ichrouni)" (Genèse 30,13) : allusion au quatrième degré, à savoir qu'il y aurait au sein d'Israël des gens qui se conduisent d'une manière telle qu'ils ne sont pas des étudiants de la Torah, mais qu'ils se conduisent comme il convient et sont droits aux yeux des gens simples, appelés "filles" (banot) parce qu'ils sont du côté de la Noukva (le féminin, le réceptacle), et ceux-ci les louent.