נועם אלימלך

Noam Elimelech — Sefer Bereshit, Vayishlach (3/3)

Rabbi Élimélech de Lizhensk
En bref

« Rehelim » (brebis) : le Noam Elimele'h y voit en Israël des hommes craignant le Ciel et parfaits, comme la brebis devant celle qui la tond. « Guemalim menikot » (chamelles allaitantes) désigne les gens simples qui pratiquent la bienfaisance et allaitent les étudiants de la Torah, appelés bâtisseurs. « Parot » (vaches) désigne les justes parfaits qui marchent avec guevoura et adoucissent les guevourot, nets de faute comme « une vache rousse sans défaut ». « Atonot » (ânesses) désigne le Messie, selon « le fils de son ânesse » : le mérite de ceux qui croient en sa venue et l'attendent chaque jour se dressera pour briser les kelipot et les rigueurs et relever le Temple, que Yaakov a appelé Beth Él.

Aussi : les lettres déjà en puissance, anges que le juste combine par l'amour de tout homme ; Yaakov isolé dans sa pensée élève la poussière des fautes jusqu'au Trône par la techouva ; le présent (minha) repose les rigueurs sur Esav

"רחלים", רמז שיש בישראל יראים ושלמים, רמז רחלים שהם כרחל לפני גוזזה ביראה שלימה. "גמלים מניקות", ר"ל גם יש בנו הפשוטי עם שהם גומלי חסדים המניקים לומדי תורה ומחזיקים אותם, וזהו "ובניהם" אל תקרי בניהם אלא בוניהם, הם הלומדי תורה הנקראים בונים.

"פרות", רמז להצדיקים השלמים ההולכים בגבורה וממתיקים הגבורות בגבורה, כדאיתא "פרה אדומה אשר אין בה מום", ר"ל שאין בהם מום ומנוקים מכל חטא, הם ממתיקים את הפרה אדומה הם הדינים. "אתונות" רמז למשיח צדקינו שיבא במהרה בימינו, ע"ד הכתוב "אוסרי לגפן כו' בני אתונו" שדרשו חז"ל שקאי על משיח עני רוכב על החמור, דהיינו זכות המאמינים באמת בביאת משיחנו ומחכים בכל יום, יעמוד לנו לשבר כח הקליפות והדינים ולקומם בית מקדשינו במהרה בימינו, כמו שקראו יעקב אבינו ע"ה בית אל, שיבנה במהרה בימינו אמן.

"Rehelim" (brebis) : allusion au fait qu'il se trouve en Israël des hommes craignant [le Ciel] et parfaits ; allusion aux brebis (rehelim) qui sont comme la brebis devant celle qui la tond, dans une crainte parfaite. "Guemalim menikot" (chamelles allaitantes) : c'est-à-dire qu'il y a aussi parmi nous les gens simples, qui pratiquent la bienfaisance (gomele hassadim) et qui allaitent les étudiants de la Torah et les soutiennent ; et c'est "ou-veneihem" (et leurs fils) - ne lis pas "beneihem" (leurs fils) mais "boneihem" (leurs bâtisseurs) : ce sont les étudiants de la Torah, qui sont appelés "bâtisseurs".

"Parot" (vaches) : allusion aux justes parfaits qui marchent avec guevoura (rigueur) et adoucissent les guevourot par la guevoura, selon ce qui est dit "une vache rousse sans défaut" (Nombres 19,2), c'est-à-dire qu'il n'y a en eux aucun défaut et qu'ils sont nets de toute faute ; ce sont eux qui adoucissent la vache rousse, c'est-à-dire les rigueurs (dinim). "Atonot" (ânesses) : allusion au Messie notre juste, qu'il vienne promptement et de nos jours, selon le verset "il attache à la vigne [son ânon] etc., le fils de son ânesse" (Genèse 49,11), que nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué comme se rapportant au Messie, pauvre et monté sur un âne ; c'est-à-dire que le mérite de ceux qui croient véritablement en la venue de notre Messie et qui l'attendent chaque jour se dressera pour nous, pour briser la force des kelipot (écorces, forces impures) et des rigueurs, et pour relever notre Temple promptement et de nos jours, comme Yaakov notre père, la paix sur lui, l'a appelé "Beth Él", qu'il soit rebâti promptement et de nos jours, amen.

או יאמר "וישלח כו'", בצירוף הפסוק "ויאבק איש עמו כו'" ופירש"י ז"ל שהיו מעלים אבק. ואיתא בגמרא "חד אמר כגוי נדמה לו וחד אמר כחכם נדמה לו", ולכאורה הוא פלוגתא רחוקה.

ונראה לפרש בהקדים לפרש הפסוק "צרופה אמרתך מאוד ועבדך אהבה", דהנה הצדיק נענה בתפילתו כשהוא מתפלל על החולה וכדומה, ולכאורה הוא כמו השתנות אצל הבורא הפשוט אמיתי חלילה. אך השורש הוא דהנה השי"ת ב"ה ברא את האותיות והם בכח אצל הבורא ב"ה, והצדיק הוא מצרף את האותיות האלה שיהיו נקראים כרצונו, דהיינו התפילה שהצדיק מתפלל הוא ע"י צרופי אותיות שהוא מצרף אותם, ונמצא אין כאן שינוי חלילה, שהאותיות היו ג"כ מתחילה רק שהוא מצרף אותם.

ואם תרצה לומר למה דווקא הצדיק נענה בתפילתו כמו שאמרו חז"ל "מי שיש לו חולה בתוך ביתו ילך אצל חכם ויתפלל", כל אדם יתפלל ויהיו האותיות מצורפים? אך מחמת שהתורה הקדושה נבראת באהבה, כנאמר "הבוחר בעמו ישראל באהבה", והצדיק ג"כ אוהב את השם ואת כל אדם בעולם, ע"ד שאמר ר' יוחנן "מעולם לא הקדימני אדם שלום בשוק אפילו נכרי", ולא כן הוא מדת כל אדם, ולכן גם האותיות אינם נצטרפים אלא על ידי הצדיק האוהב לכל. וזהו "צרופה אמרתך מאוד", ר"ל האותיות העליונים הם מצורפים ממילא בכח, וע"י הצדיק האוהב לכל מצטרפים לפועל, וזהו "ועבדך אהבה":

On peut aussi expliquer "Et Yaakov envoya etc." en le joignant au verset "et un homme lutta avec lui etc." (Genèse 32,25), que Rachi, de mémoire bénie, explique ainsi : ils faisaient monter la poussière (avak). Et il est dit dans la Guemara : "l'un dit qu'il lui apparut comme un non-Juif (goy), et l'autre dit qu'il lui apparut comme un sage" ; et à première vue c'est une divergence bien éloignée.

Il semble l'expliquer en expliquant d'abord le verset "Ta parole est affinée (tseroufa) à l'extrême, et Ton serviteur l'aime" (Psaumes 119,140). Car voici : le juste est exaucé dans sa prière lorsqu'il prie pour un malade et choses semblables ; et à première vue cela ressemble à un changement chez le Créateur simple et véritable, à Dieu ne plaise.

Mais la racine de la chose est celle-ci : le Saint béni soit-Il a créé les lettres, et elles sont en puissance auprès du Créateur, béni soit-Il ; et le juste combine (metsaref) ces lettres pour qu'elles se lisent selon sa volonté, c'est-à-dire que la prière que le juste prie se fait par des combinaisons de lettres (tseroufe otiot) qu'il assemble ; il se trouve donc qu'il n'y a là aucun changement, à Dieu ne plaise, car les lettres étaient elles aussi là dès le commencement, sauf qu'il les combine. Et si tu veux dire : pourquoi est-ce précisément le juste qui est exaucé dans sa prière, comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie, "celui qui a un malade dans sa maison, qu'il aille auprès d'un sage et qu'il prie" - que tout homme prie donc, et les lettres seront combinées !

Mais c'est parce que la sainte Torah a été créée par l'amour, comme il est dit "Celui qui choisit Son peuple Israël avec amour" ; et le juste lui aussi aime le Nom et tout homme au monde, à la manière de ce qu'a dit Rabbi Yo'hanan : "jamais personne ne m'a devancé pour le salut au marché, même un non-Juif" ; et telle n'est pas la mesure de tout homme. C'est pourquoi les lettres elles non plus ne se combinent que par le juste qui aime tout le monde.

Et c'est le sens de "Ta parole est combinée (tseroufa) à l'extrême" : c'est-à-dire que les lettres d'en haut sont d'elles-mêmes combinées en puissance, et par le juste qui aime tout le monde elles se combinent en acte ; et c'est "et Ton serviteur aime".

‎וזהו "וישלח יעקב מלאכים" ר"ל האותיות והדיבורים שלח יעקב, דהאותיות והדיבורים נקראים מלאכים כנ"ל. "לפניו" ר"ל שגם מלפנים היו האותיות האלו בכח אצל הבורא ב"ה, ויעקב היה מצרפם מחמת אהבתו שהיה אוהב לכל, וזהו "אל עשו אחיו" ר"ל גם עשו היה שלם עמו כאחיו ע"ד "אפילו נכרי בשוק", וזהו "ויאבק איש עמו" ר"ל כמו אבק ריבית, דהיינו שבוודאי אין כל אהבות שוים כאחד, כישראל כגוי, רק שאהבה לישראל היא אהבה שלימה ואהבה לנכרי אינה שלימה מחמת שיש בו אבק שהוא נכרי, וזהו כמאן דאמר "כגוי נדמה לו", ולכן ויאבק עמו שהיה כמו אבק, וחד אמר "כחכם נדמה לו", ואעפ"כ לא היה אהבתו שלימה עמו מחמת שהיה יעקב מבין בו שעדיין אין שלם במדותיו והיה אוהב אותו, רק מחמת החסרונות לא היה אהבתו שלימה עמו, וזהו "ויאבק איש עמו עד עלות השחר" ר"ל עד אשר יסיר השחרורית שבו ואז יהיה אהבתו שלימה.

נמצא אין כאן פלוגתא רחוקה, שכל מ"ד השמיענו מעלות יעקב איך היה אהבתו שלימה עם כל אדם. וק"ל.

Et c'est le sens de "Et Yaakov envoya des messagers (malakhim)" : c'est-à-dire que Yaakov envoya les lettres et les paroles, car les lettres et les paroles sont appelées "anges" (malakhim), comme ci-dessus. "Devant lui (lefanav)" : c'est-à-dire que déjà auparavant (milefanim) ces lettres étaient en puissance auprès du Créateur, béni soit-Il, et Yaakov les combinait grâce à son amour, lui qui aimait tout le monde.

Et c'est "vers Esav son frère" : c'est-à-dire qu'Esav lui aussi était entier avec lui comme son frère, à la manière de "même un non-Juif au marché". Et c'est "et un homme lutta (vayeavek) avec lui" : c'est-à-dire comme "la poussière de l'usure" (avak ribit, ce qui n'est qu'un soupçon d'interdit) ; car assurément toutes les amours ne sont pas égales entre elles, celle pour un Juif et celle pour un non-Juif : seulement, l'amour pour Israël est un amour parfait, tandis que l'amour pour le non-Juif n'est pas parfait, parce qu'il y a en lui de la poussière (avak), du fait qu'il est non-Juif.

Et cela correspond à celui qui dit "il lui apparut comme un non-Juif", et c'est pourquoi "il lutta (vayeavek) avec lui", car c'était comme de la poussière. Et l'autre dit "il lui apparut comme un sage" : et malgré cela son amour envers lui n'était pas parfait, parce que Yaakov percevait en lui qu'il n'était pas encore parfait dans ses traits de caractère ; il l'aimait, seulement, à cause de ses manques, son amour envers lui n'était pas parfait.

Et c'est "et un homme lutta avec lui jusqu'au lever de l'aube (shahar)" : c'est-à-dire jusqu'à ce qu'il ôte la noirceur (shaharourit) qui est en lui, et alors son amour sera parfait. Il se trouve donc qu'il n'y a là aucune divergence éloignée, car chacun des deux avis nous a fait entendre les qualités de Yaakov, combien son amour était parfait envers tout homme.

Et cela est facile à comprendre.

או יאמר "ויותר יעקב לבדו ויאבק כו'", דהנה הצדיק השלם העובד ה' באמת הוא מסתכל תמיד ברוממות אל וגדולתו יתברך, ומתבודד עצמו במחשבתו לעלות במחשבתו ממדריגה למדריגה עד רום המעלות, וגם רואה תמיד בשפלות עצמו, וזוכר חטאת נעוריו כמו שכתוב וחטאתי נגדי תמיד, ואפילו החטאים שאינם חטאים גמורים רק כמו אבק, כמו שאמרו חז"ל שלשה דברים אין אדם ניצול בכל יום אבק לשון הרע כו', הם לזכרון לפניו תמיד והם בעיניו כחמורות שבחמורות, ומתחרט עליהם ושב בתשובה שלימה מאהבתו ית', ותשובתו עולה עד הכסא הכבוד ונעשה הכל זכיות, כמו שאמרו חז"ל שזדונות נעשים לו כזכיות בעושה תשובה מאהבה.

On peut aussi expliquer "Et Yaakov resta seul, et un homme lutta etc." (Genèse 32,25) : car voici, le juste parfait qui sert le Nom en vérité contemple sans cesse l'élévation de Dieu et Sa grandeur, qu'Il soit béni, et il s'isole dans sa pensée (hitbodedout) pour monter par sa pensée de degré en degré jusqu'au sommet des degrés ; et il voit aussi toujours sa propre bassesse, et il se souvient des fautes de sa jeunesse, comme il est écrit "et ma faute est constamment devant moi" (Psaumes 51,5). Et même les fautes qui ne sont pas des fautes accomplies mais seulement comme de la poussière - comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie : "trois choses dont l'homme n'échappe pas chaque jour : la poussière de la médisance (avak lashon hara) etc." - celles-là sont devant lui en souvenir constant, et elles sont à ses yeux comme les plus graves d'entre les graves ; il s'en repent et revient par une techouva parfaite, par amour de Lui, qu'Il soit béni ; et sa techouva monte jusqu'au Trône de Gloire et tout devient mérites, comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie : les fautes volontaires lui deviennent comme des mérites lorsqu'il fait techouva par amour.

‎וזהו "ויותר יעקב לבדו", ר"ל בעת שהיה יעקב אבינו ע"ה בהתבודדות מחשבתו בבדידות גמור, אז "ויאבק איש עמו" ודרשו חז"ל שהיו מעלים אבק עד כסא הכבוד, פירוש, "ויאבק איש" היינו אבק החטאים שהם עם כל איש, כל זה היה "עמו" לנגד עיניו כנ"ל, והיה מעלה האבק עד כסא הכבוד ע"ד שאמרו חז"ל גדולה תשובה שמגעת עד כסא הכבוד, "עד עלות השחר" פירוש עד שהעלה הכל לפני השכינה, כנסת ישראל הנקראת אילת השחר.

Et c'est le sens de "Et Yaakov resta seul" : c'est-à-dire qu'au moment où Yaakov notre père, la paix sur lui, se tenait dans l'isolement de sa pensée (hitbodedout), dans une solitude complète, alors "un homme lutta avec lui", et nos Sages de mémoire bénie ont expliqué qu'ils faisaient monter la poussière jusqu'au Trône de Gloire. L'explication : "et un homme lutta (vayeavek ish)" - c'est la poussière (avak) des fautes qui accompagne tout homme (ish) ; tout cela était "avec lui" (imo), devant ses yeux, comme ci-dessus ; et il faisait monter cette poussière jusqu'au Trône de Gloire, à la manière de ce qu'ont dit nos Sages de mémoire bénie : "grande est la techouva, car elle atteint jusqu'au Trône de Gloire".

"Jusqu'au lever de l'aube" : l'explication, jusqu'à ce qu'il ait tout fait monter devant la Chekhina, l'Assemblée d'Israël (Knesset Israël), qui est appelée "biche de l'aube" (ayelet ha-shahar).

או יאמר "ויאבק איש עמו", שזה המלאך היה המקטרג שלו, שהיה רוצה ללחום עמו ולתופסו באיזה חטא ולא מצא בידו שום חטא ועון, התחיל לקטרגו באבק אשר בידו, ויעקב אבינו ע"ה עשה תשובה תיכף כדרך הצדיקים, ובזה נתעלה האבק ההוא עד הכסא הכבוד, וזה שאמרו חז"ל "מלמד שהעלו אבק עד כסא הכבוד", וכך הוא תמיד שהבעל דבר מחזר למצוא עוולה בהצדיק, והוא צריך לזה תמיד הרהורי תשובה להעלות אותו אבק עבירות, וזהו "עד עלות השחר", פירוש שכך הוא תמיד שמאבק היצה"ר עם האדם ועומד עליו,"צופה רשע לצדיק כו' ה' לא יעזבנו כו'", עד אי"ה עלות ישראל למעלה, ויבא גאולתינו מהרה ואז יעבור רוח הטומאה מן הארץ ויבטל אז המלחמה בין אדם ובין יצרו, "עד עלות השחר", "שחר" הוא מלשון דרישה שידרוש ה' אותנו, "וירא כי לא יכול לו כו' ויגע בכף ירכו כו'", להיות שכתבו הפוסקים על מה שאין מברכין על הביאה הלא אסור להנות מעוה"ז בלא ברכה, ואמרו ע"ד שאי אפשר להיות בלא תערובות היצר הרע בתוכו לכך אין מברכין עליה, ונמצא הסכימו שאי אפשר שיהיה זיווג בלא תערובות, וזהו "ויגע בכף ירכו", שם היה לו אחיזה מחמת שאי אפשר להזהר בה, "ויאמר שלחני כי עלה השחר", פירוש לעתיד יבקש הבע"ד מישראל לאמר הניחה לי בזה ותשלחוני מאתכם כך כמו שהוא, כי כבר לא ישלוט בנו וירצה להפטר כך, "ויאמר לא אשלחך כי אם בדכתני", פירוש שתחזיר לנו את כל הברכות שהפסדתנו, שעל ידך לא היה לנו הברכות האלו מחמת שהיית לנו לשטן ולמקטרג, "ויברך אותו שם", שעשה כרצונם.

On peut aussi expliquer "et un homme lutta avec lui" : que cet ange était son accusateur, qui voulait combattre contre lui et le prendre en quelque faute ; et il ne trouva en sa main aucune faute ni aucun péché, alors il commença à l'accuser au sujet de la poussière (avak) qui était en sa main. Et Yaakov notre père, la paix sur lui, fit aussitôt techouva, à la manière des justes, et par là cette poussière fut élevée jusqu'au Trône de Gloire.

Et c'est ce qu'ont dit nos Sages de mémoire bénie : "cela enseigne qu'ils firent monter la poussière jusqu'au Trône de Gloire". Et il en est toujours ainsi : le Maître de l'accusation (baal davar, le mauvais penchant) tourne autour du juste pour trouver en lui une iniquité, et celui-ci a besoin pour cela, constamment, de pensées de techouva, afin d'élever cette poussière de transgressions.

Et c'est "jusqu'au lever de l'aube" : l'explication, qu'il en est toujours ainsi, que le mauvais penchant (yetser hara) lutte avec l'homme et se tient contre lui - "le méchant épie le juste etc., [mais] ה' ne l'abandonnera pas etc." (Psaumes 37,32-33) - jusqu'à, si Dieu veut, l'élévation d'Israël en haut ; et que vienne notre délivrance promptement, et alors l'esprit d'impureté passera de la terre, et sera alors annulée la guerre entre l'homme et son penchant. "Jusqu'au lever de l'aube (shahar)" : "shahar" est de la langue de la recherche (derisha), que ה' nous recherche.

"Et il vit qu'il ne pouvait rien contre lui etc., et il toucha la cavité de sa hanche etc." (Genèse 32,26) : car les décisionnaires ont écrit, au sujet du fait qu'on ne récite pas de bénédiction sur l'union conjugale - n'est-il pas interdit de jouir de ce monde-ci sans bénédiction ? - et ils ont dit que c'est parce qu'il est impossible qu'elle soit sans mélange du mauvais penchant en elle, c'est pourquoi on ne bénit pas sur elle. Il se trouve donc qu'ils se sont accordés sur le fait qu'il est impossible qu'il y ait union sans mélange.

Et c'est "et il toucha la cavité de sa hanche" : là il avait prise, parce qu'il est impossible de s'en garder entièrement. "Et il dit : laisse-moi partir, car l'aube s'est levée" : l'explication, dans l'avenir le Maître de l'accusation demandera à Israël en disant : laissez-moi tranquille en cela, et renvoyez-moi d'auprès de vous tel que je suis, car déjà il ne dominera plus sur nous et il voudra s'en aller ainsi.

"Et il dit : je ne te laisserai pas partir à moins que tu ne m'aies béni" : l'explication, que tu nous rendes toutes les bénédictions dont tu nous as fait perdre, car à cause de toi nous n'avons pas eu ces bénédictions-là, du fait que tu as été pour nous un satan et un accusateur. "Et il le bénit là" : car il fit selon leur volonté.

קטונתי מכל החסדים ומכל האמת. נ"ל דהנה כתיב "גומל נפשו איש חסיד", דהיינו הצדיק העובד השם באמונה הוא גומל לנפשו, ו"אמת" הוא מדרגת יעקב כמו שאמר תתן אמת ליעקב, ואמר יעקב "קטונתי מכל החסדים ומכל האמת", פירוש קטונתי ממדריגה זאת שהייתי איש חסיד ואמת, ועכשיו נפלתי ונחסרתי ממדריגה זו, "כי במקלי כו'", פירוש וכל זה היה לי שקטנתי ממדריגות אלו מחמת שהייתי מיקל לעצמי באיזה דבר.

"עברתי את הירדן" פירוש וגם זאת שעברתי ממדריגה זו שהיה בידי להמתיק הדינים, לזה רמז "ירדן - ירד דין", ועכשיו עברתי ונחלפתי ממדריגה זאת שאינני אוכל להמתיק הדינים.

"Je suis devenu petit (katonti) devant toutes les bontés et toute la vérité" (Genèse 32,11). Il me semble [de l'expliquer ainsi] : car il est écrit "l'homme de bonté (hassid) fait du bien à son âme" (Proverbes 11,17), c'est-à-dire que le juste qui sert le Nom avec fidélité fait du bien à son âme ; et "vérité" (émet) est le degré de Yaakov, comme il est dit "Tu donnes la vérité à Yaakov" (Michee 7,20).

Et Yaakov a dit "je suis devenu petit devant toutes les bontés et toute la vérité" : l'explication, je suis devenu petit par rapport à ce degré où j'étais homme de bonté et de vérité, et maintenant je suis tombé et j'ai été diminué de ce degré. "Car avec mon bâton (be-makli) etc." : l'explication, et tout cela m'est arrivé - d'être devenu petit par rapport à ces degrés - parce que j'ai été indulgent (mekel) envers moi-même en quelque chose.

"J'ai traversé le Jourdain (ha-Yarden)" : l'explication, cela aussi, que je suis passé au-delà de ce degré où il était en mon pouvoir d'adoucir les rigueurs (dinim) - et c'est à cela que fait allusion "Yarden : yarad din" (la rigueur est descendue) - et maintenant je suis passé et j'ai été changé de ce degré, de sorte que je ne peux plus adoucir les rigueurs.

‎וזהו שנאמר "יבטח כי יגיח ירדן אל פיהו" הנאמר בלויתן, דלויתן רמז על הצדיק השלם שהוא דבוק ונלווה להשי"ת ב"ה, וזהו "יבטח" פירוש הצדיק הזה הוא בטוח, "כי יגיח ירדן" ר"ל שיגיח לירד הדינים, "אל פיהו" ר"ל בפיו הקדוש. וק"ל.

Et c'est ce qui est dit "il est confiant, si le Jourdain (Yarden) jaillit vers sa gueule" (Job 40,23), ce qui est dit du Léviathan : car le Léviathan fait allusion au juste parfait, qui est attaché et joint (nilve) au Saint béni soit-Il. Et c'est "il est confiant" : l'explication, ce juste-là est confiant ; "car il fait jaillir le Yarden" : c'est-à-dire qu'il fait descendre les rigueurs (yarid din) ; "vers sa gueule" : c'est-à-dire par sa bouche sainte.

Et cela est facile à comprendre.

ויקח את שתי נשיו ואת שתי שפחותיו כו'. נ"ל דהנה שתי נשים יש לאדם, אחת היא האשה אשר ציוהו הבורא יתעלה לקחת לפרות ולרבות, והשנית היא נשמתו הקדושה, הוא הנפש השכלית אשר נתן השי"ת באדם וכל תשוקתה אינה רק לעבודת הבורא לעלות לשורשה למקום מחצבתה העליון, והיא נקראת "אשת חיל אשה טובה מתנה טובה לבעלה", שעל ידה יכול האדם לבוא למדריגות גדולות לאין קץ ותכלית, והבוחר בעבודת הבורא באמת אין לו שום מניעה בעבודתו ית"ש אפילו מאשתו ממש, אדרבה היא ג"כ מסייעתו, כמאמרם ברצות ה' דרכי כו' ישלים עמו - זו אשה.

והם נקראים שתי נשיו של אדם.

"Et il prit ses deux femmes et ses deux servantes etc." (Genèse 32,23). Il me semble [de l'expliquer ainsi] : car l'homme a deux femmes.

L'une est la femme que le Créateur, qu'Il soit exalté, lui a ordonné de prendre pour fructifier et se multiplier ; et la seconde est son âme sainte, c'est l'âme intellectuelle (nefech sikhlit) que le Saint béni soit-Il a placée dans l'homme, et dont tout le désir n'est rien d'autre que le service du Créateur, monter vers sa racine, vers le lieu élevé d'où elle a été taillée. Et elle est appelée "femme de valeur" (echet hayil), "une bonne épouse est un bon présent pour son mari", car par elle l'homme peut parvenir à des degrés grands, sans fin ni terme.

Et celui qui choisit véritablement le service du Créateur n'a aucun empêchement dans son service, que Son Nom soit béni, pas même de la part de sa femme au sens propre ; au contraire, elle aussi l'assiste, selon leur parole : "quand ה' agrée les voies d'un homme etc., Il le met en paix avec lui" (Proverbes 16,7) - c'est la femme. Et celles-ci sont appelées les deux femmes de l'homme.

‎וגם יש לאדם שתי שפחות, הם הנפש הבהמיות והיצה"ר, ושתי אלה הם מניעות לעבודת הבורא יתעלה, אבל כשאדם מקדש ומטהר עצמו ומשבר תאוות הגשמיות והיצה"ר, אזי הכל מסייעין לו והוא מוציא יקר מזולל, וגם היצה"ר נעשה טוב ועובד ה' בשני יצריו ביצ"ט וביצה"ר, וגם הנפש הבהמיות המביאה אותו לתאוות הגשמיות היא מסייעתו, כי הוא מקדש עצמו במותר לו באכילתו ושתיתו ובכל תנועותיו, נמצא הוא מעלה הכל אל הקדושה העליונה. וזהו "ויקח את שתי נשיו ואת שתי שפחותיו".

Et l'homme a aussi deux servantes : ce sont l'âme animale (nefech behamit) et le mauvais penchant (yetser hara) ; et ces deux-là sont des empêchements au service du Créateur, qu'Il soit exalté. Mais lorsque l'homme se sanctifie et se purifie, et qu'il brise les désirs matériels et le mauvais penchant, alors tous l'assistent, et il "fait sortir le précieux du vil" (Jérémie 15,19) ; et même le mauvais penchant devient bon, et il sert ה' avec ses deux penchants, avec le bon penchant (yetser tov) et avec le mauvais penchant ; et même l'âme animale, qui l'entraîne vers les désirs matériels, l'assiste, car il se sanctifie dans ce qui lui est permis, dans son manger et son boire et dans tous ses mouvements.

Il se trouve donc qu'il élève tout vers la sainteté d'en haut. Et c'est "et il prit ses deux femmes et ses deux servantes".

"ואת אחד עשר ילדיו", רמז להס"א כידוע דהקליפה הוא י"א בסוד עשתי עשר יריעות עזים, ואת זה לעומת זה כו' ציונו השי"ת להקריב י"א סימני קטורת כדי לבטל אותם, וכל הנ"ל היה יעקב אבינו ע"ה בצדקתו בתולדות המעשים טובים אשר עשה, היה מעלה את הכל לעולמות העליונים, וזהו "ויעבר את מעבר יב"ק" רמז לג' שמות הקדושים הויה אהי"ה אדנ"י שמספרם יב"ק. וזה ג"כ הפירוש "ויעבירם את הנחל", היינו נחל העליון.

והבן.

"Et ses onze enfants" : allusion au Sitra A'hra (l'Autre Côté, le domaine de l'impureté), car il est connu que la kelipa est onze, selon le secret des "onze tentures en poil de chèvre" (Exode 26,7) ; et "Dieu a fait celui-ci en face de celui-là etc." (Ecclésiaste 7,14) : le Saint béni soit-Il nous a ordonné d'offrir les onze ingrédients de l'encens (ketoret) afin de les annuler. Et tout ce qui précède, Yaakov notre père, la paix sur lui, dans sa justice, par les fruits des bonnes actions qu'il accomplissait, il le faisait tout monter vers les mondes supérieurs.

Et c'est "et il traversa le gué du Yabok" : allusion aux trois Noms saints - Havaya (26), Ekye (21) et Adni (65) - dont le compte fait 112, soit יב"ק (Yabok). Et c'est aussi l'explication de "et il les fit passer le torrent" : c'est-à-dire le torrent d'en haut.

Et comprends.

ויקח מן הבא בידו מנחה. יש לרמז היות שמנחה התגברות הדינים ר"ל, וצדיק כאשר צריך להציל עצמו מאיזה רשע אשר קם עליו, אזי משרה עליו הדינים היוצאים בעת מנחה, ולזה אליהו ג"כ עשה נקמה בנביאי הבעל בזמן ההוא, וזה היה ג"כ כוונת יעקב במנחתו, להשרות הדינים על עשו לבלתי יכול לעשות לו רע, ולא זה בלבד היה כוונתו, כי אם גם ש"מנחה" היא אותיות "מנוחה" והיא אותיות "מחנה", שיהיו מחנות וכתות מלאכים מסייעים אותו להצילו מיד עשו אחיו ויהיו לו מנוחה ממנו.

וזהו "ויקה מן הבא בידו מנחה", פירוש מכל מה שבידו, פירוש בכחו ורשותו, לרמוז במנחה, את הכל כיוון בה, ובזה הצליח נגדו. וק"ל.

"Et il prit de ce qui lui venait sous la main un présent (minha)" (Genèse 32,14). On peut y faire cette allusion : puisque minha - l'heure de la prière de l'après-midi - est le renforcement des rigueurs, que Dieu préserve, et que le juste, lorsqu'il doit se sauver de quelque méchant qui s'est levé contre lui, fait alors reposer sur celui-ci les rigueurs qui sortent au moment de minha ; et c'est pourquoi Eliyahou lui aussi tira vengeance des prophètes du Baal à ce moment-là.

Et telle fut aussi l'intention de Yaakov dans son présent : faire reposer les rigueurs sur Esav afin qu'il ne puisse lui faire de mal. Et ce ne fut pas là sa seule intention, mais aussi que "minha" (מנחה) est fait des mêmes lettres que "menouha" (מנוחה, repos) et des mêmes lettres que "mahane" (מחנה, camp) : que des camps et des troupes d'anges l'assistent pour le sauver de la main d'Esav son frère, et qu'il ait repos de sa part.

Et c'est "et il prit de ce qui lui venait sous la main un présent" : l'explication, de tout ce qui était en sa main, c'est-à-dire en son pouvoir et sous son autorité, pour y faire allusion dans le présent ; il visa tout cela en lui, et par là il réussit contre lui. Et cela est facile à comprendre.

ויעקב נסע סכתה ויבן לו בית. פירוש עיקר עבודתו של יעקב אבינו ע"ה היה תמיד ביחודים והדביקות הנרמז בתיבת "סכותה" המרמזת על היחוד כידוע, ואף שהיה צריך לחשוב בעניני ביתו והונו, לא היה מעיין בהם בעיקר מחשבתו אלא בהבנה בעלמא, וזהו "ויבן לו בית" - הבנה, "ולמקנהו עשה סכות", פירוש עיקר קנינו דהיינו לקנות עוה"ב היה רק יחודים והדביקות והבן:

"Et Yaakov partit vers Soukkot et se bâtit une maison" (Genèse 33,17). L'explication : le principal du service de Yaakov notre père, la paix sur lui, était toujours dans les unifications (yihoudim) et l'attachement (devekout), auxquels fait allusion le mot "Soukota", qui fait allusion à l'unification (yihoud), comme il est connu.

Et bien qu'il lui fallût penser aux affaires de sa maison et de son bien, il n'y portait pas le principal de sa pensée, mais seulement une simple attention. Et c'est "et il se bâtit (vayiven) une maison" - havana (compréhension, attention).

"Et pour son bétail il fit des cabanes (soukkot)" : l'explication, son acquisition principale, c'est-à-dire acquérir le monde à venir, n'était rien d'autre que les unifications et l'attachement. Et comprends.

משנה (סוכה א: ח) "החוטט בגדיש לעשות לו סוכה", כי ידוע שסוכה היא יחוד, ואמר כשהצדיק הגדול רוצה לקרב ולהתחבר לעצמו את הכל בשוים כדי לעשות יחוד עמהם, זה אינו יכול לפעול, כי כל אחד צריך לעבוד בעצמו היטב לבוא אל היחוד האמת, וזהו "החוטט בגדיש" לרמוז על כל העולם הנקרא "גדיש", "פסולה משום תעשה", פירוש אתה תעשה בעצמך "ולא מן העשויה על ידי אחרים" וק"ל:

Michna (Soukka 1,8) : "celui qui creuse dans une meule de gerbes (gadich) pour s'y faire une soukka". Car il est connu que la soukka est unification (yihoud).

Et il dit : lorsque le grand juste veut rapprocher et rattacher à lui-même tout le monde de manière égale, afin de faire avec eux une unification, cela il ne peut l'accomplir, car chacun doit servir bien par lui-même pour parvenir à l'unification véritable. Et c'est "celui qui creuse dans la meule (gadich)" - allusion au monde entier, qui est appelé "gadich" ; "elle est invalide, en raison de [ce qui est écrit] : tu feras" : l'explication, toi, tu feras par toi-même, "et non pas de ce qui est déjà fait" par d'autres.

Et cela est facile à comprendre.

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