נועם אלימלך

Noam Elimelech — Sefer Bereshit, Vayetzei (2/2)

Rabbi Élimélech de Lizhensk
En bref

« Et Yaakov faisait paître le reste des brebis de Lavan » (Berechit 30,36) : pour le Noam Elimele'h, Lavan fait allusion à la Blancheur supérieure, les brebis à Israël. Yaakov répare le « reste » dans l'exil amer et adoucit les dinim (rigueurs) en miséricorde. Par les quatre parachiyot des tefilin, livneh, lah, louz et armon, il pela dans les bâtons des bandes de ''hessed jusqu'aux hassadim découverts, et établit que nous adoucissions les dinim par la Torah, les rehatim (rigoles). Le tsadik crée des cieux nouveaux : le décret n'a pas été porté dans ce monde-ci. Yaakov sépare ceux du secret supérieur pour la Che'hina ; les attachés à Israël dispensent tout bien.

Aussi : le puits dans le champ, Mal'hout, les trois troupeaux et la pierre des hitsonim ; l'ittouf des mondes et la prière du pauvre ; Moché dressant l'ohel moed, Yehochoua « naar » et Moché tiré des eaux

או יאמר "וירא והנה באר בשדה כו'", דהנה אנו אומרים "אלקי אברהם" כו׳ ואח"כ "האל הגדול" כו׳, וזה אחד, כי אין אבות אלא שלשה, ובשורשם בעולם האצילות נקראים גדולה גבורה תפארת, וזהו הגדול כו׳, כי תפארת נקרא נורא כידוע, וכל מעשינו בתורה ובמצוות הוא כדי להשפיע כל השפעות מלמעלה למדת מלכות הנקראת "באר מים חיים", וזה הוא פירוש והנה באר בשדה. "והנה שלשה עדרי צאן כו׳", שהאבות הם נקראים "עדרים" המשפיעים לנו ע"י מלכות, וזהו "מן הבאר ההוא ישקו כו׳", רק "והאבן גדולה על פי הבאר", כי ידוע שהחיצונים נקראים "אבן נגף" הם מעכבים השפע, וזהו "וגללו האבן מעל פי הבאר" שמסלקים החיצונים מהבאר כדי שתלך ההשפעה.

"והשיבו את האבן למקומה", כי לעתיד ישחט היצה"ר, היינו שהקליפות יבוער מן הארץ והרוחניות שבו ישאר והכל יוחזר להקדושה במהרה בימינו. אכי"ר.

Ou bien il dira : "Il regarda, et voici un puits dans le champ" etc. (Bereshit 29,2).

Car voici, nous disons "Dieu d'Avraham" etc., et ensuite "le Dieu grand" etc., et c'est une seule et même chose, car il n'y a de Patriarches que trois, et dans leur racine, dans le monde d'Atsilout (le monde de l'Émanation), ils sont appelés Guedoula, Guevoura, Tiferet (grandeur, rigueur, splendeur), et c'est là "le grand" etc., car Tiferet est appelé "redoutable" (nora), comme on le sait. Et toutes nos actions dans la Torah et dans les mitsvot ont pour but de faire descendre toutes les effusions d'en haut vers la midda (mesure, attribut) de Malkhout, qui est appelée "puits d'eaux vives", et tel est le sens de "et voici un puits dans le champ".

"Et voici trois troupeaux de brebis" etc. : les Patriarches sont appelés "troupeaux", eux qui font descendre l'effusion vers nous par l'intermédiaire de Malkhout, et c'est "de ce puits on abreuvait" etc. Seulement, "et la pierre était grande sur la bouche du puits", car il est connu que les forces extérieures (hitsonim, les kelipot) sont appelées "pierre d'achoppement" : ce sont elles qui retiennent l'effusion.

Et c'est "et ils roulaient la pierre de dessus la bouche du puits", c'est-à-dire qu'ils écartent les hitsonim du puits afin que l'effusion s'écoule. "Et ils remettaient la pierre à sa place" : car dans l'avenir le mauvais penchant (yetser hara) sera égorgé, c'est-à-dire que les kelipot (écorces, forces impures) seront consumées de la terre, et la spiritualité qui est en elles subsistera, et tout retournera à la sainteté, rapidement et de nos jours.

Amen, telle soit la volonté divine.

ויעקב היה רועה את צאן לבן הנותרות, נ"ל לפרש ד"לבן" רמז ללובן העליון ו"צאן" רמז לישראל צאן קדשים, ויעקב אבינו ע"ה היה רוצה לתקן לישראל בגלות המר והמתיק הדינים מעליהם, וזהו ה"נותרות" רמז לגלות המר שאנחנו נותרנו מעט מהרבה, וזהו "רועה את צאן" היינו ישראל הנותרים בגלות המר היה רועה אותן, וממתיק הדינים מהם לרחמים.

"Et Yaakov faisait paître le reste des brebis de Lavan" (Bereshit 30,36). Il me semble expliquer que "Lavan" (blanc) fait allusion à la Blancheur supérieure (loven ha-elyon, la source toute de miséricorde), et que les "brebis" (tson) font allusion à Israël, les brebis saintes.

Et Yaakov notre père, la paix sur lui, voulait réparer Israël dans l'exil amer et adoucir les dinim (rigueurs) qui pesaient sur eux. Et c'est là "le reste" : allusion à l'exil amer, où nous ne sommes restés que peu nombreux sur un grand nombre.

Et c'est "il faisait paître les brebis", c'est-à-dire Israël, ceux qui restent dans l'exil amer : il les faisait paître et adoucissait pour eux les rigueurs en miséricorde.

"ויקח מקל" רמז לדינים ע"ד שבטך ומשענתך, דהיינו השבט והמקל הם הדינים השולטים חלילה, הלך יעקב לתקנם ולהמתיקם ע"י ד׳ פרשיות תפילין הקדושים המרומזים בארבע תיבות אלו "לבנה, לח, לוז וערמון", דארבע פרשיות של תפילין הם רומזים על החסד ורחמים ודין וגבורה, דהיינו "ואהבת" הוא אהבה וחסד, "והיה אם שמוע" הוא רחמים, דכתיב בה ונתתי מטר ארצכם שהוא ע"י הרחמים, "קדש" הוא דין, שהכה בכורי מצרים, "והיה כי יביאך" הוא גבורה, שנאמר בה כי ביד חזקה כו׳. וד׳ תיבות אלו רומזים ג"כ רמזים הנ"ל, דהיינו "לבנה" רמז לחסד כולו לבן, "לח" רמז למים היינו רחמים, "לוז וערמון" רמז לדין וגבורה, כמ"ש בזוהר, וע"י הד' פרשיות היה ממתיק הדינים.

"ויפצל בהם פצלות לבנות" ר"ל שפיצל בהדינים פצלות, היינו חסד ורחמים, "מחשוף הלבן" דהיינו שהמתיקם עד שנתגלו החסדים המגולים "אשר על המקלות".

"Et il prit un bâton" (Bereshit 30,37) : allusion aux dinim, dans l'esprit de "ton bâton (chevet) et ton appui" (Tehilim 23,4), c'est-à-dire que le sceptre et le bâton sont les rigueurs qui dominent, à Dieu ne plaise. Yaakov alla les réparer et les adoucir par les quatre passages (parachiyot) des saints tefilin, auxquels font allusion ces quatre mots : "livneh (peuplier), lah (frais), louz (noisetier) et armon (platane)".

Car les quatre parachiyot des tefilin font allusion au 'hessed et à la miséricorde, au din et à la guevoura : ainsi "Véahavta" (Et tu aimeras) est amour et 'hessed ; "Vehaya im chamoa" est miséricorde, car il y est écrit "et je donnerai la pluie de votre terre" (Devarim 11,14), ce qui se fait par la miséricorde ; "Kadech" est din, car Il y frappa les premiers-nés d'Égypte ; "Vehaya ki yéviakha" est guevoura, car il y est dit "car c'est par une main forte" etc. (Chemot 13,14).

Et ces quatre mots font eux aussi allusion aux mêmes choses : "livneh" fait allusion au 'hessed, tout entier blanc (lavan) ; "lah" (humide) fait allusion aux eaux, c'est-à-dire à la miséricorde ; "louz et armon" font allusion au din et à la guevoura, comme il est écrit dans le Zohar. Et par les quatre parachiyot il adoucissait les rigueurs.

"Et il y pela des bandes blanches" : cela veut dire qu'il pela dans les rigueurs des bandes, c'est-à-dire 'hessed et miséricorde ; "mettant à nu le blanc" : c'est-à-dire qu'il les adoucit jusqu'à ce que se révèlent les hassadim découverts, "qui étaient sur les bâtons".

"ויצג את המקלות אשר פצל ברהטים" ר"ל שהציג ופעל שנהיה אנחנו ג"כ יכולים להמתיק הדינים ע"י התורה, והיינו "ברהטים בשקתות המים" רמז להתורה הקדושה הנקראת ברהטים כדאיתא בזוהר הקדוש, "אשר תבואנה הצאן לשתות" ר"ל כאשר יבואו הצאן קדשים, דהיינו ישראל, לשתות התורה וללמדה "לנוכח הצאן", אז יהיה לנוכח לפניהם כל המאורעות והצטרכות ישראל בגלות המר הזה, "ויחמנה בבואן לשתות" דהיינו שיבוא להם חימום גדול בלימוד הזה.

"Et il plaça les bâtons qu'il avait pelés dans les rigoles" (Bereshit 30,38) : cela veut dire qu'il établit et accomplit que nous aussi nous puissions adoucir les rigueurs par la Torah. Et c'est "dans les rigoles (rehatim), dans les abreuvoirs d'eau" : allusion à la sainte Torah, qui est appelée "rehatim", comme il est rapporté dans le saint Zohar.

"Où venaient boire les brebis" : cela veut dire lorsque viendront les brebis saintes, c'est-à-dire Israël, pour boire la Torah et l'étudier ; "en face des brebis" : alors se tiendront face à eux tous les événements et tous les besoins d'Israël dans cet exil amer ; "et elles entraient en chaleur en venant boire" : c'est-à-dire qu'il leur viendra un grand échauffement dans cette étude.

"ויחמו הצאן אל המקלות", ר"ל שיבואו להם חימום על הדינים ועל המאורעות אשר לא טובים, "ותלדנה הצאן עקודים כו׳", דאיתא בספרים הקדושים דיש עולמות נקראים כן "עקודים כו׳", שבראם הבורא ב"ה בתחילה והם היו דין ואח"כ החריבם ובראם מחדש ומזגם ברחמים, והצדיק בתורתו הקדושה הוא בורא שמים חדשים, וכבר אמרתי הטעם שהצדיק יכול לבטל הדינים, הקב"ה גוזר והצדיק מבטל, הוא עי"ז מחמת שהגזירה נגזרה באיזה עולם והצדיק עושה שמים חדשים ונמצא לא היה הגזירה בזה העולם וממילא הגזירה בטילה, וזהו "ותלדנה הצאך עקודים", ר"ל שהם עצמם מולידים ועושים עולמות ועושים אותם רחמים גמורים.

"Et les brebis s'échauffèrent devant les bâtons" (Bereshit 30,39) : cela veut dire qu'il leur viendra un échauffement au sujet des rigueurs et des événements qui ne sont pas bons. "Et les brebis mirent bas des akoudim" etc. : car il est rapporté dans les livres saints qu'il existe des mondes appelés ainsi, "Akoudim" (les mondes liés, première ébauche de la création) etc., que le Créateur, béni soit-Il, créa au commencement ; ils étaient din, puis Il les détruisit et les recréa à nouveau, et les tempéra de miséricorde.

Et le tsadik, par sa sainte Torah, crée des cieux nouveaux. Et j'ai déjà dit la raison pour laquelle le tsadik peut annuler les rigueurs -- le Saint, béni soit-Il, décrète et le tsadik annule : c'est parce que le décret a été décrété dans un certain monde, et le tsadik fait des cieux nouveaux ; il se trouve donc que le décret n'a pas été porte dans ce monde-ci, et de ce fait le décret est annulé.

Et c'est "et les brebis mirent bas des akoudim" : cela veut dire qu'elles-mêmes engendrent et font des mondes, et les font de miséricorde parfaite.

"והכשבים הפריד יעקב", ר"ל כבש וכשב הוא אחד. והוא כאילו נכתב "כבשים", והיינו רמז לאותן שבאים בסוד עליון מלשון בהדי כבשי דרחמנא כו׳, אותם הפריד יעקב, דהיינו שיהא כל עבודתם על השכינה שיהיה לה עליה, ולא כנ"ל, "ויתן פני הצאן אל עקוד", דאיתא כל האומר העקידה ומכווין כאילו עוקד עצמו ע"ג המזבח, אזי הקב"ה מצרף מחשבתו למעשה וזוכר זכות עקידתו לישראל, וזהו "ויתן פני הצאן אל עקוד" אל זה שעוקד עצמו כנ"ל, "וכל חום בצאן לבן" ר"ל אותם הצדיקים שהם בין צאן לבן, הם ישראל כנ"ל שבאו בסוד העליון ומחממים עצמם להעלות את השכינה, "וישת לו עדרים לבדו", "ולא שתם על צאן לבן" ר"ל שלא שתם על ישראל שעל ידם יהיו ההשפעות לישראל.

"Et Yaakov sépara les agneaux (kessavim)" (Bereshit 30,40) : cela veut dire que kevess et kessev sont un seul et même mot, et c'est comme s'il était écrit "kevassim" ; et c'est là une allusion à ceux qui entrent dans le secret supérieur, du langage de "avec les choses cachées (kivchei) du Miséricordieux, qu'as-tu affaire" etc. (Berakhot 10a).

Ceux-là, Yaakov les sépara, c'est-à-dire que tout leur service serait pour la Chekhina, afin qu'elle connaisse une élévation, et non comme il a été dit plus haut. "Et il tourna la face des brebis vers ce qui était rayé (akod)" : car il est rapporté que quiconque récite la Akeda (la ligature d'Its'hak) et s'y concentre, c'est comme s'il se ligotait lui-même sur l'autel ; alors le Saint, béni soit-Il, joint sa pensée à l'acte et se souvient en faveur d'Israël du mérite de cette ligature.

Et c'est "et il tourna la face des brebis vers akod" : vers celui qui se ligote lui-même, comme il a été dit. "Et tout ce qui était brun (houm) dans le troupeau de Lavan" : cela veut dire ces tsadikim qui se trouvent parmi les brebis de Lavan, ce sont Israël comme il a été dit, ceux qui sont entrés dans le secret supérieur et qui s'échauffent eux-mêmes pour élever la Chekhina.

"Et il se fit des troupeaux à part", "et il ne les mit pas avec les brebis de Lavan" : cela veut dire qu'il ne les plaça pas sur Israël, eux par qui viendraient les effusions vers Israël.

‎רק "והיה בכל יחם הצאן המקושרות" לשון התקשרות, ר"ל כי אם ע"י אותם הצדיקים שיש להם התקשרות עם כללות ישראל, ומחממים עצמם לבטל כל הדינים מישראל, הם משפיעים להם כל צרכיהם, "ושם יעקב את המקלות" היינו הדינים כנ"ל, שם אותם "לעיני הצאן ברהטים", ר"ל שהם ימתיקו הדינים ע"י התורה הקדושה, "ליחמנה במקלות" ר"ל בשביל שהם משגיחים על ישראל ומחממים עצמם עליהם להמתיק הדינים.

Seulement, "et il arrivait que chaque fois que s'échauffaient les brebis attachées (mekoucharot)" (Bereshit 30,41) -- du langage de hitkachrout (attachement, lien) : cela veut dire que c'est seulement par ces tsadikim qui ont un attachement avec l'ensemble d'Israël et qui s'échauffent eux-mêmes pour annuler toutes les rigueurs pesant sur Israël, que leur sont dispensés tous leurs besoins. "Et Yaakov plaçait les bâtons", c'est-à-dire les rigueurs comme il a été dit, il les plaçait "aux yeux des brebis, dans les rigoles" : cela veut dire qu'ils adouciront les rigueurs par la sainte Torah ; "afin qu'elles s'échauffent devant les bâtons" : cela veut dire parce qu'ils veillent sur Israël et s'échauffent eux-mêmes pour eux afin d'adoucir les rigueurs.

"ובהעטיף הצאן לא ישים" ר"ל אותם הצדיקים העטופים בכל מגמותיהם רק להעלות את השכינה, לא שם עליהם הדבר הנ"ל, "והיה העטופים ללבן" ר"ל שאותם הצדיקים לא השגיחו רק לתקן לובן העליון להעלות השכינה, "והקשורים ליעקב" כנ"ל, אותם שיש להם התקשרות עם כללות ישראל, הם פועלים כל הצטרכות ההשפעות הנצרכים ליעקב, היינו לכל עם בני ישראל, משפיעים להם כל טוב לעולם. אמן.

"Et quand les brebis étaient chétives (béhaatif, littéralement : enveloppées), il ne les plaçait pas" (Bereshit 30,42) : cela veut dire que ces tsadikim qui sont enveloppés (atoufim) dans toutes leurs aspirations uniquement pour élever la Chekhina, il ne posait pas sur eux la chose susdite. "Et les enveloppées étaient pour Lavan" : cela veut dire que ces tsadikim ne regardaient qu'à réparer la Blancheur supérieure, pour élever la Chekhina.

"Et les attachées (kechourim) pour Yaakov", comme il a été dit : ceux qui ont un attachement avec l'ensemble d'Israël, ceux-là accomplissent tout ce qui est requis des effusions nécessaires à Yaakov, c'est-à-dire à tout le peuple des enfants d'Israël, et leur dispensent tout bien pour toujours. Amen.

או יאמר "והיה העטופים ללבן והקשורים ליעקב", דהנה כתוב "תפלה לעני יעטוף", דהנה הצדיק צריך להעלות העולמות התחתונים מלמטה למעלה עד שורשם וזה נקרא "עיטוף", דהיינו שכל עולם נעשה לבוש ועיטוף לעולם השני לו, וכן עד סוף כל המדרגות, ו"תפילה" הוא לשון חיבור כמו נפתולי אלקים, ומדת מלכות נקראת "עני" דלית לה מגרמה כלום כדאיתא בזוהר, "ולפני ה׳ ישפוך שיחו" פירוש שהצדיק צריך להעלות במחשבתו בדביקותו עד רום המעלות שהוא מקום הלובן שכולו רחמים, וזהו לפני ה׳ כו׳, וזהו "והיה העטופים ללבן כו׳".

Ou bien il dira : "Et les enveloppées étaient pour Lavan, et les attachées pour Yaakov". Car voici, il est écrit "Prière du pauvre lorsqu'il défaille (yaatof, littéralement : lorsqu'il s'enveloppe)" (Tehilim 102,1).

Voici, le tsadik doit élever les mondes inférieurs, d'en bas vers en haut, jusqu'à leur racine, et cela s'appelle "ittouf" (enveloppement), c'est-à-dire que chaque monde devient vêtement et enveloppe pour le monde qui vient après lui, et ainsi jusqu'au terme de tous les degrés. Et "tefila" (prière) est du langage de la liaison, comme dans "naftoulei Elokim" (les liens-luttes de Dieu, Bereshit 30,8).

Et la midda de Malkhout est appelée "pauvre", car elle n'a rien d'elle-même, comme il est rapporté dans le Zohar. "Et devant le Nom il répand sa plainte" : le sens est que le tsadik doit s'élever par sa pensée, dans son attachement (devekout), jusqu'au sommet des degrés, qui est le lieu de la Blancheur, tout entier miséricorde, et c'est "devant le Nom" etc.

Et c'est "et les enveloppées étaient pour Lavan" etc.

‎והנה כתיב "ומשה יקח את האהל ונטה לו כו׳ וקרא לו אהל מועד", כי הצדיק מתדבק בשרשו ברום המעלות בהתבודדותו ובמחשבתו ומקשר נפשו בעולמות העליונים וממשיך השפע למטה, וזהו "אהל מועד" מלשון מועד ויום טוב ושבת, כי ביום טוב ושבת הוא עת רצון, כי רעווא דרעווין אשתכח וכל דינין מתכפיין, וזהו "והקשורים ליעקב" ע"י שהם מקשרים עצמם במחשבתם כנ"ל הם ממשיכים השפעות ליעקב. ויהושע שהיה במדרגה פחותה ממנו כתיב "יהושע בן נון נער לא ימיש מתוך האהל", כידוע שבימי החול השכינה מלובש במט"ט הנקרא "נער" וכל העולמות מקבלים על ידו, ובזה יבואר הפסוק "ותקרא שמו משה כי מן המים משיתהו" פירוש כי כוונת מצרים היתה שהיה ידוע להם שמשה הוא משורש כל החסדים, ולכן השליכו אותו למים כדכתיב ויהי מבדיל בין מים למים, ובת פרעה החזירתו לשורשו, דהיינו שהסירה אותו ממים התחתונים ונתדבק בשורשו.

והבן.

Et voici, il est écrit "Et Moché prenait la tente et la dressait pour lui" etc. "et il l'appelait tente d'assignation (ohel moed)" (Chemot 33,7), car le tsadik s'attache à sa racine au sommet des degrés, par son isolement (hitbodedout) et par sa pensée, et il lie son âme aux mondes supérieurs et fait descendre l'effusion en bas.

Et c'est "ohel moed", du langage de moed (temps fixé), de yom tov et de chabbat, car au jour de fête et au chabbat c'est un temps de faveur, car "la volonté des volontés (raava deraavin) se trouve alors la, et toutes les rigueurs sont soumises". Et c'est "et les attachées pour Yaakov" : parce qu'ils s'attachent eux-mêmes par leur pensée, comme il a été dit, ils font descendre les effusions vers Yaakov.

Et de Yehochoua, qui était à un degré inférieur au sien, il est écrit "Yehochoua fils de Noun, un jeune homme (naar), ne bougeait pas de l'intérieur de la tente" (Chemot 33,11), car il est connu que dans les jours ordinaires la Chekhina est revêtue dans Metatron (Matât), qui est appelé "naar" (jeune homme), et tous les mondes reçoivent par son intermédiaire. Et par là s'explique le verset "et elle l'appela du nom de Moché, car je l'ai tiré des eaux" (Chemot 2,10) : le sens est que telle était l'intention des Égyptiens, car il leur était connu que Moché provient de la racine de tous les hassadim, et c'est pourquoi ils le jetèrent aux eaux, ainsi qu'il est écrit "et qu'il sépare entre les eaux et les eaux" (Bereshit 1,6) ; et la fille de Pharaon le ramena à sa racine, c'est-à-dire qu'elle l'ôta des eaux inférieures et qu'il s'attacha à sa racine.

Comprends.

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