« Et telles sont les générations d'Its'hak fils d'Avraham » (Berechit 25,19) : Rachi explique « Yaakov et Esav dont il est question dans la paracha ». Selon le Noam Elimele'h, par voie d'allusion, Its'hak désigne la rigueur (din) et Avraham le ''hessed ; après la rigueur naît le ''hessed, et « Avraham engendra Its'hak » signifie qu'après le ''hessed naît la rigueur. Les tsadikim ont un commencement de souffrances et une fin de sérénité, les méchants l'inverse. Cette allusion est dite de Yaakov et d'Esav.
Aussi : le yetser hara qui présente la transgression comme une mitsva, et l'averah lichma du tsadik ; les cent bénédictions, l'amour et la crainte qui éveillent les miséricordes ; l'éveil d'en bas pour les enfants, la vie et la subsistance.
ואלה תולדות יצחק בן אברהם כו'. פירש"י ז"ל "יעקב ועשו האמורים בפרשה", יש לפרש ע"ד הרמז, דיצחק רמז לדין ואברהם רמז לחסד כידוע, ואיתא צדיקים תחילתן יסורים וסופן שלוה ורשעים ההיפך, וזהו "אלה תולדות יצחק בן אברהם", ר"ל שאחר הדין נולד חסד, ו"אברהם הוליד את יצחק" ר"ל אחר החסד נולד דין, ופירש"י יעקב ועשו האמורים בפרשה כו', ר"ל הרמז הזה האמור בפרשה, נאמר על יעקב ועשו, דהיינו ליעקב תחילתו דין וסופו שלוה כנ"ל, ולעשו ההיפוך.
'Et telles sont les générations d'Its'hak fils d'Abraham' etc. (Genèse 25,19).
Rachi, de mémoire bénie, explique : 'Yaakov et Esav dont il est question dans la paracha'. On peut expliquer par voie d'allusion (remez) : Its'hak fait allusion à la rigueur (din) et Abraham fait allusion au 'hessed (bonté), comme on sait ; et il est enseigné que les tsadikim ont un commencement de souffrances et une fin de sérénité, et les méchants l'inverse.
Et c'est là 'telles sont les générations d'Its'hak fils d'Abraham' : c'est-à-dire qu'après la rigueur naît le 'hessed ; et 'Abraham engendra Its'hak' : c'est-à-dire qu'après le 'hessed naît la rigueur. Et Rachi explique 'Yaakov et Esav dont il est question dans la paracha' etc., c'est-à-dire que cette allusion énoncée dans la paracha est dite de Yaakov et d'Esav : pour Yaakov, le commencement est rigueur et la fin sérénité comme ci-dessus, et pour Esav c'est l'inverse.
או יאמר ג"כ ע"ד הרמז, דהנה אנו רואים מעשה בני אדם דהיינו הרשעים העושים רע, תחילת הסתת היצר הרע בהם הוא שאומר להם שזה הוא מצוה לעשות ובאמת היא עבירה גדולה, והצדיקים הנשמרים מעבירות, לפעמים עושים עבירה לשמה, כמו שמצינו מותר לשנות מפני דרכי השלום, וזהו "ואלה תולדות יצחק" דהיינו הדין הבא ע"י עבירות, הסיבה של עבירה הוא מחמת "בן אברהם" רמז למצוה, דהיינו שהיצה"ר אומר לו שהוא מצוה, ויש צדיקים שעושים עבירה לשמה כנ"ל, לזה רמז "אברהם הוליד את יצחק", ר"ל הצדיק הגדול לפעמים הוא מוליד "את יצחק" דהיינו דין, שעושה עבירה לפעמים לשמה מחמת רוב צדקתו. וק"ל.
Ou bien il dira de même par voie d'allusion : voici, nous voyons les actes des hommes, c'est-à-dire les méchants qui font le mal - le début de l'incitation du mauvais penchant (yetser hara) en eux consiste à leur dire que c'est une mitsva à accomplir, alors qu'en vérité c'est une grande transgression ; et les tsadikim, qui se gardent des transgressions, accomplissent parfois une transgression pour le Nom (averah lichma), comme nous trouvons qu'il est permis de modifier [ses paroles] en faveur des voies de la paix. Et c'est là 'Et telles sont les générations d'Its'hak', c'est-à-dire la rigueur qui vient par les transgressions : la cause de la transgression provient de 'fils d'Abraham', allusion à la mitsva, c'est-à-dire que le yetser hara lui dit que c'est une mitsva.
Et il y a des tsadikim qui accomplissent une transgression pour le Nom, comme ci-dessus, et c'est à cela que fait allusion 'Abraham engendra Its'hak' : c'est-à-dire que le grand tsadik engendre parfois 'Its'hak', c'est-à-dire la rigueur, car il accomplit parfois une transgression pour le Nom en raison de l'abondance de sa justice. Et cela se comprend aisément.
או יאמר "ואלה תולדות יצחק כו'". ונקדים לפרש הפסוק "ויזרע יצחק בארץ כו' וימצא מאה שערים", יש לומר הרמז, דהנה עבודת הצדיק הוא תמיד להרים את השכינה הקדושה שהיא ה"א אחרונה, וזהו שפירש"י "אומד זה למעשר", רמז בדבריו לדברינו הנ"ל, שהיה יצחק אומד עצמו למעשר, דהיינו תרומה דהכתוב קראה לתרומה מעשר כדאיתא בכמה דוכתא, תרומה פירוש תרום ה"א, ועיקר העבודה להשי"ת ע"י אהבה ויראה שזה רמז תרומה - תרי ממאה, דחייב אדם לברך מאה ברכות בכל יום וצריך לברכם באהבה וביראה, וזה נקרא "זריעה" אצל הצדיק, שע"י אהבה ויראה נזרע בו אור גדול, וזהו "אור זרוע לצדיק", ועל ידי זה ממילא נמצאים המאה שערים, דהיינו שע"י כל ברכה שהוא מברך הוא פותח שער אחד ממאה שערים העליונים שהם נקראים מאה ברכות דהיינו בריכות העליונים, וזהו "ויזרע יצחק" כנ"ל "וימצא מאה שערים" כנ"ל.
Ou bien il dira 'Et telles sont les générations d'Its'hak' etc. Introduisons par l'explication du verset 'Et Its'hak sema dans ce pays etc. et il trouva cent mesures (chéarim, portes)' (Genèse 26,12).
On peut dire l'allusion : voici, le service du tsadik consiste toujours à élever la sainte Chekhina, qui est le hé final [du Nom]. Et c'est ce qu'explique Rachi : 'cette évaluation était pour la dîme' - il a fait allusion dans ses paroles à ce que nous avons dit, car Its'hak s'évaluait lui-même pour la dîme, c'est-à-dire pour la terouma (prélèvement), car l'Écriture appelle la terouma 'dîme', comme il est enseigné en plusieurs endroits. 'Terouma (תרומה)' signifie 'tarom hé (תרום ה)' - élève la lettre hé.
Et l'essentiel du service de ה' béni soit-Il se fait par l'amour et la crainte, et c'est ce à quoi fait allusion 'terouma (תרומה)' - 'trei mi-méah (תרי ממאה)', deux sur cent : car l'homme est tenu de prononcer cent bénédictions chaque jour, et il doit les prononcer avec amour et avec crainte. Et cela s'appelle 'semaille' chez le tsadik, car par l'amour et la crainte une grande lumière est semée en lui, et c'est là 'une lumière est semée pour le juste' (Psaumes 97,11).
Et par cela se trouvent d'elles-mêmes les cent portes : par chaque bénédiction qu'il prononce, il ouvre une porte parmi les cent portes d'en haut, qui sont appelées 'cent bénédictions (berakhot, ברכות)', c'est-à-dire les réservoirs (berekhot, בריכות) d'en haut. Et c'est là 'Et Its'hak sema' comme ci-dessus, 'et il trouva cent portes' comme ci-dessus.
והנה ידוע דיש יראה הקודמת לאהבה דאהבה בא מתוך היראה, ויש יראה עליונה הבא מתוך אהבה. וזהו רמז "ואלה תולדות יצחק" דהיינו יראה שעל ידה נולד "בן אברהם" דהיינו אהבה.
ויש יראה הבא מתוך אהבה, ולזה רמז "אברהם" דהיינו אהבה "הוליד את יצחק" שהוא יראה. וזהו שפירש"י "יעקב ועשו האמורים בפרשה" ר"ל מה נפקא מינה בזה, ופירש"י דהנפקא מינה הוא שע"י היראה ואהבה נתעורר רחמים ונשברים הדינים, דהיינו "יעקב" רמז לרחמים ו"עשו" רמז לדינים, וזהו רמז "ואחר כן יצא אחיו וידו אוחזת בעקב עשו" פירוש, הגם שלפעמים מתגברים האומות ח"ו ורוצים להרע לישראל ח"ו ונראה כמעט שהדבר מוכן ח"ו לבוא, ולא כן הוא, שאחר הגעת סוף הדבר ח"ו שיוגמר, אזי יצא כח הצדיק ואוחז בסוף הדבר שלא יבוא כלל, וזהו "וידו" דהיינו כחו "אוחזת בעקב" דהיינו בסוף של "עשו" הרוצה כמעט לגמור הדבר, אזי אוחז ואינו מניחו ונתעורר רחמים גדולים על ישראל.
אמן.
Et voici, il est connu qu'il y a une crainte qui précède l'amour, car l'amour vient du sein de la crainte ; et il y a une crainte supérieure qui vient du sein de l'amour. Et c'est l'allusion de 'Et telles sont les générations d'Its'hak', c'est-à-dire la crainte par laquelle naît 'fils d'Abraham', c'est-à-dire l'amour.
Et il y a une crainte qui vient du sein de l'amour, et c'est à cela que fait allusion 'Abraham', c'est-à-dire l'amour, 'engendra Its'hak', qui est la crainte. Et c'est ce qu'explique Rachi : 'Yaakov et Esav dont il est question dans la paracha' - c'est-à-dire : quelle conséquence pratique en découle-t-il ?
Et Rachi explique que la conséquence pratique est que par la crainte et l'amour les miséricordes (rahamim) sont éveillées et les rigueurs (dinim) sont brisées, c'est-à-dire que 'Yaakov' fait allusion aux miséricordes et 'Esav' aux rigueurs. Et c'est l'allusion de 'et ensuite sortit son frère, et sa main tenait le talon d'Esav' (Genèse 25,26) : bien que parfois les nations prennent le dessus, à Dieu ne plaise, et veuillent nuire à Israël, à Dieu ne plaise, et qu'il semble presque que la chose soit prête à survenir, à Dieu ne plaise - il n'en est pas ainsi ; car lorsque la chose parvient à son terme, à Dieu ne plaise, sur le point de s'accomplir, alors sort la force du tsadik, et il saisit la fin de la chose pour qu'elle ne survienne pas du tout.
Et c'est là 'et sa main', c'est-à-dire sa force, 'tenait le talon', c'est-à-dire la fin, 'd'Esav' qui veut presque achever la chose : alors il le saisit et ne le laisse pas faire, et de grandes miséricordes sont éveillées sur Israël. Amen.
ויעתר יצחק כו'. נ"ל דהנה שלשה אלה - בני חיי ומזוני - צריך אתערותא דלתתא, שיתן הצדיק את דעתו עליהם שהם צורך לעולם, ועל ידי זה יוכל הצדיק להשפיע אותם לעולם.
אבל אם לא יהיה אתערותא דלתתא, בלתי אפשרי שיושפעו לעולם, גם אם יהיה צדיק בכל מחשבותיו וקדושתו לה', כי אם שצריך הצדיק לירד קצת ממדרגתו לחשוב עליהם שהם צורכי עולם אז הם נשפעים לעולם. וזהו שאמרו חז"ל "בני חיי ומזוני לאו בזכותא תליא מילתא", ר"ל לאו בזכות וצלילות של אדם לבד תליא מילתא, אלא במזלא לשון "יזל מים מדליו", ר"ל אלא ע"י הצדיק הממשיך השפעות שנותן דעתו ומחשבתו להזיל ולהמשיך אלו חיי בני ומזוני.
וזהו "על כל קרבנך תקריב מלח", מזלא גימטריא לחם דהיינו מזוני, ו"לחם" אותיות "מלח", ואמר הכתוב "על כל קרבנך" ר"ל בכל זאת שאתה מקרב את העולמות העליונים ע"י צדקתך וקדושתך, על כל זאת "תקריב מלח" פירוש תתן דעתך להקריב ולהשפיע לחם היינו מזוני.
'Et Its'hak implora' etc. (Genèse 25,21).
Il me semble que ces trois choses - les enfants, la vie et la subsistance (banei, hayei ou-mezonei) - requièrent un éveil d'en bas (itarouta di-letata) : que le tsadik y porte sa pensée, [reconnaissant] qu'elles sont un besoin du monde ; et par cela le tsadik peut les faire affluer vers le monde. Mais s'il n'y a pas d'éveil d'en bas, il est impossible qu'elles affluent vers le monde, même si le tsadik est tout entier, dans ses pensées et sa sainteté, tourné vers ה' ; car il faut que le tsadik descende quelque peu de son degré pour penser à elles comme aux besoins du monde - alors elles affluent vers le monde.
Et c'est ce qu'ont dit nos Sages : 'les enfants, la vie et la subsistance ne dépendent pas du mérite (zekhouta)' (Moed Katan 28a), c'est-à-dire : cela ne dépend pas du seul mérite ni de la seule limpidité de l'homme, mais du 'mazla', du langage de 'l'eau coulera (yizal) de ses seaux' (Nombres 24,7) - c'est-à-dire par le tsadik qui attire les influx, qui y porte sa pensée et son intention pour faire couler et attirer cette vie, ces enfants et cette subsistance. Et c'est là 'sur toute ton offrande tu offriras du sel' (Lévitique 2,13) : 'mazla (מזלא)' a la même guematria que 'le'hem (לחם)', le pain, c'est-à-dire la subsistance, et 'le'hem (לחם)' a les mêmes lettres que 'melah (מלח)', le sel.
Et l'Écriture dit 'sur toute ton offrande', c'est-à-dire : avec tout cela, alors que tu rapproches les mondes supérieurs par ta justice et ta sainteté, malgré tout cela 'tu offriras du sel', ce qui signifie : porte ta pensée à rapprocher et à faire affluer le 'le'hem', c'est-à-dire la subsistance.
והנה יצחק אבינו ע"ה היה כל מחשבותיו קדושים כולו לה', דהיינו לשבח ולתהילה להשי"ת ב"ה, דאצל הצדיקים גם התפילה שהם מתפללים נקרא תהילה, ולא היה עולה על מחשבתו להתפלל על זרע בעולם באופן הנ"ל, רק כל מגמותיו ותפילותיו היה לה' כנ"ל, וזהו "ויעתר יצחק לה' לנוכח" ר"ל זה היה התנגדות למחשבת "אשתו", שהיא היתה חושבת בכוונה הנ"ל שהזרע הוא צורך לעולם, וזהו "כי עקרה היא" ר"ל שהיתה מעלה המחשבה הזאת על דעתה, "ויעתר לו ה'" פירוש שהשי"ת הפך את רצון יצחק מכוונתו הראשונה להכוונה הנ"ל, "ויעתר" הוא ע"ד שאמרו חז"ל "למה נמשלו הצדיקים לעתר מה עתר מהפך התבואה בגורן", ונמצא עתר הוא לשון הפך, שהשי"ת עושה רצון להצדיק, וזהו "רצון יראיו יעשה" ר"ל שעושה רצון ליראיו, ואז כאשר הפך ה' את רצון יצחק שיהיה כוונתו על הזרע כנ"ל, "ותהר רבקה אשתו" ר"ל אז ידע שהרתה אשתו, ולא כן מתחילה לא ידע מזה כלל, כי היה דבוק כולו בה'.
Et voici, Its'hak notre père, la paix sur lui, avait toutes ses pensées saintes, entièrement tournées vers ה', c'est-à-dire vers la louange et l'éloge de ה' béni soit-Il ; car chez les tsadikim, même la prière qu'ils prient est appelée 'louange (tehila)'. Et il ne montait pas dans sa pensée de prier pour une descendance dans le monde de la manière susdite, mais toutes ses aspirations et toutes ses prières allaient vers ה' comme ci-dessus.
Et c'est là 'Et Its'hak implora ה' en face (le-nokhah) de son épouse' : c'est-à-dire que cela s'opposait à la pensée de 'son épouse', car elle, elle pensait selon l'intention susdite, que la descendance est un besoin du monde ; et c'est là 'car elle était stérile', c'est-à-dire qu'elle faisait monter cette pensée dans son esprit. 'Et ה' se laissa implorer par lui' : cela signifie que ה' béni soit-Il retourna la volonté d'Its'hak de son intention première vers l'intention susdite. 'Va-yeatar' est à comprendre selon ce qu'ont dit nos Sages : 'pourquoi les tsadikim sont-ils comparés à une fourche (éter) ? De même que la fourche retourne le grain dans l'aire' - il se trouve donc que 'éter' est un langage de retournement, car ה' béni soit-Il fait la volonté du tsadik, et c'est là 'la volonté de ceux qui Le craignent, Il l'accomplit' (Psaumes 145,19), c'est-à-dire qu'Il fait une volonté à ceux qui Le craignent.
Et alors, lorsque ה' eut retourné la volonté d'Its'hak pour que son intention porte sur la descendance comme ci-dessus, 'et Rivka son épouse conçut' : c'est-à-dire qu'alors il sut que son épouse avait conçu ; il n'en allait pas ainsi au début, il n'en savait rien du tout, car il était entièrement attaché à ה'.
"ויתרוצצו הבנים בקרבה ותאמר אם כן למה זה אנכי", דהנה רבקה היתה יודעת שבניה יקבלו התורה הקדושה, ובראותה כשהיתה עוברת על פתח בית הכנסת יעקב היה מפרכס לצאת ובפתח ע"ז היה עשו מפרכס לצאת כמו שדרשו חז"ל, והיא לא היתה יודעת שזה לה שני עוברים במעיה, רק היתה סוברת שזה עובר אחד שהוא מתגבר עיתים לטובה ועיתים לרעה, והיתה מצטערת ואומרת "אם כן" ר"ל אם חלילה באופן זה יהיה בני, וחלילה בקבלת התורה הקדושה יהיה בהם תערובת טוב ורע, "למה זה אנכי", למה לי קבלת התורה שפתח ב"אנכי" ה', כי התורה הקדושה צריכה להיות הכל בקדושה בלי תערובות חלילה. "ותלך לדרוש את ה'" דאיתא בגמרא "שותא דינוקא או דאבא או דאמא", והוא מחמת שהם שותפין בו וכל אחד מכניס בו חלקו לפי מהותו ומדרגתו, והיתה תולה החסרון בעצמה שהיא גורמת זאת, לכן "ותלך לדרוש את ה'" לתקן את חלקה כדי שיהיה כולו לטוב לה', "ויאמר ה' לה שני גויים בבטנך", זה יפנה לרשעו וזה לצדקו בשלימות.
'Et les enfants se heurtaient en son sein, et elle dit : s'il en est ainsi, pourquoi donc suis-je ?' (Genèse 25,22). Voici, Rivka savait que ses fils recevraient la sainte Torah ; et en voyant que, lorsqu'elle passait devant l'entrée d'une maison d'étude, Yaakov s'agitait pour sortir, et que devant l'entrée d'un lieu d'idolâtrie c'était Esav qui s'agitait pour sortir, comme l'ont exposé nos Sages - or elle ne savait pas qu'elle portait deux embryons dans ses entrailles, mais elle pensait qu'il n'y avait là qu'un seul embryon, qui tantôt prenait le dessus vers le bien et tantôt vers le mal - elle en souffrait et disait : 's'il en est ainsi', c'est-à-dire : si, à Dieu ne plaise, mon fils doit être de cette manière, et si, à Dieu ne plaise, il y aura en eux, à la réception de la sainte Torah, un mélange de bien et de mal, alors 'pourquoi donc suis-je ?' - pourquoi ai-je besoin de la réception de la Torah, qui s'ouvre par 'Anokhi ה'' ?
Car la sainte Torah doit être tout entière en sainteté, sans mélange, à Dieu ne plaise. 'Et elle alla consulter ה'' : il est enseigné dans la Guemara que 'le parler de l'enfant [au marché] vient soit du père, soit de la mère', et cela parce qu'ils sont associés en lui et que chacun y introduit sa part selon son essence et son degré ; et elle imputait le manque à elle-même, [pensant] que c'était elle qui le causait. C'est pourquoi 'elle alla consulter ה'', pour réparer sa part, afin que tout soit en bien pour ה'. 'Et ה' lui dit : deux nations sont dans ton ventre' (Genèse 25,23) - celui-ci se tournera vers sa méchanceté et celui-là vers sa justice, chacun pleinement.
וזהו "שבענו בבקר חסדך", "בוקר" הוא לשון ביקור, דהקרבן היה צריך ביקור למען תהיה אתערותא דלתתא, ששורש הקרבן היה בדביקות גדול בכוונות קדושים עליונים, והביקור היה למען אתערותא דלתתא, וזהו שהתפלל דוד המלך ע"ה "שבענו בבוקר כו'", ר"ל מה שצריך האדם לחשוב ולהעלות על דעתו את צורכי העולם, דהיינו ביקור החסדים הצריכין למען אתערותא דלתתא, אתה תעשה הרצון הזה כנ"ל "רצון יראיו יעשה", ולא מאתנו יבא הרצון רק אנחנו נהיה דבוקים בך, "ונרננה ונשמחה בכל ימינו", דהצדיק העובד ה' באמת הוא מתקן בכל יום ויום עולם אחר, ואין יום אחד דומה לחבירו, וזהו "ואברהם זקן בא בימים", ר"ל שהיה לו ימים הרבה, שכל פעם עלה ותיקן עולם הגבוה מחבירו, וזהו "ונרננה ונשמחה בכל ימינו", פירוש כאשר נהיה דבוקים בך בדבק טוב אזי "נרננה ונשמחה בכל ימינו". והבן.
Et c'est là 'rassasie-nous au matin (ba-boker) de Ta bonté' (Psaumes 90,14) : 'boker' est un langage de 'bikour', examen, car l'offrande devait être examinée afin qu'il y ait un éveil d'en bas ; car la racine de l'offrande était dans un grand attachement, avec de saintes intentions supérieures, et l'examen était afin qu'il y ait un éveil d'en bas. Et c'est ce qu'a prié le roi David, la paix sur lui : 'rassasie-nous au matin' etc., c'est-à-dire : ce que l'homme doit penser et faire monter dans son esprit, à savoir les besoins du monde - c'est-à-dire l'examen des hassadim (bontés) nécessaires afin qu'il y ait un éveil d'en bas - c'est Toi qui accompliras cette volonté, comme ci-dessus 'la volonté de ceux qui Le craignent, Il l'accomplit' ; et ce n'est pas de nous que viendra la volonté, nous, nous serons seulement attachés à Toi. 'Et nous chanterons et nous nous réjouirons tous nos jours' : car le tsadik qui sert ה' en vérité répare chaque jour un autre monde, et aucun jour ne ressemble à son compagnon.
Et c'est là 'et Abraham était vieux, avancé en jours' (Genèse 24,1), c'est-à-dire qu'il avait des jours nombreux, car chaque fois il montait et réparait un monde plus élevé que le précédent. Et c'est là 'et nous chanterons et nous nous réjouirons tous nos jours' : cela signifie que lorsque nous serons attachés à Toi d'un bon attachement, alors 'nous chanterons et nous nous réjouirons tous nos jours'.
Comprends bien.
ויהי רעב בארץ מלבד הרעב הראשון. לכאורה מה בא הכתוב להשמיענו בזה באומרו "מלבד הרעב הראשון"? אך נראה דהנה אצל אברהם נאמר "ויהי רעב בארץ וירד אברם מצרימה כו'", ולכאורה הלא הרעב שהיה אז בארץ היה אחד מעשרה נסיונות, ולמה הלך משם מפני הרעב והיה לו להתעכב שם בימי הרעב לעמוד בנסיונו.
'Et il y eut une famine dans le pays, outre la première famine' (Genèse 26,1). À première vue, que vient nous apprendre l'Écriture en disant 'outre la première famine' ?
Mais il apparaît ceci : chez Abraham il est dit 'et il y eut une famine dans le pays, et Abram descendit en Égypte' etc. (Genèse 12,10) ; or à première vue, la famine qui était alors dans le pays n'était-elle pas l'une des dix épreuves ?
Pourquoi donc partit-il de la à cause de la famine ? Il aurait dû s'attarder là durant les jours de famine pour tenir dans son épreuve.
אך הענין הוא, דהנה כשיש רשעים בדור שהם מעכבים ההשפעות, אזי הצדיק הרוצה להשפיע לעולם צריך לירד ממדריגתו עד סוף מדריגתו תחתונה ע"ד שאמר הכתוב ממעמקים קראתיך, ולכן בימי אברהם שהיה דורו רשעים והיה צריך לירד ממדריגתו לגמרי, לכן הוכרח לירד מצרימה ששם הוא מקום עב ומגושם ביותר כדי שיטה עצמו גם הוא ממדריגתו העליונה, שיהא יוכל להשפיע ע"י תפילתו, תפילה לעני כו', דהמתפלל צריך להיות כעני עומד על הפתח, אבל יצחק הגם שהיה דורו רשעים לא היה צריך לירד מצרימה כדי לגשם עצמו, דהנה ידוע דאותו דבר אשר כבר תיקן איזה צדיק בתפילתו, אזי אח"כ אם יארע לצדיק שיהיה אחריו ג"כ אותו הדבר, בקל הוא לו לפעול הדבר הזה מחמת שכבר תיקן הצדיק הקודם לו, ולטעם הזה אמר הכתוב "מלבד הרעב הראשון", כדי לתת טעם לזה שלא היה צריך יצחק לירד מצרים. וק"ל.
Mais voici la chose : lorsqu'il y a des méchants dans la génération, qui font obstacle aux influx, alors le tsadik qui veut faire affluer vers le monde doit descendre de son degré jusqu'au terme de son degré le plus bas, selon ce que dit l'Écriture 'des profondeurs je T'ai appelé' (Psaumes 130,1). C'est pourquoi, aux jours d'Abraham, dont la génération était faite de méchants et qui devait descendre entièrement de son degré, il fut contraint de descendre en Égypte, qui est le lieu le plus épais et le plus grossier, afin de s'abaisser lui aussi de son degré supérieur et de pouvoir faire affluer par sa prière - 'prière du pauvre' etc.
(Psaumes 102,1), car celui qui prie doit être comme un pauvre qui se tient à la porte. Mais Its'hak, bien que sa génération fut faite de méchants, n'eut pas besoin de descendre en Égypte pour se matérialiser ; car il est connu que la chose qu'un tsadik a déjà réparée par sa prière, si ensuite la même chose survient au tsadik qui vient après lui, il lui est facile d'accomplir cette chose, du fait que le tsadik qui l'a précédé l'a déjà réparée.
Et c'est pour ce motif que l'Écriture dit 'outre la première famine', afin de donner la raison pour laquelle Its'hak n'eut pas besoin de descendre en Égypte. Et cela se comprend aisément.
ויזרע יצחק בארץ ההיא כו'. דהנה דוד המלך ע"ה אמר "אור זרוע לצדיק כו'", יש לפרש דאור הוא זרוע אצל הצדיק, דהיינו הקדושה והאור שבו הוא כמו זריעה שעושה פירות, שהוא גורם בקדושתו התעוררות יראה על כל העולם וזורע בבני אדם האור הקדושה, "ולישרי לב שמחה" ר"ל ואותם שאינם רק ישרי לב, יש להם מדרגת שמחה, דהיינו שבני אדם שמחים עמהם בראותם אותם, אבל אינם יכולים להזריע אורות קדושות באחרים.
וזהו "ויזרע יצחק בארץ ההיא" כנ"ל, שהזריע בבני אדם יראה וקדושה, "וימצא בשנה ההיא מאה שערים", דחייב אדם לברך מאה ברכות בכל יום. והם נתקנו נגד מאה נפשות שהיו מתים בכל יום ותיקן דוד המלך ע"ה נגדם מאה ברכות, והצדיק הזה המזריע קדושה ויראה בבני אדם הרי הוא כאילו מחיה אותם, ועל ידי זה הוא גורם תיקון למאה שערים הידועים, כי לכל איש ואיש יש שער מיוחד לו, והמקיימו הוא מתקן אותו השער המיוחד.
'Et Its'hak sema dans ce pays' etc. (Genèse 26,12).
Voici, le roi David, la paix sur lui, a dit 'une lumière est semée pour le juste' etc. (Psaumes 97,11).
On peut expliquer que la lumière est semée chez le tsadik, c'est-à-dire que la sainteté et la lumière qui sont en lui sont comme une semaille qui produit des fruits, car par sa sainteté il provoque l'éveil de la crainte sur le monde entier et sème dans les hommes la lumière de la sainteté. 'Et pour les cœurs droits, la joie' : c'est-à-dire que ceux qui ne sont que droits de cœur ont le degré de la joie, à savoir que les hommes se réjouissent avec eux en les voyant, mais ils ne peuvent pas semer des lumières saintes en autrui. Et c'est là 'Et Its'hak sema dans ce pays' comme ci-dessus, car il sema dans les hommes la crainte et la sainteté ; 'et il trouva cette année-là cent mesures (chéarim, portes)' - car l'homme est tenu de prononcer cent bénédictions chaque jour, et elles ont été instituées en regard des cent personnes qui mouraient chaque jour, et le roi David, la paix sur lui, institua en regard d'elles cent bénédictions.
Et ce tsadik qui sème la sainteté et la crainte dans les hommes, c'est comme s'il les faisait vivre, et par cela il provoque une réparation (tikoun) pour les cent portes connues ; car chaque homme a une porte qui lui est propre, et celui qui le maintient en vie répare cette porte particulière.
"וכל הבארות אשר חפרו עבדי אברהם כו'", ולכאורה האיך מקושר הפסוק הזה לכאן? וגם מה בא להשמיענו בזה? וגם יש לדקדק שאמר לו אבימלך לך מאתנו כו', ונאמר בפסוק וילך משם יצחק ויחן בנחל גרר, ונמצא איך מובן הפסוק וישב ויחפור את בארות המים כו' הלא הלך משם. ורש"י ז"ל הרגיש בזה ע"ש.
ועל פי דרכינו הנ"ל הורה לנו התורה הקדושה דרכי בני אדם הנתעוררים ביראה ע"י הצדיק. ואח"כ אם תסור מהם היראה ע"י שלא התמידו עליה בתמידות להתגבר בדרכי השם, אזי נדמה להם שהם יראים ושלימים יותר מהצדיקים העובדים באמת, וזהו הפירוש כאן, שראו שיצחק היה מתגבר ביראתו וקדושתו, היה נדמה להם שאין מעשיו כראוי ואינם כמעשיהם שהם טובים ממנו, וזה הטעות בא להם מחמת שהחזיקו ביראה בימי אברהם ואח"כ היו נרפים ממנה, וזהו שאמר הכתוב "וכל הבארות" דהיינו מעיינות היראה והקדושה אשר נתעוררו ונחפרו ונפתחו ע"י אברהם אביו, "סתמום פלשתים" דהיינו אח"כ נסתם מהם המעיינות היראה, "וימלאום עפר" ר"ל בגשמיות, [שמילאו] את היראה במצות אנשים מלומדה.
'Et tous les puits qu'avaient creusés les serviteurs d'Abraham' etc. (Genèse 26,15).
À première vue, comment ce verset se rattache-t-il à ce qui précède ? Et aussi, que vient-il nous apprendre par là ?
Et il y a encore à examiner ceci : Avimelekh lui dit 'va-t'en de chez nous' etc. (Genèse 26,16), et il est dit dans le verset 'et Its'hak partit de là et campa dans la vallée de Guérar' (Genèse 26,17) ; comment donc comprendre le verset 'et il revint et creusa les puits d'eau' etc.
(Genèse 26,18), puisqu'il était parti de là ? Et Rachi, de mémoire bénie, a perçu cette difficulté, vois sur place.
Or, selon notre voie susdite, la sainte Torah nous a enseigné les voies des hommes qui sont éveillés à la crainte par le tsadik : ensuite, si la crainte se retire d'eux parce qu'ils n'y ont pas persévéré avec constance pour se renforcer dans les voies du Nom, alors il leur semble qu'ils sont plus craignants et plus accomplis que les tsadikim qui servent en vérité. Et telle est l'explication ici : voyant qu'Its'hak se renforçait dans sa crainte et dans sa sainteté, il leur semblait que ses actes n'étaient pas convenables et n'étaient pas comme les leurs, qui seraient meilleurs que les siens ; et cette erreur leur vint parce qu'ils s'étaient tenus à la crainte aux jours d'Abraham et qu'ensuite ils s'en étaient relâchés.
Et c'est ce que dit l'Écriture 'et tous les puits', c'est-à-dire les sources de la crainte et de la sainteté qui avaient été éveillées, creusées et ouvertes par Abraham son père, 'les Philistins les bouchèrent', c'est-à-dire qu'ensuite les sources de la crainte se bouchèrent pour eux, 'et ils les remplirent de terre', c'est-à-dire de matérialité, [car ils remplirent] la crainte d'un commandement d'hommes appris par habitude (Isaie 29,13).
לכן "ויאמר אבימלך לך מעמנו כי עצמת כו'", ר"ל שהיה נראה להם יראת יצחק דבר חדש ותימה ואינו מתוקן כמעשיהם, מה עשה יצחק? "וילך משם ויחן בנחל", דהנה צדיק הנ"ל שיש לו אור גדול בכדי שיוכל להזריע באחרים, אזי עליו הדבר מוטל להתאמץ בכל אופן בכל יכולתו כדי להכניס יראה בלב בני אדם.
C'est pourquoi 'et Avimelekh dit : va-t'en de chez nous, car tu es devenu bien plus puissant' etc. (Genèse 26,16), c'est-à-dire que la crainte d'Its'hak leur apparaissait comme une chose nouvelle et étrange, non conforme à leurs propres actes.
Que fit Its'hak ? 'Et il partit de là et campa dans la vallée' : voici, le tsadik susdit, qui possède une grande lumière au point de pouvoir la semer en autrui, il lui incombe de s'efforcer de toute manière et de tout son pouvoir afin d'introduire la crainte dans le cœur des hommes.