נועם אלימלך

Noam Elimelech — Sefer Bereshit, Lech Lecha (3/3)

Rabbi Élimélech de Lizhensk
En bref

« Et voici, la parole de Hachem lui fut adressée, en disant » (Berechit 15,4) : il aurait fallu « et Hachem lui dit », et « en disant » est superflu. Selon le Noam Elimele'h, Avraham a pris « ta récompense est très grande » pour ce monde-ci et a descendu de son degré en priant pour un fils. D.ieu le rétablit aussitôt : « voici » est une chose prête à l'instant, et il n'a plus que la parole de Hachem à dire. « Compte les étoiles » : contempler l'exaltation de D.ieu, et prier pour la descendance selon cette intention. Avraham eut foi et compta cela comme tsedaka pour sa descendance, un seul monde avec la tsedaka.

Aussi : l'éveil d'en bas par le compte des étoiles, la techouva, la prière et la tsedaka ; Anokhi, la Torah comme bouclier et récompense à chaque étude ; « à quoi saurai-je » comme révélation que l'héritage durera toujours

"והנה דבר ה׳ אליו לא יירשך זה ויוצא אותו החוצה כו׳ וספור הכוכבים אם תוכל לספור אותם ויאמר כה יהיה זרעך", ולכאורה היה לו לומר בקיצור כאשר לא תוכל לספור הכוכבים כן יהיה זרעך? אך דהנה אתערותא דלתתא הוא אתערותא דלעילא, וצריך האדם להתחיל מתחילה בדבר גשמי קצת, ע"ד שאמרו 'תשובה תפילה צדקה', [תשובה] הוא דבר גשמי קצת, דהיינו שמסגף עצמו בתענית, ואח"כ תפילה היינו דביקות, ואח"כ צדקה, וזה שאמר לו השי"ת "וספור הכוכבים", דהיינו התחלה יהיה מלמטה ע"י ספירת הכוכבים, ואברהם היה רוצה לעלות מיד למדריגה גדולה למעלה מן הכוכבים, וזהו "והאמין בה׳", מלשון 'ויהי אומן את הדסה', דהיינו שהיה מדבק עצמו וממשיך את עצמו למדריגה גדולה לה׳ מיד, "ויחשבה לו צדקה", ר"ל שהשי"ת עשה לו רצונו מיד והעלה אותו אל העולם עליון שהוא עולם המחשבה ושם הוא צדקה. והבן.

'Et voici, la parole du Nom lui [fut adressée] : celui-ci ne sera pas ton héritier ; et Il le fit sortir dehors, etc., et compte les étoiles, si tu peux les compter ; et Il lui dit : ainsi sera ta descendance' (Genèse 15,4-5). À première vue, il aurait dû dire brièvement : de même que tu ne peux pas compter les étoiles, ainsi sera ta descendance.

Mais voici : l'éveil d'en bas (itarouta di-letata) est [ce qui provoque] l'éveil d'en haut (itarouta di-le-eila), et l'homme doit commencer d'abord par une chose un peu matérielle, en la manière de ce qu'ils ont dit : 'la techouva, la prière et la tsedaka' ; [la techouva] est une chose un peu matérielle, c'est-à-dire qu'il mortifie son corps par le jeûne ; et ensuite la prière, à savoir l'attachement (devekout) ; et ensuite la tsedaka. Et c'est ce que le Nom, béni soit-Il, lui a dit : 'et compte les étoiles', c'est-à-dire que le commencement soit d'en bas, par le dénombrement des étoiles ; et Abraham voulait monter aussitôt vers un grand degré, au-dessus des étoiles.

Et c'est [le sens de] 'et il eut foi dans le Nom' (והאמין בה'), du langage de 'et il fut le nourricier (omén) de Hadassa' (Esther 2,7), c'est-à-dire qu'il s'attachait et se tirait lui-même aussitôt vers un grand degré, vers le Nom. 'Et Il le lui compta comme tsedaka' : cela veut dire (ratsa lomar) que le Nom, béni soit-Il, accomplit sa volonté aussitôt et le fit monter au monde supérieur, qui est le monde de la pensée, et là est la tsedaka. Et comprends.

עוד יש לפרש "אנכי מגן לך כו׳", פירושו ע"ד דאיתא בגמרא 'מצוה בעידנא דעסיק בה מגנא ומצלא, תורה בין בעידנא דעסיק בה ובין בעידנא דלא עסיק בה מגנא ומצלא', ונמצא כשלומד תורה פעם אחת התורה מגינה עליו גם בשעה שאינו לומד, וכשלומד שוב אזי מגיע לו שכר בעד הלימוד הזה, כי מה שלמד כבר הוא מגין עליו ואין צריך הלימוד השני להגן עליו. וזהו "אנכי", רמז להתורה הקדושה, הוא "מגן לך" ולכן "שכרך הרבה מאוד" כנ"ל עבור כל לימוד ולימוד שמגיע לך שכר.

וק"ל.

On peut encore expliquer 'Je suis un bouclier pour toi, etc.' (Genèse 15,1) : son explication est en la manière de ce qui est rapporté dans la Guemara : 'le commandement, au temps où l'on s'y occupe, protège et sauve ; la Torah, aussi bien au temps où l'on s'y occupe qu'au temps où l'on ne s'y occupe pas, protège et sauve' (Sota 21a). Il se trouve donc que lorsqu'il étudie la Torah une fois, la Torah le protège aussi à l'heure où il n'étudie pas ; et lorsqu'il étudie de nouveau, alors lui revient une récompense pour cette étude-ci, car ce qu'il a déjà étudié le protège, et cette seconde étude n'a pas besoin de le protéger.

Et c'est [le sens de] 'Anokhi' (אנכי, 'Je suis'), allusion à la sainte Torah : elle est 'un bouclier pour toi', et c'est pourquoi 'ta récompense est très grande', comme ci-dessus, car pour chaque étude et chaque étude te revient une récompense. Et cela est facile à comprendre.

והנה דבר ה׳ אליו לאמר. יש לדקדק על הלשון "והנה דבר ה׳", דהוי ליה למכתב 'ויאמר ה׳ אליו' כדרך הכתוב בכל התורה.

וגם מלת "לאמר" הוא מיותר, דאין שייך כאן לפרש מלת לאמר כפירושו בכל מקום שהוא לאמר לאחרים.

'Et voici, la parole du Nom lui [fut adressée], en disant' (Genèse 15,4). Il y a lieu de scruter de près l'expression 'et voici, la parole du Nom', car il aurait fallu écrire 'et le Nom lui dit', selon la manière dont l'Écriture s'exprime dans toute la Torah.

Et de même le mot 'en disant' (lemor) est superflu, car il n'est pas pertinent d'expliquer ici le mot 'lemor' comme il s'explique en tout autre endroit, à savoir : pour le dire à d'autres.

ונראה לפרש דהנה כשאמר הקב"ה לאברהם "שכרך הרבה מאוד" היה סובר שכוונת הש"י הוא על עניני עולם הזה דבהם שייך לשון ריבוי, דכל עניני עוה"ז הם דברים נפרדים ושייך בהם לשון הרבה שאמר לו השי"ת, ולא כן בעניני עוה"ב דאין שייך לשון הרבה על דבר רוחני, ולכן היה סובר אברהם שהוא על עניני עוה"ז, ועל זה אמר אברהם "מה תתן לי", פירוש למה לי עניני עוה"ז מאחר שאין לי בן, וירד ממדריגתו והתחיל להתפלל על בן, והשי"ת אינו מניח להצדיק שיטה את עצמו לירד ממדריגתו, לכן נאמר "והנה דבר ה׳ אליו לאמר", פירוש 'הנה' כדבר המוכן מיד, ר"ל מיד הכניסו הקב"ה למדריגתו שיהיה מוכן לאמר דבר ה׳, וזהו "הנה דבר ה׳ אליו לאמר", שהיה מיד במדריגה זאת שלא יהיה רק דבר ה׳ אליו לאמר תמיד, ולא עניני גשמיות עוה"ז כמו שעשה מתחילה. ואמר לו השי"ת "לא יירשך זה כו׳ ויוצא אותו החוצה", ר"ל שהוציאו אותו השי"ת לחוץ מהמדריגה הזאת שהיה ירד מתחילה, ואמר לו "הבט נא השמימה וספור הכוכבים", ר"ל שאמר לו השי"ת אל תשפיל עצמך לירד ממדריגתך לעניני עוה"ז, רק 'הבט נא השמימה' דהיינו להסתכל ברוממות אל, וביותר יוכל האדם לראות רוממות אל בהביטו השמימה ורואה הכוכבים במסילותם על משמרותם מזהירים בזוהר אורם, ומזה יבוא לאדם יראה להבין רוממותו יתברך, וזהו "וספור הכוכבים".

Et il semble d'expliquer ainsi. Voici, lorsque le Saint, béni soit-Il, dit à Abraham 'ta récompense est très grande', il pensait que l'intention du Nom, béni soit-Il, portait sur les choses de ce monde-ci, auxquelles s'applique le terme de multitude ; car toutes les choses de ce monde-ci sont des choses séparées, et le terme 'beaucoup' que le Nom, béni soit-Il, lui a dit s'y applique ; il n'en est pas ainsi des choses du monde à venir, où le terme 'beaucoup' ne s'applique pas à une chose spirituelle.

C'est pourquoi Abraham pensait que cela portait sur les choses de ce monde-ci, et à ce propos Abraham dit 'que me donneras-Tu ?' (Genèse 15,2), explication : pourquoi ai-je besoin des choses de ce monde-ci, puisque je n'ai pas de fils ? Et il descendit de son degré et se mit à prier pour un fils.

Or le Nom, béni soit-Il, ne laisse pas le tsadik s'incliner lui-même à descendre de son degré ; c'est pourquoi il est dit 'et voici, la parole du Nom vers lui, en disant', explication : 'voici' (hiné) se dit d'une chose prête à l'instant ; cela veut dire qu'aussitôt le Saint, béni soit-Il, le fit rentrer dans son degré, en sorte qu'il fut prêt à dire la parole du Nom. Et c'est [le sens de] 'voici, la parole du Nom vers lui, en disant' : qu'il fut aussitôt dans ce degré-ci, en sorte qu'il n'y ait plus pour lui que la parole du Nom à dire en permanence, et non les choses matérielles de ce monde-ci, comme il avait fait au début.

Et le Nom, béni soit-Il, lui dit 'celui-ci ne sera pas ton héritier, etc., et Il le fit sortir dehors' : cela veut dire que le Nom, béni soit-Il, le fit sortir hors de ce degré auquel il était descendu au début. Et Il lui dit 'regarde donc vers les cieux et compte les étoiles' : cela veut dire que le Nom, béni soit-Il, lui dit : n'abaisse pas ton âme à descendre de ton degré vers les choses de ce monde-ci, mais seulement 'regarde donc vers les cieux', c'est-à-dire contemple l'exaltation de Dieu (roumémout El) ; et c'est surtout en regardant vers les cieux que l'homme peut voir l'exaltation de Dieu, lorsqu'il voit les étoiles sur leurs orbites, à leurs postes, brillant dans l'éclat de leur lumière ; et de là vient à l'homme la crainte, pour comprendre Son exaltation, béni soit-Il.

Et c'est [le sens de] 'et compte les étoiles'.

ואגב אורחא נבאר מה שהקשו העולם, דאיתא בגמרא "הדר בא"י דומה כמי שיש לו אלקי והדר בחוץ לארץ דומה כמי שאין לו אלקי", ומקשים העולם הדיוקים אהדדי, דמתחילה אמר 'הדר בא"י דומה' כו', משמע אבל באמת אין לו, והדר אמר 'הדר בחוץ לארץ דומה כאין לו' כו', משמע אבל באמת יש לו. וע"פ הנ"ל יבואר דאיתא בגמרא "העומד בחו"ל ומתפלל יכוין לבו כנגד א"י, והעומד בא"י יכוין כנגד ירושלים", ונמצא כל תפילות ישראל הולכים דרך שער אחד, ונמצא האדם הרוצה שתהא תפילתו נשמעת צריך לכוין כאילו הוא מתפלל בא"י ובית המקדש בנוי ומזבח על מכונו בהיכלו והרי הוא כאילו דר עתה בא"י, ועל ידי זה הוא בא לבהירות ודביקות גמור להתפלל בכוונה שלימה ביראה ובאהבה כאילו עומד בבית קדשי קדשים.

וזהו דוגמא למה שכתבנו לעיל שצריך אדם להסתכל רוממות אל בראיות כוכבים ומזלות מי ברא אלה, כאילו רואה הכל בחוש הראות, כן צריך לצייר במחשבתו בעת תפילתו כאילו הוא ממש בא"י ובבית המקדש ורואה הכל בחוש הראות. וממילא מובן פירושו "הדר בא"י", כנ"ל שמצייר לעצמו כאילו עומד בא"י ועל ידי זה בא לו הבהירות בתפילתו, "דומה כמי שיש לו אלקי", ר"ל הרי הוא דומה לאותו האדם המסתכל רוממות אל להשיג את הבורא ב"ה ע"י פעולותיו המה הכוכבים כנ"ל, ובא לאמונה שלימה במציאות האל יתברך, "וכל הדר בחוץ לארץ", ר"ל שאינו מתנהג בעת תפילתו להשגיח כנ"ל, "דומה כמי שאין לו אלקי", ר"ל כמי שאינו משגיח לדעת אם יש לו אלקי.

Et chemin faisant, nous expliquerons ce que les gens ont objecté. Il est rapporté dans la Guemara : 'celui qui demeure en Terre d'Israël est semblable à celui qui a un Dieu, et celui qui demeure hors de la Terre est semblable à celui qui n'a pas de Dieu' (Ketoubot 110b).

Et les gens objectent que les deux formulations précises se contredisent l'une l'autre : d'abord il dit 'celui qui demeure en Terre d'Israël est semblable, etc.', ce qui implique qu'en vérité il n'en a pas ; et ensuite il dit 'celui qui demeure hors de la Terre est semblable à celui qui n'en a pas, etc.', ce qui implique qu'en vérité il en a. Et selon ce qui précède cela s'explique.

Il est rapporté dans la Guemara : 'celui qui se tient hors de la Terre et prie doit diriger son cœur vers la Terre d'Israël, et celui qui se tient en Terre d'Israël doit le diriger vers Jérusalem' (Berakhot 30a) ; il se trouve donc que toutes les prières d'Israël passent par une seule porte. Il se trouve donc que l'homme qui veut que sa prière soit entendue doit diriger son intention comme s'il priait en Terre d'Israël, le Temple étant bâti et l'autel sur sa base en son sanctuaire, et le voici comme s'il demeurait maintenant en Terre d'Israël ; et par cela il vient à la clarté (béhirout) et à un attachement (devekout) parfait, pour prier avec une intention complète, dans la crainte et dans l'amour, comme s'il se tenait dans le Saint des Saints.

Et cela est à l'image de ce que nous avons écrit plus haut, que l'homme doit contempler l'exaltation de Dieu par la vue des étoiles et des constellations, 'qui a créé celles-ci' (Isaie 40,26), comme s'il voyait tout par le sens de la vue ; de même doit-il se représenter en sa pensée, au temps de sa prière, comme s'il était réellement en Terre d'Israël et dans le Temple, et qu'il voyait tout par le sens de la vue. Et dès lors son explication se comprend : 'celui qui demeure en Terre d'Israël', comme ci-dessus, qu'il se représente à lui-même comme s'il se tenait en Terre d'Israël, et par cela lui vient la clarté dans sa prière ; 'est semblable à celui qui a un Dieu', cela veut dire qu'il est semblable à cet homme qui contemple l'exaltation de Dieu pour atteindre le Créateur, béni soit-Il, par Ses œuvres que sont les étoiles, comme ci-dessus, et qui vient à une foi parfaite dans l'existence de Dieu, béni soit-Il ; 'et tout celui qui demeure hors de la Terre', cela veut dire qu'il ne se conduit pas, au temps de sa prière, de manière à y prendre garde comme ci-dessus, 'est semblable à celui qui n'a pas de Dieu', cela veut dire : comme celui qui ne prend pas garde de savoir s'il a un Dieu.

ונחזור לביאור הכתוב שאמר לו השי"ת "וספור הכוכבים", דהיינו שתשגיח לרוממות אל, "ויאמר לו כה יהיה זרעך", דלכאורה 'יאמר לו' הוא מיותר, אך זה הוא אמירה אחרת, דהיינו שגם כוונת התפילה על הזרע יהיה ג"כ בדרך הכוונה זו הנוגע לרוממות אל ב"ה.

Et revenons à l'explication du verset, où le Nom, béni soit-Il, lui dit 'et compte les étoiles', c'est-à-dire que tu prennes garde à l'exaltation de Dieu ; 'et Il lui dit : ainsi sera ta descendance'. À première vue, 'et Il lui dit' est superflu ; mais ceci est une autre parole, à savoir que l'intention de la prière portant sur la descendance doit elle aussi être selon cette intention-ci qui touche à l'exaltation de Dieu, béni soit-Il.

או יאמר "כה יהיה כו׳", ר"ל שגם זרעך תראה שיתנהגו במדריגה זו, "והאמין בה'", פירוש שמיד פנה אברהם אל דברי השי"ת להחזיק באמונתו יתברך ע"י הסתכלותו ברוממותו יתברך ויתעלה, "ויחשבה לו צדקה", פירוש 'ויחשבה' קאי על אברהם, ו'לו' קאי על הזרע, שמיד קיים ועשה מצות ה׳ שחישב במחשבה על הזרע על הכוונה הנ"ל שיהיה הזרע כנגד עולם הצדקה, שצדקה וזרע הם בעולם אחד, ע"ד 'זרעו לכם לצדקה', דעיקר רוממות אל הוא במחשבה, שהוא אחד מג׳ מדריגות שצריך האדם לעבוד להשי"ת, בדיבור ובמעשה ובמחשבה, הדיבור היינו התורה הקדושה, ומעשה הם המצוות, ומחשבה הוא רוממות אל יתברך ויתעלה זכרו לעד ולנצח נצחים. אמן.

Ou bien il dira : 'ainsi sera, etc.', cela veut dire que ta descendance elle aussi, tu verras qu'elle se conduise dans ce degré-ci. 'Et il eut foi dans le Nom', explication : qu'aussitôt Abraham se tourna vers les paroles du Nom, béni soit-Il, pour se tenir fermement dans la foi en Lui, par sa contemplation de Son exaltation, béni et élevé soit-Il. 'Et il le lui compta comme tsedaka', explication : 'et il le compta' se rapporte à Abraham, et 'à lui' se rapporte à la descendance ; qu'aussitôt il accomplit et fit le commandement du Nom, en ce qu'il pensa dans la pensée au sujet de la descendance selon l'intention susdite, à savoir que la descendance corresponde au monde de la tsedaka ; car la tsedaka et la descendance sont dans un seul monde, en la manière de 'semez pour vous selon la tsedaka' (Osée 10,12). Car l'essentiel de l'exaltation de Dieu est dans la pensée, qui est l'un des trois degrés par lesquels l'homme doit servir le Nom, béni soit-Il : par la parole, par l'acte et par la pensée ; la parole, c'est la sainte Torah ; l'acte, ce sont les commandements ; et la pensée, c'est l'exaltation de Dieu, béni et élevé soit-Il, que Son souvenir soit pour toujours et pour l'éternité des éternités.

Amen.

ויאמר אליו כו' לתת [וכו'] לרשתה ויאמר במה אדע כו׳. לכאורה איך עלה על דעת הצדיק אברהם שישאל אות? ורש"י ז"ל הרגיש בזה, אך אין הלשון 'במה אדע' עולה שפיר.

אך נראה דמלת "אדע" הוא לשון התגלות על הדבר שיקום כן לעולם, וזהו שנאמר באברהם "עתה ידעתי כי ירא אלקים אתה", ולכאורה איך שייך אצל השי"ת ב"ה היודע מחשבות לומר עתה ידעתי? אלא פירושו ג"כ עתה נתגלה הדבר כי ירא אלקים אתה לעולם, דכל הדברים הם אצל השי"ת ב"ה בכח, ובניסיון העשירי הזה נתגלה הדבר שיהיה ירא אלקים לעולם. וכאן ג"כ הפירוש "במה אדע", באיזה אופן הוא הזכות להתגלות על הדבר, "כי אירשנה", שתהא הירושה זו לעולם בלי הפסק, כמה שדרשו חז"ל 'תינח בזמן שבית המקדש קיים' כו׳.

'Et Il lui dit, etc. : pour [te] donner [ce pays] afin que tu en hérites ; et il dit : à quoi saurai-je, etc.' (Genèse 15,7-8). À première vue, comment est-il monté à la pensée du tsadik Abraham de demander un signe ?

Et Rachi, de mémoire bénie, a senti cette difficulté ; mais l'expression 'à quoi saurai-je' ne s'ajuste pas bien. Or il semble que le mot 'je saurai' (eda) soit un langage de révélation sur la chose, [à savoir] qu'elle subsistera ainsi pour toujours.

Et c'est ce qui est dit à propos d'Abraham : 'maintenant Je sais que tu crains Elokim' (Genèse 22,12) ; et à première vue, comment cela s'applique-t-il auprès du Nom, béni soit-Il, qui connaît les pensées, de dire 'maintenant Je sais' ? Mais son explication est elle aussi : maintenant la chose s'est révélée, que tu crains Elokim pour toujours ; car toutes les choses sont auprès du Nom, béni soit-Il, en puissance, et par cette dixième épreuve la chose s'est révélée, qu'il serait craignant Elokim pour toujours.

Et ici aussi l'explication de 'à quoi saurai-je' est : par quel moyen y a-t-il le mérite d'une révélation sur la chose, 'que j'en hériterai', que cet héritage soit pour toujours sans interruption, selon ce qu'ont exposé nos sages, de mémoire bénie : 'cela vaut au temps où le Temple est debout', etc.

"ויאמר לו קחה לי עגלה משולשת", פירוש נגד זה שעשו ישראל ג׳ עגלים, אחד במדבר וב׳ בדן, נגד זה יש ג׳ פרים לישראל כפירוש רש"י ז"ל, "ועז משולשת", פירושו ג"כ בדרך זה, שעז הוא רמז לס"א, ולעומת זה יש בקדושה ג"כ עז כפירוש רש"י רמז לג׳ שעירים, "ואיל משולש", רמז לאילו של יצחק שהוא כחוט המשולש אשר לא במהרה ינתק, שאפרו של יצחק צבור לעולם, "ותור" רמז שיש צדיקים בכל דור ודור, כאשר אכתוב לקמן ש'תור' הוא רמז להצדיק המשפיע, "וגוזל", ע"ד שאמרו חז"ל "כל העולם ניזונין בצדקה והם ניזונין בזרוע", "ויקח לו את כל אלה כו׳ ויתן איש בתרו לקראת רעהו", דהיינו שהעמיד הכל זה לעומת זה כנ"ל, "ואת הצפור", רמז לישראל, "לא בתר", ר"ל נגד כללות ישראל אין לך דבר שישוער נגד זכותם, שגם רשעים מלאים מצוות כרימון.

'Et Il lui dit : prends pour Moi une génisse de trois ans' (Genèse 15,9), explication : en face de cela qu'Israël a fait trois veaux, un au désert et deux à Dan, en face de cela il y a trois taureaux pour Israël, selon l'explication de Rachi, de mémoire bénie. 'Et une chèvre de trois ans', son explication est aussi de cette manière : que la chèvre (ez) est une allusion à la sitra a'hra (le 'côté autre', les forces impures), et en face de cela il y a aussi dans la sainteté une chèvre, selon l'explication de Rachi, allusion aux trois boucs. 'Et un bélier de trois ans', allusion au bélier d'Its'hak, qui est comme 'le fil triple qui ne se rompt pas vite' (Ecclésiaste 4,12), car les cendres d'Its'hak sont amoncelées pour toujours. 'Et une tourterelle' (tor), allusion à ce qu'il y a des tsadikim dans chaque génération et chaque génération, comme je l'écrirai plus loin, que 'tor' est une allusion au tsadik qui fait affluer l'abondance (machpia). 'Et un pigeonneau', en la manière de ce qu'ont dit nos sages, de mémoire bénie : 'le monde entier est nourri par la tsedaka, et eux sont nourris par leur bras' (Berakhot 17b). 'Et il prit pour Lui tout cela, etc., et il plaça chaque moitié en face de sa compagne', c'est-à-dire qu'il dressa le tout l'un en face de l'autre, comme ci-dessus. 'Et l'oiseau', allusion à Israël, 'il ne le partagea pas', cela veut dire : en face de la totalité d'Israël, tu n'as aucune chose qui puisse être mise en balance avec leur mérite, car même les méchants sont pleins de commandements comme la grenade [de grains].

ונבאר הפסוק "כי יקרא קן צפור כו׳", פירוש "יקרא" לשון קריאה, ר"ל בעת שיצטרכו ישראל להקרא לפניו יתברך ע"י תפילות, ואמר הכתוב "לפניך בדרך", פירוש תדע שהדבר הזה מוכן 'לפניך' להתפלל עליהם באיזה מדריגה שאתה עומד בה, רק שיהיה 'בדרך', דהיינו בדרך ה׳, "בכל עץ", רמז בין שאתה במדריגה עליונה, "או על הארץ", ר"ל בין שאתה במדריגה תחתונה, "אפרוחים או ביצים", רמז ג"כ לב׳ מדריגות, דהיינו בין שיש לך כנפיים דהיינו יראה ואהבה, דהם נקראים כנפים לפרוח בהם בקדושה עליונה, "או ביצים", ר"ל בין שעדיין אינך במדריגה זו, רק שאתה מוכן למדריגה זו כמו הביצה המוכנת לצאת ממנה אפרוח, אעפ"כ יש לך להתפלל על כללות ישראל ויועיל תפילתך.

Et nous expliquerons le verset 'si un nid d'oiseau se rencontre [devant toi], etc.' (Deutéronome 22,6). Explication : 'yikaré' est un langage d'appel (kri'à), cela veut dire : au temps où Israël aura besoin d'être appelé devant Lui, béni soit-Il, par les prières.

Et l'Écriture a dit 'devant toi, sur le chemin', explication : sache que cette chose est prête 'devant toi', pour prier sur eux, dans quelque degré que tu te tiennes, seulement qu'il soit 'sur le chemin', c'est-à-dire dans la voie du Nom. 'Sur tout arbre', allusion : soit que tu sois dans un degré supérieur ; 'ou sur la terre', cela veut dire : soit que tu sois dans un degré inférieur. 'Des oisillons ou des œufs', allusion elle aussi à deux degrés : à savoir, soit que tu aies des ailes, c'est-à-dire la crainte et l'amour, qui sont appelés ailes pour voler par elles dans la sainteté supérieure ; 'ou des œufs', cela veut dire : soit que tu ne sois pas encore dans ce degré-ci, mais que tu sois seulement prêt pour ce degré, comme l'œuf qui est prêt à ce qu'un oisillon en sorte ; malgré cela, tu as à prier pour la totalité d'Israël, et ta prière sera utile.

ונחזור לביאור הכתוב, "וירד העיט על הפגרים", ר"ל הקליפה ירדה בשביל לעשות הכל לפגרים ח"ו, "וישב אותם אברם", דהיינו שהגביר החסדים על כולם.

Et revenons à l'explication du verset : 'et l'oiseau de proie descendit sur les cadavres' (Genèse 15,11), cela veut dire que la kelipa (l'écorce, la force impure) descendit afin de faire de tout cela des cadavres, à Dieu ne plaise ; 'et Abram les repoussa', c'est-à-dire qu'il fit prévaloir les hassadim (les bontés) sur eux tous.

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