נועם אלימלך

Noam Elimelech — Sefer Bereshit, Bereshit (2/2)

Rabbi Élimélech de Lizhensk
En bref

Ce passage poursuit : le Noam Elimele'h rapporte des Ketavim du Ari Z"L que « et le souffle d'Elokim planait » ce sont les lettres de rap"h met, les 288 étincelles tombées à la brisure des kelim (les récipients). S'Il avait dit « que la lumière soit », elle serait revenue à son état premier et le service des tsadikim n'aurait plus été nécessaire. Il posa Son regard sur la lumière pour aider le tsadik ; « ki tov » désigne le tsadik, et Il mit ces lumières en réserve pour les tsadikim. Avant la chute, dans le monde de la pensée, c'était par la mesure de la rigueur ; après Il associa la mesure de la miséricorde, car les tsadikim en ont besoin.

Aussi : « l'homme connut 'Hava » à l'heure de l'union, et elle enfanta Kayin ; le tsadik véritable, appelé Éden, répand une lumière sur le jardin ; les quatre fleuves sont quatre degrés de tsadikim

ונראה לפרש דאיתא בכתבים 'ורוח אלקים "מרחפת" - אותיות "רפ"ח מ"ת", רמז על הרפ"ח ניצוצים שנפלו בשבירת הכלים והיא עבודתינו לתקן להעלות אותן הניצוצות, וזהו "ויאמר אלקים כו' וירא א-להים את האור כי טוב", דלכאורה ג"כ אינו מובן, וכי שייך אצלו יתברך שאחר שראה הבין שהוא טוב ולא קודם? חלילה לומר ולחשוב כך אצל הבורא יתברך. אך הענין והשורש הוא כך שהדיבור של הבורא יתברך היוצא מפיו יתברך נשלם הכל בו ואין צריך עוד לשום תיקון כלל, כי נתקן הכל במאמר פיו יתברך, נמצא בעת נפילת הרפ"ח ניצוצין, אם היה אומר כביכול ברוח פיו דברים אלו 'יהי אור', היה מיד חוזר האור לקדמותו כמו שהיה בעת שהאציל קודם שבירה, והשי"ת ב"ה חפץ דווקא בעבודת הצדיקים שהם יעלו אותם הניצוצות, ואם היה אומר בדיבורו כנ"ל לא היה צורך לעליית הצדיקים, ואם לא היה עושה הש"י שום פעולה כביכול, לא היה ביכולת הצדיקים לפעול כל זאת כמו שאמרו ז"ל "לולא הקב"ה עוזרו כו'", ולכן עשה השי"ת ברוב רחמיו הגדולים ובחכמתו הרמה וראה והביט באור ההוא, פירוש באותן הניצוצות, בראייתו והשגחתו פעל עזר לצדיק שיהא יכולת ביד הצדיק להעלותם.

Et il semble que l'on puisse expliquer ainsi, car il est dit dans les Ketavim (les écrits du Ari zal) : 'et le souffle d'Elokim planait (merahefet)' - ce sont les lettres de rap"h met (רפ"ח מ"ת, '288 mortes'), allusion aux 288 (רפ"ח) étincelles qui sont tombées lors de la brisure des kelim (les récipients), et c'est notre travail de les réparer, d'élever ces étincelles. Et c'est le sens de 'et Elokim dit... et Elokim vit la lumière, qu'elle était bonne' (Bereshit 1,3-4).

À première vue cela non plus n'est pas compréhensible : est-il concevable à Son égard, béni soit-Il, qu'après avoir vu Il ait compris qu'elle était bonne, et non auparavant ? À Dieu ne plaise de dire et de penser ainsi au sujet du Créateur béni soit-Il.

Mais le fond et la racine de la chose sont ainsi : la parole du Créateur béni soit-Il, qui sort de Sa bouche, tout s'y accomplit parfaitement et il n'y faut plus aucun tikoun (réparation), car tout est réparé par l'énoncé de Sa bouche. Il se trouve donc qu'au moment de la chute des 288 étincelles, s'Il avait dit, pour ainsi dire, par le souffle de Sa bouche, ces mots : 'que la lumière soit', la lumière serait aussitôt revenue à son état premier, tel qu'il était au moment où Il émana, avant la brisure.

Or le Nom béni soit-Il désire précisément le service des tsadikim, que ce soient eux qui élèvent ces étincelles ; et s'Il avait parlé comme il vient d'être dit, l'élévation par les tsadikim n'aurait plus été nécessaire. Et si le Nom béni soit-Il n'avait accompli aucune action, pour ainsi dire, les tsadikim n'auraient pas eu la capacité d'opérer tout cela, comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie : 'si le Saint béni soit-Il ne l'aidait pas, il n'en viendrait pas à bout' (Kidouchin 30b).

C'est pourquoi le Nom béni soit-Il, dans l'abondance de Sa grande miséricorde et par Sa sagesse élevée, fit ceci : Il regarda et posa Son regard sur cette lumière - c'est-à-dire sur ces étincelles - et par Son regard et Sa providence Il opéra une aide pour le tsadik, afin que le tsadik ait la capacité de les élever.

וזהו פירוש הכתוב "ויאמר כו'", ר"ל אם היה אומר השי"ת 'יהי אור' מיד "ויהי אור", פירוש היה חוזר האור לקדמותו כנ"ל ולא היה לו לצדיק שום עבודה, והש"י ב"ה רצה דווקא בעבודת הצדיקים שהם יפעלו כל זאת, לכך "וירא אלקים את האור", פירוש שהביט וראה באור ההוא למען יהא עזר וסיוע לצדיק להעלות הניצוצין כנ"ל, וזהו "כי טוב", כמו שאחז"ל 'זה צדיק הנקרא טוב', וזהו שאמרו 'גנזו לצדיקים לעתיד לבוא', פירוש גנז אותן אורות לצדיקים שעתידין לבוא שיעלו אותן, "ויקרא א-להים לאור יום כו'", ר"ל כפשוטו, "ולחושך", דהיינו מה שהצדיק צריך לתקן ועדיין לא נתקן, כל זמן שאינו בתיקונו נקרא 'חושך', ו"קרא" אותו "לילה".

Et voici l'explication du verset 'et Il dit...' : c'est-à-dire que si le Nom béni soit-Il avait dit 'que la lumière soit', aussitôt 'et la lumière fut' - c'est-à-dire que la lumière serait revenue à son état premier comme il vient d'être dit, et le tsadik n'aurait eu aucun service à accomplir. Or le Nom béni soit-Il voulait précisément le service des tsadikim, que ce soient eux qui opèrent tout cela.

C'est pourquoi 'et Elokim vit la lumière' : cela signifie qu'Il posa Son regard et vit cette lumière, afin qu'il y ait aide et soutien pour le tsadik pour élever les étincelles comme il vient d'être dit. Et c'est 'qu'elle était bonne (ki tov)', comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie : 'ceci désigne le tsadik, qui est appelé bon'.

Et c'est ce qu'ils ont dit : 'Il la mit en réserve pour les tsadikim pour le temps à venir' (Haguiga 12a) - c'est-à-dire qu'Il mit ces lumières en réserve pour les tsadikim destinés à venir, afin qu'ils les élèvent. 'Et Elokim appela la lumière jour...' : cela au sens simple. 'Et les ténèbres', c'est-à-dire ce que le tsadik doit réparer et qui n'est pas encore réparé : tant que cela n'est pas dans son tikoun, cela s'appelle 'ténèbres', et Il l'a 'appelé' 'nuit'.

ואי"ה בביאת משיחנו שאז יתוקן הכל יהיה אחדות גמור, וזהו שרמז הכתוב "ויהי ערב", ר"ל כשיצמח משיח צדקינו במהרה ויהיה הלילה לערב, פירוש 'ערב' לשון מתיקות, גם לרמוז על השכינה הקדושה שהיא במערב, והיה לעת ערב יהיה אור יתוקן הכל ויבוא לאחדות גמור כמו שהיה קודם שבירת הכלים, "ויהי בוקר יום אחד", שיבוא הכל אל האחדות, שגם הלילה יהיה ליום ויהיה הכל אחד.

Et avec l'aide du Ciel, à la venue de notre Machiah, lorsque tout sera réparé, il y aura une unité parfaite. Et c'est ce à quoi le verset fait allusion par 'et il fut soir (vayehi erev)' : c'est-à-dire lorsque poindra bientôt le Machiah de notre justice et que la nuit deviendra 'erev' - le mot 'erev' ayant le sens de douceur (arev) ; et aussi pour faire allusion à la Chekhina sainte, qui est à l'ouest (maarav). 'Et il adviendra qu'au temps du soir il y aura de la lumière' (Zekharia 14,7) : tout sera réparé et viendra à une unité parfaite comme il en était avant la brisure des kelim. 'Et il fut matin, jour un' : que tout vienne à l'unité, que la nuit elle aussi devienne jour, et que tout soit un.

וזהו "מתחילה עלה במחשבה לבראו במידת הדין", פירוש קודם הנפילה הנקרא 'עולם המחשבה' היה במידת הדין, כי שם אין צריך לרחמים, "וראה" פירוש אחר הנפילה שהיה צריך לראיה כנ"ל, לפי "שאין העולם מתקיים" בלא צדיקים כנ"ל שהם צריכים להעלות אותן הניצוצין, "ושיתף מידת הרחמים" שהצדיקים צריכים לרחמים. והבן היטב.

Et c'est le sens de 'au début il monta dans la pensée de le créer par la mesure de la rigueur (midat hadin)' : c'est-à-dire qu'avant la chute, dans ce qui est appelé 'le monde de la pensée', c'était par la mesure de la rigueur, car là il n'est pas besoin de miséricorde. 'Et Il vit' : cela signifie après la chute, où il fallait une vision comme il vient d'être dit, parce que 'le monde ne peut subsister' sans les tsadikim, comme il vient d'être dit, eux qui doivent élever ces étincelles ; 'et Il associa la mesure de la miséricorde (midat harahamim)', car les tsadikim ont besoin de miséricorde. Et comprends bien.

והאדם ידע את חוה אשתו ותהר ותלד את קין. לכאורה מלת "ידע" אינו מובן פירושו, דהיה יכול לומר "והאדם בא אל חוה" כו'.

אך הענין הוא ע"ד דאיתא באברהם אבינו ע"ה "הנה נא ידעתי כי אשה יפת מראה את", ושמעתי דאיתא בספר דמחמת שבא אברהם למצרים ששם היו שטופים בזימה, ומחמת מחשבתם בהרהורי זנות הכניסו ג"כ הרהור בלבו לאשתו, ולכן אמר "הנה נא ידעתי", ושמעתי באורך אך תפסתי הקיצור. כי כן הוא דרך הצדיק האמיתי שאין לו שום מחשבה והרהור ותאוה אפילו באשתו, ואפילו בעת שמזדקק לאשתו, צריך לחשב אז בעולמות העליונים ולא ידע כלל שהוא עם אשתו.

'Et l'homme connut Hava sa femme, elle conçut et enfanta Kayin' (Bereshit 4,1). À première vue le sens du mot 'connut' n'est pas compréhensible, car il aurait pu dire 'et l'homme vint vers Hava' etc.

Mais la chose se comprend selon ce qui est dit d'Avraham notre père, la paix soit sur lui : 'voici, maintenant je sais que tu es une femme belle à voir' (Bereshit 12,11). Et j'ai entendu qu'il est écrit dans un livre que, du fait qu'Avraham était venu en Égypte, où ils étaient plongés dans la débauche, leurs pensées de fornication introduisirent en son cœur, à lui aussi, une pensée à l'égard de sa femme ; c'est pourquoi il dit 'voici, maintenant je sais'.

Je l'ai entendu au long, mais je n'en ai retenu que l'abrégé. Car telle est en effet la voie du véritable tsadik : il n'a aucune pensée, aucune rêverie ni aucun désir, même envers sa femme ; et même à l'heure où il s'unit à sa femme, il doit alors penser aux mondes supérieurs et ne pas savoir du tout qu'il est avec sa femme.

וזה הוא "והאדם ידע את חוה אשתו", ר"ל שהיה נותן דעתו וידע שהיא אשתו אז בשעת תשמיש, ולכן "ותהר ותלד את קין", כדאיתא בזוהר קינא דמסאבותא.

Et c'est le sens de 'et l'homme connut Hava sa femme' : c'est-à-dire qu'il portait son attention sur elle et savait qu'elle était sa femme, alors, à l'heure de l'union ; et c'est pourquoi 'elle conçut et enfanta Kayin', selon ce qui est dit dans le Zohar : le nid de l'impureté (kina demessaavouta).

וזהו דאיתא בגמרא "עלו למטה שנים וירדו שבעה", 'מטה' הוא רמז למדריגה עליונה ע"ד "הנה מטתו שלשלמה", ומחמת שעלה למדריגה עליונה ב"שנים", דהיינו בב' מחשבות, שהיה במחשבתו גם זה העולם כנ"ל, אזי "וירדו שבעה", היינו ז' מדריגות עליונות, שעי"ז גרם ירידה לז' מדריגות עליונים. והאדם אשר מתנהג עצמו בקדושה, הוא מעלה את ז' מדריגות עליונים.

והבן.

Et c'est le sens de ce qui est dit dans la Guemara : 'ils montèrent au lit à deux et ils en descendirent à sept'. Le 'lit (mita)' est une allusion à un degré supérieur, selon 'voici le lit de Chelomo' (Chir haChirim 3,7) ; et du fait qu'il monta à un degré supérieur 'à deux', c'est-à-dire avec deux pensées, ayant aussi ce monde-ci dans sa pensée comme il vient d'être dit, alors 'ils en descendirent à sept', à savoir sept degrés supérieurs : par cela il causa une descente à sept degrés supérieurs.

Et l'homme qui se conduit dans la sainteté, celui-là élève les sept degrés supérieurs. Comprends.

ונהר יוצא מעדן להשקות את הגן. דהנה העולמות העליונים נקראים 'עדן', והצדיק האמיתי הגמור המופרש מכל עניני עוה"ז והוא מצוחצח צח בכל גופו ואבריו, אזי הצדיק הזה נקרא עדן מלשון 'עדנה', כמ"ש 'אחרי בלותי היתה לי עדנה' ופירש רש"י ז"ל לשון צחצוח בשר, והוא מקושר תמיד בעולמות עליונים כאילו אינו כלל בעוה"ז.

'Et un fleuve sort d'Éden pour arroser le jardin' (Bereshit 2,10). Voici : les mondes supérieurs sont appelés 'Éden' ; et le tsadik véritable et parfait, séparé de toutes les affaires de ce monde-ci, poli et clair en tout son corps et en tous ses membres, ce tsadik-là est appelé 'Éden', du langage de 'edna' (fraîcheur retrouvée), comme il est écrit : 'après m'être fanée, j'ai retrouvé la fraîcheur (edna)' (Bereshit 18,12), que Rachi de mémoire bénie explique au sens du lissage de la chair ; et il est lié en permanence aux mondes supérieurs, comme s'il n'était pas du tout dans ce monde-ci.

וזה פירוש "מה רב טובך אשר צפנת ליראיך", דאיתא בספרים הטעם מפני מה לרוח צפון אין לו מחיצה רק אויר, ואמרו הטעם שאם יבוא אחד ויחזיק עצמו לאלקות חלילה, אזי אומרים לו שיעשה מחיצה רביעית לצפון, וכל זה הוא בזה העולם שיש בו שייכות היצה"ר לכן ברא הקב"ה העולם ולא עשה מחיצת רוח צפון כנ"ל, אבל הצדיק הגמור כנ"ל שהוא תמיד מקושר בעולמות עליונים ששם אין שייכות ונגיעה לסיטרא אחרא, שם רוח צפון כמו שאר רוחות העולם, כי שם אין שייך הטעם הנ"ל, וזהו "מה רב טובך אשר צפנת ליראיך", ר"ל שליראים האמיתים יש להם באמת הצפון, כי הם בעולמות העליונים.

Et voici l'explication de 'combien est grande Ta bonté, que Tu as mise en réserve (tsafanta) pour ceux qui Te craignent' (Tehilim 31,20). Il est dit dans les livres saints la raison pour laquelle le côté nord (tsafon) n'a pas de cloison mais seulement de l'air ; et ils ont donné cette raison : si quelqu'un venait à se tenir lui-même pour une divinité, à Dieu ne plaise, on lui dirait alors de faire la quatrième cloison, celle du nord.

Et tout cela ne vaut que dans ce monde-ci, où le mauvais penchant (yetser hara) a prise ; c'est pourquoi le Saint béni soit-Il créa le monde et ne fit pas la cloison du côté nord, comme il vient d'être dit. Mais le tsadik parfait dont il a été question, qui est lié en permanence aux mondes supérieurs, là où la sitra a'hra (l' 'autre côté', les forces du mal) n'a ni prise ni contact, là le côté nord est comme les autres côtés du monde, car là la raison susdite ne s'applique pas.

Et c'est 'combien est grande Ta bonté, que Tu as mise en réserve (tsafanta) pour ceux qui Te craignent' : c'est-à-dire que ceux qui Le craignent véritablement possèdent réellement le 'tsafon' (le nord, le caché), car ils sont dans les mondes supérieurs.

וזהו "ונהר" לשון אור, כמו "עמי שרי נהורא", "יוצא מעדן", ר"ל מהצדיק האמיתי יוצא אור גדול, "להשקות את הגן", פירוש להשפיע לעוה"ז הנקרא 'גן', "ומשם יפרד והיה לארבעה ראשים", פירוש ולא כל הצדיקים שווים, אך יש בהם חילוק לד' מדריגות, שהם עובדים כולם לתקן הד' עולמות להעלותם לעולם החמישי.

Et c'est 'et un fleuve (venahar)', au sens de lumière, comme dans 'la lumière (nehora) réside auprès de Lui' (cf. Daniel 2,22) ; 'sort d'Éden', c'est-à-dire que du tsadik véritable sort une grande lumière ; 'pour arroser le jardin', c'est-à-dire pour répandre l'influx sur ce monde-ci, qui est appelé 'jardin' ; 'et de là il se sépare et devient quatre têtes', c'est-à-dire que tous les tsadikim ne sont pas égaux, mais il y a entre eux une distinction en quatre degrés, et tous œuvrent à réparer les quatre mondes pour les élever au cinquième monde.

"שם האחד פישון", פירוש 'פישון' לשון נוטריקון 'פי שונה' הלכות, ר"ל ששונה הלכות, דאין לו להקב"ה בעולמו אלא ד' אמות של הלכה, "הוא הסובב את ארץ החוילה", פירוש הצדיק הזה מתקן את העולם שיש בו קצת חבילות, דבי"ת בוי"ו מתחלפין באותיות בומ"ף, דהיינו "אשר שם הזהב", כי מחמת הזהב שעולם צריך לו יש בו קצת חבלה ונזק, שאין העולם מתנהגים במשא ומתן באמונה ח"ו, וצריך הצדיק הזה לתקן ולסבב להשפיע להם זהב טהור, "וזהב הארץ ההיא טוב", פירוש הזהב הזה שהצדיק משפיע להם הוא טוב, "שם הבדולח", ר"ל שהוא בקדושה גדולה כמ"ש במן "כעין הבדולח", "ואבן השוהם" רמז ג"כ לקדושה.

'Le nom du premier est Pichon' : 'Pichon' s'explique par notarikon (acronyme) comme 'pi choné' halakhot, 'ma bouche répète des halakhot', c'est-à-dire qu'il répète et étudie les halakhot, car 'le Saint béni soit-Il n'a dans Son monde que les quatre coudées de la halakha' (Berakhot 8a). 'C'est lui qui entoure toute la terre de Havila' : ce tsadik-là répare le monde, dans lequel il y a un peu de 'havalot' (dommages), car le beth et le vav s'échangent entre eux parmi les lettres bet-vav-mem-pe (בומ"ף) ; à savoir 'où se trouve l'or' : car à cause de l'or, dont le monde à besoin, il y a en lui un peu de dommage et de préjudice, les gens du monde ne se conduisant pas dans leur commerce avec droiture, à Dieu ne plaise ; et ce tsadik doit réparer et entourer, pour répandre sur eux un or pur. 'Et l'or de cette terre est bon' : cet or que le tsadik répand sur eux est bon. 'Là se trouve le bedolah' : c'est-à-dire qu'il est dans une grande sainteté, comme il est écrit au sujet de la manne, 'comme l'aspect du bedolah' (Bamidbar 11,7). 'Et la pierre de choham' : allusion elle aussi à la sainteté.

"ושם הנהר השני (הוא) גיחון", רמז להצדיק השני שהוא בהכנעה גדולה, שייף עייל ושייף נפיק על דרך שאמר הכתוב "כל הולך על גחון", "הוא הסובב את [כל] ארץ כוש", דאיתא "שגיון לדוד על דברי כוש", ודרשו חז"ל 'מה כוש משונה בעורו אף שאול משונה במעשיו', ואיתא "בן שנה שאול במלכו", ודרשו חז"ל 'כבן שנה בלא חטא', ומקשה הגמרא 'ואימא כתינוק בן שנה שהוא מלוכלך' ע"ש, נמצא כמו שיש לפרש מלת "כוש" לטובה שהיה משונה במעשים טובים, כמו כן יש לפרש בהיפך מלת "כוש" כמו שהקשו "ואימא כתינוק כו'", וזהו "הסובב את [כל] ארץ כוש", ור"ל הצדיק הזה הוא סובב ומשבר כח האיש רע שהוא משונה במעשיו לרעה ח"ו, וצדקת הצדיק מגין בפני המקטרג שלא ישלוט מחמת רשעתו.

'Et le nom du second fleuve est Guihon' : allusion au second tsadik, celui qui est dans une grande humilité, qui 'entre courbé et sort courbé' (chayef ayel vechayef nafik), selon ce que dit le verset : 'tout ce qui marche sur le ventre (gahon)' (Vayikra 11,42). 'C'est lui qui entoure toute la terre de Koush' : il est dit 'Chigayon de David, au sujet des paroles de Koush' (Tehilim 7,1), et nos maîtres de mémoire bénie ont expliqué : 'de même que Koush se distingue par sa peau, ainsi Chaoul se distinguait par ses actes' ; et il est dit 'Chaoul avait un an quand il devint roi' (Chmouel I 13,1), et nos maîtres de mémoire bénie ont expliqué : 'comme un enfant d'un an, sans faute' ; et la Guemara objecte : 'dis plutôt comme un nourrisson d'un an, qui est souillé' - vois-y. Il se trouve donc que, de même que l'on peut expliquer le mot 'Koush' en bien, qu'il se distinguait par de bonnes actions, de même peut-on expliquer le mot 'Koush' à l'inverse, comme dans l'objection 'dis plutôt comme un nourrisson etc.'.

Et c'est 'qui entoure toute la terre de Koush' : cela veut dire que ce tsadik entoure et brise la force de l'homme mauvais qui se distingue par ses actes en mal, à Dieu ne plaise ; et la justice du tsadik protège face à l'accusateur, pour qu'il ne domine pas à cause de sa méchanceté.

"והנהר השלישי הוא חדקל", כפירוש רש"י ז"ל "חד קל", ר"ל פירוש מי שתופס ומחזיק בעבודת הבורא בחידוד גדול ובזריזות ובתמימות, אזי בא לו עבדות הבורא בקלות, "הוא ההולך קדמת אשור", פירוש הצדיק הזה הוא התנגדות והולך כנגד זה שהוא ישר בעיני עצמו ע"ד "כי אשרוני בנות", שהוא מתפאר בעיני עצמו שהוא שלם במעשיו והצדיק הנ"ל הוא משבר כחו.

'Et le troisième fleuve est Hidekel' : selon l'explication de Rachi de mémoire bénie, 'had kal' (aigu et léger) ; c'est-à-dire que celui qui saisit et s'attache au service du Créateur avec une grande acuité, avec zèle et avec intégrité (temimout), à celui-là le service du Créateur vient avec facilité (kalout). 'C'est lui qui va à l'orient d'Achour' : ce tsadik-là est une opposition et il va à l'encontre de celui qui est droit à ses propres yeux, selon 'car les filles m'ont déclarée heureuse (ichrouni)' (Bereshit 30,13), celui qui se glorifie à ses propres yeux d'être parfait dans ses actes ; et le tsadik susdit brise sa force.

"והנהר הרביעי הוא פרת".

'Et le quatrième fleuve est Perat.'

💬
✉ Signaler une erreur de traduction