מי השלוח

Mei HaShiloach — Anthologie - Recueils - Siddour

Rabbi Mordechai Yosef Leiner d Izbica
En bref

Dans la prière Ouva le-Tsion, on dit : « Qu'Il place dans notre cœur Son amour et Sa crainte » et « Qu'Il ouvre notre cœur dans Sa Torah ». Dans l'anthologie du Mei HaChiloa'h, le Beit Yaakov rapporte de son père que l'homme prie que D.ieu place dans son cœur l'amour et la crainte qui lui appartiennent, et qu'Il ouvre son cœur dans la Torah, c'est-à-dire les mitsvot propres à sa nefech. Quand il mérite la mitsva qui lui appartient, elle est pleine de paroles de Torah et ne lui pèse plus : il voit qu'elle le porte, comme l'Arche portait ses porteurs.

Aussi : aucune faute n'atteint la nechama ; la nefech demeure avec le corps, et le rou'ah est la force du libre arbitre ; le Chabbat, l'homme désire seulement ce que D.ieu veut, sans poser de récipient de son côté

נְשָׁמָה שֶׁנָּתַתָּ בִּי טְהוֹרָה הִיא. וּבֵאֵר כְּבוֹד אזמו"ר זללה"ה כִּי בָּאָדָם יֵשׁ נֶפֶשׁ רוּחַ וּנְשָׁמָה, וְלַנְּשָׁמָה אֵין שׁוּם חֵטְא וּפְגָם מַגִּיעַ, כְּמוֹ שֶׁאָנוּ אוֹמְרִים אֱלֹקַי נְשָׁמָה שֶׁנָּתַתָּ בִּי טְהוֹרָה הִיא.

כִּי הַנְּשָׁמָה אֵין נִפְגָּם לְעוֹלָם, וְנֶפֶשׁ הוּא הַנִּשְׁאָר עִם הַגּוּף תָּמִיד, וְרוּחַ רוֹמֵז לְכֹחַ הַבְּחִירָה שֶׁל הָאָדָם אֲשֶׁר עִם רוּחַ חַיִּים שֶׁלּוֹ יָכוֹל הָאָדָם לִבְחֹר בַּטּוֹב וְלִמְאֹס בָּרַע.(תפארת יוסף נשא ד"ה וידבר א')

Nechama she-natata bi tehorah hi (l'âme que Tu as placée en moi, elle est pure). Et l'honneur de Azmo"r (אזמו"ר, adoni zekeni mori ve-rabbi : mon seigneur, mon aïeul, mon maître et mon rabbin) zllh"h (זללה"ה, zikhrono lehaye haolam haba : que son souvenir soit pour la vie du monde à venir) à expliqué qu'en l'homme il y a nefech, ruach et nechama, et à la nechama n'atteint aucune faute ni aucun pgam (défaut), comme nous disons : Elokai, nechama she-natata bi tehorah hi.

Car la nechama n'est jamais blemie, et nefech est ce qui demeure toujours avec le corps, et ruach fait allusion à la force du libre arbitre de l'homme, qui, avec son ruach 'hayim (esprit de vie), peut choisir le bien et rejeter le mal. (Tiferet Yosef, Nasso, d"h [dibour ha-mathil, commençant par] Vayedaber 1)

בִּרְכוֹת הַשַּׁחַר. וְאַף שֶׁיֵּשׁ הִרְהוּר שֶׁמִּתְפַּלְּלִין עָלָיו לְהִנָּצֵל מֵהֶם דְּהַיְנוּ הִרְהוּר עֲבֵרָה (יומא כ"ט.) וְגִרְסַת רַבֵּנוּ הַקָּדוֹשׁ זצוק"ל בְּבִרְכַּת הַשַּׁחַר וְלֹא לִידֵי הִרְהוּר עֲבֵרָה וְעָוֹן.(פרי צדיק ר"ח שבט ד')

Birkhot ha-shahar (bénédictions du matin). Et même qu'il y a un hirhur (pensée) pour lequel on prie d'en être sauvé, à savoir hirhur averah (pensée de faute) (Yoma 29a).

Et la girsa (version) de Rabbenu ha-kadoch (notre saint maître) ztsuk"l (זצוק"ל, zekher tsadik ve-kadoch livrakha : que le souvenir du juste et saint soit pour bénédiction) dans Birkat ha-shahar : ve-lo lidei hirhur averah ve-avon (et non aux mains d'une pensée de faute et d'iniquité). (Pri Tsadik, R"H [ר"ח, Roch Hodesh : tête du mois] Shevat 4)

וְיָשֵׂם בְּלִבֵּנוּ אַהֲבָתוֹ וְיִרְאָתוֹ וְכוּ׳ הוּא יִפְתַּח לִבֵּנוּ בְּתוֹרָתוֹ. וְאָמַר אאמו"ר זללה"ה עַל מַה שֶּׁאָנוּ מִתְפַּלְּלִין בִּקְדֻשָּׁה דְּסִדְרָא וְיָשֵׂם בְּלִבֵּנוּ אַהֲבָתוֹ וְכֵן יִפְתַּח לִבֵּנוּ בְּתוֹרָתוֹ וְלֹא סְתָם אַהֲבָה וְיִרְאָה וְתוֹרָה, רַק שֶׁהָאָדָם מִתְפַּלֵּל שֶׁהַשי"ת יָשִׂים בְּלִבּוֹ הָאַהֲבָה וְהַיִּרְאָה הַשַּׁיָּכוֹת לוֹ, וְכֵן מִתְפַּלֵּל כִּי הַשי"ת יִפְתַּח לִבּוֹ בְּהַתּוֹרָה, הַיְנוּ הַמִּצְוֹת הַשַּׁיָּכִים לִפְרָט נַפְשׁוֹ וּכְמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר זֶה הַרְבֵּה פְּעָמִים [חֵלֶק א' וָאֶתְחַנַּן ד"ה וְאָהַבְתָּ] וּכְשֶׁזּוֹכֶה הָאָדָם וּבָא אֶל הַמִּצְוָה הַשַּׁיֶּכֶת לוֹ אָז הַמִּצְוָה עַצְמָהּ הוּא מָלֵא דִּבְרֵי תּוֹרָה וְשׁוּב אֵינוֹ אֶצְלוֹ כְּמַשָּׂא וְאַדְּרַבָּא כִּי רוֹאֶה אָז שֶׁהַמִּצְוָה נוֹשֵׂא אוֹתוֹ וּכְמוֹ שֶׁמָּצִינוּ (סוטה ל'.) אֵצֶל הָאָרוֹן שֶׁנָּשָׂא נוֹשְׂאָיו, עַצְמוֹ לֹא כָל שֶׁכֵּן.(בית יעקב ויקרא בהר ד')

Ve-yasem be-libenu ahavato ve-yirato vekhu' (et qu'Il place dans notre cœur Son amour et Sa crainte, etc.) Hu yiftah libenu be-Torato (c'est Lui qui ouvrira notre cœur dans Sa Torah). Et Aamo"r (אאמו"ר, adoni avi mori ve-rabbi : mon seigneur, mon père, mon maître et mon rabbin) zllh"h a dit sur ce que nous prions dans la Kedoucha de-Sidra (sainteté de l'ordre, dans Uva le-Tsion) : ve-yasem be-libenu ahavato, et de même yiftah libenu be-Torato, et non une ahavah, une yirah et une Torah quelconques, seulement que l'homme prie que Hachem Yitbarakh (השי"ת, Hachem, qu'Il soit béni) place dans son cœur l'ahavah et la yirah qui lui appartiennent, et de même il prie que Hachem Yitbarakh ouvre son cœur dans la Torah, c'est-à-dire les mitsvot qui appartiennent au perat (particulier) de sa nefech, et comme cela a été expliqué beaucoup de fois [helek 1, Vaethanan, d"h Veahavta].

Et lorsque l'homme mérite et parvient à la mitsvah qui lui appartient, alors la mitsvah elle-même est pleine de divrei Torah (paroles de Torah) et elle n'est plus auprès de lui comme un fardeau, et au contraire, car il voit alors que la mitsvah le porte, et comme nous avons trouvé (Sotah 30à) auprès de l'Aron (Arche) qui porta ses porteurs : lui-même, à plus forte raison. (Beit Yaakov, Vayikra, Behar 4)

וְעַל הַנִּסִּים וְכוּ׳ וְזֵדִים בְּיַד עוֹסְקֵי תוֹרָתֶךָ. אִיתָא בַּזּוֹהַר (שמות ה'.) ר' יוּדָן אָמַר "מִמְּעוֹנוֹת אֲרָיוֹת" אִלֵּין תַּלְמִידֵי חֲכָמִים דְּעָסְקִין בְּאוֹרַיְתָא בִּמְעוֹנוֹת הַמִּדְרָשׁוֹת וּבְבָתֵּי כְּנֵסִיּוֹת דְּאִינוּן אַרְיָין וּנְמֵרִים בְּאוֹרַיְתָא.

הָעִנְיָן כְּמוֹ שֶׁבֵּיאֵר אאזמו"ר הָרַב הַגָּאוֹן הַקָּדוֹשׁ זללה"ה בְּנֻסַּח עַל הַנִּסִּים שֶׁתִּקְּנוּ חֲזַ"ל וְזֵדִים בְּיַד עוֹסְקֵי תוֹרָתֶךָ, כִּי שָׁם נֶחְשָׁב זֶה לְעֻמַּת זֶה, וּרְשָׁעִים בְּיַד צַדִּיקִים, וְחָשִׁיב זֵדִים הַיְינוּ שֶׁעוֹשִׂין בְּזָדוֹן וּבְעִקְּשׁוּת לַעֲבוֹר רְצוֹן הַשי"ת, מִנֶּגֶד זֶה חָשִׁיב עוֹסְקֵי תּוֹרָתֶךָ כִּדְאִיתָא בְּמַסֶּכֶת שַׁבָּת (ס"ג.) אִם תַּלְמִיד חָכָם נוֹקֵם וְנוֹטֵר כְּנָחָשׁ חָגְרֵהוּ עַל מָתְנֶיךָ כִּי הֵם מַמְשִׁיכִים אוֹר הַשי"ת בְּכֹחַ גָּדוֹל.(תפארת החנוכי שמות כ"ו:)

Ve-al ha-nissim vekhu' (et sur les miracles, etc.) ve-zedim be-yad oskei Toratekha (et les insolents aux mains de ceux qui s'occupent de Ta Torah). Ita (il est rapporté) dans le Zohar (Chemot 5à) : R.

Yudan a dit "mi-me'onot arayot" ("des tanieres des lions") (Cantique 4,8) : ilein talmidei hakhamim de-askin be-oraita bi-me'onot ha-midrashot u-ve-batei knessiot de-innun arayin u-nemerim be-oraita (ce sont les disciples des sages qui s'occupent de la Torah dans les tanieres des maisons d'étude et dans les synagogues, car ils sont lions et léopards dans la Torah). Le sujet est comme l'a expliqué Aazmo"r (אאזמו"ר, adoni avi zekeni mori ve-rabbi : mon seigneur, mon père, mon aïeul, mon maître et mon rabbin) ha-Rav ha-gaon ha-kadoch zllh"h dans le nussah (formule) de Al ha-nissim que Hazal (חז"ל, hakhameinu zikhronam livrakha : nos Sages, que leur souvenir soit pour bénédiction) ont institué : ve-zedim be-yad oskei Toratekha, car la on a compté zeh le-umat zeh (ceci en face de cela), et reshaim be-yad tsaddikim (et les méchants aux mains des tsaddikim), et on a compté zedim, c'est-à-dire ceux qui agissent be-zadon (avec préméditation) et be-ikshut (avec opiniatrete) pour transgresser la volonté de Hachem Yitbarakh ; en face de cela on a compté oskei Toratekha, comme ita dans le traité Chabbat (63à) : si un talmid 'hakham (disciple sage) est nokem ve-noter (vengeur et rancunier) comme un serpent, ceins-le sur tes reins, car eux attirent la lumière de Hachem Yitbarakh avec une grande force.

(Tiferet ha-Hanukhi, Chemot 26)

תִּקַּנְתָּ שַׁבָּת רָצִיתָ קָרְבְּנוֹתֶיהָ. בֵּיאֵר בָּזֶה אאמו"ר הַגָּאוֹן הַקָּדוֹשׁ מֵאִיזְבִּיצֶא זללה"ה שֶׁלָּזֶה סִדְּרוּ אַנְשֵׁי כְּנֶסֶת הַגְּדוֹלָה תְּפִלַּת הַמּוּסָף בְּאוֹתִיּוֹת לְמַפְרֵעַ בְּתַשְׁרַ"ק, מִפְּנֵי שֶׁזֶּה מוֹרֶה שֶׁבְּשַׁבָּת עוֹמְדִים הָאוֹתִיּוֹת פְּנֵיהֶם לְהַמַּאֲצִיל וְלִפְנֵי עֵינֵי הָאָדָם הֵם מְהֻפָּכִים, וְהַיְינוּ שֶׁהָאָדָם צָרִיךְ לִרְאוֹת בְּיוֹם הַשַּׁבָּת שֶׁיִּרְצֶה רַק כְּמוֹ שֶׁרְצוֹן הַשי"ת הוּא וְלַעֲזוֹב דַּעְתּוֹ וְלֹא לְהַצִּיב מִצִּדּוֹ שׁוּם כְּלִי קִבּוּל.(בית יעקב בראשית פרשת בראשית ב')

Tikkanta Chabbat ratsita korbanoteha (Tu as établi le Chabbat, Tu as désire ses korbanot, offrandes). Aamo"r ha-gaon ha-kadoch me-Izbitsa zllh"h à expliqué en ceci que pour cela Anshei Knesset ha-Gedolah (les hommes de la Grande Assemblée) ont ordonné tefilat ha-Musaf (la prière additionnelle) en lettres lemafre'à (à rebours) be-Tashra"k (תשר"ק, alphabet inverse : tav, chin, resh, qof), parce que cela indique qu'en Chabbat les lettres se tiennent, leurs faces vers ha-Maatsil (l'Émanateur), et devant les yeux de l'homme elles sont inversées ; et c'est-à-dire que l'homme doit voir au jour du Chabbat qu'il désire seulement comme est la volonté de Hachem Yitbarakh, et laisser sa daat (connaissance) et ne poser de son côté aucun keli kibul (récipient).

(Beit Yaakov, Bereshit, parachat Bereshit 2)

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