Il est enseigné que Moché a écrit son livre et le livre de Iyov (Job). Dans l'anthologie du Mei HaChiloa'h, le Sod Yécharim rapporte de son aïeul que Moché dit « le Rocher, Son œuvre est parfaite » (Devarim 32,4) parce que D.ieu lui fait connaître Ses voies : plus on voit Sa conduite, plus s'y trouvent des merveilles immenses. Moché a écrit Iyov parce qu'il a reconnu qu'aucune difficulté sur cette conduite ne vient des âmes d'Israël, qui croient même ce qu'elles ne comprennent pas et se reprochent le manque. Les murmures qui entrent parfois dans leur cœur viennent des nations ; Israël prie pour que D.ieu éclaire ses yeux.
Aussi : le monde a besoin de mâle et de femelle : si tout venait de la sagesse, les actes des mitsvot seraient annulés, car la création vise que les choses sortent en acte
מֹשֶׁה כָּתַב סִפְרוֹ וְסֵפֶר אִיּוֹב. אָמַר בָּזֶה כְּבוֹד אֲדוֹנִי אָבִי זְקֵנִי הָרַב הַגָּאוֹן הַקָּדוֹשׁ זללה"ה כִּי מֹשֶׁה רַבֵּינוּ עָלָיו הַשָּׁלוֹם אָמַר (דברים ל"ב,ד') "הַצּוּר תָּמִים פָּעֳלוֹ" וְאִיתָא עַל זֶה בַּמִּדְרָשׁ (דברים רבה פרשה א') אִילּוּ אַחֵר הָיָה אוֹמֵר "הַצּוּר תָּמִים פָּעֳלוֹ" הָיוּ אוֹמְרִים זֶה אֵינוֹ יוֹדֵעַ טוּבָהּ שֶׁל מִדַּת הַדִּין וְהוּא אוֹמֵר "הַצּוּר תָּמִים פָּעֳלוֹ".
אֶלָּא מֹשֶׁה שֶׁכָּתוּב בּוֹ (תהלים ק"ג,ז') "יוֹדִיעַ דְּרָכָיו לְמֹשֶׁה", לָזֶה נָאֶה לוֹמַר "הַצּוּר תָּמִים פָּעֳלוֹ". וּפֵירֵשׁ כִּי אַחֲרֵי שֶׁנֶּאֱמַר "יוֹדִיעַ דְּרָכָיו לְמֹשֶׁה" וְכָל מִי שֶׁרוֹאֶה יוֹתֵר הַנְהָגַת הַשי"ת יוֹתֵר יִתְחַיֵּיב לוֹ פְּלִיאוֹת עֲצוּמוֹת בַּהַנְהָגָה, וְלָזֶה רַק לְמֹשֶׁה נָאֶה לוֹמַר, וְלָכֵן כָּתַב סֵפֶר אִיּוֹב כִּי הוֹדָה כִּי מִצַּד נַפְשׁוֹת יִשְׂרָאֵל אֵין שׁוּם קֻשְׁיָא עַל הַנְהָגַת הַשי"ת, כִּי אַף מַה שֶּׁאֵין נַפְשׁוֹת יִשְׂרָאֵל מְבִינִים, בָּזֶה הֵמָּה מַאֲמִינִים בְּנֵי מַאֲמִינִים, וְתוֹלִין הַחֶסְרוֹן בְּעַצְמָם, וְרַק מַה שֶּׁנִּמְצָא לִפְעָמִים בְּלֵב יִשְׂרָאֵל תַּרְעוֹמוֹת הוּא מֵחֲמַת שֶׁיֵּשׁ אוּמּוֹת הָעוֹלָם שֶׁהֵם מְלֵאִים תַּרְעוֹמוֹת עַל הַשי"ת מִזְּדוֹן לִבָּם נִכְנָס בְּלֵב יִשְׂרָאֵל, וּבְהִתְנַדֵּב עַם יִשְׂרָאֵל לְהִתְבּוֹנְנוּת טוּב הַשי"ת לְהוֹדוֹת לַה' כִּי טוֹב, תּוֹלִים הַחֶסְרוֹן בְּעַצְמָם וּמִתְפַּלְּלִים לְהַשי"ת שֶׁיָּאִיר עֵינֵיהֶם לִרְאוֹת טוֹבַת הַשי"ת אֲשֶׁר טוֹב בְּעֵינָיו תָּמִיד לְבָרֵךְ אֶת יִשְׂרָאֵל.
וְזֶה דְּאִיתָא שָׁם גַּם כֵּן שֶׁמֹּשֶׁה כָּתַב פָּרָשַׁת בָּלָק כִּי הַתְחָלַת מַה שֶּׁלֵּב יִשְׂרָאֵל נָבוֹךְ הוּא מֵהִתְעוֹרְרוּת אוּמּוֹת הָעוֹלָם וְקִטְרוּגֵיהֶם וְאַחַר הִתְבּוֹנְנוּת רוֹאִים שֶׁגַּם בַּלְּבוּשׁ הַזֶּה טוֹב בְּעֵינֵי ה' לְבָרֵךְ אֶת יִשְׂרָאֵל.(סוד ישרים עה"ת מכתי"ק פ' בא ד"ה וזה דאיתא)
Moché katav sifro ve-sefer Iyov (Moché écrivit son livre et le livre de Iyov, Job). Amar ba-zeh kevod adoni avi zekeni ha-Rav ha-gaon ha-kadoch zllh"h (זללה"ה, zikhrono lehaye haolam haba : que son souvenir soit pour la vie du monde à venir) ki Moché Rabbenu alav ha-chalom amar (Deutéronome 32,4) "Ha-Tsur tamim po'olo" ("le Rocher, Son œuvre est parfaite") ve-ita al zeh ba-Midrach (Devarim Rabbah, parashah 1) ilu aher hayah omer "Ha-Tsur tamim po'olo" hayu omrim zeh eino yodea tuvah chel midat ha-din ve-hu omer "Ha-Tsur tamim po'olo" (si un autre disait "le Rocher, Son œuvre est parfaite", on dirait : celui-ci ne connaît pas le bien de midat ha-din, l'attribut du jugement, et il dit "le Rocher, Son œuvre est parfaite").
Ella Moché she-katuv bo (Psaumes 103,7) "Yodia derakhav le-Moché" ("Il fait connaître Ses voies à Moché"), lazeh na'eh lomar "Ha-Tsur tamim po'olo" (seulement Moché, au sujet de qui il est écrit "Il fait connaître Ses voies à Moché", à celui-ci il sied de dire "le Rocher, Son œuvre est parfaite"). U-peresh ki aharei she-neemar "Yodia derakhav le-Moché" ve-khôl mi she-ro'eh yoter hanhagat Hachem Yitbarakh (השי"ת, Hachem, qu'Il soit béni) yoter yithayev lo peliot atsumot ba-hanhagah (et il expliqua que après qu'il a été dit "Il fait connaître Ses voies à Moché", et quiconque voit davantage la hanhagah, conduite, de Hachem Yitbarakh, davantage lui incomberont des peliot, merveilles, atsumot, immenses, dans la conduite), ve-lazeh rak le-Moché na'eh lomar (et pour cela seulement à Moché il sied de dire), ve-lakhen katav sefer Iyov ki hodah ki mi-tsad nafshot Yisrael ein shum kushya al hanhagat Hachem Yitbarakh (et c'est pourquoi il écrivit le livre de Iyov, car il reconnut que mi-tsad, du côté des, nafshot Yisrael, âmes d'Israël, il n'y a aucune kushya, difficulté, sur la conduite de Hachem Yitbarakh), ki af mah she-ein nafshot Yisrael mevinim, ba-zeh hemmah maaminim benei maaminim (car même ce que les nafshot d'Israël ne comprennent pas, en cela ils sont maaminim benei maaminim, croyants fils de croyants), ve-tolin ha-hisaron be-atsmam (et ils tolin, accrochent, le hisaron, manque, à eux-mêmes), ve-rak mah she-nimtsa lif'amim be-lev Yisrael tar'umot hu mehamat she-yech umot ha-olam she-hem mêlé'im tar'umot al Hachem Yitbarakh mi-zadon libam nikhnas be-lev Yisrael (et seulement ce qui se trouve parfois dans le lev, cœur, d'Israël de tar'umot, murmures, c'est parce qu'il y a des umot ha-olam, nations du monde, qui sont pleines de tar'umot contre Hachem Yitbarakh, [et] de la zadon, méchanceté, de leur cœur cela entre dans le cœur d'Israël), u-ve-hitnadev am Yisrael le-hitbonenut tuv Hachem Yitbarakh lehodot la-H' ki tov (et lorsque am Yisrael se hitnadev, s'offre, à la hitbonenut, contemplation, du tuv, bien, de Hachem Yitbarakh pour lehodot, rendre grâce, à ה' car Il est bon), tolim ha-hisaron be-atsmam u-mitpallelim le-Hachem Yitbarakh she-ya'ir eineihem lir'ot tovat Hachem Yitbarakh acher tov be-einav tamid levarekh et Yisrael (ils accrochent le manque à eux-mêmes et mitpallelim, prient, Hachem Yitbarakh qu'Il ya'ir, éclaire, leurs yeux pour voir le bien de Hachem Yitbarakh, dont il est tov, bon, à Ses yeux toujours de levarekh, bénir, Israël).
Ve-zeh de-ita sham gam ken she-Moché katav parachat Balak ki hat'hâlât mah she-lev Yisrael navokh hu me-hit'orerut umot ha-olam ve-kitrugeihem (et ceci est ce qui est ita, rapporté, la aussi, que Moché écrivit parachat Balak, car le hat'halah, commencement, de ce dont le cœur d'Israël est navokh, perplexe, vient de l'hit'orerut, éveil, des umot ha-olam et de leurs kitrugim, accusations) ve-ahar hitbonenut ro'im she-gam ba-levush ha-zeh tov be-einei H' levarekh et Yisrael (et après hitbonenut ils voient que même dans ce levush, vêtement, il est bon aux yeux de ה' de bénir Israël). (Sod Yesharim al ha-Torah [עה"ת], mi-khetav yad kodech [מכתי"ק, du manuscrit saint], parachat Bo, d"h [dibour ha-mathil, commençant par] Vezeh de-ita)
וְאִי אֶפְשָׁר לָעוֹלָם בְּלֹא זְכָרִים וּבְלֹא נְקֵבוֹת. כִּי אִם יֵעָשֶׂה הַכֹּל מִצַּד הַחָכְמָה יָבוֹא לְבַטֵּל כָּל מַעֲשֵׂה הַמִּצְווֹת בְּפֹעַל.
וּבְרִיאַת הַשי"ת הָעוֹלָם הָיָה שֶׁיֵּצְאוּ הַדְּבָרִים לַפֹּעַל בְּמַעֲשֶׂה, שֶׁזֶּהוּ תַּכְלִית הַבְּרִיאָה בְּעוֹלָם גּוֹלְמִי וְאָדָם גּוּפָנִי וְזֶהוּ רַק עַל יְדֵי הַנְּקֵבָה שֶׁרוֹצֶה לוֹמַר מִצְוָה הַגּוֹלְמִית, כִּי אִם יִהְיוּ הַמַּעֲשִׂים רַק מִצַּד הַחָכְמָה אִי אֶפְשָׁר שֶׁיִּהְיוּ גּוֹלְמֵי הַמַּעֲשִׂים נִרְאִים בְּרוּרִים בְּפֹעַל מְכֻוָּנִים. וּכְמוֹ שֶׁשָּׁמַעְתִּי גַּם כֵּן שֶׁעַל הָרוֹב מַה שֶּׁהוּא תַּאֲוָה לָעֵינַיִם.
כְּמִצַּד הַחָכְמָה שֶׁמְּיֻחָס לָעַיִן אֵינוֹ נֶחְמָד לְמַרְאֶה עֵינֵי בְּנֵי אָדָם וּכְמוֹ שֶׁכָּתוּב (תענית ז'.) "חָכְמָה מְפֹאָרָה בִּכְלִי מְכֹעָרָה".(דובר צדק כ"ד: ד"ה והווין)
Ve-i efshar la-olam belo zekharim u-vélo nekevot (et il n'est pas possible pour le monde sans zekharim, mâles, et sans nekevot, femelles). Ki im ye'aseh ha-kol mi-tsad ha-hokhmah yavo levatel kol maaseh ha-mitsvot be-fo'al (car si tout est fait mi-tsad ha-hokhmah, du côté de la sagesse, on en viendra à levatel, annuler, tout maaseh, acte, des mitsvot, commandements, be-fo'al, en acte).
U-veriat Hachem Yitbarakh (השי"ת, Hachem, qu'Il soit béni) ha-olam hayah she-yetsu ha-devarim la-po'al be-maaseh (et la beriah, création, du monde par Hachem Yitbarakh était que les choses sortent la-po'al, à l'acte, be-maaseh, en œuvre), she-zehu takhlit ha-beriah be-olam golmi ve-adam gufani (que ceci est le takhlit, but, de la création dans un olam golmi, monde brut, et un adam gufani, homme corporel) ve-zehu rak al yedei ha-nekevah she-rotseh lomar mitsvah ha-golmit (et ceci est seulement par la nekevah, ce qui veut dire la mitsvah golmit, le commandement brut), ki im yihyu ha-maasim rak mi-tsad ha-hokhmah i efshar she-yihyu golmei ha-maasim nir'im berurim be-fo'al mekhuvanim (car si les actes n'étaient que du côté de la hokhmah, il n'est pas possible que les golmei ha-maasim, les bruts des actes, soient nir'im, vus, berurim, clairs, be-fo'al, en acte, mekhuvanim, dirigés). U-khemo she-shamati gam ken she-al ha-rov mah she-hu taavah la-einayim (et comme j'ai entendu aussi que pour la plupart ce qui est taavah la-einayim, désir pour les yeux).
Ke-mi-tsad ha-hokhmah she-meyuhas la-ayin eino nehmad le-mar'eh einei benei adam (du côté de la hokhmah qui est meyuhas, attribuée, à l'œil, ce n'est pas nehmad, désirable, à la vue des yeux des benei adam, fils d'homme) u-khemo she-katuv (Taanit 7a) "Hokhmah mefo'arah bi-kheli mekho'arah" ("une hokhmah splendide dans un keli, récipient, mekho'arah, laid"). (Dover Tsedek 24, d"h [dibour ha-mathil, commençant par] Vehovin)