La Guemara enseigne la lésion par les paroles : à un converti, on ne dit pas « bouche qui a mangé des charognes et des bêtes déchirées ». Dans l'anthologie du Mei HaChiloa'h, le Takanat haChavin rapporte avoir reçu que l'avertissement suppose qu'on puisse dire une telle chose et qu'elle blesse : ce qui ne touche pas du tout l'homme lui est indifférent. Les Sages demandent pourquoi la Torah avertit au sujet des convertis : leur nature est mauvaise, c'est-à-dire leur racine et leur fondement. La lésion est grande surtout quand on dit une chose vraie qui est en lui : cela agit beaucoup, jusqu'à opérer un changement dans son essence même.
Aussi : le Pri Tsadik rapporte avoir entendu de son saint maître une allusion tirée du nom 'Habou (initiales de « il a englouti un bien et le vomira », Job 20,15) : les tefilin réparent un défaut
אָמַר אַבַּיֵי תְּפִילִּין דְּבֵי בַּר חָבוּ מִשְׁכָּח שְׁכִיחֵי. שָׁמַעְתִּי מֵרַבֵּינוּ הַקָּדוֹשׁ זצוק"ל רֶמֶז בָּזֶה לְשֵׁם חב"ו הַמְרֻמָּז בַּתְּפִילָּה בְּתֵיבוֹת יַחַד מֵאַרְבַּע כַּנְפוֹת שֶׁאוֹת שֶׁקּוֹדֶם אוֹת אַחֲרוֹנָה הוּא חב"ו רָאשֵׁי תֵּבוֹת "חַיִל בָּלַע וַיְקִיאֶנּוּ", מְרַמֵּז דִּתְפִילִּין תִּקּוּן לִפְגָם זֶה.(פרי צדיק בשלח ו', וילך י"ד, ליקוטי מאמרים צ"ב.)
Amar Abaye tefilin de-Bei Bar Habu mishkah shekhihei (à dit Abaye : les tefilin, phylactères, de Bei Bar Habu, de la maison de Bar Habu, mishkah shekhihei, se trouvent fréquemment). Shamati me-Rabbenu ha-kadoch ztsuk"l (זצוק"ל, zekher tsadik ve-kadoch livrakha : que le souvenir du juste et saint soit pour bénédiction) remez ba-zeh le-chem חב"ו ha-merumaz ba-tefilah be-teivot יחד מארבע כנפות (j'ai entendu de Rabbenu ha-kadoch, notre saint maître, ztsuk"l un remez, allusion, en ceci au chem, nom, חב"ו qui est merumaz, allude, dans la tefilah, prière, dans les teivot, mots, יחד מארבע כנפות, ensemble des quatre coins) she-ot she-kodem ot aharonah hu חב"ו (que l'ot, lettre, qui précède l'ot aharonah, lettre dernière, est חב"ו) rashei teivot (ראשי תבות, têtes de mots) "חיל בלע ויקיאנו" ("Hayil bala va-yekienu" : il a englouti un bien, et il le vomira) (Job 20,15), meramez di-tefilin tikoun li-fgam zeh (cela meramez, fait allusion, que les tefilin sont un tikoun, réparation, pour ce pgam, défaut).
(Pri Tsadik, Beshalah 6, Vayelekh 14, Likutei Maamarim ts"b [צ"ב, 92])
בְּאוֹנָאַת דְּבָרִים הָא כֵּיצַד וְכוּ' אִם הָיָה גֵּר וְכוּ' אַל יֹאמַר לוֹ פֶּה שֶׁאָכַל נְבֵלוֹת וּטְרֵפוֹת וְכוּ'. וּמִדְּהוּצְרַךְ לְהַזְהִיר מַשְׁמַע דְּהוּא דָּבָר שֶׁנִּתָּן לְהֵאָמֵר וְיֵשׁ בּוֹ מִשּׁוּם הוֹנָאָה, דְּמַה שֶּׁאֵינוֹ כְּלָל לֹא אִכְפַּת לְאָדָם אִם יֹאמְרוּ עָלָיו.
וְאָמְרוּ שָׁם (נ"ט:) מִפְּנֵי מָה הִזְהִירָה הַתּוֹרָה עַל הַגֵּרִים שֶׁסּוּרָן רַע, רוֹצֶה לוֹמַר שָׁרְשָׁן וִיסוֹדָן בֶּאֱמֶת רַע, עַל כֵּן צָרִיךְ אַזְהָרָה עַל הוֹנָאָתוֹ שֶׁיֵּשׁ בּוֹ הוֹנָאַת דְּבָרִים גְּדוֹלָה דְּעִיקָרָהּ הוּא כַּאֲשֶׁר אוֹמֵר דָּבָר אֱמֶת שֶׁבּוֹ, אָז פּוֹעֵל בּוֹ הַרְבֵּה עַד שֶׁיּוּכַל לִפְעוֹל בּוֹ עַל יְדֵי זֶה שִׁינּוּי בְּעַצְמוּתוֹ גַּם כֵּן, עַל יְדֵי שֶׁמַּזְכִּיר הַחֶסְרוֹן שֶׁהוּא בֶּאֱמֶת כֵּן בְּעֶצֶם וְכָךְ קִבַּלְתִּי.(תקנת השבין אות א' ד"ה שמביא)
Be-onaat devarim ha keitsad vekhu' (dans onaat devarim, lésion par les paroles, ha keitsad, voilà comment, etc.) im hayah ger vekhu' (s'il était ger, converti, etc.) al yomar lo peh she-akhal nevelot u-terefot vekhu' (qu'on ne lui dise pas : bouche qui a mangé des nevelot, charognes, et des terefot, viandes déchirées, etc.). U-mid-hutsrakh lehazhir mashma de-hu davar she-nitan leheamer ve-yech bo mishum honah (et du fait qu'il a fallu lehazhir, avertir, cela mashma, implique, que c'est un davar, chose, she-nitan leheamer, qui est donnée à être dite, et qu'il y a en elle mishum honah, au titre de la lésion), de-mah she-eino kelal lo ikhpat le-adam im yomru alav (car ce qui n'est pas kelal, du tout, lo ikhpat, n'importe pas, à l'homme si l'on dit cela sur lui).
Ve-amru sham (נ"ט:, 59b) mipnei mah hizhirah ha-Torah al ha-gerim she-suran ra (et ils ont dit la : pourquoi la Torah à-t-elle hizhirah, averti, au sujet des gerim ? she-suran ra, parce que leur sur, tour / naturel, est ra, mauvais), rotseh lomar shorshan vi-yesodan be-émet ra (rotseh lomar, c'est-à-dire : leur shoresh, racine, et leur yesod, fondement, sont be-émet, en vérité, ra), al ken tsarikh azharah al honato she-yech bo onaat devarim gedolah (c'est pourquoi il faut une azharah, avertissement, sur son honah, car il y a en lui une grande onaat devarim) de-ikarah hu ka'asher omer davar émet she-bo (dont l'ikar, l'essentiel, est lorsque l'on dit un davar émet, chose vraie, qui est en lui), az poel bo harbeh ad she-yukhal lif'ol bo al yedei zeh shinuy be-atsmuto gam ken (alors cela poel, agit, en lui beaucoup, jusqu'à pouvoir lif'ol, opérer, en lui par ceci un shinuy, changement, dans son atsmut, essence, aussi), al yedei she-mazkir ha-hesron she-hu be-émet ken be-etsem (par le fait qu'on mazkir, rappelle, le hesron, manque, qui est en vérité ainsi be-etsem, en essence) ve-kakh kibalti (et ainsi j'ai reçu). (Takanat ha-Shavin, ot alef, d"h [dibour ha-mathil, commençant par] Shemevi)