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Mei HaShiloach — Anthologie - Talmud - Yoma

Rabbi Mordechai Yosef Leiner d Izbica
En bref

Osée 14,2 appelle « chute » une faute délibérée. La Guemara répond : celui qui revient par crainte voit ses fautes délibérées devenir comme des fautes d'inadvertance, et celui qui revient par amour, comme des mérites. Dans l'anthologie du Mei HaChiloa'h, le Tiferet Yosef rapporte de son aïeul que celui qui revient par crainte a déjà atteint une lumière en plénitude, mais elle n'est pas encore fixée en lui : il craint qu'elle ne cesse, car il n'est pas encore dans un ordre ordonné. Celui qui revient par amour a déjà fixé en lui la sainteté comme un piquet qui ne chancelle pas, et il a atteint la lumière de D.ieu dans un ordre ordonné.

Aussi : le mikveh purifie par la jonction des eaux à la Source ; l'homme se purifie en s'attachant à D.ieu et en voyant que toute sa vitalité vient de la Source des vies

הָאוֹכֵל בְּיוֹם הַכִּיפּוּרִים כְּכוֹתֶבֶת הַגַּסָּה כָּמוֹהָ וּכְגַרְעִינָתָהּ. בָּעֵי רַב פָּפָּא כְּכוֹתֶבֶת שֶׁאָמְרוּ הַגַּרְעִינָתָהּ אוֹ בְּלֹא גַּרְעִינָתָהּ.

פֵּירֵשׁ רַשִׁ"י ז"ל הָא דְּקָתָנֵי מַתְנִיתִין וּבְגַרְעִינָתָהּ מִיבַּעְיָא לֵיהּ הֵיכִי קָאָמַר כָּמוֹהָ וּכְגַרְעִינָתָהּ יַחַד, אוֹ דִּלְמָא הָכֵי קָאָמַר כָּמוֹהָ כְּגַרְעִינָתָהּ. וּפֵירֵשׁ כְּבוֹד אֲדוֹנִי אָבִי זְקֵנִי מו"ר הָרַב הַגָּאוֹן הַקָּדוֹשׁ מָרָן מָרְדְּכַי יוֹסֵף זצללה"ה דְּהָאִיבַּעְיָא כִּפְשָׁטָהּ אָזְלָא הָא דְּקָתָנֵי כָּמוֹהָ וּכְגַרְעִינָתָהּ הִיא בְּגַרְעִינָתָהּ קָאָמַר אוֹ דִּלְמָא שֶׁלֹּא בְּגַרְעִינָתָהּ קָאָמַר, כִּי עִנְיַן שֵׁם גַּרְעִין נִקְרָא עַל שֵׁם שֶׁמְּחַסֵּר בְּהַפֵּירִי, שֶׁבִּמְקוֹמוֹ חָסֵר הַפֵּירִי, וְכִדְאָמְרִינַן בְּשַׁבָּת (ע"ז:) גַּרְאִינִין אוֹ גַּרְעִינִין תָּא שְׁמַע "וְנִגְרַע מֵעֶרְכֶּךָ" יעו"ש בפירש"י ז"ל, וּלְהָכֵי מְסַפְּקָא לֵיהּ לְרַב פָּפָּא בְּפֵירוּשׁ הַמִּשְׁנָה דְּקָתָנֵי כָּמוֹהָ וּכְגַרְעִינָתָהּ הָכֵי קָאָמַר כָּמוֹהָ כְּמוֹ שֶׁהִיא חֲסֵרָה.

וְזֶה כַּוָּנַת רַשִׁ"י ז"ל בִּלְשׁוֹנוֹ הַקָּדוֹשׁ הָא דְּקָתָנֵי מַתְנִיתִין וּכְגַרְעִינָתָהּ מִיבַּעְיָא לֵיהּ הֵיכִי קָאָמַר כָּמוֹהָ וּכְגַרְעִינָתָהּ יַחַד אוֹ דִּלְמָא הָכֵי קָאָמַר כָּמוֹהָ כְּגַרְעִינָתָהּ, פֵּירוּשׁ כָּמוֹהָ כְּגַרְעִינָתָהּ כָּמוֹהָ כְּמוֹ שֶׁהִיא חֲסֵרָה.(סדרי טהרות כלים קע"ב.)

Ha-okhel be-Yom ha-Kippurim ke-kotevet ha-gassah kemohah u-khe-gar'inatah (celui qui mange en Yom ha-Kippurim, le jour des expiations, [une quantité] comme une kotevet ha-gassah, grosse datte, comme elle et comme son gar'in, noyau). Ba'ei Rav Papa (à demandé Rav Papa) ke-kotevet she-amru ha-gar'inatah o be-lo gar'inatah (la kotevet dont ils ont parlé : [est-ce] avec son gar'in où sans son gar'in).

Peireish Rachi (רש"י, Rabbi Shlomo Yitshaki) z"l (ז"ל, zikhrono livrakha : que son souvenir soit pour bénédiction) ha de-katani matnitin u-ve-gar'inatah miba'aya leih heikhi ka-amar kemohah u-khe-gar'inatah yahad (ceci que katani, enseigné, la matnitin, Mishnah, "u-ve-gar'inatah", et avec son gar'in : il lui est miba'aya, douteux, comment il dit "kemohah u-khe-gar'inatah", comme elle et comme son gar'in, yahad, ensemble), o dilma hakhi ka-amar kemohah ke-gar'inatah (où dilma, peut-être, ainsi il dit : "kemohah ke-gar'inatah", comme elle, comme son gar'in). U-peireish kevod adoni avi zekeni mo"r (מו"ר, mori ve-rabbi : mon maître et mon rabbin) ha-rav ha-gaon ha-kadoch Maran Mordekhai Yosef ztsllh"h (זצללה"ה, zekher tsadik livrakha lehaye haolam haba : que le souvenir du juste soit pour bénédiction, pour la vie du monde à venir) de-ha-iba'aya ki-peshatah azla (que cette iba'aya, question, azla, va, ki-peshatah, selon son sens simple) ha de-katani kemohah u-khe-gar'inatah hi be-gar'inatah ka-amar o dilma she-lo be-gar'inatah ka-amar (ceci que [la Mishnah] enseigné "kemohah u-khe-gar'inatah" : [est-ce qu']elle dit avec son gar'in, où dilma elle dit sans son gar'in), ki inyan chem gar'in (גרעין) nikra al chem she-mehaser ba-peiri, she-bi-mekomo haser ha-peiri (car l'inyan, sujet, du nom gar'in est appelé d'après qu'il mehaser, diminue / fait manquer, dans le peiri, fruit, qu'à sa place le fruit est haser, manquant, de la racine גרע), u-khid-amrinan be-Chabbat (77b) gar'inin o gar'inin (et comme nous disons dans Chabbat : גראינין où גרעינין) ta chema "ve-nigra me-erkekha" ("וְנִגְרַע מֵעֶרְכֶּךָ", et il sera nigra, diminue, de ton erekh, évaluation) (Lévitique 27,18) ye'ayen sham (יעו"ש, voir la) be-peirush Rachi z"l, u-le-hakhi mesapeka leih le-Rav Papa be-peirush ha-Mishnah de-katani kemohah u-khe-gar'inatah hakhi ka-amar kemohah kemo she-hi haserah (et c'est pourquoi il est mesupek, douteux, à Rav Papa dans le peirush, explication, de la Mishnah qui enseigne "kemohah u-khe-gar'inatah" : ainsi il dit "kemohah", comme elle, kemo she-hi haserah, comme elle est manquante / diminuée).

Ve-zeh kavanat Rachi z"l bi-leshono ha-kadoch (et c'est la kavanah, intention, de Rachi z"l dans son lachon, langage, saint) ha de-katani matnitin u-khe-gar'inatah miba'aya leih heikhi ka-amar kemohah u-khe-gar'inatah yahad o dilma hakhi ka-amar kemohah ke-gar'inatah, peirush kemohah ke-gar'inatah kemohah kemo she-hi haserah (explication : "kemohah ke-gar'inatah" [signifie] comme elle, comme elle est haserah). (Sidrei Tohorot Kelim 172)

מַה הַמִּקְוֶה מְטַהֵר אֶת הַטְּמֵאִים אַף הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מְטַהֵר אֶת יִשְׂרָאֵל. כִּי טָהֳרַת מַיִם הוּא הַשָּׁקָה, כְּמוֹ שֶׁאָמַר כְּבוֹד אזמו"ר הַגה"ק זללה"ה שֶׁטָּהֳרָה מֵהַמַּיִם הוּא שֶׁמְּחַבֵּר הַמַּיִם לַמָּקוֹר כֵּן הוּא הַטָּהֳרָה שֶׁל הָאָדָם, כְּשֶׁהָאָדָם מְחַבֵּר וּמַדְבִּיק אֶת עַצְמוֹ לְהַשי"ת וְרוֹאֶה שֶׁכָּל חִיּוּתוֹ הוּא רַק מִמְּקוֹר הַחַיִּים מֵהַשי"ת, זֶהוּ הַטָּהֳרָה שֶׁל הָאָדָם.(תפארת יוסף יומא פ"ה:)

Mah ha-mikveh metaher et ha-teme'im af ha-Kadoch Barukh Hu metaher et Yisrael (comme le mikveh, bain rituel, metaher, rend purs, les teme'im, impurs, ainsi le Saint, béni soit-Il, metaher Israël). Ki tohorat mayim hu ha-hashakah (car la tohorah, pureté, des mayim, eaux, est la hashakah, contact / jonction des eaux), kemo she-amar kevod Azmo"r (אזמו"ר, adoni zekeni mori ve-rabbi : mon seigneur, mon aïeul, mon maître et mon rabbin) ha-gah"k (הגה"ק, ha-gaon ha-kadoch : le saint Gaon) zllh"h (זללה"ה, zikhrono lehaye haolam haba : que son souvenir soit pour la vie du monde à venir) she-tohorah me-ha-mayim hu she-mehaber ha-mayim la-Makor (que la tohorah provenant des eaux, c'est qu'il mehaber, relie, les eaux au Makor, Source) ken hu ha-tohorah chel ha-adam (ainsi est la tohorah de l'homme), ke-she-ha-adam mehaber u-madbik et atsmo le-Hachem Yitbarakh (השי"ת, Hachem, qu'Il soit béni) (lorsque l'homme relie et madbik, collé / adhère, lui-même à Hachem Yitbarakh) ve-ro'eh she-kol hiyuto hu rak mi-Mekor ha-'hayim me-Hachem Yitbarakh (et voit que toute sa hiyut, vivification, n'est que de Mekor ha-'hayim, la Source des vies, de Hachem Yitbarakh), zehu ha-tohorah chel ha-adam (c'est cela la tohorah de l'homme).

(Tiferet Yosef, Yoma 85b)

הַאי עָווֹן מֵזִיד הוּא וְקָא קָרֵי לֵיהּ כִּשָּׁלוֹן אֶלָּא שָׁב מִיִּרְאָה זְדוֹנוֹת נַעֲשׂוֹת לוֹ כִּשְׁגָגוֹת שָׁב מֵאַהֲבָה נַעֲשׂוֹת לוֹ כִּזְכֻיּוֹת. וְאָמַר בָּזֶה כְּבוֹד אזמו"ר זללה"ה שֶׁשָּׁב מִיִּרְאָה אֵין פֵּירוּשׁוֹ שֶׁשָּׁב מֵחֲמַת יִרְאַת הָעוֹנֶשׁ, אֶלָּא מְרַמֵּז שֶׁכְּבָר קָנָה וְהִשִּׂיג אוֹר בִּשְׁלֵימוּת וְרַק שֶׁלֹּא נִקְבַּע עוֹד אֶצְלוֹ בִּקְבִיעוּת גָּמוּר וְעוֹד יָכוֹל לִפְסוֹק מִמֶּנּוּ זֶה הָאוֹר.

וְזֶה מְרַמֵּז שֶׁשָּׁב מִיִּרְאָה שֶׁעוֹד יֵשׁ לוֹ יִרְאוֹת גְּדוֹלוֹת שֶׁמָּא יוּפְסַק מִמֶּנּוּ אוֹר הַשי"ת, מֵחֲמַת שֶׁלֹּא הִשִּׂיג עֲדַיִן בְּסֵדֶר מְסֻדָּר, וְשָׁב מֵאַהֲבָה מוֹרֶה שֶׁכְּבָר קָבַע קְדֻשָּׁה אֶצְלוֹ בִּקְבִיעוּת כְּיָתֵד בַּל תִּמּוֹט וּכְבָר הִשִּׂיג אוֹר הַשי"ת בְּסֵדֶר מְסֻדָּר.(תפארת יוסף פר' האזינו ש"ת ד"ה זכור ב')

Haï avon meizid hu ve-ka kari leih kishalon (cet avon, faute, est meizid, délibéré, et il l'appelle kishalon, chute / trebuchment) (Osée 14,2) ella shav mi-yirah zedonot naasot lo ki-shegagot shav me-ahavah naasot lo ki-zekhuyot (mais : celui qui shav, revient, mi-yirah, de crainte - les zedonot, [fautes] délibérées, lui deviennent comme shegagot, [fautes] d'inadvertance ; celui qui shav me-ahavah, d'amour, elles lui deviennent comme zekhuyot, mérites). Ve-amar ba-zeh kevod Azmo"r zllh"h she-shav mi-yirah ein peirusho she-shav me-hamat yirat ha-onesh (et a dit en ceci kevod Azmo"r zllh"h que "shav mi-yirah" n'a pas pour peirush, explication, qu'il revient à cause de yirat ha-onesh, crainte du châtiment), ella meramez she-kevar kanah ve-hisig or bi-shelemut (mais cela meramez, fait allusion, qu'il a déjà kanah, acquis, et hisig, atteint, un or, lumière, bi-shelemut, en plénitude) ve-rak she-lo nikba od etselo bi-keviut gamur (et seulement que cela n'est pas encore nikba, fixe, auprès de lui bi-keviut, en fixité, gamur, complète) ve-od yakhol lifsoq mimenu zeh ha-or (et encore cet or peut lifsoq, cesser, de lui).

Ve-zeh meramez she-shav mi-yirah she-od yech lo yiraot gedolot chema yufsak mimenu or Hachem Yitbarakh (et ceci fait allusion que "shav mi-yirah" [signifie] qu'il a encore de grandes yiraot, craintes, que peut-être l'or de Hachem Yitbarakh sera yufsak, interrompu, de lui), me-hamat she-lo hisig adayin be-seder mesudar (parce qu'il n'a pas encore atteint be-seder mesudar, dans un ordre ordonné), ve-shav me-ahavah moreh she-kevar kava kedouch etselo bi-keviut ke-yated bal timot (et "shav me-ahavah" moreh, indique, qu'il a déjà fixé une kedouch, sainteté, auprès de lui en fixité comme un yated, pieu, bal timot, qui ne chancellera pas) (Isaie 22,23 ; Psaumes 104,5) u-kevar hisig or Hachem Yitbarakh be-seder mesudar (et il a déjà atteint l'or de Hachem Yitbarakh dans un ordre ordonné). (Tiferet Yosef, par' Haazinu, sh"t [ש"ת, shanah tanyana : deuxième année], d"h [dibour ha-mathil, commençant par] Zakhor 2)

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