מי השלוח

Mei HaShiloach — Anthologie - Neviim - Yirmeyahou

Rabbi Mordechai Yosef Leiner d Izbica
En bref

Sur « la bonté de tes jeunesses, l'amour de tes kelulot (nuptiales, inclusions), ton aller après Moi dans le désert » (Jérémie 2,2), dans l'anthologie du Mei HaChiloa'h, le Tiferet Yosef explique que ceux dont parle le verset ont montré que toutes les choses et tout leur déploiement sont inclus dans les paroles de Torah, jusqu'aux forces rebelles de l'homme, que le verset nomme désert. Il rapporte de son aïeul qu'ils étaient une introduction pour toutes les générations suivantes : même quand l'occultation domine au point que la lumière de D.ieu semble cachée, cette lumière ne s'éloigne pas d'Israël, qui garde un chemin pour y revenir.

Aussi : le sage, le vaillant et le riche reconnaissent que leur don vient de D.ieu pour Son service ; D.ieu rappelle sa faute à qui veut l'oublier ; plus on désire la Torah, plus sa fixité agit dans le cœur

זָכַרְתִּי לָךְ חֶסֶד נְעוּרַיִךְ אַהֲבַת כְּלוּלֹתָיִךְ לֶכְתֵּךְ אַחֲרַי בַּמִּדְבָּר וְגוֹ'. "אַהֲבַת כְּלוּלוֹתָיִךְ" הַיְינוּ שֶׁהֶרְאוּ אֵיךְ שֶׁכָּל הַדְּבָרִים וְכָל הַהִתְפַּשְּׁטוּת, הַכֹּל נִכְלָל בְּדִבְרֵי תּוֹרָה וְזֶה שֶׁמְּסַיֵּים הַפָּסוּק "לֶכְתֵּךְ אַחֲרַי בַּמִּדְבָּר", הַיְינוּ שֶׁכָּל כָּךְ הֵאִירוּ בַּעֲבוֹדָתָם שֶׁאֲפִילּוּ כֹּחוֹת הַשּׁוֹבָבִים שֶׁיֵּשׁ בָּאָדָם, הַמְכוּנֶּה בְּשֵׁם מִדְבָּר הֵם גַּם כֵּן כְּלוּלִים בְּדִבְרֵי תּוֹרָה.

וּכְמוֹ שֶׁבֵּיאֵר בָּזֶה כְּבוֹד אזמו"ר זללה"ה שֶׁהֵם הָיוּ הַקְדָּמָה לְכָל הַדּוֹרוֹת הַבָּאִים אַחֲרֵיהֶם, לְהַרְאוֹת לְכָל דּוֹרוֹת הַבָּאִים, שֶׁאֲפִילּוּ בְּעֵת שֶׁגָּבַר הַהֶסְתֵּר אֵצֶל הָאָדָם עַד הֵיכָן שֶׁנִּדְמֶה לָאָדָם שֶׁנִּסְתָּר מִמֶּנּוּ אוֹר הַשי"ת, מִכָּל מָקוֹם לֹא שַׁיָּיךְ אֵצֶל יִשְׂרָאֵל שֶׁנִּתְרַחֵק מִמֶּנּוּ אוֹר הַשי"ת וְלֹא יָכוֹל לָשׁוּב לְאוֹר ה', וְגַם בַּהִתְפַּשְּׁטוּת הַזֶּה יֵשׁ לוֹ דֶּרֶךְ לָשׁוּב לְאוֹר ה'.(תפארת יוסף במדבר ד"ה וידבר א')

"Je me suis souvenu pour toi du hesed (bonté) de tes jeunesses, de l'amour de tes kelulot (nuptiales, inclusions), de ton aller après Moi dans le midbar (désert), etc." (Jérémie 2,2). "L'amour de tes kelulot" hayinu (c'est-à-dire) qu'ils ont montre comment toutes les choses et toute la hitpashut (déploiement), le tout est nikhlal (inclus) dans les paroles de Torah; et c'est ce que conclut le passouk (verset) "ton aller après Moi dans le midbar", hayinu qu'ils ont tellement éclaire dans leur avodah (service) que même les kohot ha-shovavim (forces rebelles) qu'il y a dans l'homme, désignées du nom midbar, elles aussi sont kelulim (incluses) dans les paroles de Torah.

Et comme à expliqué en ceci kevod Azmo"r (אזמו"ר, adoni zekeni mori ve-rabbi : mon seigneur, mon aïeul, mon maître et mon rabbin) zllh"h (זללה"ה, zikhrono lehaye haolam haba : que son souvenir soit pour la vie du monde à venir) qu'ils étaient une hakdamah (introduction) pour toutes les générations qui viennent après eux, pour montrer à toutes les générations à venir que même au temps où le hester (occultation) à prévalu chez l'homme jusqu'au point qu'il semble à l'homme que s'est cachée de lui la lumière de Hachem Yitbarakh (השי"ת, Hachem, qu'Il soit béni), mi-kol makom (néanmoins) il n'est pas shayakh (applicable) chez Israël que se soit éloignée de lui la lumière de Hachem Yitbarakh et qu'il ne puisse pas revenir à la lumière de ה', et aussi dans cette hitpashut il a un chemin pour revenir à la lumière de ה'. (Tiferet Yosef, Bamidbar, d"h [dibour ha-mathil, commençant par] Vayedaber à')

אַל יִתְהַלֵּל חָכָם בְּחָכְמָתוֹ וְאַל יִתְהַלֵּל גִּבּוֹר בִּגְבוּרָתוֹ אַל יִתְהַלֵּל עָשִׁיר בְּעָשְׁרוֹ. כְּמוֹ שֶׁבֵּאֵר בָּזֶה כְּבוֹד אזמו"ר הַגה"ק זללה"ה שֶׁהַכָּתוּב לֹא מַיְרֵי מִדִּבְרֵי עוֹלָם הַזֶּה, אֶלָּא אֵיזֶהוּ גִּבּוֹר הַכּוֹבֵשׁ אֶת יִצְרוֹ וְאֵיזֶהוּ עָשִׁיר הַשָּׂמֵחַ בְּחֶלְקוֹ הַיְנוּ שֶׁיְּשָׁרָה נַפְשׁוֹ בּוֹ, וְחָכָם הַיְנוּ שֶׁמַּנְהִיר בִּלְבָבוֹ אוֹר תּוֹרָה.

אָכֵן אֵין לוֹ לָאָדָם לְהִתְהַלֵּל אֶת עַצְמוֹ מִזֶּה וּלְקַבֵּל מִזֶּה לְעַצְמוֹ אֵיזֶה כֹּחַ ח"ו, רַק כְּמוֹ שֶׁמְּסַיֵּם הַכָּתוּב "כִּי אִם בְּזֹאת יִתְהַלֵּל הַמִּתְהַלֵּל הַשְׂכֵּל וְיָדֹעַ אוֹתִי" וְגוֹ', הַיְנוּ שֶׁהַגִּבּוֹר הַכּוֹבֵשׁ אֶת יִצְרוֹ יַכִּיר הֵיטֵב שֶׁזֶּה הַכֹּחַ לְהִתְגַּבֵּר עַל כָּל הַמְּנִיעוֹת נָתַן לוֹ הַשי"ת רַק לַעֲבוֹדָתוֹ יִתְבָּרַךְ. וְכֵן הַשָּׂמֵחַ בְּחֶלְקוֹ יַכִּיר הֵיטֵב שֶׁזֶּה הַכֹּחַ מַנְהִיר לוֹ הַשי"ת.

וְכֵן הֶחָכָם בְּאוֹר תּוֹרָתוֹ יַכִּיר הֵיטֵב, שֶׁאֵין זֹאת מִצִּדּוֹ כְּלָל רַק שֶׁהַשי"ת חָנַן לוֹ בְּכָל פַּעַם לַעֲבוֹדָתוֹ יִתְבָּרַךְ.(תפארת יוסף חגיגה ח' ד"ה תנו)

"Que le 'hakham (sage) ne se glorifie pas de sa hokhmah (sagesse), et que le gibor (vaillant) ne se glorifie pas de sa guevourah (force); que l'ashir (riche) ne se glorifie pas de sa richesse." (Jérémie 9,22). Comme à expliqué en ceci kevod Azmo"r (אזמו"ר, adoni zekeni mori ve-rabbi : mon seigneur, mon aïeul, mon maître et mon rabbin) ha-gah"k (הגה"ק, ha-gaon ha-kadoch : le saint Gaon) zllh"h (זללה"ה, zikhrono lehaye haolam haba : que son souvenir soit pour la vie du monde à venir) que le katuv (verset) lo mairei (ne parle pas) des affaires de ce monde-ci, ella (mais) "eizehu gibor ha-kovesh et yitsro" (qui est gibor ? celui qui soumet son yetser, penchant) et "eizehu ashir ha-sameah be-helko" (qui est riche ? celui qui se réjouit de sa helek, part), hayinu (c'est-à-dire) que son nefech (âme) soit yesharah (droite) en lui, et 'hakham hayinu qu'il fait briller dans son cœur la lumière de Torah.

Akhen (toutefois) l'homme n'a pas à se glorifier lui-même de ceci et à recevoir de ceci pour lui-même quelque koah (force), has ve-chalom (ח"ו), seulement comme conclut le katuv "mais en ceci que se glorifie celui qui se glorifie : avoir l'intelligence et Me connaître" etc. (Jérémie 9,23), hayinu que le gibor qui soumet son yetser reconnaîtra bien que cette force pour se renforcer sur tous les meniot (obstacles), Hachem Yitbarakh (השי"ת, Hachem, qu'Il soit béni) la lui à donnée seulement pour Son avodah (service), qu'Il soit béni.

Et de même celui qui se réjouit de sa helek reconnaîtra bien que cette force, Hachem Yitbarakh la lui fait briller. Et de même le 'hakham dans la lumière de sa Torah reconnaîtra bien que ceci n'est pas du tout de son côté, seulement que Hachem Yitbarakh lui a fait hen (grâce) à chaque fois pour Son avodah, qu'Il soit béni.

(Tiferet Yosef, Haguigah 8, d"h [dibour ha-mathil, commençant par] Tenu)

אִם יִסָּתֵר אִישׁ בַּמִּסְתָּרִים וַאֲנִי לֹא אֶרְאֶנּוּ נְאֻם ה'. וְאִיתָא בַּזּוֹהַר (בראשית ס"ח.) תָּא חֲזֵי כַּד בַּר נָשׁ חָטֵי קַמֵּי מָארֵיהּ וְאַמְשִׁיךְ גַּרְמֵיהּ לְאִתְכַּסְיָא קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא עָבֵיד בֵּיהּ דִּינָא בְּאִתְגַּלְיָא וְכַד בַּר נָשׁ אִדְּכֵי גַּרְמֵיהּ קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא בָּעֵי לְאַסְתָּרָא לֵיהּ דְּלָא יִתְחֲזֵי בְּיוֹם אַף וּכְדִכְתִיב (ישעיה כ"ו,כ') "חֲבִי כִמְעַט רֶגַע עַד יַעֲבָר זָעַם".

הָעִנְיָן הוּא כְּמוֹ שֶׁאָמַר אאמו"ר זללה"ה שֶׁאִם יַחְפֹּץ הָאָדָם לְהַסְתִּיר עֲווֹנוֹ מִפָּנָיו וְשׁוֹכֵחַ אֶת אֲשֶׁר עִוֵּת אֲזַי הַשי"ת מַזְכִּירוֹ וּמְגַלֶּה עֲווֹנוֹ שֶׁעוֹשֶׂה בּוֹ דִּין לְעֵינֵי הַכֹּל וּכְדִכְתִיב (בראשית ג',ח') "וַיִּתְחַבֵּא הָאָדָם וְאִשְׁתּוֹ מִפְּנֵי ה' אֱלֹקִים בְּתוֹךְ עֵץ הַגָּן", וְאָמַר לוֹ הַשי"ת אַיֶּכָּה. וּלְהֵפֶךְ אִם הָאָדָם זוֹכֵר עֲווֹנוֹ וּמְקַיֵּם "וְחַטָּאתִי נֶגְדִּי תָמִיד", אֲזַי הַשי"ת עוֹשֶׂה עַצְמוֹ שׁוֹכֵחַ וְאֵינוֹ מַבִּיט בְּאוֹתוֹ חֵטְא כְּלָל כְּדִכְתִיב (איוב י"א,י"א) "וַיַּרְא אָוֶן וְלֹא יִתְבּוֹנָן".(בית יעקב בראשית נח י"ח)

"Si un homme se cache dans les mistarim (lieux cachés), et Moi Je ne le verrais pas ? neoum ה' (dit ה')." (Jérémie 23,24). Ve-ita (ואיתא, et il est rapporté) dans le Zohar (Berechit 68à): ta hazei (viens et vois), lorsque bar nash (un homme) faute devant son Maître et attire lui-même à se couvrir, le Koudsha Berikh Hu (le Saint, béni soit-Il) fait en lui din (jugement) be-itgalya (au découvert); et lorsque bar nash idkei garmeih (purifie lui-même), le Koudsha Berikh Hu veut le cacher afin qu'il ne soit pas vu au jour de af (colère), et comme il est écrit (Isaie 26,20) "Caché-toi un petit instant jusqu'à ce que passe le zaam (courroux)".

L'inyan (sujet) est comme a dit Aamo"r (אאמו"ר, adoni avi mori ve-rabbi : mon seigneur, mon père, mon maître et mon rabbin) zllh"h (זללה"ה, zikhrono lehaye haolam haba : que son souvenir soit pour la vie du monde à venir) que si l'homme veut cacher son avon (faute) de devant lui et oublié ce qu'il a ivet (fausse, détourne), azai (alors) Hachem Yitbarakh (השי"ת, Hachem, qu'Il soit béni) le lui rappelle et révèle son avon, qu'Il fait en lui din aux yeux de tous, u-khe-dikhtiv (et comme il est écrit) (Genèse 3,8) "Et l'homme et sa femme se cachèrent de devant ה' Elokim au milieu de l'arbre du jardin", et Hachem Yitbarakh lui dit ayeka (où es-tu). Et à l'inverse, si l'homme se souvient de son avon et accomplit "et ma faute est en face de moi toujours" (Psaumes 51,5), azai Hachem Yitbarakh Se fait Lui-même oubliant et ne regarde pas du tout cette faute, ke-dikhtiv (Job 11,11) "et Il voit l'aven (iniquité) et Il ne yitbonan (ne s'y applique) pas".

(Beit Yaakov, Berechit, Noa'h 18)

כְפַטִּישׁ יְפֹצֵץ סָלַע. בֵּאֵר בָּזֶה אזמו"ר הַגָּאוֹן הַקָּדוֹשׁ זצלה"ה אֲשֶׁר דִּבְרֵי תּוֹרָה נִמְשְׁלוּ לְפַטִּישׁ שֶׁמַּכִּין בּוֹ עַל הַסֶּלַע (קידושין ל':) וּבְאֵלּוּ הַמְּקוֹמוֹת שֶׁבּוֹלְטִין עַל פְּנֵי הַסֶּלַע בְּיוֹתֵר שָׁם פּוֹעֵל הַהַכָּאָה שֶׁל הַפַּטִּישׁ נַמֵּי בְּיוֹתֵר, כִּי בִּשְׁעַת הַהַכָּאָה נוֹגֵעַ הַפַּטִּישׁ מִיָּד בְּאֵלּוּ הַבְּלִיטוֹת, כָּךְ מִי שֶׁיֵּשׁ בּוֹ בְּיוֹתֵר תְּשׁוּקָה לְדִבְרֵי תּוֹרָה, פּוֹעֵל בְּלִבּוֹ הַקְּבִיעוּת שֶׁל דִּבְרֵי תוֹרָה נַמִּי בְּיוֹתֵר.(סוד ישרים שמחת תורה ז')

"Comme un patish (marteau) qui yefotsets (brisé) le sela (rocher)." (Jérémie 23,29). Expliqua en ceci Azmo"r (אזמו"ר, adoni zekeni mori ve-rabbi : mon seigneur, mon aïeul, mon maître et mon rabbin) ha-gaon ha-kadoch ztslh"h (זצלה"ה, zekher tsadik livrakha lehaye haolam haba : que le souvenir du juste soit pour bénédiction, pour la vie du monde à venir) que les paroles de Torah ont été comparées à un patish avec lequel on frappe sur le sela (Kidouchin 30b), et dans ces endroits qui boltin (saillent) le plus à la face du sela, la l'hakaa (frappe) du patish poel (agit) nami (aussi) davantage, car à l'heure de la frappe le patish touche aussitôt ces belitot (saillies); ainsi celui en qui il y a davantage de teshukah (désir) pour les paroles de Torah, poel dans son cœur la keviut (fixité) des paroles de Torah nami davantage.

(Sod Yesharim, Simhat Torah 7)

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