Dans l'anthologie du Mei HaChiloa'h, le Tiferet Yosef rapporte de son aïeul que « tu as ourlé » est le langage de l'ourlet d'un vêtement, qui n'est achevé que lorsqu'il a son ourlet : après qu'Israël s'est clarifié pendant quarante ans, toute sa finalité est l'honneur des Cieux, et D.ieu montre que toute Sa finalité est pour Israël et que la création entière a été faite pour lui. Les Derachot Ezrat Kohanim rapportent avoir entendu de son maître d'Izbica que l'homme de cœur, dont tous les instruments (parole, vue, ouïe, action, marche) font ce qui est juste même sans intention, reçoit la bénédiction, à condition de ne pas les souiller de vanités.
אֶת ה' הֶאֱמַרְתָּ הַיּוֹם לִהְיוֹת לְךָ לֵאלֹהִים וְגוֹ' וַה' הֶאֱמִירְךָ הַיּוֹם לִהְיוֹת לוֹ לְעַם סְגֻלָּה וְגוֹ'. וּבֵיאֵר בָּזֶה כְּבוֹד אזמו"ר זללה"ה שֶׁ"הֶאֱמַרְתָּ" הוּא לְשׁוֹן אִמְרַת הַבֶּגֶד, וּכְמוֹ שֶׁבֶּגֶד כָּל זְמַן שֶׁאֵין לוֹ אִמְרָא עֲדַיִן לֹא נִגְמַר הַבֶּגֶד וַעֲדַיִן יָכוֹל לְהוֹסִיף עָלָיו וְלִגְרֹעַ מִמֶּנּוּ, וּכְשֶׁנִּגְמַר הָאִימְרָא אָז הוּא הַגְּמָר וְהַתַּכְלִית הַבֶּגֶד.
כָּךְ "אֶת ה' הֶאֱמַרְתָּ הַיּוֹם לִהְיוֹת לְךָ לֵאלֹקִים". כִּי מֵאַחַר שֶׁבֵּרְרוּ יִשְׂרָאֵל אֶת עַצְמָם לְאַחַר אַרְבָּעִים שָׁנָה, שֶׁכָּל תַּכְלִיתָם הוּא הַכֹּל, "לִהְיוֹת לְךָ לֵאלֹקִים", הַיְנוּ שֶׁכָּל תַּכְלִית שֶׁל יִשְׂרָאֵל הוּא כְּבוֹד שָׁמַיִם.
וְלָזֶה "ה' הֶאֱמִירְךָ הַיּוֹם לִהְיוֹת לוֹ לְעַם סְגֻלָּה" הַיְנוּ שֶׁמַּרְאֶה הַשי"ת שֶׁכָּל תַּכְלִיתוֹ הַכֹּל בִּשְׁבִיל יִשְׂרָאֵל וְכָל בְּרִיאַת הָעוֹלָם הָיָה הַכֹּל בִּשְׁבִיל יִשְׂרָאֵל, כִּדְאִיתָא בְּתִקּוּנֵי זֹהַר (תקון ס"ט) וּבַמִּדְרָשׁ (רבה בראשית א',ה') יִשְׂרָאֵל עָלָה בְּמַחְשָׁבָה תְּחִלָּה.(תפארת יוסף תבא ד"ה ולא)
"את ה' hé'emarta ha-yom lihyot lekha le-Elokim ve-go' (tu as ourlé ה' aujourd'hui pour qu'Il soit pour toi Elokim, etc.) va-ה' hé'emirkha ha-yom lihyot lo le-am segulah ve-go' (et ה' t'a ourlé aujourd'hui pour que tu sois pour Lui un am segulah, peuple-trésor, etc.)." (Deutéronome 26,17-18). U-be'er ba-zeh (et il expliqua en ceci) kevod Azmo"r (אזמו"ר, adoni zekeni mori ve-rabbi : mon seigneur, mon aïeul, mon maître et mon rabbin) zllh"h (זללה"ה, zikhrono lehaye haolam haba : que son souvenir soit pour la vie du monde à venir) she-"hé'emarta" hu leshon imrat ha-beged (que "hé'emarta" est le langage de l'imrah, ourlet, du beged, vêtement), u-khemo she-beged kol zeman she-ein lo imra adayin lo nigmar ha-beged (et comme un beged, tout le temps qu'il n'a pas encore d'imra, n'est pas encore achevé) va-adayin yakhol lehosif alav ve-ligroa mimenu (et l'on peut encore ajouter sur lui et retrancher de lui), u-ke-she-nigmar ha-imra az hu ha-gemar ve-ha-takhlit ha-beged (et lorsque l'imra est achevée, alors c'est le gemar, achèvement, et la takhlit, finalité, du beged).
Kakh "את ה' hé'emarta ha-yom lihyot lekha le-Elokim". Ki meahar she-bereru Yisrael et atsmam leahar arba'im shanah (car après qu'Israël ont berer, clarifié, eux-mêmes après quarante ans), she-kol takhlitam hu ha-kol (que toute leur takhlit est le tout), "lihyot lekha le-Elokim", hayinu she-kol takhlit chel Yisrael hu kevod chamayim (c'est-à-dire que toute la takhlit d'Israël est kevod chamayim, l'honneur des Cieux).
Ve-lazeh "ה' hé'emirkha ha-yom lihyot lo le-am segulah" hayinu she-mareh Hachem Yitbarakh (השי"ת, Hachem, qu'Il soit béni) she-kol takhlito ha-kol bi-shvil Yisrael (montre que toute Sa takhlit, le tout, est pour Israël) ve-khôl beriat ha-olam hayah ha-kol bi-shvil Yisrael (et toute la beriah, création, du monde était le tout pour Israël), ki-de-ita (כדאיתא, comme il est rapporté) be-Tikunei Zohar (tikoun 69) u-va-Midrach (Rabbah Bereshit 1,5) "Yisrael alah be-mahashavah tehilah (Israël monta dans la mahashavah, pensée, d'abord)". (Tiferet Yosef, Tavo, d"h [dibour ha-mathil, commençant par] Ve-lo)
יְצַו ה' אִתְּךָ אֶת הַבְּרָכָה בַּאֲסָמֶיךָ וּבְכֹל מִשְׁלַח יָדֶךָ. וְשָׁמַעְתִּי מִפִּי הָרַב הַקָּדוֹשׁ אַדְמוֹ"ר נבג"מ מֵאִזְבִּיצֶא דְּהַכַּוָּנָה דְּכָל הֵיכִי שֶׁיִּשְׁלַח יָדוֹ לַעֲשׂוֹת מַעֲשֶׂה אֲפִילּוּ שֶׁלֹּא בְּמִתְכַּוֵּן וְהַיְנוּ "בַּאֲסָמֶיךָ", יִהְיֶה בּוֹ בְּרָכָה, וַדַּאי כְּמִילֵּי דְעָלְמָא כֵּן מִילֵּי דִשְׁמַיָּא, דְּמִי שֶׁהוּא בַּר לֵבָב כָּל כֵּלָיו כְּלֵי הַדִּבּוּר וּכְלֵי הָרְאִיָּה וּכְלֵי הַשְּׁמִיעָה וּכְלֵי עֲשִׂיָּה וּכְלֵי הַהִילּוּךְ הַכֹּל יַעֲשׂוּ עַל נָכוֹן כַּתּוֹרָה וְכַמִּצְוָה אֲפִילּוּ שֶׁלֹּא בְּמִתְכַּוֵּן, אָמְנָם זֶה רַק אִם שׁוֹמְרָם, מִבְּלִי לְלַכְלְכָם בְּהֶבְלִיּוּת, דְּכֵיוָן שֶׁמְּלַכְלֵךְ רַגְלָיו בְּהֶבְלִיּוּת אֵינָם מֻכְשָׁרִים לָזֶה.(דרשות עזרת כהנים שבת הגדול תבר"ך דף קנ"ג)
"Yetsav ה' itkha et ha-berakhah ba-asamekha u-ve-khôl mishlah yadekha (ה' commandera avec toi la berakhah, bénédiction, dans tes asamin, greniers, et en tout mishlah yadekha, envoi de ta main)." (Deutéronome 28,8). Ve-shamati mi-pi ha-rav ha-kadoch (et j'ai entendu de la bouche du saint Rav) Admo"r (אַדְמוֹ"ר, adoneinu moreinu ve-rabbenu : notre seigneur, notre maître et notre rabbin) nbg"m (נבג"מ, nishmato be-ginzei meromim : que son âme soit dans les trésors des hauteurs) me-Izbica de-ha-kavanah (que la kavanah, intention, est) de-kol heikhi she-yishlah yado laasot maaseh afilu she-lo be-mitkaven (que partout où il enverra sa main pour faire un maaseh, acte, même she-lo be-mitkaven, sans intention) ve-hayinu "ba-asamekha", yihyeh bo berakhah (il y aura en lui berakhah), vaday ke-milei de-alma ken milei di-shmaya (certainement, comme les milei de-alma, affaires du monde, ainsi les milei di-shmaya, affaires du Ciel), de-mi she-hu bar levav (que celui qui est bar levav, homme de cœur) kol kelav kelei ha-dibour u-khlei ha-re'iyah u-khlei ha-shemi'ah u-khlei asiyah u-khlei ha-hilukh (tous ses kelim, vases / instruments : kelim de la parole et kelim de la vue et kelim de l'ouïe et kelim de l'action et kelim de la marche) ha-kol yaasu al nakhon ka-Torah ve-kha-mitsvah afilu she-lo be-mitkaven (le tout fera juste, selon la Torah et selon la mitsvah, même sans intention), amnam zeh rak im shomram (toutefois ceci seulement s'il les garde), mi-beli lelakhlkham be-heveliyut (sans les souiller en heveliyut, vanités), de-keivan she-melakhlekh raglav be-heveliyut (car des lors qu'il souillé ses pieds en heveliyut) einam mukhsharim la-zeh (ils ne sont pas mukhsharim, aptes, à ceci).
(Derachot Ezrat Kohanim, Chabbat ha-Gadol, תבר"ך [5620], daf 153)