Dans l'anthologie du Mei HaChiloa'h, le Tiferet Yosef rapporte de son aïeul que le Temple, plus haut que tout le monde, indique une sainteté fixe, comme celle du Chabbat, que D.ieu a fixée en Israël en le choisissant avant son service, alors que les fêtes font allusion à la sainteté qu'Israël sanctifie par son service. Le Beit Yaakov rapporte de son père que celui qui s'habitue à un bien dont il lui est dur de se séparer transgresse une ramification de l'interdit « vous n'ajouterez plus à retourner par ce chemin », car la kelipa d'Égypte entourait l'homme : même s'il veut s'élever à une station plus honorable, il ne peut quitter sa station ni son habitude.
וְקַמְתָּ וְעָלִיתָ וְגוֹ'. וְאִיתָא בַּשַּׁ"ס (זבחים נ"ד:) מְלַמֵּד שֶׁבֵּית הַמִּקְדָּשׁ גָּבוֹהַּ מִכָּל אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל וְאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל גָּבוֹהַּ מִכָּל הָאֲרָצוֹת.
בֵּאֵר בָּזֶה כְּבוֹד אזמו"ר הַגה"ק זצללה"ה כִּי בֵּית הַמִּקְדָּשׁ הָיָה גָּבוֹהַּ מִכָּל הָעוֹלָם זֶה מוֹרֶה עַל קְדֻשָּׁה בִּקְבִיעוּת, שֶׁהוּא כְּמוֹ קְדֻשַּׁת שַׁבָּת שֶׁהוּא קָבוּעַ וְקַיָּמָא מִצִּדּוֹ יִתְבָּרַךְ, כִּי קְדֻשַּׁת הַמּוֹעֲדִים רוֹמְזִים עַל הַקְּדֻשָּׁה שֶׁיִּשְׂרָאֵל מְקַדְּשִׁים עַל יְדֵי עֲבוֹדָתָם. וּקְדֻשָּׁה דְּקָבוּעַ וְקַיָּמָא רוֹמֵז עַל הַקְּדֻשָּׁה שֶׁקָּבַע הַשי"ת בְּיִשְׂרָאֵל וּבָחַר בָּהֶם אַף טֶרֶם עֲבוֹדָתָם, וּמְקוֹם הַמִּקְדָּשׁ הָיָה גָּבוֹהַּ מִכָּל הָעוֹלָם רוֹמֵז עַל זֹאת הַקְּדֻשָּׁה שֶׁהוּא בִּקְבִיעוּת גַּבֵּי יִשְׂרָאֵל גַּם טֶרֶם עֲבוֹדָתָם.(תפארת יוסף חגיגה ג':
ד"ה איזהו)
"Ve-kamta ve-alita ve-go' (tu te lèveras et tu monteras, etc.)." (Deutéronome 17,8). Ve-ita (et il est rapporté) ba-Shas (ש"ס, shisha sidrei Mishnah : les six ordres) (Zevahim 54b) : melamed (enseigné) she-Beit ha-Mikdach gavoah mi-kol Erets Israël (que le Beit ha-Mikdach, Temple, est plus haut que tout Erets Israël, terre d'Israël) ve-Erets Israël gavoah mi-kol ha-aratsot (et Erets Israël est plus haute que toutes les terres).
Béer (expliqua) ba-zeh kevod Azmo"r (אזמו"ר, adoni zekeni mori ve-rabbi : mon seigneur, mon aïeul, mon maître et mon rabbin) ha-gah"k (הגה"ק, ha-gaon ha-kadoch : le saint Gaon) ztsllh"h (זצללה"ה, zekher tsadik livrakha lehaye haolam haba : que le souvenir du juste soit pour bénédiction, pour la vie du monde à venir) ki Beit ha-Mikdach hayah gavoah mi-kol ha-olam (que le Beit ha-Mikdach était plus haut que tout le monde) zeh moreh al kedoucha bi-keviut (ceci indique une kedoucha, sainteté, en keviut, fixité), she-hu kemo kedushat Chabbat (qui est comme la kedoucha de Chabbat) she-hu kavua ve-kayama mi-tsido Yitbarakh (qui est kavua ve-kayama, fixe et établi, de Son côté, qu'Il soit béni), ki kedushat ha-moadim romzim al ha-kedoucha she-Israël mekadshim al yedei avodatam (car kedushat ha-moadim, sainteté des fêtes, font allusion à la kedoucha qu'Israël sanctifient par leur avodah, service). U-kedoucha de-kavua ve-kayama romez al ha-kedoucha she-kava Hachem Yitbarakh (השי"ת, Hachem, qu'Il soit béni) be-Israël u-bahar bahem af terem avodatam (et une kedoucha de kavua ve-kayama fait allusion à la kedoucha que Hachem Yitbarakh à fixée en Israël et les a choisis même avant leur avodah), u-mekom ha-Mikdach hayah gavoah mi-kol ha-olam romez al zot ha-kedoucha she-hu bi-keviut gabei Israël gam terem avodatam (et le lieu du Mikdach était plus haut que tout le monde, cela fait allusion à cette kedoucha qui est en keviut auprès d'Israël aussi avant leur avodah).
(Tiferet Yosef, Hagigah 3à, d"h [dibour ha-mathil, commençant par] Eizehu)
לֹא תֹסִפוּן לָשׁוּב בַּדֶּרֶךְ הַזֶּה עוֹד. וְאָמַר אאמו"ר זללה"ה מִי שֶׁמַּרְגִּיל אֶת עַצְמוֹ בְּאֵיזֶה טוֹבָה אֲשֶׁר קָשֶׁה לוֹ לְהִפָּרֵד מִמֶּנָּה הוּא עוֹבֵר עַל הַלָּאו "לֹא תוֹסִיפוּן לָשׁוּב בַּדֶּרֶךְ הַזֶּה עוֹד" כִּי זֶה הוּא בַּאֲבִיזְרַיְהוּ מִזֶּה הַלֹּא תַעֲשֶׂה.
כִּי עִנְיַן מִצְרַיִם הוּא אֲשֶׁר הָיוּ מְמֻלָּאִים בְּכָל טוּב וְכָל טוֹבוֹת עוֹלָם הַזֶּה וְלֹא תֶחְסַר כֹּל בָּהּ כְּמוֹ שֶׁכָּתוּב (בראשית י"ג,י') "כְּגַן ה' כְּאֶרֶץ מִצְרַיִם", וְהָיוּ מְסַבְּבִים אֶת הָאָדָם בְּגֹדֶל תְּשׁוּקוֹת וְחֶמְדּוֹת עַד אֲשֶׁר עָבְרוּ רֹאשׁוֹ כַּמְבֹאָר שֶׁאֵין עֶבֶד יָכוֹל לִבְרֹחַ. וְזֶה הָיָה טֻמְאַת וּקְלִפַּת מִצְרַיִם שֶׁהָיָה מֵצֵר וּמַגְבִּיל אֶת הָאָדָם וּמַקִּיף אוֹתוֹ בְּכָל סְבִיבוֹתָיו אֲשֶׁר לֹא יוּכַל לְהִפָּרֵד מִמֶּנָּה וְכֵן נִמְצָא הַחֶסְרוֹן הַזֶּה בָּאָדָם, כְּשֶׁיַּרְגִּיל אֶת עַצְמוֹ בְּאֵיזֶה טוֹבָה קְטַנָּה אֲשֶׁר יֵשׁ לוֹ נַיְחָא בָּזֶה אֲשֶׁר אַף אִם יִרְצֶה לְהַעֲלוֹתוֹ לְאֵיזֶה מַעֲמָד יוֹתֵר נִכְבָּד וְנַעֲלֶה מִזֶּה הַמַּעֲמָד שֶׁעוֹמֵד כָּעֵת, לֹא יוּכַל לְהִפָּרֵד מִמַּעֲמָדוֹ וְהֶרְגֵּלוֹ אֲשֶׁר עוֹמֵד בּוֹ לָזוּז מִמֶּנּוּ.(בית יעקב שמות תשא ס"ד, סוד ישרים ליל פסח כ"ג ד"ה מרור)
"Lo tosifun lashuv ba-derekh ha-zeh od (vous n'ajouterez plus à retourner par ce chemin)." (Deutéronome 17,16). Ve-amar Aamo"r (אאמו"ר, adoni avi mori ve-rabbi : mon seigneur, mon père, mon maître et mon rabbin) zllh"h (זללה"ה, zikhrono lehaye haolam haba : que son souvenir soit pour la vie du monde à venir) : mi she-margil et atsmo be-eizeh tovah (celui qui habitué lui-même à quelque tovah, bien) acher kasheh lo lehipared mimenah (dont il lui est dur de se séparer d'elle) hu over al ha-lav (il transgresse le lav, interdit) "Lo tosifun lashuv ba-derekh ha-zeh od" ki zeh hu be-avizrayhu (car ceci est be-avizrayhu, parmi les accessoires) mi-zeh ha-lo taaseh (de ce lo taaseh, commandement négatif).
Ki inyan Mitsrayim hu acher hayu memula'im be-khôl tuv ve-khôl tovot olam ha-zeh (car l'inyan, sujet, de Mitsrayim, Égypte, est qu'ils étaient remplis de tout bien et de tous les biens de ce monde-ci) ve-lo tehsar kol bah (et tu ne manqueras de rien en elle) kemo she-katuv (comme il est écrit) (Genèse 13,10) "ke-gan ה' ke-erets Mitsrayim (comme le jardin de ה', comme le pays de Mitsrayim)", ve-hayu mesabevim et ha-adam be-godel teshukot ve-hemdot (et ils entouraient l'homme par la grandeur des teshukot, désirs, et hemdot, convoitises) ad acher avru rosho (jusqu'à ce qu'elles passent sa tête) ka-mevoar she-ein eved yakhol livroah (comme il est expliqué qu'aucun eved, esclave, ne peut fuir). Ve-zeh hayah tumat u-kelipat Mitsrayim (et ceci était la tumah, impureté, et la kelipah, écorce, de Mitsrayim) she-hayah metsar u-magbil et ha-adam (qui metsar, serrait, jeu sur Mitsrayim, et magbil, limitait, l'homme) u-makif oto be-khôl sevivotav (et l'entourait de tous ses côtés) acher lo yukhal lehipared mimenah (de sorte qu'il ne puisse se séparer d'elle) ve-khen nimtsa ha-hesron ha-zeh ba-adam (et ainsi se trouve ce hesron, manque, dans l'homme), ke-she-yargil et atsmo be-eizeh tovah ketanah acher yech lo nayha ba-zeh (lorsqu'il habitué lui-même à quelque petite tovah dans laquelle il a nayha, aisé) acher af im yirtseh lehaaloto le-eizeh maamad yoter nikhbad ve-naaleh mi-zeh ha-maamad she-omed ka-et (telle que même s'il voudra l'élever à quelque maamad, station, plus nikhbad ve-naaleh, honorable et élevée, que cette station où il se tient maintenant), lo yukhal lehipared mi-maamado ve-hergelo acher omed bo lazuz mimenu (il ne pourra se séparer de sa station et de son hergel, habitude, dans laquelle il se tient, pour bouger d'elle).
(Beit Yaakov, Chemot Tisa 64 ; Sod Yesharim, leil Pesah 23, d"h [dibour ha-mathil, commençant par] Maror)