מי השלוח

Mei HaShiloach — Anthologie - Devarim - Re'eh

Rabbi Mordechai Yosef Leiner d Izbica
En bref

Dans l'anthologie du Mei HaChiloa'h, le Tiferet Yosef rapporte de son aïeul que, dès que D.ieu fait affluer un bien à l'homme, celui-ci doit rendre aussitôt cette force à D.ieu pour qu'elle ne vieillisse pas chez lui, et c'est le sens du premier prélèvement de dîme. Le Talmud dit qu'un homme désire une mesure à lui plus que neuf mesures du prochain ; en livrant sa mesure à D.ieu, les neuf sont clarifiées. Celui qui n'a pas prélevé ses dîmes comme il convient n'a pas reconnu que tout l'ordre de l'enchaînement vient de D.ieu, et la terre crie d'elle-même, car cette reconnaissance est l'essentiel de l'intention de la Création.

Aussi : le Neot Déché rapporte de son père que la matsa indique que l'homme crie vers D.ieu : fût-ce un pain sec, sans goût, s'il vient de Sa main large ; l'occupation de la Torah et des mitsvot apporte un plaisir au corps.

עַשֵּׂר תְּעַשֵּׂר. אִיתָא בַּמִּדְרָשׁ (תנחומא ראה ט"ו) "אִם עָלַי אַדְמָתִי תִזְעָק" (איוב ל"א,ל"ח) אִם לֹא הוֹצֵאתִי מַעְשְׂרוֹתֶיהָ כָּרָאוּי.

דְּהִנֵּה עִנְיַן מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן בֵּאֵר בָּזֶה כְּבוֹד אזמו"ר זללה"ה שֶׁתֵּכֶף שֶׁהַשי"ת מַשְׁפִּיעַ טוֹבָה לָאָדָם בַּל תִּתְיַשֵּׁן אֶצְלוֹ וְתֵכֶף יַחְזִיר זֶה הַכֹּחַ לְהַשי"ת, כְּדְאִיתָא בַּשַּׁ"ס (ב"מ ל"ח.) רוֹצֶה אָדָם בְּקַב שֶׁלּוֹ, יוֹתֵר מִתִּשְׁעָה קַבִּין שֶׁל חֲבֵירוֹ, שֶׁבָּזֶה שֶׁמּוֹסֵר הַקַּב שֶׁלּוֹ לְהַשי"ת, נִתְבָּרְרוּ הַתִּשְׁעָה קַבִּים. וְזֶה שֶׁלֹּא הוֹצִיא מַעְשְׂרוֹתָיו כָּרָאוּי, הַיְינוּ שֶׁלֹּא הִכִּיר הַכָּרָה הַזֹּאת, וּמִמֵּילָא אֲדָמָה תִזְעַק, כִּי עִיקַּר כַּוָּנַת הַבְּרִיאָה הָיְתָה שֶׁיַּכִּירוּ שֶׁכָּל סֵדֶר הִשְׁתַּלְשְׁלוּת הוּא מֵהַשי"ת.(תפארת יוסף תבא ד"ה כי תכלה)

"Aasser teasser (tu prélèveras la dîme)." (Deutéronome 14,22). Itta (il est rapporté) ba-Midrach (Tanhuma Ré'eh 15) : "Si contre moi ma terre crie" (Job 31,38) - si je n'ai pas sorti ses maasrot (dîmes) ka-rauy (comme il convient).

Car voici, l'inyan (sujet) de maaser rishon (première dîme), kevod Azmo"r (אזמו"ר, adoni zekeni mori ve-rabbi : mon seigneur, mon aïeul, mon maître et mon rabbin) zllh"h (זללה"ה, zikhrono lehaye haolam haba : que son souvenir soit pour la vie du monde à venir) à expliqué en ceci que aussitôt que Hachem Yitbarakh (השי"ת, Hachem, qu'Il soit béni) mashpia (fait affluer) une tovah (un bien) à l'homme, qu'elle ne tityashen (ne vieillisse) pas chez lui, et aussitôt il yahzir (retournera) ce koah (force) à Hachem Yitbarakh, ke-de-itta ba-Shas (ש"ס, shisha sidrei Mishnah : les six ordres) (Bava Metsia 38a) : un homme désire un kav (mesure) des siens plus que neuf kavim de son prochain, que en ceci qu'il moser (livre) son kav à Hachem Yitbarakh, nitbareru (sont clarifiés) les neuf kavim. Et celui qui n'a pas sorti ses maasrot ka-rauy, hayinu (c'est-à-dire) qu'il n'a pas reconnu cette hakarah (reconnaissance), et mimeila (de soi) la terre crie, car ikar kavanat ha-beriah (l'essentiel de l'intention de la Création) était qu'ils reconnaissent que tout seder hishtalshelut (ordre de l'enchaînement) est de Hachem Yitbarakh.

(Tiferet Yosef, Tavo, d"h [dibour ha-mathil, commençant par] Ki tekhaleh)

שִׁבְעַת יָמִים תֹּאכַל עָלָיו מַצּוֹת לֶחֶם עֹנִי. אָמַר אאמו"ר זצ"ל כִּי מַצָּה מוֹרָה שֶׁהָאָדָם צוֹעֵק לְהַשי"ת, יִהְיֶה אַךְ פַּת חֲרֵבָה וִיבֵשָׁה וּמִבְּלִי טַעַם, אַךְ כִּי יִהְיֶה מִיָּדְךָ הָרְחָבָה.(נאות דשא פסח ד"ה ר"ג)

"Sept jours tu mangeras sur lui des matsot, le'hem oni (pain de pauvreté)." (Deutéronome 16,3). Amar Aamo"r (אאמו"ר, adoni avi mori ve-rabbi : mon seigneur, mon père, mon maître et mon rabbin) zts"l (זצ"ל, zekher tsadik livrakha : que le souvenir du juste soit pour bénédiction) : car matsah moreh (indique) que l'homme tso'ek (crie) vers Hachem Yitbarakh (השי"ת, Hachem, qu'Il soit béni), qu'il soit seulement un pat haravah (pain desséché) et yaveshah (sec) et mi-beli taam (sans goût), seulement qu'il soit mi-yadekha ha-rehabah (de Ta main large).

(Neot Deshe, Pesah, d"h [dibour ha-mathil, commençant par] R"G [Rabban Gamliel])

וּבַיּוֹם הַשְּׁבִיעִי עֲצֶרֶת לַה' אֱלֹקֶיךָ. וְיָדוּעַ הַפְּלוּגְתָּא רַבִּי אֱלִיעֶזֶר וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בַּ"עֲצֶרֶת לַה' אֱלֹקֶיךָ" וַ"עֲצֶרֶת תִּהְיֶה לָכֶם" מַר סָבַר חֶצְיוֹ לַה' וְחֶצְיוֹ לָכֶם וּמַר סָבַר אוֹ כֻּלּוֹ לַה' אוֹ כֻּלּוֹ לָכֶם (פסחים ס"ח:) וְיֵשׁ לוֹמַר עַל פִּי פָּשׁוּט שֶׁלּוֹמְדִים זֶה מִזֶּה בִּגְזֵרָה שָׁוָה עֲצֶרֶת עֲצֶרֶת.

אָמְנָם עַל יְדֵי הַגְּזֵרָה שָׁוָה נִלְמַד שֶׁגַּם כָּאן הוּא בִּבְחִינַת "לָכֶם" הַבָּא עַל יְדֵי "לַה' אֱלֹקֶיךָ" וְהַיְנוּ שֶׁעַל יְדֵי עֵסֶק הַתּוֹרָה וּמִצְווֹת בְּפֹעַל בָּא גַּם כֵּן הַרְגָּשַׁת הֲנָאָה לְהַגּוּף, כְּמוֹ שֶׁשָּׁמַעְנוּ בְּשֵׁם הָרַב הַקָּדוֹשׁ מִלּוּבְּלִין זצללה"ה שֶׁאָמַר עַל אִישׁ אֶחָד שֶׁנַּעֲשָׂה בַּעַל בָּשָׂר מֵהֲנָאַת וְתַעֲנוּג שֶׁקִּבֵּל מִלִּמּוּד הַתּוֹרָה.(פרי צדיק שמיני עצרת מ"א)

"Et au septième jour, atseret (assemblée) pour ה' ton Elokim." (Deutéronome 16,8). Et yadua (connue) est la pelugta (dispute) de Rabbi Eliezer et Rabbi Yehoshua be-"atseret la-ה' Elokeikha" va-"atseret tihyeh lakhem (assemblée sera pour vous)" : mar savar (l'un tient) hetsyo la-ה' ve-hetsyo lakhem (sa moitié pour ה' et sa moitié pour vous) u-mar savar (et l'autre tient) o kulo la-ה' o kulo lakhem (où tout entier pour ה' où tout entier pour vous) (Pesahim 68b).

Ve-yech lomar al pi pashut (et l'on peut dire selon le pchat, sens simple) she-lomdim zeh mi-zeh bi-gezerah shavah atseret atseret (qu'on apprend ceci de ceci par gezerah shavah, analogie verbale : atseret-atseret). Amnam (toutefois) al yedei ha-gezerah shavah nilmad (par la gezerah shavah on apprend) she-gam kan hu bi-behinat "lakhem" ha-ba al yedei "la-ה' Elokeikha" (que aussi ici c'est en behinat, aspect, "pour vous" qui vient par "pour ה' ton Elokim").

Ve-hayinu (c'est-à-dire) she-al yedei esek ha-Torah u-mitsvot be-foal (que par l'esek, occupation, de la Torah et des mitsvot en acte) ba gam ken hargashat hanaah la-guf (vient aussi une hargashah, sensation, de hanaah, plaisir, au guf, corps), kemo she-shamanu be-chem ha-rav ha-kadoch (le saint Rav) mi-Lublin ztsllh"h (זצללה"ה, zekher tsadik livrakha lehaye haolam haba : que le souvenir du juste soit pour bénédiction, pour la vie du monde à venir) she-amar al ich ehad she-naasah baal basar (qui a dit d'un homme qu'il est devenu baal basar, homme de chair, corpulent) me-hanaat ve-taanug she-kibel mi-limud ha-Torah (de la hanaah et du taanug, délice, qu'il a reçu de l'étude de la Torah). (Pri Tsadik, Chemini Atseret, m"a [maamar 1])

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