Sur « il s'est accroupi, il s'est couché comme un lion » (Bamidbar 24,9), le Sod Yécharim, dans l'anthologie du Mei HaChiloa'h, rapporte de son aïeul la question de la force reconnaissable chez le lion couché : on loue la force d'un lion seulement quand il s'est levé. Cet aïeul explique avec la Guemara que les hommes de la Grande Assemblée ont dit « ce sont elles, ce sont Ses puissances » : celui qui n'est pas vraiment puissant ne peut se retenir de se venger aussitôt, alors que celui qui l'est se retient jusqu'à ce que la mesure de ses ennemis soit remplie, puis leur rend selon leur acte. C'est de cette attente même que se reconnaît sa puissance.
Aussi : le Neot Déché rapporte avoir entendu de son père que « le sommet de la Pisgah » désigne le signe de l'alliance sainte, afin d'examiner s'ils transgressent sur ce signe.
וַיִּקָּחֵהוּ שְׂדֵה צֹפִים אֶל רֹאשׁ הַפִּסְגָּה. שָׁמַעְתִּי מֵאאמו"ר ז"ל פֵּירוּשׁ כִּי "רֹאשׁ הַפִּסְגָּה" נִקְרָא אוֹת בְּרִית קוֹדֶשׁ, שֶׁיְּעַיֵּין בָּהֶם אִם הֵמָּה עוֹבְרִים עַל זֶה הָאוֹת בְּרִית קוֹדֶשׁ.(נאות דשא בלק ד"ה ועתה)
"Et il le prit, Sedeh Tsofim (champ des veilleurs), el roch ha-Pisgah (vers le sommet de la Pisgah)." (Nombres 23,14). J'ai entendu de Aamo"r (אאמו"ר, adoni avi mori ve-rabbi : mon seigneur, mon père, mon maître et mon rabbin) z"l (ז"ל, zikhrono livrakha : que son souvenir soit pour bénédiction) un peirush (explication) que "roch ha-Pisgah" est appelé ot berit kodech (signe de l'alliance sainte, la circoncision), qu'il yeayen (examine) en eux s'ils overim (transgressent) al zeh ha-ot berit kodech (sur ce signe de l'alliance sainte).
(Neot Deshe, Balak, d"h [dibour ha-mathil, commençant par] Ve-atah)
כָּרַע שָׁכַב כַּאֲרִי וּכְלָבִיא מִי יְקִימֶנּוּ. בֵּיאֵר אזמו"ר הַגה"ק זצלה"ה מֵאַחַר שֶׁשָּׁכַב אֵיזֶה גְּבוּרָה נִכָּר בּוֹ וְאֵיזֶה שֶׁבַח יֵשׁ לַאֲרִי כַּאֲשֶׁר שָׁכַב, הֲלֹא שַׁיָּךְ לְשַׁבֵּחַ גְּבוּרַת אֲרִי רַק כְּשֶׁקָּם אֲבָל לֹא כְּשֶׁשָּׁכַב.
וּבֵיאֵר הוּא ז"ל שֶׁזֶּה הוּא עַל דֶּרֶךְ מַאֲמָרָם ז"ל בַּגְּמָרָא (יומא ס"ט:) שֶׁאַנְשֵׁי כְּנֶסֶת הַגְּדוֹלָה הֶחְזִירוּ עֲטָרָה לְיוֹשְׁנָהּ וְאָמְרוּ הֵן הֵן גְּבוּרוֹתָיו וְכוּ׳, הַיְנוּ כִּי מִי שֶׁאֵינוֹ גִּבּוֹר תַּקִּיף אֵינוֹ יָכוֹל לַעֲצֹר עַצְמוֹ לְבַל יִנְקֹם מִיָּד מִשּׂוֹנְאָיו, אֲבָל מִי שֶׁהוּא בֶּאֱמֶת גִּבּוֹר תַּקִּיף וּבָטוּחַ בְּכֹחוֹ שֶׁיּוּכַל תָּמִיד לִנְקֹם מִשּׂוֹנְאָיו, אֵינוֹ מְמַהֵר לִנְקֹם מִיָּד וְיָכוֹל לַעֲצֹר עַצְמוֹ עַד שֶׁיִּתְמַלֵּא סְאָתָם וְאָז יְשַׁלֵּם לָהֶם כְּפָעֳלָם. וְזֶהוּ שֶׁאָמְרוּ הֵן הֵן גְּבוּרוֹתָיו, כִּי מִזֶּה שֶׁכָּרַע וְשָׁכַב וּמַמְתִּין מִלִּנְקֹם, מִזֶּה בְּעַצְמוֹ נִכָּר עֹצֶם גְּבוּרָתוֹ.(סוד ישרים פורים ג', סוד ישרים א' דפסח ט')
"Kara shakhav ka-ari u-khe-lavi mi yekimenu (il s'est accroupi, il s'est couché comme un lion et comme une lionne, qui le relèvera)." (Nombres 24,9). Béer (expliqua) Azmo"r (אזמו"ר, adoni zekeni mori ve-rabbi : mon seigneur, mon aïeul, mon maître et mon rabbin) ha-gah"k (הגה"ק, ha-gaon ha-kadoch : le saint Gaon) ztslh"h (זצלה"ה, zekher tsadik livrakha lehaye haolam haba : que le souvenir du juste soit pour bénédiction, pour la vie du monde à venir) : meahar she-shakhav (après qu'il s'est couché), eizeh guevourah nikar bo (quelle guevourah, force, est reconnaissable en lui) ve-eizeh shevah yech la-ari kaasher shakhav (et quelle louange y a-t-il pour un lion lorsqu'il s'est couché), halo shayakh leshabeah guevourat ari rak ke-she-kam (n'est-il pas convenable de louer la guevourah d'un lion seulement lorsqu'il s'est levé) aval lo ke-she-shakhav (mais non lorsqu'il s'est couché).
U-ve'er hu z"l she-zeh hu al derekh maamaram z"l ba-Gemara (et il expliqua, z"l, que ceci est sur le chemin de leur dit z"l dans la Guemara) (Yoma 69b) she-Anshei Kenesset ha-Gedolah heheziru atarah le-yoshnah (que les hommes de la Grande Assemblée ont rendu l'atarah, couronne, à son ancien état) ve-amru "hen hen guevourotav" vekhu' (et ils dirent : ce sont elles, ce sont elles Ses guevourot, etc.), hayinu ki mi she-eino gibor takif (c'est-à-dire que celui qui n'est pas gibor takif, héros puissant) eino yakhol laatsor atsmo leval yinkom miyad mi-son'av (ne peut se retenir afin de ne pas se venger aussitôt de ses ennemis), aval mi she-hu be-émet gibor takif u-vatuah be-khoho she-yukhal tamid linkom mi-son'av (mais celui qui est en vérité gibor takif et confiant en sa force qu'il pourra toujours se venger de ses ennemis), eino memaher linkom miyad (ne se hâte pas de se venger aussitôt) ve-yakhol laatsor atsmo ad she-titmale se'atam (et il peut se retenir jusqu'à ce que leur seah, mesure, soit remplie) ve-az yeshalem lahem ke-foalam (et alors il leur rendra selon leur acte). Ve-zehu she-amru "hen hen guevourotav" (et c'est cela qu'ils ont dit : ce sont elles, ce sont elles Ses guevourot), ki mi-zeh she-kara ve-shakhav u-mamtin mi-linkom (car de ceci qu'il s'est accroupi et s'est couché et qu'il attend de se venger), mi-zeh be-atsmo nikar otsem guevourato (de ceci même est reconnaissable l'otsem, la puissance, de sa guevourah).
(Sod Yesharim, Purim 3, Sod Yesharim alef de-Pesah 9)