מי השלוח

Mei HaShiloach — Anthologie - Bamidbar - Nasso

Rabbi Mordechai Yosef Leiner d Izbica
En bref

Dans l'anthologie du Mei HaChiloa'h, le Tiferet ha-'Hanou'hi rapporte de son aïeul que « s'il fait un prodige pour vouer un vœu de nazir » signifie qu'il vise à élever sa racine jusqu'à Atsilout, appelé merveille. Le nazir voit en lui des sujets particuliers qu'il ne peut pas encore recevoir et qui peuvent nuire à son âme ; pour cela la Torah lui conseille d'être nazir un temps, où il répare son âme et reçoit un influx de lumière qui renforce son vase de réception, afin de recevoir ensuite cette chose en sainteté.

Aussi : le Tiferet Yosef rapporte de son aïeul l'étonnement que la bénédiction des cohanim ne soit dite qu'à Nasso : tant que l'édifice de la sainteté n'est pas fixé chez Israël, elle n'est pas complète.

אִישׁ אוֹ אִשָּׁה כִּי יַפְלִא לִנְדֹּר נֶדֶר נָזִיר לְהַזִּיר לַה'. פֵּירֵשׁ כְּאאזמו"ר הָרַב הַגה"ק זללה"ה "כִּי יַפְלִיא" הַיְינוּ שֶׁהוּא מְכַוֵּן לְהַעֲלוֹת שָׁרְשׁוֹ עַד לַאֲצִילוּת שֶׁהוּא נִקְרָא פֶּלֶא.

שֶׁפֶּלֶא הוּא בְּחָכְמָה, שֶׁהַנָּזִיר הוּא שֶׁרוֹאֶה בְּנַפְשׁוֹ בְּעִנְיָנִים פְּרָטִיִּים שֶׁאֵין בִּיכָלְתּוֹ לְקַבְּלָם, וְנִמְצָא מִצִּדּוֹ עִנְיָן זֶה הוּא מוֹתָרוֹת בָּעוֹלָם, אַחַר שֶׁיָּכוֹל לְהַזִּיק לְנַפְשׁוֹ אֶחָד. וְלָזֶה נָתְנָה הַתּוֹרָה עֵצָה שֶׁיִּדֹּר בְּנָזִיר לִזְמַן, וּבִנְזִירָתוֹ מְתַקֵּן נַפְשׁוֹ לְמַעְלָה מֵהַבְּרִיאָה, שֶׁיְּקַבֵּל שֶׁפַע אוֹר לְחַזֵּק כֹּחַ כְּלִי קִבּוּל שֶׁלּוֹ, עַד שֶׁאַחַר כָּךְ יוּכַל לְקַבֵּל דָּבָר זֶה בִּקְדֻשָּׁה.

וּמְקַבֵּל מִמָּקוֹם שֶׁאֵין שָׁם שׁוּם לְבוּשׁ וּמִשָּׁם כָּל הַבְּרִיאָה הוּא בְּלִי קְלִיפָּה שֶׁאֵינָהּ יְכוֹלָה לְהָרַע לְשׁוּם בְּרִיאָה.(תפארת החנוכי תזריע דף נ"ב., נשא דף ס"ב.)

"Un homme où une femme, s'il yafli (distingue, fait un prodige) pour vouer un neder (vœu) de nazir, lehazir la-ה' (pour se consacrer à ה')." (Nombres 6,2). Peresh (expliqua) ke-Aazmo"r (כאאזמו"ר, ke-adoni avi zekeni mori ve-rabbi : comme mon seigneur, mon père, mon aïeul, mon maître et mon rabbin) ha-Rav ha-gah"k (הגה"ק, ha-gaon ha-kadoch : le saint Gaon) zllh"h (זללה"ה, zikhrono lehaye haolam haba : que son souvenir soit pour la vie du monde à venir) "ki yafli" hayinu (c'est-à-dire) qu'il mekhavven (vise) à élever son shoresh (racine) jusqu'à Atsilout qui est appelé pèle (merveille).

Que pèle est en Hokhmah (Sagesse), que le nazir est celui qui voit dans son nefech (âme), dans des inyanim peratiyim (sujets particuliers) qu'il n'est pas en sa yekholet (capacité) de recevoir, et il se trouve mi-tsido (de son côté) que cet inyan est motarot (surplus, excès) dans le monde, puisqu'il peut lehazik (nuire) à son nefech, ehad (un). Et pour cela la Torah a donné etsah (conseil) qu'il voué be-nazir li-zman (en nazir pour un temps), et dans sa nezirut il metaken (réparé, tikoun) son nefech au-dessus de la Beriah (Création), qu'il reçoive chefa or (influx de lumière) pour renforcer le koah (force) de son keli kibul (vase de réception), jusqu'à ce qu'ensuite il puisse recevoir cette chose bi-kedoucha (en sainteté).

Et il reçoit d'un lieu où il n'y a la aucun levush (vêtement), et de la toute la beriah est beli kelipah (sans kelipah, écorce) qui n'est pas capable de nuire à aucune beriah (créature). (Tiferet ha-Hanokhi, Tazria daf 52., Nasso daf 62.)

כֹּה תְבָרְכוּ אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל. וְהִקְשָׁה עַל זֶה כְּבוֹד אזמו"ר זללה"ה שֶׁמִּן הָרָאוּי הָיָה לְהֵאָמֵר פָּרָשַׁת שֶׁל בִּרְכַּת כֹּהֲנִים תֵּיכֶף בְּפָרָשַׁת שְׁמִינִי שֶׁשָּׁם כְּתִיב "וַיִּשָּׂא אַהֲרֹן אֶת יָדוֹ אֶל הָעָם וַיְבָרְכֵם" (ויקרא ט',כ"ב) וְרַק הָעִנְיָן בָּזֶה דְּהִנֵּה כָּל זְמַן שֶׁלֹּא נִמְצָא בִּנְיָן שֶׁל קְדֻשָּׁה בִּקְבִיעוּת אֵצֶל יִשְׂרָאֵל אֵין הַבְּרָכָה עֲדַיִן בִּשְׁלֵמוּת, כְּמוֹ שֶׁאָמַר הַנָּבִיא לְיִשְׂרָאֵל קוֹדֶם בִּנְיַן הַבַּיִת (חגי א',ד') "הַעֵת לָכֶם אַתֶּם לָשֶׁבֶת בְּבָתֵּיכֶם סְפוּנִים וְהַבַּיִת הַזֶּה חָרֵב" וְגוֹ'.

וְלָזֶה לֹא נֶאֱמַר פָּרָשַׁת בִּרְכַּת כֹּהֲנִים עַד פָּרָשַׁת נָשֹׂא שֶׁאָז נִתְבָּרֵר בִּנְיָן שֶׁל הֲקָמַת הַמִּשְׁכָּן.(תפארת יוסף נשא ד"ה וידבר ו')

"Ainsi vous bénirez les enfants d'Israël." (Nombres 6,23). Ve-hikshah (et il objecta) al zeh kevod Azmo"r (אזמו"ר, adoni zekeni mori ve-rabbi : mon seigneur, mon aïeul, mon maître et mon rabbin) zllh"h she-min ha-rauy hayah leheamer (qu'il était convenable que soit dite) parachat chel birkat kohanim (la section de la bénédiction des prêtres) teikef (aussitôt) be-parachat Chemini, she-sham ketiv (où il est écrit) "va-yisa Aharon et yado el ha-am va-yevarekhem (et Aharon éleva sa main vers le peuple et les bénit)" (Lévitique 9,22).

Ve-rak ha-inyan ba-zeh de-hineh (et seulement le sujet en ceci, voici): kol zman (tout le temps) she-lo nimtsa binyan chel kedoucha bi-keviut etsel Israël (qu'il ne se trouve pas un binyan, édifice, de kedoucha, sainteté, en keviut, fixité, auprès d'Israël), ein ha-berakhah adayin bi-shelemut (la berakhah, bénédiction, n'est pas encore en shelemut, plénitude), ke-mo she-amar ha-navi le-Israël kodem binyan ha-bayit (comme a dit le navi, prophète, à Israël avant binyan ha-bayit, l'édifice de la Maison) (Aggee 1,4) "ha-et lakhem atem lashevet be-bateikhem sefunim ve-ha-bayit ha-zeh harev (est-ce le temps pour vous, vous, de demeurer dans vos maisons sefunim, lambrissees, et cette Maison est harev, en ruine)" vego' (וגו', etc.). Ve-lazeh lo neemar (et pour cela n'a pas été dite) parachat birkat kohanim ad parachat Nasso, she-az nitbarer (qu'alors fut mevorar, clarifié) binyan chel hakamat ha-mishkan (l'édifice de hakamat ha-mishkan, l'érection du Tabernacle).

(Tiferet Yosef, Nasso, d"h [dibour ha-mathil, commençant par] Vayedaber ve')

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