מי השלוח

Mei HaShiloach — Anthologie - Berechit - Vayechi

Rabbi Mordechai Yosef Leiner d Izbica
En bref

Dans l'anthologie du Mei HaChiloa'h, le Pri Tsadik rapporte que la section Vaye'hi est « fermée » (setouma) parce que son sujet est trop profond pour l'intellect de l'homme ; elle fait allusion à ceci : que notre cœur ne s'affaisse pas parce que nous sommes aux talons du Machia'h et que les âmes rapetissent à chaque génération. Nos pères ont atteint toutes les saintetés précisément dans l'exil, car telle est la volonté de D.ieu. Le Pri Tsadik rapporte avoir entendu au nom du saint Rav de Pchis'ha que, même si les âmes rapetissent, le point qui est dans le cœur se purifie davantage à chaque génération.

Aussi : selon le Beit Yaakov, de son père, a'halkel contient deux fois kol : le cri de la prière, puis l'effusion sans mesure ; selon le Sod Yécharim, de son aïeul, D.ieu rend à Yaakov le double en Yosef et ses deux fils.

וַיְחִי יַעֲקֹב בְּאֶרֶץ מִצְרַיִם. וְאִיתָא בַּמִּדְרָשׁ (בראשית רבה פרשה צ"ו,א') לָמָּה פָּרָשָׁה זֹאת סְתוּמָה מִכָּל הַפָּרָשִׁיּוֹת שֶׁל תּוֹרָה וכו' וְרז"ל נָתְנוּ טְעָמִים מִפְּנֵי מָה פָּרָשָׁה זוֹ סְתוּמָה וְכֻלָּם דִּבְרֵי אֱמֶת וּמֵאֲשֶׁר הָעִנְיָן הַזֶּה עָמוֹק מְאֹד שֶׁאֵין בְּשֵׂכֶל הָאָדָם לְהִתְבּוֹנֵן לָזֹאת הִיא סְתוּמָה.

וְעַל כָּל פָּנִים מְרַמֵּז לָנוּ בָּעִנְיָן הַזֶּה, שֶׁלֹּא יִמַּס לְבָבֵנוּ מֵאֲשֶׁר אֲנַחְנוּ בְּעִקְּבְתָא דִּמְשִׁיחָא וּבְכָל דּוֹר הַנְּפָשׁוֹת מִתְקַטְּנִים וְאֵיךְ נִזְכֶּה לְהַגְּאֻלָּה כִּי רוֹאִים אֲנַחְנוּ מַה שֶּׁקָּרָה לַאֲבוֹתֵינוּ בְּגָלוּתָם, וְדַיְקָא בַּגָּלוּת הִגִּיעוּ לְכָל הַקְּדֻשּׁוֹת כִּי כֵּן רְצוֹן הַשי"ת. וְשָׁמַעְתִּי בְּשֵׁם הָרַב הַקָּדוֹשׁ מִפְּשִׁיסְחָא זצ"ל שֶׁאַף שֶׁהַנְּפָשׁוֹת מִתְקַטְּנִים בְּכָל דּוֹר, מִכָּל מָקוֹם הַנְּקֻדָּה שֶׁבַּלֵּב נִטְהָר בְּכָל דּוֹר וָדוֹר יוֹתֵר.(פרי צדיק ויחי א')

"Et Yaakov vécut au pays de Mitsrayim (Égypte)." (Genèse 47,28). Ve-ita (et il est rapporté) ba-Midrach (Bereshit Rabbah, paracha 96,1) : pourquoi cette paracha-ci est-elle setumah (fermée, section close sans espace dans le Sefer Torah) plus que toutes les parashiyot de la Torah, etc.

Et Raz"l (רז"ל, raboteinu zikhronam livrakha : nos maîtres, que leur souvenir soit pour bénédiction) ont donné des taamim (raisons) pourquoi cette paracha est setumah, et toutes sont divrei émet (paroles de vérité); et parce que cet inyan (sujet) est très profond, qu'il n'est pas dans le sekhel (intellect) de l'homme de lehitbonen (contempler) ceci, pour cela elle est setumah. Ve-al kol panim (et en tout cas) cela nous meramez (fait allusion) dans cet inyan : que notre cœur ne se fonde pas de ce que nous sommes be-ikveta diMeshicha (dans les talons du Machiah, les dernières générations avant la délivrance) et qu'en chaque génération les nefachot (âmes) se font plus petites, et comment mériterons-nous la geulah (délivrance)?

Car nous voyons ce qui est arrivé à nos pères dans leur galout (exil), ve-dayka (et justement) dans la galout ils sont parvenus à toutes les kedushot (saintetés), car ainsi est le ratson (volonté) de השי"ת (Hachem Yitbarakh : Hachem, qu'Il soit béni). Et j'ai entendu be-chem (au nom de) ha-Rav ha-Kadoch mi-Peshischa zts"l (זצ"ל, zekher tsadik livrakha : que le souvenir du juste soit pour bénédiction) que même que les nefachot se font plus petites en chaque génération, mi-kol makom (néanmoins) la nekudah (point) sheba-lev (qui est dans le cœur) nit'har (est purifiée) en chaque dor va-dor (génération) davantage.

(Pri Tsadik, Vayehi 1)

אָמַר רַבֵּינוּ הַקָּדוֹשׁ שֶׁהָיָה לוֹ זֶה לְדָבָר חָדָשׁ כְּשֶׁשְּׁמָעוֹ בִּפְשִׁיסְחָא וְאַחַר כָּךְ מָצָא הַדָּבָר מְפֹרָשׁ בְּכַמָּה דּוּכְתֵּי וְלֹא פֵּירֵשׁ לָן אַיֵּה מְקוֹמוֹ.(פרי צדיק ואתחנן כ"א, תבא ט"ז)

À dit Rabbenu ha-Kadoch (notre saint maître) que ceci lui était une davar 'hadach (chose nouvelle) lorsqu'il l'entendit be-Peshischa, ve-ahar kakh (et ensuite) il trouva la chose meforash (explicitement exposée) be-kama dukhtei (en plusieurs endroits), ve-lo peresh lan (et il ne nous expliqua pas) ayeh mekomo (où est son lieu). (Pri Tsadik, Vaet'hanan 21, Tavo 16)

אֶפְרַיִם וּמְנַשֶּׁה כִּרְאוּבֵן וְשִׁמְעוֹן יִהְיוּ לִי. בְּעֵת שֶׁהַשי"ת מוֹשִׁיעַ וּמַחְזִיר אֶת הָאוֹר מַחְזִיר כִּפְלַיִם לְתוּשִׁיָּה כְּמוֹ שֶׁבֵּאֵר אזמו"ר הַגָּאוֹן הַקָּדוֹשׁ זצלה"ה שֶׁעַל יְדֵי זֶה שֶׁנֶּעֱלַם יוֹסֵף הַצַּדִּיק, הֶחְזִיר לוֹ הַשי"ת לְיַעֲקֹב אָבִינוּ כִּפְלַיִם לְתוּשִׁיָּה יוֹסֵף הַצַּדִּיק עִם שְׁנֵי הַשְּׁבָטִים אֶפְרַיִם וּמְנַשֶּׁה.(סוד ישרים פורים כ"ב)

"Efrayim et Menasheh seront pour moi comme Reuven et Shimon." (Genèse 48,5). Au temps où השי"ת (Hachem Yitbarakh : Hachem, qu'Il soit béni) sauve et ramène la lumière, Il ramène kiflayim le-tushiyah (double pour la tushiyah, sagesse / ressource; Job 11,6), comme l'a béer (expliqué) Azmo"r (אזמו"ר, adoni zekeni mori ve-rabbi : mon seigneur, mon aïeul, mon maître et mon rabbin) ha-Gaon ha-Kadoch ztslh"h (זצלה"ה, zekher tsadik livrakha lehaye haolam haba : que le souvenir du juste soit pour bénédiction, pour la vie du monde à venir) : que par ceci que Yosef ha-Tsadik fut neelam (caché), השי"ת a rendu à Yaakov Avinu (notre père) kiflayim le-tushiyah : Yosef ha-Tsadik avec les deux shevatim (tribus) Efrayim et Menasheh.

(Sod Yesharim, Purim 22)

אָנֹכִי אֲכַלְכֵּל אֶתְכֶם וְאֶת טַפְּכֶם וְגוֹ'. וְאָמַר אאמו"ר הָרַב הַגָּאוֹן הַקָּדוֹשׁ זצללה"ה "אֲכַלְכֵּל" מוֹרֶה עַל שְׁתֵּי פְּעָמִים כָּל וְזֶה "אֲכַלְכֵּל אֶתְכֶם", וְהָעִנְיָן הוּא כִּי מִתֵּיבַת "אֲכַלְכֵּל" נִמְשָׁךְ שֶׁפַע וּפַרְנָסָה, וְעַל זֶה רוֹמֵז שְׁתֵּי פְּעָמִים כָּל.

כָּל הָרִאשׁוֹן מוֹרֶה עַל צַעֲקַת הַתְּפִלָּה שֶׁל הָאָדָם שֶׁתֵּצֵא מִגֹּדֶל הַיִּרְאָה וְהַפַּחַד בִּמְסִירוּת נֶפֶשׁ לְגַמְרֵי, וְכָל הַשֵּׁנִי רוֹמֵז עַל הַשְׁפָּעָתוֹ יִתְבָּרַךְ שֶׁהוּא מַשְׁפִּיעַ לְעֻמַּת זֹאת הַצְּעָקָה וְהַתְּפִלָּה גַּם כֵּן בְּאֵין שִׁעוּר.(בית יעקב בראשית ויחי פ"ד)

"Anokhi akhalkele etkhem ve-et tapkhem (Moi, Je vous sustenterai, vous et vos petits) etc." (Genèse 50,21). Ve-amar Aamo"r (אאמו"ר, adoni avi mori ve-rabbi : mon seigneur, mon père, mon maître et mon rabbin) ha-Rav ha-Gaon ha-Kadoch ztsllh"h (זצללה"ה, zekher tsadik livrakha lehaye haolam haba : que le souvenir du juste soit pour bénédiction, pour la vie du monde à venir) : "אכלכל" (akhalkele) moreh (indique) sur deux fois כל (kol, tout), ve-zeh (et ceci est) "akhalkele etkhem".

Ve-ha-inyan (et le sujet) est que mi-teivat (du mot) "אכלכל" nimshakh (est tiré) chefa (influx) u-parnasah (et subsistance), ve-al zeh romez (et sur ceci fait allusion) deux fois כל. Le כל premier moreh sur tsaakat ha-tefilah (le cri de la prière) de l'homme, qu'elle sorte mi-godel ha-yirah ve-ha-pahad (de la grandeur de la yirah, crainte, et du pahad, effroi) be-mesirut nefech (dans le don de l'âme) legamrei (entièrement); ve-kol ha-sheni (et le כל second) romez al hashpaato Yitbarakh (fait allusion à Son hashpaah, effusion, qu'Il soit béni) qu'Il mashpia (effuse) leumat (en regard de) cette tseakah et cette tefilah aussi be-ein shiour (sans mesure).

(Beit Yaakov, Bereshit Vayehi 84)

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