Dans l'anthologie du Mei HaChiloa'h, le Beit Yaakov rapporte de son père que les tribus, grands sages, n'ont pas agi avec sagesse en rendant la tunique de Yosef à leur père ; Yaakov aurait dû comprendre que Yosef vivait, car ils savaient qu'on ne rapporte pas de malheur et auraient dû jeter la tunique. Telle était la volonté de D.ieu : cela fut caché aux yeux des sages d'Israël, qui étaient comme un homme endormi. Les tribus craignaient la force de la prière de Yaakov pour le retour de Yosef ; en le disant mort, elle se retire, car on ne prie pas sur les morts.
Aussi : lorsque Yosef est sauvé, « l'esprit de Yaakov revécut » : jusque-là il était comme endormi, sans intelligence en cela.
וַיֹּאמְרוּ זֹאת מָצָאנוּ הַכֶּר נָא הַכְּתֹנֶת בִּנְךָ הִיא אִם לֹא וְגוֹ'. אוֹמֵר אאמו"ר הַגה"ק זצללה"ה שֶׁאַף כִּי הַשְּׁבָטִים הָיוּ חֲכָמִים גְּדוֹלִים בְּיִשְׂרָאֵל, אָמְנָם בָּזֶה שֶׁהֶחְזִירוּ כְּתֹנֶת יוֹסֵף לַאֲבִיהֶם זֹאת לֹא נֶחְשְׁבָה לְחָכְמָה כְּלָל כִּי מָה אִכְפַּת לְהוּ אִם יִדְמֶה לְיַעֲקֹב אֲבִיהֶם שֶׁיֵּשׁ לוֹ עוֹד תִּקְוָה אוּלַי יִמָּצֵא יוֹסֵף וְכִי הוּא חַי, וְאַף יַעֲקֹב אָבִינוּ בְּעַצְמוֹ הָיָה לוֹ לְהָבִין מִזֶּה שֶׁעוֹד יוֹסֵף חַי, כִּי אִם כֵּן הוּא הָאֱמֶת כְּמוֹ שֶׁהֵם אוֹמְרִים, אִם כֵּן לָמָּה הוֹדִיעוּהוּ זֹאת הֲלֹא הֵם לוֹמְדֵי תּוֹרָה וְיוֹדְעֵי דָּת וָדִין וּגְמִירֵי הִלְכְתָא דְּאֵין מְשִׁיבִין עַל הַקַּלְקָלָה כִּדְאִיתָא בַּשַּׁ"ס (פסחים ג'.) וְהָיָה לָהֶם לְהַשְׁלִיךְ אֶת הַכְּתֹנֶת שֶׁלֹּא יֵצֵא מִפִּיהֶם דְּבַר קַלְקָלָה.
אָכֵן מֵאַחַר שֶׁכֵּן הָיָה רְצוֹן הַשי"ת לָזֶה נֶעְלַם וְנִסְתַּר מִנֶּגֶד עֵינֵי חַכְמֵי יִשְׂרָאֵל כָּל זֹאת וְהָיוּ כְּמוֹ הָאָדָם בְּשָׁעָה שֶׁהוּא יָשֵׁן שֶׁאֵין בּוֹ שׁוּם הֲבָנָה. וּבֶאֱמֶת מָה הָיָה כַּוָּנַת הַשְּׁבָטִים שֶׁהֵבִיאוּ אֶת הַכְּתֹנֶת לַאֲבִיהֶם, אָכֵן מִיִּרְאָתָם מִיַּעֲקֹב אֲבִיהֶם שֶׁהִכִּירוּ אוֹתוֹ שֶׁרַב כֹּחוֹ וְאִם לֹא יַסְכִּים לְמַה שֶּׁעָשׂוּ, אֲזַי יַפְצִיר בִּתְפִלָּה לְהַשי"ת שֶׁיַּעֲזֹר לוֹ בַּחֲזָרַת יוֹסֵף בְּנוֹ וְיַעֲמֹד עַל בֵּרוּר הַדָּבָר כִּי בֶּטַח יְמַלֵּא ה' כָּל מִשְׁאֲלוֹתָיו, לָכֵן הִסְכִּימוּ בְּדַעְתָּם לוֹמַר לַאֲבִיהֶם שֶׁיּוֹסֵף מֵת וּמִמֵּילָא יִסְתַּלֵּק מֵאִתּוֹ כֹּחַ הַתְּפִלָּה שֶׁאֵין מִתְפַּלְּלִין עַל הַמֵּתִים, וְלָזֶה כְּשֶׁנּוֹשַׁע וְנִתְוַדַּע יוֹסֵף לְאֶחָיו אֲזַי נֶאֱמַר (בראשית מ"ה,כ"ז) "וַתְּחִי רוּחַ יַעֲקֹב אֲבִיהֶם", הַיְנוּ שֶׁעַד עַתָּה הָיָה כְּיָשֵׁן וְלֹא הָיָה לוֹ הֲבָנָה בָּזֶה וְעַתָּה נִתְעוֹרֵר.(בית יעקב בראשית וישב ל"ז)
"Et ils dirent : ceci nous avons trouvé ; reconnaît donc, la ketonet (tunique) de ton fils est-elle, où non, etc." (Genèse 37,32). Dit אאמו"ר (adoni avi mori ve-rabbi : mon seigneur, mon père, mon maître et mon rabbin) הגה"ק (ha-gaon ha-kadoch : le saint Gaon) זצללה"ה (zekher tsadik livrakha lehaye haolam haba : que le souvenir du juste soit pour bénédiction, pour la vie du monde à venir) que même si les shevatim (tribus) étaient de grands hakhamim (sages) en Israël, toutefois en ceci qu'ils ont rendu la ketonet de Yosef à leur père, ceci n'a pas été compté pour hokhmah (sagesse) du tout, car que leur importe s'il semble à Yaakov leur père qu'il a encore tikvah (espoir) que peut-être Yosef sera trouve, et qu'il est vivant ; et même Yaakov Avinu (notre père) lui-même aurait dû comprendre de ceci qu'encore Yosef est vivant, car si ainsi est la vérité comme ils le disent, alors pourquoi lui ont-ils fait savoir ceci : n'est-ce pas qu'ils sont lomdei Torah (étudiants de la Torah) et yode'ei dat va-din (connaisseurs de la loi et du jugement) et gemirei hilkheta (ils ont appris la halakha, loi) que ein meshivin al ha-kalkalah (on ne rapporte pas sur la kalkalah, le malheur), ki-de-ita (כדאיתא, comme il est rapporté) ba-Shas (ש"ס, shishah sedarim : les six ordres du Talmud) (Pesahim 3a), et ils auraient dû jeter la ketonet afin qu'il ne sorte pas de leur bouche une chose de kalkalah.
Cependant, puisque ainsi était le ratson (volonté) de השי"ת (Hachem yitbarakh : Hachem, qu'Il soit béni), pour cela tout ceci fut neelam ve-nistar (caché et dérobe) devant les yeux des hakhmei Israël (sages d'Israël), et ils étaient comme l'homme à l'heure où il dort, qu'il n'y a en lui aucune havana (intelligence). Et en vérité, quelle était la kavanah (intention) des shevatim qui ont apporté la ketonet à leur père : cependant, de leur crainte de Yaakov leur père, qu'ils avaient reconnu que grand est son koah (force), et s'il n'accepte pas ce qu'ils ont fait, alors il insistera en tefilah (prière) à השי"ת qu'Il l'aide dans le retour de Yosef son fils, et il se tiendra sur le berour (clarification) de la chose, car à coup sur ה' remplira toutes ses demandes ; c'est pourquoi ils se sont accordés dans leur daat (avis) de dire à leur père que Yosef est mort, et de soi-même se retirera de lui le koah ha-tefilah (force de la prière), car on ne prie pas sur les morts ; et pour cela, lorsque Yosef fut sauvé et se fit connaître à ses frères, alors il est dit (Genèse 45,27) "Va-tehi ruah Yaakov avihem (et l'esprit de Yaakov leur père revivut)", hayinu (c'est-à-dire) que jusqu'à maintenant il était comme endormi et il n'avait pas de havana en ceci, et maintenant il s'est éveillé.
(Beit Yaakov, Bereshit Vayeshev 37)