Selon un Midrach, un idolâtre offre un repas à tous les gens de sa ville ; sa table ne manque d'aucun mets du monde, sauf de noix friables, et il prend le plateau devant Rabbi Dostaï et les invités et le brise. Le Mei HaChiloa'h explique que pour Israël l'essentiel de la complétude est le moment où une chose lui manque : il reconnaît alors qu'il doit venir vers D.ieu, qui complète son manque. Aux idolâtres, D.ieu donne en ce monde tous les biens pour les faire périr, et quand une chose leur manque, ils n'ont pas de repos et leur âme n'est pas établie en eux.
אִיתָא בַּמִּדְרָשׁ (רבה פנחס כ"א,י"ח) (תנחומא פנחס י"ג) מַעֲשֶׂה בְּעכו"ם אֶחָד שֶׁעָשָׂה סְעוּדָה לְכָל בְּנֵי עִירוֹ אָמַר רַבִּי דּוֹסְתַּאי אוֹתִי זִימֵּן לְאוֹתָהּ סְעוּדָה עִם כָּל בְּנֵי עִירוֹ וְלֹא הָיָה שֻׁלְחָנוֹ חָסֵר מִכָּל מַטְעַמִּים שֶׁבָּעוֹלָם אֶלָּא אֱגוֹזֵי פֶּרֶךְ בִּלְבַד מֶה עָשָׂה נָטַל אֶת הַטַּבְלָא מִלְּפָנֵינוּ וְכוּ' וְשִׁבְּרָהּ. כִּי לְיִשְׂרָאֵל עִיקַּר הַשְּׁלֵימוּת שֶׁלָּהֶם הוּא בְּעֵת שֶׁחָסֵר לָהֶם אֵיזֶה דָּבָר, וּמִזֶּה יֵדְעוּ וְיַכִּירוּ שֶׁהֵם מֻכְרָחִים לָבוֹא לְהַשי"ת שֶׁהוּא יַשְׁלִים לָהֶם חֶסְרוֹנָם, נִמְצָא שֶׁזֶּה הוּא אֶצְלָם עִיקַּר הַשְּׁלֵימוּת, אֲבָל בְּעכו"ם שֶׁהַשי"ת נוֹתֵן לָהֶם בָּעוֹלָם הַזֶּה כָּל הַטּוֹבוֹת לְהַאֲבִידָם, וְלָכֵן בְּעֵת שֶׁנֶּחְסַר לָהֶם דְּבַר מָה אֵין לָהֶם נַיְיחָא וְלֹא יְשָׁרָה נַפְשָׁם בָּהֶם.
Ita (il est rapporté) ba-Midrach (Rabbah Pinhas 21,18) (Tan'houma Pinhas 13): maaseh (un fait) be-akum (עכו"ם, ovdei kokhavim u-mazalot, idolâtre) ehad she-asah seudah le-khôl benei iro (un idolâtre qui fit une seudah, repas, pour tous les fils de sa ville). Amar Rabbi Dostai: oti zimnen le-otah seudah im kol benei iro (il m'invita à cette seudah avec tous les fils de sa ville), ve-lo hayah shulhano haser mi-kol mât'amim she-ba-olam ella egozei perekh bilvad (et sa table n'était haser, manquante, d'aucun des mât'amim, mets, du monde, seulement des egozei perekh, noix friables, seules).
Meh asah (que fit-il)? Natal et ha-tavla mi-lefanenu ve-khu' (etc.) ve-shivrah (il prit le tavla, plateau, de devant nous, etc., et le brisa).
Car pour Israël, l'ikar (l'essentiel) de leur shelemut (complétude) est be-et (au moment) où quelque davar (chose) leur est haser, u-mi-zeh yed'u ve-yakiru (et de ceci ils sauront et reconnaîtront) qu'ils sont mukhrahim (contraints) de venir vers Hachem Yitbarakh (השי"ת, Hachem, qu'Il soit béni), qu'Il yashlim (complétera) pour eux leur hisaron (manque); nimtsa (il s'ensuit) que ceci est auprès d'eux l'ikar de la shelemut. Aval (mais) be-akum, que Hachem Yitbarakh leur donne ba-olam ha-zeh (en ce monde-ci) toutes les tovot (biens) lehaavidam (pour les faire périr); ve-lakhen (et c'est pourquoi) be-et she-nehsar lahem devar mah (au moment où quelque chose leur manque) ein lahem nayiha (ils n'ont pas de nayiha, repos) ve-lo yashrah nafsham bahem (et leur nefech, âme, n'est pas yashrah, établie / droite, en eux).