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Mei HaShiloach — Tome II - Talmud - Baba Batra

Rabbi Mordechai Yosef Leiner d Izbica
En bref

On dit à Rabbi, qui ouvre ses greniers aux années de disette : « nourris-moi comme un chien et comme un corbeau ». Le Mei HaChiloa'h explique que, du côté du jugement, le chien n'a pas d'abondance et il est interdit d'avoir pitié du corbeau cruel, mais que D.ieu, dans l'abondance de Sa bonté, donne aussi une place à ces créatures. Rabbi se reprend en apprenant que celui à qui il a donné son pain est son disciple, Yonatan ben Amram : D.ieu n'a pas donné à l'homme de raisonner sur les commandements, et il pourrait refuser un disciple des Sages. Il dit : « que tous entrent ».

Aussi : la todah (offrande de gratitude) ne se mange qu'un jour, car dans un miracle il est interdit de s'appuyer sur le lendemain ; Rabbi ne s'appuie pas sur le miracle qui l'a fait donner une fois à un disciple des Sages.

רַבִּי פָּתַח אוֹצָרוֹת בִּשְׁנֵי בַצּוֹרֶת וְכוּ' א"ל פַּרְנְסֵנִי כְּכֶלֶב וּכְעוֹרֵב. הַיְינוּ שֶׁלֹּא הָיָה לוֹ לִתְלוֹת בְּשׁוּם זְכוּת רַק שֶׁאָמַר לוֹ שֶׁיִּשְׁוֶה לְקוֹנוֹ שֶׁהַשי"ת נִשְׁתַּבַּח בְּרַחְמָנוּתוֹ עַל שְׁנֵי הַבְּרוּאִים אֵלּוּ, וְכִדְאִיתָא בַּגְּמָרָא (שבת קנ"ה:) "יוֹדֵעַ צַדִּיק דִּין דַּלִּים", יוֹדֵעַ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא בַּכֶּלֶב שֶׁמְּזוֹנוֹתָיו מוּעָטִין לְפִיכָךְ שׁוֹהֶה אֲכִילָתוֹ בְּמֵעָיו ג' יָמִים, וְלָמָּה מְזוֹנוֹתָיו מוּעָטִין מִפְּנֵי שֶׁהַכֶּלֶב אֵין לוֹ הַשְׁפָּעָה מִצַּד מִדַּת הַדִּין שֶׁיִּהְיֶה לוֹ מָזוֹן בְּשֶׁפַע וּכְמוֹ שֶׁכָּתוּב (ישעיה נ"ו,י"א) "וְהַכְּלָבִים עַזֵּי נֶפֶשׁ".

וְכֵן הָעוֹרֵב הוּא אַכְזָרִי וּמִצַּד מִדַּת הַדִּין אָסוּר לְרַחֵם עַל אַכְזָרִי, וְכִדְאִיתָא בַּמִּדְרָשׁ (שמואל פ' י"ח) "כָּל הַמְרַחֵם עַל אַכְזָרִי סוֹפוֹ שֶׁיִּתְאַכְזֵר עַל רַחְמָנִי", וּמִכָּל מָקוֹם הַשי"ת בְּרוֹב חַסְדּוֹ וְרַחֲמָיו נוֹתֵן מָקוֹם גַּם לִבְרוּאִים אֵלּוּ. וְרַבֵּינוּ הַקָּדוֹשׁ הִתְעוֹרֵר לְבַקָּשָׁתוֹ שֶׁנִּתְעוֹרֵר בּוֹ רַחְמָנוּת בְּשָׁרְשׁוֹ, לְפִי שֶׁהָיָה בֶּאֱמֶת תַּלְמִיד חָכָם, וּלְאַחַר כֵּן הִתְחָרֵט שֶׁחָשַׁב שֶׁהַשי"ת יָכוֹל לְרַחֵם אַף עַל בְּרוּאִים כָּאֵלּוּ, שֶׁהוּא גְּדוֹל הָעֵצָה וְרַב הָעֲלִילִיָּה וְיָכוֹל לְרַחֵם אַף עַל אֵלּוּ, וְיָכוֹל לְהַשְׁגִּיחַ שֶׁאַף שֶׁיַּשְׁפִּיעַ לְאֵלּוּ לֹא יַגִּיעַ מֵהֶם שׁוּם רָעָה לְאַחֵר, אֲבָל אָדָם אֵין בִּיכָלְתּוֹ לְהַשְׁגִּיחַ וְלִבְטוֹחַ וְצָרִיךְ לִירֹא שֶׁמָּא כְּשֶׁיְּרַחֵם עַל אַכְזָרִי יַגִּיעַ רָעָה לְרַחְמָנִי, וְאָמַר אוֹי לִי שֶׁנָּתַתִּי פִּתִּי לְעַם הָאָרֶץ, וְכַאֲשֶׁר בָּדַק וּמָצָא שֶׁיּוֹנָתָן בֶּן עַמְרָם תַּלְמִידוֹ, חָזַר מִדַּעְתּוֹ שֶׁהָיָה סָבַר שֶׁאָסוּר לִיתֵּן מִפִּתּוֹ לְעַם הָאָרֶץ, שֶׁהֲרֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא צִוָּה לְיִשְׂרָאֵל מִצְוַת צְדָקָה וְצִוָּה לְרַחֵם עַל כָּל יִשְׂרָאֵל וּבַהֲדֵי כַּבְשֵׁי דְּרַחֲמָנָא לָמָּה לָךְ, וּמִזֶּה הִתְבּוֹנֵן רַבֵּינוּ הַקָּדוֹשׁ שֶׁלֹּא נָתַן הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְאָדָם לְהַרְהֵר אַחַר מִצְוַת ה', שֶׁהֲרֵי כְּפִי דַּעְתּוֹ שֶׁלֹּא נִיתֵּן מִפִּתּוֹ לְעַם הָאָרֶץ יָכוֹל לִיפֹּל בְּטָעוּת וְלֹא לִיתֵּן גַּם לְתַלְמִיד חָכָם שֶׁלֹּא יִרְצֶה לֵהָנוֹת מִכְּבוֹד הַתּוֹרָה, וְלָכֵן חָזַר מִדְּבָרָיו וְאָמַר יִכָּנְסוּ הַכֹּל, וְלֹא סָמַךְ עַצְמוֹ עַל מַה שֶּׁרָאָה שֶׁאֵירַע לוֹ נֵס וְהִתְרַחֵם לְפִי שָׁעָה עַל תַּלְמִיד חָכָם אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא יָדַע אוֹתוֹ, וְאִם הָיָה בּוֹ בְּרַבֵּינוּ הַקָּדוֹשׁ שֶׁמֶץ תַּקּוּפוּת לְהִתְגָּאוֹת וְלוֹמַר שֶׁהוּא מְכֻוָּן לִרְצוֹן הַשי"ת אַף שֶׁלֹּא מִדַּעַת, הָיָה נִשְׁאָר בְּדַעְתּוֹ כְּמוֹ שֶׁהָיָה תְּחִלָּה שֶׁלֹּא לִיתֵּן מִפִּתּוֹ לְעַם הָאָרֶץ, וְהָיָה סוֹמֵךְ שֶׁאַף אִם יֶאֱרַע תַּלְמִיד חָכָם שֶׁאֵינוֹ רוֹצֶה לֵהָנוֹת מִכְּבוֹד הַתּוֹרָה, יְכַוֵּן שֶׁלֹּא מִדַּעַת וְיִתֵּן לוֹ, אֶלָּא חָזַר וְשָׁב מִדַּעְתּוֹ וְאָמַר אַף שֶׁאֵירַע לוֹ פַּעַם אַחַת שֶׁכִּוֵּן וְנָתַן לְתַלְמִיד חָכָם הַצְנֵעַ לֶכֶת, אֲבָל לֹא בְּכָל שַׁעְתָּא וְשַׁעְתָּא מִתְרְחִישׁ נִיסָּא, שֶׁמָּא לֹא יִזְכֶּה בְּפַעַם אַחֶרֶת לְכַוֵּן בָּזֶה וְיִמְנַע פִּתּוֹ מִתַּלְמִיד חָכָם, וְלָכֵן אָמַר יִכָּנְסוּ הַכֹּל, וְזֶה עִנְיַן תּוֹדָה שֶׁנֶּאֱכֶלֶת רַק לְיוֹם אֶחָד כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר בְּחֵלֶק רִאשׁוֹן (אמור ד"ה בהסדרא) לְפִי שֶׁתּוֹדָה בָּאָה עַל הַנֵּס וּבְנֵס אָסוּר לִסְמֹךְ עַל יוֹם מָחָר לוֹמַר שֶׁיֶּאֱרַע לוֹ מָחָר גַּם כֵּן וּכְמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר שָׁם.

Rabbi patah otsarot bi-shenei batsoret ve-khu' (Rabbi ouvrit ses greniers aux années de disette, etc.). Amar leih (א"ל, il lui dit): parneseni ke-kelev u-khe-orev (nourris-moi comme un chien et comme un corbeau).

Hayinu (c'est-à-dire) qu'il n'avait pas à se suspendre à aucun zekhut (mérite), seulement il lui dit qu'il soit égal à son Kono (Créateur): que Hachem Yitbarakh (השי"ת, Hachem, qu'Il soit béni) est loue en Sa rahamanut (miséricorde) sur ces deux beruim (créatures). Ve-ki-de-ita (כדאיתא, comme il est rapporté) ba-Gemara (Chabbat 155b): "Yodea tsaddik din dalim" (le tsaddik, juste, connaît le din, jugement, des dalim, pauvres) (Proverbes 29,7): le Kadoch Barukh Hu (le Saint, béni soit-Il) connaît dans le chien que ses mezonot (aliments) sont rares, c'est pourquoi son aliment séjourné dans ses entrailles trois jours.

Et pourquoi ses aliments sont rares: parce que le chien n'a pas de hashpaah (effusion) du côté de midat ha-din (l'attribut du jugement) qu'il ait un aliment en chefa (abondance), et comme il est écrit (Isaie 56,11) "Ve-ha-kelavim azei nefech" (et les chiens sont azei nefech, avides d'âme). Et de même le corbeau est akhzari (cruel), et du côté de midat ha-din il est interdit d'avoir pitié d'un cruel.

Ve-ki-de-ita ba-Midrach (Shemuel, perek 18): "Kol ha-merachem al akhzari sofo she-yitakhzar al rahamani" (quiconque a pitié d'un cruel, sa fin est qu'il s'acharnera sur un rahamani, miséricordieux). U-mikol makom (néanmoins) Hachem Yitbarakh, en l'abondance de Son hesed (bonté) et de Ses rahamim (miséricordes), donne un lieu aussi à ces créatures.

Et Rabbenu ha-Kadoch (notre saint Maître) s'éveilla à sa bakashah (demande), qu'une rahamanut s'éveilla en lui en son shoresh (racine), parce qu'il était en vérité un talmid 'hakham (disciple sage). Et ensuite il se repentit, car il pensa que Hachem Yitbarakh peut avoir pitié même de créatures telles: qu'Il est gadol ha-etsah ve-rav ha-aliliyah (grand de conseil et abondant en exploits) (Jérémie 32,19) et qu'Il peut avoir pitié même de ceux-ci, et qu'Il peut hashgiach (veiller) que, même s'Il yashpia (fait affluer) à ceux-ci, il n'arrive d'eux aucun raah (mal) à un autre; mais l'homme n'a pas en sa yekholet (capacité) de veiller et de se fier, et il doit craindre que, lorsqu'il aura pitié d'un cruel, un mal n'arrive à un miséricordieux.

Et il dit: "Oy li she-natati piti le-am ha-arets" (malheur à moi que j'ai donné mon pain à un am ha-arets, homme du peuple / ignorant). Et lorsqu'il examina et trouva que Yonatan ben Amram était son disciple, il revint de son daat (avis) qu'il tenait qu'il est interdit de donner de son pain à un am ha-arets: car voici le Kadoch Barukh Hu à ordonné à Israël la mitsvah de tsedakah (aumône) et à ordonné d'avoir pitié de tout Israël, u-be-hadei kivshei de-Rahamana lamah lakh (et pourquoi t'occuper des kivshei de-Rahamana, secrets du Miséricordieux).

Et de ceci Rabbenu ha-Kadoch médita que le Kadoch Barukh Hu n'a pas donné à l'homme de leharher ahar mitsvot ה' (raisonner après les commandements de ה'): car selon son avis, de ne pas donner de son pain à un am ha-arets, il peut tomber en taut (erreur) et ne pas donner aussi à un talmid 'hakham qui ne voudra pas lehanot (bénéficier) de kevod ha-Torah (l'honneur de la Torah). Et c'est pourquoi il revint de ses paroles et dit: yikanesu ha-kol (que tous entrent).

Et il ne s'appuya pas sur ce qu'il vit: qu'un nés (miracle) lui advint et qu'il eut pitié lefi shaah (pour l'heure) d'un talmid 'hakham, bien qu'il ne le connut pas. Et s'il y avait eu en Rabbenu ha-Kadoch un shemets takufot (teinte de fermeté / opiniatrete) pour s'enorgueillir et dire qu'il est mekhuvan (aligne) au ratson (volonté) de Hachem Yitbarakh même she-lo mi-daat (sans connaissance), il serait reste en son avis comme il était tehilah (d'abord), de ne pas donner de son pain à un am ha-arets, et il se serait fie que, même si survient un talmid 'hakham qui ne veut pas bénéficier de l'honneur de la Torah, il visera juste sans connaissance et lui donnera.

Mais il revint et retourna de son avis et dit: même qu'il lui advint une fois qu'il visa juste et donna à un talmid 'hakham ha-tsnea lekhet (qui marche modestement) (Micha 6,8), aval lo be-khôl shaata u-shaata mitrahish nissa (mais ce n'est pas à chaque instant qu'un nissa, miracle, se produit): peut-être qu'il ne méritera pas une autre fois de viser juste en ceci et retiendra son pain d'un talmid 'hakham. Et c'est pourquoi il dit: yikanesu ha-kol.

Et ceci est l'inyan (sujet) de la todah (offrande de gratitude) qui n'est mangée que pour un jour, ke-mo she-nitbaer be-helek rishon (comme il a été expliqué dans la première partie) (Emor, d"h be-hasedra): parce que la todah vient sur le nés, et dans un nés il est interdit de s'appuyer sur le jour de demain pour dire qu'il lui adviendra demain aussi, et comme il a été expliqué la.

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