מי השלוח

Mei HaShiloach — Tome II - Talmud - Baba Metsia

Rabbi Mordechai Yosef Leiner d Izbica
En bref

La vue seule fait-elle acquérir ? Selon l'hypothèse initiale, oui, et c'est ce qui arrive à la sortie d'Égypte, où Israël atteint par une vue ; il croit alors avoir acquis la lumière de façon complète. Le Mei HaChiloa'h note que trois jours de marche sans eau lui font reconnaître qu'il n'a pas encore d'acquisition complète, qu'il n'obtient qu'au don de la Torah. Ce que l'homme atteint par la vue, il peut ensuite l'acquérir par l'effort, avec du temps ; cela lui reste pour le monde à venir. Ce qu'il voit sans acquisition complète ne vaut que pour ce monde-ci.

Aussi : pour un acte tombé, D.ieu montre par Sa providence particulière que cet acte n'est pas assuré, car, à la différence des autres objets perdus, l'acte n'est pas nécessaire à l'homme.

מַאי מְצָאתִיהָ רְאִיתִיהָ אע"ג דְּלָא אֲתַאי לִידֵיהּ בִּרְאִיָּה בְּעָלְמָא קָנֵי תְּנָא כּוּלָּהּ שֶׁלִּי דְּבִרְאִיָּה לָא קָנֵי. כִּי בַּסַּלְקָא דַּעְתָּךְ נוּכַל לוֹמַר שֶׁבִּרְאִיָּה בְּעָלְמָא קָנֵי וְכֵן הָיָה בִּיצִיאַת מִצְרַיִם שֶׁשָּׁם הִשִּׂיגוּ יִשְׂרָאֵל בִּרְאִיָּה כְּמוֹ שֶׁאִיתָא (מכילתא פר' ג') רָאֲתָה שִׁפְחָה עַל הַיָּם.

וְחָשְׁבוּ יִשְׂרָאֵל שֶׁבִּרְאִיָּה זוֹ קָנוּ אֶת הָאוֹר בְּקִנְיָן גָּמוּר, וְכֵן אַחַר כֵּן הָלְכוּ שְׁלֹשָׁה יָמִים וְלֹא מָצְאוּ מַיִם, הַיְינוּ שֶׁלֹּא הָיָה לָהֶם שׁוּם תְּשׁוּקָה וְחֵשֶׁק וְכִדְאִיתָא בַּמִּדְרָשׁ (תנחומא בשלח ט') בְּלֹא מַיִם בְּלֹא תּוֹרָה וְאָז הִכִּירוּ שֶׁאֵין לָהֶם עֲדַיִן קִנְיָן גָּמוּר רַק בְּמַתַּן תּוֹרָה אָז זָכוּ לְקִנְיָן בִּשְׁלֵימוּת, כִּי כָל מַה שֶּׁמַּשִּׂיג הָאָדָם בִּרְאִיָּה יָכוֹל לִקְנוֹת אַחַר כֵּן בְּקִנְיָן גָּמוּר עַל יְדֵי הִשְׁתַּדְּלוּת, רַק צָרִיךְ לָזֶה זְמַן, וְאַחַר כֵּן מַה שֶּׁמִּשְׁתַּדֵּל וְקוֹנֶה עַל יְדֵי פְּעֻלּוֹתָיו זֶה נִשְׁאָר לוֹ לָעוֹלָם הַבָּא גַּם כֵּן, כִּי זֶה הוּא חֶלְקוֹ בְּשָׁרְשׁוֹ, אֲבָל מַה שֶּׁרוֹאֶה וְאֵין לוֹ בָּזֶה קִנְיָן גָּמוּר, זֶה הוּא רַק בָּעוֹלָם הַזֶּה שֶׁיָּכוֹל לִרְאוֹת אוֹר לְמַעְלָה מִמַּדְרֵגָתוֹ אֲבָל לָעוֹלָם הַבָּא שָׁם יִשָּׁאֵר בְּיָדוֹ רַק מַה שֶּׁקָּנָה עַל יְדֵי הִשְׁתַּדְּלוּתוֹ שֶׁזֶּה שַׁיָּךְ לוֹ בְּשָׁרְשׁוֹ.

Mai metsatiha reitiha (quoi [dit-on] "je l'ai trouvée" [et non] "je l'ai vue"): af al gav (אע"ג, même que) de-la atai li-ydei (cela n'est pas venu en sa main) bi-reiyah be-alma kani (par une reiyah, vue, seulement, il acquiert); tana kulah sheli (le Tanna, l'enseignant de la Mishnah, à enseigné: "le tout est à moi") de-bi-reiyah la kani (car par une reiyah il n'acquiert pas). Ki ba-salka da'atakh (car selon la salka da'atakh, hypothèse initiale) nous pourrions dire she-bi-reiyah be-alma kani (que par une reiyah seulement il acquiert), ve-khen hayah bi-yetsiat Mitsrayim (et ainsi fut-il a la sortie de Mitsrayim, Égypte) she-sham hisigu Yisrael bi-reiyah (que la Israël ont atteint par une reiyah) ke-mo she-ita (comme il est rapporté) (Mekhilta, parashah 3) "ra'atah shifhah al ha-yam" (une shifhah, servante, à vu sur la mer).

Ve-hashvu Yisrael she-bi-reiyah zo kanu et ha-or be-kinyan gamur (et Israël ont pensé que par cette reiyah ils ont acquis l'or, la lumière, be-kinyan gamur, acquisition complète), ve-khen ahar ken halkhu shloshah yamim ve-lo mats'u mayim (et ainsi ensuite ils ont marche trois jours et n'ont pas trouvé d'eau) (Exode 15,22), hayinu (c'est-à-dire) she-lo hayah lahem shum teshukah ve-hechek (qu'ils n'avaient aucune teshukah, aspiration, ni hechek, désir), u-khi-de-ita ba-Midrach (et comme il est rapporté dans le Midrach) (Tanhuma Beshalah 9) be-lo mayim be-lo Torah (sans eau, sans Torah), ve-az hikiru she-ein lahem adayin kinyan gamur (et alors ils ont reconnu qu'ils n'ont pas encore de kinyan gamur) rak be-matan Torah az zakhu le-kinyan bi-shelemut (seulement à matan Torah, le don de la Torah, alors ils ont mérité un kinyan bi-shelemut, dans la complétude), ki kol mah she-masig ha-adam bi-reiyah yakhol liknot ahar ken be-kinyan gamur al yedei hishtadlut (car tout ce que l'homme atteint par une reiyah, il peut ensuite acquérir be-kinyan gamur par hishtadlut, effort), rak tsarikh la-zeh zeman (seulement il faut pour ceci du zeman, temps), ve-ahar ken mah she-mishtadel ve-koneh al yedei peulotav zeh nish'ar lo la-olam ha-ba gam ken (et ensuite ce qu'il s'efforce et acquiert par ses peulot, actions, ceci lui reste aussi pour olam ha-ba, le monde à venir), ki zeh hu helko be-shorsho (car ceci est sa helek, part, dans son shoresh, racine), aval mah she-ro'eh ve-ein lo ba-zeh kinyan gamur, zeh hu rak ba-olam ha-zeh (mais ce qu'il voit et qu'il n'a pas en ceci de kinyan gamur, ceci n'est que dans olam ha-zeh, ce monde-ci) she-yakhol lir'ot or le-maalah mi-madregato (qu'il peut voir un or, une lumière, au-dessus de sa madregah, degré) aval la-olam ha-ba sham yisha'er be-yado rak mah she-kanah al yedei hishtadluto (mais pour olam ha-ba, la restera en sa main seulement ce qu'il a acquis par son hishtadlut) she-zeh shayakh lo be-shorsho (que ceci lui est shayakh, appartient, dans son shoresh).

כֵּיוָן דִּנְפַל אִתְּרַע לֵיהּ וְחָיְישִׁינַן דִּלְמָא אִקְּרִי וּכְתוּב. בְּעִנְיַן סְבָרַת כֵּיוָן דִּנְפַל אִתְּרַע וְכִי בַּמֶּה אִתְּרַע חֶזְקָתוֹ, וַהֲלֹא כָּל דָּבָר שֶׁאָדָם אוֹבֵד אִם יֵשׁ בּוֹ סִימָן הֲרֵי הוּא בְּחֶזְקָתוֹ הָרִאשׁוֹנָה, אַךְ כֵּיוָן שֶׁהַשְּׁטָר אֵין גּוּפוֹ נִצְרָךְ לְהָאָדָם, כִּי בִּשְׁאָר חֲפָצִים שֶׁאָדָם אוֹבֵד יֵשׁ לוֹמַר שֶׁהוּא בְּהַשְׁגָּחָה מֵהַשי"ת שֶׁיֹּאבַד הַחֵפֶץ מִמֶּנּוּ לִזְמַן מָה, אֲבָל הַשְּׁטָר אֵינוֹ נִצְרָךְ לוֹ וְלָמָּה אִבֵּד אוֹתוֹ, אָכֵן בָּזֶה הֶרְאָה הַשי"ת בְּהַשְׁגָּחָתוֹ הַפְּרָטִית שֶׁאֵין הַשְּׁטָר הַזֶּה בָּרוּר, וְלָכֵן אִתְּרַע בְּנָפְלוֹ.

Keivan di-nfal itra leih (des lors qu'il est tombé, itra leih, [sa hezkat] s'est détériorée) ve-hayshinan dilma ikri u-khetuv (et nous craignons que peut-être ikri u-khetuv, [cela] est arrivé [par hasard] et [à été] écrit). Be-inyan sevarat keivan di-nfal itra (au sujet de la sevara, raisonnement, de "keivan di-nfal itra"), ve-khi ba-meh itra hezkato (et en quoi s'est détériorée sa hezkat, présomption), ve-halo kol davar she-adam oved im yech bo siman harei hu be-hezkato ha-rishonah (et n'est-ce pas: toute chose qu'un homme perd, s'il y a en elle un siman, signe distinctif, voici elle est dans sa hezkat première), akh keivan she-ha-shtar ein gufo nitsrakh la-adam (mais puisque le shtar, acte, son guf, corps, n'est pas nitsrakh, nécessaire, à l'homme), ki bi-she'ar hafatsim she-adam oved yech lomar she-hu be-hashgahah me-Hachem Yitbarakh (השי"ת, Hachem, qu'Il soit béni) she-yovad ha-hefets mimenu li-zman mah (car dans les autres hafatsim, objets, qu'un homme perd, on peut dire que c'est be-hashgahah, par la providence, de Hachem Yitbarakh que l'objet se perde de lui pour un zeman, temps), aval ha-shtar eino nitsrakh lo ve-lamah ibed oto (mais le shtar ne lui est pas nitsrakh, et pourquoi l'a-t-il perdu), akhen ba-zeh her'ah Hachem Yitbarakh be-hashgahato ha-peratit she-ein ha-shtar ha-zeh barur (toutefois en ceci Hachem Yitbarakh a montré dans Son hashgahah peratit, providence particulière, que ce shtar n'est pas barur, clair / assuré), ve-lakhen itra be-noflo (et c'est pourquoi il s'est détérioré en son noflo, sa chute).

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