On enseigne d'abord « la femme est acquise », langage de la Torah, puis « l'homme sanctifie », langage des Sages, qui l'interdit à tous comme un bien consacré. Le Mei HaChiloa'h demande pourquoi ce second langage est dit des Sages, puisque la Torah interdit déjà la femme à tous. Il rappelle le principe de la Guemara : toute chose que le Miséricordieux nous interdit, Il nous en permet une semblable ; la femme est interdite, et par les kidouchin (fiançailles) elle est permise. Le langage des Sages fait allusion à ceci : l'homme se sanctifie même dans ce qui lui est permis, afin de n'être enfoncé en aucune chose.
Aussi : selon la Torah, l'interdit de la femme non mariée n'est pas énoncé explicitement ; selon le langage des Sages, sans kidouchin ni bénédiction elle est interdite à l'homme.
הָאִשָּׁה נִקְנֵית מַאי שְׁנָא הָכָא דְּתָנֵי הָאִשָּׁה נִקְנֵית וּמ"ש הָתָם דְּתָנֵי הָאִישׁ מְקַדֵּשׁ וְכוּ' מֵעִיקָּרָא תָּנֵי לִישָּׁנָא דְּאוֹרָיְיתָא וּלְבַסּוֹף תָּנֵי לִישָּׁנָא דְּרַבָּנַן וּמַאי לִישָּׁנָא דְּרַבָּנַן דְּאָסַר לַהּ אַכּוּלֵּי עָלְמָא כְּהֶקְדֵּשׁ. וּלְהָבִין לָמָּה נִקְרָא זֹאת לִישָׁנָא דְאוֹרָיְיתָא וּמְקַדֵּשׁ לִישָׁנָא דְּרַבָּנָן, הֲלֹא לִישָׁנָא דְּרַבָּנָן גַּם כֵּן הוּא לִישָׁנָא דְאוֹרָיְיתָא.
וּבֶאֱמֶת הָא לִישָׁנָא דְּרַבָּנָן לֹא שַׁיָּךְ אֶלָּא בְּמָקוֹם שֶׁיֵּשׁ הוֹסָפָה עַל דִּבְרֵי תּוֹרָה, אֲבָל הָכָא אֵין זֶה הוֹסָפָה דְּהָא גַּם מִדְּאוֹרָיְיתָא אָסַר לָהּ אַכּוּלֵי עָלְמָא כְּהֶקְדֵּשׁ, אָכֵן הָעִנְיָן בָּזֶה כְּעִנְיָן שֶׁאִיתָא בַּגְּמָרָא (חולין ק"ט:) כָּל מִילְּתָא דְאָסַר לָן רַחֲמָנָא שָׁרֵי לָן כְּוָותֵיהּ, וְכֵן שֶׁאִשָּׁה אֲסוּרָה לוֹ וְעַל יְדֵי קִדּוּשִׁין מֻתֶּרֶת, וְלָכֵן לְשׁוֹן חֲכָמִים הוּא שֶׁהָאִישׁ מְקַדֵּשׁ לִרְמֹז שֶׁאַף בְּמַה שֶּׁמֻּתָּר לוֹ גַּם כֵּן יְקַדֵּשׁ עַצְמוֹ שֶׁלֹּא יִהְיֶה מְשֻׁקָּע בְּשׁוּם דָּבָר, וּכְמוֹ שֶׁמִּדְּאוֹרָיְיתָא מֻתֶּרֶת אִשָּׁה עַל יְדֵי קִדּוּשִׁין וְאִסּוּר פְּנוּיָה אֵינוֹ מְפֹרָשׁ מִדְּאוֹרָיְיתָא, אַךְ בִּלְשׁוֹן חֲכָמִים שֶׁהָאִישׁ יְקַדֵּשׁ אִשָּׁה וּבְלֹא קִדּוּשִׁין וּבְרָכָה אֲסוּרָה עָלָיו וּמִמֵּילָא נִרְמָז בָּזֶה שֶׁיְּקַדֵּשׁ עַצְמוֹ גַּם בַּמֻּתָּר לוֹ מִדְּרַבָּנָן.
Ha-ishah nikneit (la femme est acquise). Mai shena hakha de-tanei ha-ishah nikneit u-mai shena (מ"ש, quoi de différent) hatam de-tanei ha-ich mekadesh ve-khu' (etc.): quoi de différent ici qu'on enseigné 'la femme est acquise', et quoi de différent la qu'on enseigné 'l'homme mekadesh (sanctifie / fiancé)' etc.
Me-ikara tanei lishana de-oraita (au commencement on a enseigné le langage de l'Oraita, la Torah) u-le-basof tanei lishana de-rabbanan (et à la fin on a enseigné le langage des Rabbanan, les Sages). U-mai lishana de-rabbanan: de-asar lah à-kulei alma ke-hekdesh (et qu'est-ce que le langage des Rabbanan: qu'il lui à interdit à-kulei alma, à tout le monde, comme un hekdesh, bien consacré).
U-lehavin (et pour comprendre) pourquoi ceci est appelé lishana de-oraita et mekadesh lishana de-rabbanan: halo (n'est-ce pas) lishana de-rabbanan est aussi lishana de-oraita. U-ve-émet (et en vérité), ha (voici), lishana de-rabbanan n'est shayakh (applicable) que ba-makom (dans un lieu) où il y a hosafah (ajout) al divrei Torah (sur les paroles de Torah); aval hakha (mais ici) ceci n'est pas hosafah, de-ha (car voici) gam mi-de-oraita (aussi de par la Torah) asar lah à-kulei alma ke-hekdesh.
Akhen ha-inyan ba-zeh (toutefois le sujet en ceci) ke-inyan she-ita ba-Gemara (comme le sujet qui est rapporté dans la Guemara) (Houlin 109b): kol milta de-asar lan Rahamana shari lan kevateih (toute chose que Rahamana, le Miséricordieux, nous à interdite, Il nous à permise une semblable). Ve-khen she-ishah asurah lo ve-al yedei kidouchin muteret (et de même qu'une femme lui est interdite et par kidouchin, fiançailles / sanctification, elle est permise).
Ve-lakhen leshon Hakhamim hu she-ha-ich mekadesh (et c'est pourquoi le langage des Sages est que l'homme mekadesh), lirmoz (pour faire allusion) she-af be-mah she-mutar lo gam ken yekadesh atsmo (que même en ce qui lui est permis, aussi il se sanctifiera) she-lo yihyeh meshuka be-shum davar (afin qu'il ne soit meshuka, enfoncé, en aucune chose). U-khemo she-mi-de-oraita muteret ishah al yedei kidouchin ve-issur penuyah eino meforash mi-de-oraita (et comme de par la Torah une femme est permise par kidouchin, et l'interdit de la penuyah, femme non mariée, n'est pas explicite de par la Torah), akh bi-leshon Hakhamim she-ha-ich yekadesh ishah u-vélo kidouchin u-verakhah asurah alav (mais dans le langage des Sages, que l'homme sanctifie une femme, et sans kidouchin et berakhah, bénédiction, elle lui est interdite), u-mi-meila nirmaz ba-zeh she-yekadesh atsmo gam ba-mutar lo mi-de-rabbanan (et de soi-même il est fait allusion en ceci qu'il se sanctifie aussi dans le permis pour lui, mi-de-rabbanan, de par les Sages).