מי השלוח

Mei HaShiloach — Tome II - Talmud - Erouvin

Rabbi Mordechai Yosef Leiner d Izbica
En bref

Rabbi 'Hanin bar Papa dit que celui chez qui le vin n'est pas versé dans sa maison comme de l'eau n'est pas dans l'ensemble de la bénédiction. Le Mei HaChiloa'h explique que Rav 'Hanin a vu un homme boire du vin sans restriction et l'a jugé ivrogne, puis a pensé que le défaut venait peut-être de lui, de sa mesquinerie. Celui qui s'irrite contre son compagnon par véritable étroitesse d'œil ne voit pas juste, car D.ieu aveugle ses yeux. Il faut avoir un bon œil au point que voir du vin versé comme de l'eau ne soit pas mauvais à ses yeux : l'homme est appelé maison, et la maison sans mesquinerie est pleine de bénédiction.

אָמַר רַבִּי חָנִין בַּר פָּפָּא כָּל שֶׁאֵין יַיִן נִשְׁפָּךְ בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ כַּמַּיִם אֵינוֹ בִּכְלַל בְּרָכָה. לְהָבִין הַלָּשׁוֹן הַזֶּה, אָכֵן רַב חָנִין בַּר פָּפָּא רָאָה פַּעַם אַחַת לְאָדָם שֶׁשּׁוֹתֶה יַיִן בְּלִי צִמְצוּם עַד שֶׁנִּדְמָה לוֹ שֶׁהוּא מִסּוֹבְאֵי יַיִן וְהֵרַע זֹאת בְּעֵינָיו, אָכֵן אַחַר כֵּן עָלָה בְּלִבּוֹ אוּלַי אֵין הַחֶסְרוֹן מֵחֲבֵרוֹ רַק מִמֶּנּוּ מֵחֲמַת שֶׁיֵּשׁ לוֹ צָרַת עַיִן שֶׁאֵינוֹ נָקִי בָּזֶה, לָכֵן דָּן בָּזֶה אֶת חֲבֵרוֹ לְמִתְפַּשֵּׁט בְּלִי צִמְצוּם, וְהָיָה לוֹ מִזֶּה צַעַר גָּדוֹל, וְהוֹשִׁיעַ לוֹ הַשי"ת לִלְמֹד זֶה הַמַּאֲמָר.

וְכַוָּנַת זֶה הַמַּאֲמָר, הוּא כִּי מִי שֶׁכּוֹעֵס עַל חֲבֵרוֹ מֵחֲמַת צָרַת עַיִן מַמָּשׁ, זֶה אֵינוֹ רוֹאֶה כְּלָל, כִּי הַשי"ת מְסַמֵּא אֶת עֵינָיו, וְאֵינוֹ רוֹאֶה כְּלוּם שֶׁיּוּכַל לִשְׁאֹל עַל חֲבֵרוֹ, אָכֵן אָדָם שֶׁיְּדַמֶּה בְּנַפְשׁוֹ שֶׁהוּא מְכַוֵּן לְשֵׁם שָׁמַיִם וְיִשְׁאַל עַל חֲבֵרוֹ שֶׁיִּרְאֶה אֶת חֲבֵרוֹ הַמִּתְפַּשֵּׁט בְּלִי שׁוּם צִמְצוּם וּמִשְׁקָל, וְאָז יִשְׁאַל עַל חֲבֵרוֹ שֶׁיִּדְמֶה בְּעֵינָיו שֶׁהוּא זוֹלֵל וְסוֹבֵא, וּבֶאֱמֶת הוּא רַק מִמַּה שֶּׁאֵין לוֹ טוֹבַת עַיִן בְּשָׁרְשׁוֹ, לָזֶה אָמַר כָּל שֶׁאֵין יַיִן נִשְׁפָּךְ בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ כַּמַּיִם אֵינוֹ בִּכְלַל בְּרָכָה, וְהַיְנוּ שֶׁצָּרִיךְ לִהְיוֹת לְהָאָדָם טוֹבַת עַיִן כָּל כָּךְ עַד שֶׁאֲפִלּוּ אִם יִרְאֶה שֶׁנִּשְׁפָּךְ יַיִן כַּמַּיִם גַּם כֵּן לֹא יֵרַע בְּעֵינָיו, כִּי הָאָדָם נִקְרָא בַּיִת וְהַבַּיִת שֶׁנִּשְׁפָּךְ בּוֹ יַיִן כַּמַּיִם אֵין לוֹ שׁוּם צָרַת עַיִן וְיֵשׁ בּוֹ בְּרָכָה. וְלָכֵן אַחַר כֵּן יָכוֹל לִשְׁאֹל עַל חֲבֵרוֹ הַשּׁוֹתֶה בְּהִתְפַּשְּׁטוּת בְּלִי צִמְצוּם, אֲבָל כָּל זְמַן שֶׁאֵין בּוֹ זֶה הַוַּתְרָנוּת יֵדַע בְּבֵרוּר שֶׁמַּה שֶּׁשּׁוֹאֵל עַל חֲבֵרוֹ הוּא רַק מִמַּה שֶּׁנִּמְצָא בּוֹ צָרַת עַיִן, אֲבָל בֶּאֱמֶת חֲבֵרוֹ נֶהֱנֶה בְּמִשְׁקָל וּבְצִמְצוּם וְרַק לוֹ נִדְמֶה כֵן, זֶה הוּא כַּוָּנַת הַמַּאֲמָר הַזֶּה.

Rabbi Hanin bar Papa a dit: tout [homme] chez qui le vin n'est pas versé dans sa maison comme de l'eau n'est pas bi-khlal berakhah (dans l'ensemble de la bénédiction) (Eruvin 65à). Pour comprendre ce lachon (langage): akhen (toutefois) Rav Hanin bar Papa a vu une fois un homme qui boit du vin beli tsimtsoum (sans contraction, restriction) jusqu'à ce qu'il lui sembla qu'il était mi-sovei yayin (des ivrognes de vin), et cela lui fut mauvais à ses yeux.

Akhen ensuite il monta dans son cœur: peut-être le hisaron (manque, défaut) n'est pas de son haver (compagnon) seulement de lui, à cause qu'il a tzarat ayin (étroitesse d'œil, mesquinerie), qu'il n'est pas naki (net) en ceci. C'est pourquoi il a juge en ceci son haver le-mitpashet beli tsimtsoum (comme se déployant sans restriction), et il eut de ceci un tsaar gadol (grande peine), et Hachem Yitbarakh (השי"ת, Hachem, qu'Il soit béni) l'a secouru pour apprendre ce maamar (énoncé).

Et la kavanah (intention) de ce maamar: c'est que celui qui se met en colère sur son haver à cause de tzarat ayin mamash (véritable étroitesse d'œil), celui-ci ne voit pas du tout, car Hachem Yitbarakh mesame (aveugle) ses yeux, et il ne voit rien qu'il puisse lish'ol al havero (enquérir au sujet de son haver). Akhen un homme qui s'imagine en son nefech (âme) qu'il mekhavven le-chem chamayim (vise pour le Nom des Cieux) et qu'il enquerra sur son haver, qu'il verra son haver ha-mitpashet beli shum tsimtsoum u-mishkal (se déployant sans aucune contraction ni poids, mesure), et alors il enquerra sur son haver, qu'il lui semblera à ses yeux qu'il est zolel ve-sove (glouton et ivrogne) (Deutéronome 21,20), et en émet (vérité) ce n'est que de ce qu'il n'a pas tovat ayin (bon œil, générosité) be-shorsho (en sa racine).

Pour ceci il a dit: tout [homme] chez qui le vin n'est pas versé dans sa maison comme de l'eau n'est pas bi-khlal berakhah. Ve-hayinu (c'est-à-dire) qu'il faut qu'il y ait à l'homme tovat ayin à tel point que même s'il voit que du vin est versé comme de l'eau, cela aussi ne lui sera pas mauvais à ses yeux, car l'homme est appelé bayit (maison) et la maison où le vin est versé comme de l'eau n'a aucune tzarat ayin et il y a en elle berakhah.

Et c'est pourquoi ensuite il peut enquérir sur son haver qui boit be-hitpashtout (dans le déploiement) beli tsimtsoum, mais tout le temps qu'il n'a pas en lui cette vatranout (largesse), qu'il sache be-berur (clairement) que ce qu'il enquiert sur son haver n'est que de ce qu'il se trouve en lui tzarat ayin, mais en émet son haver neheneh (jouit) be-mishkal u-ve-tsimtsoum et seulement à lui il semble ainsi: ceci est la kavanah de ce maamar.

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