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Mei HaShiloach — Tome II - Megilot - Kohélet

Rabbi Mordechai Yosef Leiner d Izbica
En bref

« Quel avantage à l'homme en tout son labeur dont il se fatigue sous le soleil » (Kohelet 1,3) : le Mei HaChiloa'h y voit une grande hardiesse, comme celle d'un homme qui enchâsse des pierres précieuses dans une couronne pour le roi. Il craint que le roi n'agrée pas leur disposition, puis pense que l'essence même des pierres exige l'agrément du roi, et sa peur disparaît. De même, D.ieu scelle sur l'ensemble du labeur de l'homme, qu'il a visé selon Sa pensée, et à coup sûr Il agrée aussi l'ordre dans le détail.

Aussi : l'avantage de celui qui se fatigue est que ce qu'il fait pour accomplir la volonté de D.ieu lui reste à jamais ; la volonté et l'assiduité valent mieux que la connaissance et la sagesse ; Avraham a clarifié tous ses désirs.

(א) מַה יִּתְרוֹן לָאָדָם בְּכָל עֲמָלוֹ שֶׁיַּעֲמֹל תַּחַת הַשָּׁמֶשׁ. הִנֵּה בְּקֹהֶלֶת נִמְצָא כָּל מִינֵי תַּקּוּפוּת, וְגַם מַה שֶּׁנֶּאֱמַר "מַה יִּתְרוֹן לָאָדָם בְּכָל עֲמָלוֹ" גַּם כֵּן הוּא תַּקּוּפוּת מְאֹד, כְּמָשָׁל לְאֶחָד שֶׁעָשָׂה עֲטָרָה לַמֶּלֶךְ וְקָבַע בָּהּ אֲבָנִים טוֹבוֹת וְהִנֵּה בְּעֵת שֶׁהָיָה צָרִיךְ לָבוֹא לִפְנֵי הַמֶּלֶךְ לְהַרְאוֹת לוֹ אִם קָבַע אוֹתָם בְּסֵדֶר יָפֶה, פָּחַד מְאֹד אוּלַי לֹא יַסְכִּים הַמֶּלֶךְ עַל סִדּוּרָם, וּכְשֶׁהִתְחִיל לִפְחוֹד עָלָה בְּמַחְשַׁבְתּוֹ גַּם עַל עֶצֶם הָאֲבָנִים טוֹבוֹת אוּלַי אֵינָם אֲבָנִים טוֹבוֹת וְצָרִיךְ שֶׁהַמֶּלֶךְ יַסְכִּים עֲלֵיהֶם שֶׁהֵם אֲבָנִים טוֹבוֹת וְאָז לֹא פָּחַד כְּלָל, כֵּיוָן שֶׁגַּם עַל עֶצֶם הַדָּבָר צָרִיךְ לְהֶסְכֵּם מֵהַמֶּלֶךְ אָז גַּם עַל הַסֵּדֶר יַסְכִּים.

וְזֶה "מַה יִּתְרוֹן לָאָדָם", וְרַק שֶׁהַשי"ת חוֹתֵם עַל כְּלָל עֲמָלוֹ שֶׁכִּוֵּן לְדַעְתּוֹ וּבֶטַח גַּם בִּפְרָט יַסְכִּים הַשי"ת עַל הַסֵּדֶר.

(à) "Quel avantage à l'homme en tout son labeur dont il se fatigera sous le soleil." (Ecclésiaste 1,3). Voici, dans Kohelet se trouvent toutes sortes de takifout (hardiesse, force d'assurance), et aussi ce qui est dit "quel avantage à l'homme en tout son labeur" est lui aussi une takifout très grande, comme la parabole d'un homme qui fit une atarah (couronne) pour le roi et y enchassa des avanim tovot (pierres précieuses), et voici, au moment où il devait venir devant le roi pour lui montrer s'il les avait enchâssées be-seder yafeh (dans un bel ordre), il eut une grande peur que peut-être le roi n'agréerait pas leur sidur (disposition), et lorsqu'il commença à avoir peur, il lui monta aussi dans la mahshavah (pensée), au sujet de l'etsem (essence) même des avanim tovot, que peut-être elles ne sont pas des avanim tovot et qu'il faut que le roi yaskim (agréé) sur elles qu'elles sont des avanim tovot, et alors il n'eut plus peur du tout, puisque, du moment que même sur l'etsem de la chose il faut un heskem (agrément) de la part du roi, alors aussi sur le seder (ordre) il agréera.

Et c'est "quel avantage à l'homme", et seulement que Hachem Yitbarakh (השי"ת, Hachem, qu'Il soit béni) hoteim (scellé) sur le kelal (ensemble) de son labeur, qu'il a kivven le-da'ato (vise selon Sa pensée, Son avis), et à coup sur aussi ba-perat (dans le détail) Hachem Yitbarakh yaskim sur le seder.

(ג) מַה יִּתְרוֹן הָעוֹשֶׂה בַּאֲשֶׁר הוּא עָמֵל. הִנֵּה תְּחִילָּה נֶחְשְׁבוּ כָּל הַכ"ח עִתִּים שֶׁרוֹמְזִים שֶׁלֹּא יִסְמוֹךְ הָאָדָם עַל כְּלָלֵי דִּבְרֵי תּוֹרָה לְבַד רַק יַבִּיט לְהַשי"ת בְּכָל פְּרָט מַעֲשֶׂה וּלְפִי הָעֵת מַה שֶּׁהַשי"ת חָפֵץ, וְזֹאת אֵין בִּיכוֹלֶת הָאָדָם לְכַוֵּן בִּלְתִּי עֵזֶר הַשי"ת, וְכֵיוָן שֶׁכֵּן הוּא אִם כֵּן מַה יִּתְרוֹן לָעוֹשֶׂה, כֵּיוָן שֶׁכָּל הָעֲבוֹדוֹת שֶׁהָאָדָם עוֹבֵד לְהַשי"ת הַכֹּל הוּא מֵרְצוֹן הַשי"ת שֶׁהִשְׁפִּיעַ לוֹ, וְלֹא נִקְרְאוּ עַל שְׁמוֹ אִם כֵּן מַה יִּתְרוֹן לָעוֹשֶׂה, עַל זֶה אָמַר "בַּאֲשֶׁר הוּא עָמֵל" שֶׁזֶּה יִתְרוֹנוֹ מַה שֶּׁמְּיַיגֵּעַ עַצְמוֹ שֶׁרוֹצֶה מִצִּדּוֹ לְקַיֵּים רְצוֹן הַשי"ת זֶה נִשְׁאָר לוֹ לְעוֹלְמֵי עַד, וְעַל יְדֵי זֶה יַסְכִּים הַשי"ת עַל כָּל מַעֲשָׂיו שֶׁיִּקָּרְאוּ עַל שֵׁם הָאָדָם הָעוֹשֶׂה.

וְזֶה שֶׁנֶּאֱמַר (קהלת י"ב,י"ב) "וְיוֹתֵר מֵהֵמָּה בְּנִי הִזָּהֵר עֲשׂוֹת סְפָרִים הַרְבֵּה אֵין קֵץ". הַיְינוּ כֵּיוָן שֶׁהָאָדָם צָרִיךְ לְהַבִּיט לִרְצוֹן הַשי"ת בְּכָל פְּרָט וְצָרִיךְ לְהִזָּהֵר עוֹד לְמַעְלָה מִכָּל כְּלָלֵי דִּבְרֵי תּוֹרָה, אִם כֵּן אֵין לְפָרֵשׁ הַכֹּל רַק צָרִיךְ לְהִזָּהֵר וּלְהָבִין לַעֲשׂוֹת וּלְכַוֵּן רְצוֹן הַשי"ת בְּכָל עֵת וַה' יִגְמוֹר בַּעֲדוֹ.

(g) "Quel avantage à celui qui fait, en ce qu'il se fatigue." (Ecclésiaste 3,9). Voici, d'abord ont été comptés tous les kaf-het (כ"ח, vingt-huit) itim (temps) qui romzim (font allusion) à ce que l'homme ne s'appuie pas sur les kelalei divrei Torah (principes généraux des paroles de Torah) seuls, seulement qu'il yabit (regarde) vers Hachem Yitbarakh (השי"ת, Hachem, qu'Il soit béni) en chaque perat maaseh (détail d'acte) et selon le temps ce que Hachem Yitbarakh hafets (désire), et cela n'est pas bi-yekholet ha-adam (au pouvoir de l'homme) de lekhawen (viser, diriger l'intention) bilti ezrat Hachem Yitbarakh (sans le secours du Nom), et puisqu'il en est ainsi, im ken (si donc) quel avantage à celui qui fait, puisque toutes les avodot (services) que l'homme sert à Hachem Yitbarakh, le tout vient de la ratson (volonté) de Hachem Yitbarakh she-hishpia lo (qui lui a fait affluer), ve-lo niqre'u al shemo (et elles n'ont pas été appelées à son nom), im ken quel avantage à celui qui fait ; sur cela il a dit "ba-acher hu amel" (en ce qu'il se fatigue), que c'est son yitron (avantage) : ce en quoi il meyagea atsmo (se fatigue lui-même), qu'il veut mi-tsido (de son côté) lekayem (accomplir) la ratson de Hachem Yitbarakh, cela lui reste le-olmei ad (pour les mondes des mondes, à jamais), et par cela Hachem Yitbarakh yaskim (agréera) sur tous ses actes, qu'ils soient appelés al chem ha-adam ha-oseh (au nom de l'homme qui fait).

Et c'est ce qui est dit (Ecclésiaste 12,12) : "Et plus qu'eux, mon fils, prends garde : faire beaucoup de sefarim (livres), ein kets (il n'y a pas de fin)". Hayinu (c'est-à-dire) : puisque l'homme doit regarder vers la ratson de Hachem Yitbarakh en chaque perat et doit encore hizaher (prendre garde) od le-maalah (encore au-dessus) de tous les kelalei divrei Torah, im ken on ne peut pas lefaresh ha-kol (tout expliciter), seulement il faut hizaher u-lehavin laasot u-lekhawen (prendre garde et comprendre pour faire et viser) la ratson de Hachem Yitbarakh be-khôl et (en tout temps), et ה' yigmor ba'ado (achèvera pour lui).

(ד) רָאִיתִי אֶת כָּל הַחַיִּים הַמְהַלְּכִים תַּחַת הַשֶּׁמֶשׁ עִם הַיֶּלֶד הַשֵּׁנִי. הִנֵּה אַבְרָהָם אָבִינוּ הָיָה הָרִאשׁוֹן שֶׁפִּרְסֵם וְגִילָּה אוֹר הַשי"ת בָּעוֹלָם וְלָכֵן בָּרָא אוֹתוֹ הַשי"ת בְּגוֹדֶל כֹּחַ אַף בְּעִנְיְנֵי עוֹלָם הַזֶּה, כִּי כָל עִנְיָנָיו הָיָה בְּהִתְגַּבְּרוּת מְאֹד כְּמוֹ שֶׁאִיתָא (מסכת סופרים פכ"א ה"ט) וְהוּא בֵּירֵר כָּל תְּשׁוּקוֹתָיו שֶׁבְּכָל דָּבָר נִמְצָא כְּבוֹד שָׁמַיִם.

וְהִנֵּה בֵּירוּרֵי הָאָדָם הוּא כְּשֶׁשִּׂכְלוֹ מוֹשֵׁל עַל תְּשׁוּקָתוֹ, אֲבָל בָּרֶגַע הָרִאשׁוֹן שֶׁנִּיעַר מִשְּׁנָתוֹ בְּעוֹד שֶׁאֵין שִׂכְלוֹ וְדַעְתּוֹ מוֹשְׁלִים אָז מִתְאַוֶּה לְכָל הַדְּבָרִים שֶׁבְּטִבְעוֹ חוֹשֵׁק לָהֶם, וְכֵן בְּאַבְרָהָם אָבִינוּ בְּעֵת שֶׁנִּיעַר מִשְּׁנָתוֹ בָּאוּ לְפָנָיו כָּל הַחֶמְדּוֹת שֶׁהָיוּ בּוֹ אָכֵן כְּשֶׁהִתְבּוֹנֵן בָּהֶם הֱסִירָם מִמֶּנּוּ, אָכֵן אַחַר כֵּן הֶעֱמִיק יוֹתֵר כֵּיוָן שֶׁהֵם מֵהַשי"ת בֶּטַח נִמְצָא בָּהֶם אוֹר הַשי"ת, וְאָז קִבְּלָם עַל יְדֵי הַכָּרַת הַנּוֹתֵן בִּקְדֻשָּׁה נִפְלָאָה וְהֵאִיר בָּהֶם כְּבוֹד שָׁמַיִם בְּהִתְגַּלּוּת, וְזֶה נִקְרָא "עִם הַיֶּלֶד הַשֵּׁנִי" הַיְינוּ הַחֵשֶׁק הַשֵּׁנִי אֲשֶׁר נוֹלַד לָאָדָם אַחֲרֵי שֶׁהֵסִיר מֵעָלָיו כָּל הַחֶמְדּוֹת וְאַחַר כֵּן כְּשֶׁבָּאוּ לוֹ בִּקְדֻשָּׁה אָז הֵם טוֹבִים. וְזֶה "רָאִיתִי אֶת כָּל הַחַיִּים הַמְהַלְּכִים תַּחַת הַשֶּׁמֶשׁ", שֶׁבֶּאֱמֶת כָּל הַחֶמְדּוֹת לָעוֹלָם הַזֶּה הֵם טוֹבִים יַעַן שֶׁהֵמָּה מֵהַשי"ת נִמְצָא בָּהֶם כְּבוֹד שָׁמַיִם, אַךְ עִם הַיֶּלֶד הַשֵּׁנִי הַיְינוּ בְּהוֹלָדַת מַחְשָׁבָה אֲשֶׁר יַעֲמוֹד תַּחְתָּיו שֶׁזֶּה עַצְמוֹ אֲשֶׁר הָיוּ מִקּוֹדֶם רַק שֶׁיִּהְיֶה בִּקְדֻשָּׁה.

(d) "J'ai vu tous les 'hayim (vivants) qui marchent tahat ha-shemesh (sous le soleil) im ha-yeled ha-sheni (avec l'enfant second)." (Ecclésiaste 4,15). Voici, Avraham Avinu (notre père) fut le premier qui pirsem ve-gilah (publia et révéla) or Hachem Yitbarakh (la lumière du Nom) (השי"ת, Hachem, qu'Il soit béni) ba-olam (dans le monde), et c'est pourquoi Hachem Yitbarakh le créa be-godel koah (avec une grandeur de force) même be-inyanei olam ha-zeh (dans les affaires de ce monde-ci), car toutes ses affaires étaient be-hitgabrut meod (dans une prédominance très grande), kemo she-ita (comme il est rapporté) (Massekhet Sofrim, perek 21, halakha 9), et il berer (clarifia, tria) toutes ses teshukot (désirs) en sorte qu'en chaque chose se trouve kevod chamayim (la gloire du Ciel).

Et voici, les berurei ha-adam (clarifications de l'homme), c'est lorsque son sekhel (intellect) moshel (gouverne) sur sa teshukah, mais au premier instant où il ni'ar mi-shenato (s'éveille de son sommeil), tandis que son sekhel et sa daat (connaissance) ne gouvernent pas encore, alors il mit'aveh (convoite) toutes les choses que par sa teva (nature) il hoshek (désire), et ainsi chez Avraham Avinu, au temps où il s'éveilla de son sommeil, vinrent devant lui toutes les hemdot (convoitises) qui étaient en lui, akhen (toutefois) lorsqu'il hitbonen (se contempla) en elles il les hesir (ôta) de lui, akhen ensuite il approfondit davantage : puisque elles viennent de Hachem Yitbarakh, betah (à coup sur) se trouve en elles or Hachem Yitbarakh, et alors il les reçut al yedei hakarat ha-notein (par la reconnaissance du Donneur) bi-kedoucha niflaah (dans une sainteté extraordinaire) et hé'ir (illumina) en elles kevod chamayim be-hitgalut (dans la révélation), et cela est appelé "im ha-yeled ha-sheni", hayinu (c'est-à-dire) le hechek (désir, élan) second qui naquit à l'homme après qu'il eut ôte de dessus lui toutes les hemdot, et ensuite lorsqu'elles lui vinrent bi-kedoucha, alors elles sont tovim (bonnes). Et c'est "j'ai vu tous les 'hayim qui marchent tahat ha-shemesh", qu'en vérité toutes les hemdot pour olam ha-zeh sont bonnes, yaan (parce que) elles viennent de Hachem Yitbarakh, se trouve en elles kevod chamayim, mais avec l'enfant second, hayinu be-holadat mahshavah (dans l'engendrement d'une pensée) acher ya'amod tahtav (qui se tiendra à sa place), que c'est cela même qui était auparavant, seulement que ce soit bi-kedoucha.

(ה) בִּרְבוֹת הַטּוֹבָה רַבּוּ אוֹכְלֶיהָ וּמַה כִּשְׁרוֹן לִבְעָלֶיהָ כִּי אִם רְאוּת עֵינָיו, מְתוּקָה שְׁנַת הָעוֹבֵד אִם מְעַט וְאִם הַרְבֵּה יֹאכֵל. וּבְמִדְרַשׁ רַבָּה קֹהֶלֶת [פרשה ה',י"ח] דָּרַשׁ זֶה עַל אֶחָד הַמַּרְבֶּה וְאֶחָד הַמַּמְעִיט וּבִלְבַד שֶׁיְּכַוֵּין לִבּוֹ לַשָּׁמַיִם.

וּבֶאֱמֶת אִם הַמַּמְעִיט הִשְׁלִים רְצוֹן הַשי"ת כְּמוֹ הַמַּרְבֶּה לָמָּה נִקְרָא זֶה מַרְבֶּה וְזֶה מַמְעִיט וְעַיֵּין בְּטוּר אוֹרַח חַיִּים (סימן א' ובט"ז ומג"א שם), אָכֵן בֶּאֱמֶת בְּקִיבּוּל שָׂכָר מִי שֶׁלּוֹמֵד יוֹתֵר בִּזְמַן קָצָר וַדַּאי מְקַבֵּל שָׂכָר עַל דִּבְרֵי תּוֹרָה בְּיוֹתֵר שֶׁהֲרֵי לָמַד יוֹתֵר, אָכֵן בְּמַה שֶּׁדִּבְרֵי תּוֹרָה מְיַשְּׁרִים לִבּוֹ שֶׁל אָדָם זֶה תָּלוּי רַק בִּיגִיעָה וַעֲבוֹדָה דֶּרֶךְ זְמַן וּבָזֶה שָׁוִין הַמַּרְבֶּה וְהַמַּמְעִיט שֶׁזֶּה הוּא רַק כְּפִי הַיְגִיעָה כֵּן נִקְבָּע בְּלִבּוֹ קְדֻשָּׁה קְבוּעָה.

(hé) "Lorsque se multiplie le bien, se multiplient ceux qui le mangent, et quel kishron (avantage) à son baal (maître), sinon re'ut einav (la vue de ses yeux)" (Ecclésiaste 5,10) ; "doux est shenat ha-oved (le sommeil de celui qui travaille), qu'il mange peu où beaucoup" (Ecclésiaste 5,11). Et ba-Midrach Rabbah Kohelet [parashah 5,18] darash (il a exposé) cela sur ehad ha-marbeh ve-ehad ha-mam'it (l'un qui multiplie et l'un qui diminue) u-vilvad she-yekhaven libo la-chamayim (pourvu qu'il dirige son cœur vers le Ciel).

Et en vérité, si le mam'it hishlim (à accompli) la ratson (volonté) de Hachem Yitbarakh (השי"ת, Hachem, qu'Il soit béni) comme le marbeh, pourquoi celui-ci est-il appelé marbeh et celui-là mam'it ; ve-ayen (et vois) be-Tour Orah 'Hayim (siman 1, et dans le Taz [ט"ז, Turei Zahav] et le Magen Avraham [מג"א] la). Akhen (toutefois) en vérité, be-qibul sakhar (dans la réception de la récompense), celui qui étudie davantage bi-zman qatsar (en un temps court) vaday (à coup sur) reçoit un sakhar (récompense) al divrei Torah be-yoter (sur les paroles de Torah en plus), car il a étudié davantage ; akhen, en ce que les paroles de Torah meyashrim (redressent) libo chel adam (le cœur de l'homme), cela ne dépend que de la yegiah (peine, effort) et de l'avodah (service) derekh zman (à travers le temps), et en cela sont shavin (égaux) le marbeh et le mam'it, car cela n'est que ke-fi ha-yegiah (selon la peine), ainsi se fixe dans son cœur une kedoucha (sainteté) qevuah (fixe).

(ז) טוֹב שֵׁם מִשֶּׁמֶן טוֹב. שֵׁם רוֹמֵז עַל רָצוֹן כַּמְבוֹאָר בְּחֵלֶק רִאשׁוֹן בְּהַרְבֵּה מְקוֹמוֹת וְזֶה שֶׁכָּתוּב (שמואל ב' ח',י"ג) "וַיַּעַשׂ דָּוִד שֵׁם" הַיְינוּ שְׁקִידָה וְהִשְׁתַּדְּלוּת בַּעֲבוֹדַת הַשי"ת כִּדְאִיתָא בַּזה"ק (וירא קט"ז:).

וְשֶׁמֶן טוֹב מוֹרֶה לִבְהִירוּת וְחָכְמַת הַתּוֹרָה, וְזֶה שֶׁאָמַר "טוֹב שֵׁם" שֶׁהָרָצוֹן וְהַשְּׁקִידָה יוֹתֵר טוֹב מֵהַיְדִיעָה וְהַחָכְמָה, כִּי כְּמוֹ שֶׁבָּעוֹלָם הַזֶּה הָאָדָם אֲשֶׁר דַּי לוֹ כִּכַּר לֶחֶם לִשְׂבּוֹעַ מֵרַעֲבוֹנוֹ לֹא יְקַנֵּא אֶת הַצָּרִיךְ הַרְבֵּה כִּכָּרִים לִשְׂבּוֹעַ, כֵּן הָאָדָם אֲשֶׁר לוֹמֵד פֶּרֶק אֶחָד כָּל הַיּוֹם לֹא יְקַנֵּא אֶת מִי שֶׁדַּעְתּוֹ רְחָבָה שֶׁלּוֹמֵד כַּמָּה פְּרָקִים, כִּי עִיקָּר הוּא הַשְּׁקִידָה וְהָרָצוֹן זֶה הוּא חָבִיב לִפְנֵי הַשי"ת, וּמַה שֶּׁיִּהְיֶה הַאֲרָכַת הַזְּמַן בִּפְנֵי תְּפִיסַת הָאָדָם לְהָבִין, זֶה אֵינוֹ מַעֲלֶה וּמוֹרִיד כְּלָל וְזֶה "טוֹב שֵׁם מִשֶּׁמֶן טוֹב".

(z) "Tov chem mi-shemen tov (bon est un nom plus qu'une huile bonne)." (Ecclésiaste 7,1). Chem (nom) romez (fait allusion) à la ratson (volonté), ka-mevoar (comme il est expliqué) be-helek rishon (dans la première partie) en beaucoup d'endroits, et c'est ce qui est écrit (II Samuel 8,13) "va-ya'as David chem" (et David fit un nom), hayinu (c'est-à-dire) shekidah (assiduité) ve-hishtadlut (et effort) ba-avodat Hachem Yitbarakh (dans le service du Nom, qu'Il soit béni) (השי"ת), ki-de-ita (comme il est rapporté) ba-Zohar haKadoch (זה"ק, le saint Zohar ; Vayera 116b).

Et shemen tov (huile bonne) moreh (indique) li-behirut (à la clairte) ve-hokhmat ha-Torah (et à la sagesse de la Torah), et c'est ce qu'il a dit "tov chem" : que la ratson et la shekidah sont plus bonnes que la yediah (connaissance) et la hokhmah (sagesse), car comme dans olam ha-zeh (ce monde-ci) l'homme à qui suffit un kikar le'hem (miche de pain) lisboa me-raavono (pour se rassasier de sa faim) n'enviera pas celui qui a besoin de beaucoup de kikarim pour se rassasier, ainsi l'homme qui étudie un pereq (chapitre) tout le jour n'enviera pas celui dont la daat (connaissance) est rehavah (large), qui étudie kamah peraqim (plusieurs chapitres), car l'iqar (essentiel) est la shekidah et la ratson, cela est haviv (agréable, cher) lifnei Hachem Yitbarakh, et ce que sera haarakhat ha-zman (l'allongement du temps) bifnei tefisat ha-adam lehavin (face à la saisie de l'homme pour comprendre), cela eino maaleh u-morid kelal (n'élève et n'abaisse en rien), et c'est "tov chem mi-shemen tov".

גַּם לְכָל הַדְּבָרִים אֲשֶׁר יְדַבֵּרוּ אַל תִּתֵּן לִבֶּךָ אֲשֶׁר לֹא תִשְׁמַע אֶת עַבְדְּךָ מְקַלְלֶךָ. לְהָבִין מַה שֶּׁנִּקְרָא הַמְּקַלֵּל עֶבֶד כִּי מֵחֲמַת שֶׁמְּקַלֵּל אֶת חֲבֵרוֹ לָכֵן הוּא לוֹ עֶבֶד, כְּאִיתָא בַּגְּמָרָא (קידושין ע':) כָּל הַפּוֹסֵל בְּמוּמוֹ פּוֹסֵל שֶׁבְּזֶה הַמִּדָּה עַצְמָהּ הוּא עֶבֶד לַחֲבֵרוֹ.

"Aussi à toutes les choses qu'ils parleront, ne donne pas ton cœur, afin que tu n'entendes pas ton eved (serviteur) te maudire." (Ecclésiaste 7,21). Pour comprendre pourquoi le meqalel (celui qui maudit) est appelé eved : car mehamat (du fait) qu'il maudit son habero (compagnon), laken (c'est pourquoi) il lui est eved, ke-ita ba-Guemara (comme il est rapporté dans le Talmud) (Kidouchin 70b) : kol ha-posel be-mumo posel (quiconque disqualifie, disqualifie par son propre mum [défaut]), qu'en cette midah (mesure, trait) elle-même il est eved le-habero (serviteur à son compagnon).

(י) רָאִיתִי עֲבָדִים עַל סוּסִים וְשָׂרִים הֹלְכִים כַּעֲבָדִים עַל הָאָרֶץ. הַיְינוּ שֶׁהַשי"ת הִצִּיב גְּבוּלִים לְכָל נֶפֶשׁ בָּעוֹלָם הַזֶּה וְלִפְעָמִים יִתְרָאֶה בָּעוֹלָם הַזֶּה הֵיפֶךְ מֵעוֹלָם הַבָּא כִּדְאִיתָא בַּגְּמָרָא (בבא בתרא י':) עוֹלָם הָפוּךְ רָאִיתִי.

וְזֶה "רָאִיתִי עֲבָדִים עַל סוּסִים" שֶׁיֵּשׁ נְפָשׁוֹת שֶׁנִּבְרְאוּ בְּכֹחוֹת קְטַנִּים אָכֵן הִצִּיב הַשי"ת גְּבוּלִים לָהֶם בְּיִשּׁוּב הַדַּעַת, לָכֵן נִתְרָאִים בָּעוֹלָם הַזֶּה כִּגְדוֹלִים, וְכֵן "שָׂרִים הֹלְכִים כַּעֲבָדִים עַל הָאָרֶץ" שֶׁיֵּשׁ נְפָשׁוֹת שֶׁיֵּשׁ לָהֶם קְדֻשָּׁה יְקָרָה אַךְ יִצְרָם גָּדוֹל מְאֹד לָכֵן אֵין לָהֶם תִּפְאֶרֶת כָּל כָּךְ בָּעוֹלָם הַזֶּה וְרַק בָּעוֹלָם הַבָּא יִתְרָאֶה יַקְרוּתָם, וְעַיֵּין תִּקּוּנֵי הַזֹּהַר (תיקון ס' צ"ג:, ותיקון שבעין קל"ד.).

(y) "J'ai vu des avadim (serviteurs) al susim (sur des chevaux) et des sarim (princes) holkhim ka-avadim al ha-arets (marchant comme des serviteurs sur la terre)." (Ecclésiaste 10,7). Hayinu (c'est-à-dire) que Hachem Yitbarakh (השי"ת, Hachem, qu'Il soit béni) hitsiv gevulim (à posé des limites) à chaque nefech (âme) ba-olam ha-zeh (dans ce monde-ci), et parfois il apparaîtra ba-olam ha-zeh heifekh me-olam ha-ba (l'inverse du monde à venir), ki-de-ita ba-Guemara (Baba Batra 10b) : olam hafukh ra'iti (j'ai vu un monde inverse).

Et c'est "j'ai vu des avadim al susim" : qu'il y a des nefachot (âmes) qui ont été créées be-kohot ketanim (avec des forces petites), akhen (toutefois) Hachem Yitbarakh leur a posé des gevulim be-yishuv ha-daat (dans l'établissement de l'esprit, sérénité), laken (c'est pourquoi) elles apparaissent ba-olam ha-zeh ki-gedolim (comme grandes) ; et ainsi "des sarim holkhim ka-avadim al ha-arets" : qu'il y a des nefachot qui ont une kedoucha yeqarah (sainteté précieuse), akh yitsram gadol meod (mais leur yetser [penchant] est très grand), laken elles n'ont pas tant de tiferet (splendeur) ba-olam ha-zeh, ve-rak ba-olam ha-ba yitraeh yaqrutam (et seulement dans le monde à venir apparaîtra leur yaqrout [prix, valeur précieuse]) ; ve-ayen (et vois) Tikkunei ha-Zohar (Tikkun 60, 93b, ve-Tikkun shiv'in [soixante-dix] 134).

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