« Et ceci est la bénédiction dont Moché, homme de l'Elokim, a béni » (Devarim 33,1) : le Mei HaChiloa'h rapporte de la Guemara que dans l'avenir D.ieu fera une ronde pour les tsadikim, assis au milieu d'eux, et que tous puiseront à égalité de Lui. Moché a prié que, malgré l'absence de degrés, tous voient que les paroles de Torah sont passées par sa main ; D.ieu le lui a promis, car il était le plus humble des hommes. Sur « venu du Sinaï », la Guemara lit sina, la haine tombée sur les idolâtres : D.ieu leur demande s'ils acceptent la Torah, afin qu'ils n'aient pas de prétexte.
Aussi : Moché se glorifie d'être, quand les morts vivront, le maître de toutes les têtes du peuple ; les bénédictions de Reouven valent aussi pour Yehouda ; Acher est béni d'être riche tout en étant agréable à ses frères.
וְזֹאת הַבְּרָכָה אֲשֶׁר בֵּרַךְ מֹשֶׁה אִישׁ הָאֱלֹהִים וְגוֹ'. הִנֵּה לֶעָתִיד לֹא יִהְיֶה שׁוּם מַדְרֵגָה בְּיִשְׂרָאֵל כִּדְאִיתָא בַּגְּמָרָא (תענית ל"א.) עָתִיד הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לַעֲשׂוֹת מָחוֹל לַצַּדִּיקִים וְהוּא יוֹשֵׁב בֵּינֵיהֶם, הַיְינוּ שֶׁיִּהְיוּ יוֹשְׁבִים בְּעִיגּוּל וְהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא בָּאֶמְצַע וְכוּלָּם יוֹנְקִים בְּשָׁוֶה מֵהַשי"ת, וְהִתְפַּלֵּל מֹשֶׁה רַבֵּינוּ עָלָיו הַשָּׁלוֹם שֶׁלֶּעָתִיד אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא יִהְיֶה שׁוּם מַדְרֵגוֹת אָז מִכָּל מָקוֹם יִרְאוּ הַכֹּל שֶׁהַדִּבְרֵי תּוֹרָה הָלְכוּ עַל יָדוֹ, וְהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא הִבְטִיחַ לוֹ עַל זֶה כֵּיוָן שֶׁהוּא הָיָה הֶעָנָיו מִכָּל אָדָם, וְלָכֵן נִקְרָא אִישׁ הָאֱלֹהִים כִּדְאִיתָא בַּזה"ק (ויחי רנ"ו:) מָארֵיהּ דְּבֵיתָא מָארֵיהּ דְּמַטְרוֹנִיתָא.
"Et ceci est la bénédiction dont Moche, homme de l'Elokim, à béni, etc." (Deutéronome 33,1). Voici, dans l'avenir il n'y aura aucun madreiga (degré) en Israël, comme il est rapporté (ki-de-ita) dans la Guemara (Taanit 31a) : "Dans l'avenir ha-Kadoch Barukh Hu (le Saint, béni soit-Il) fera un mahol (ronde) pour les tsadikim (justes) et Il sera assis parmi eux", c'est-à-dire qu'ils seront assis en cercle et ha-Kadoch Barukh Hu au milieu, et tous puisent (yonkim) à égalité de Hachem Yitbarakh (השי"ת, Hachem, qu'Il soit béni).
Et Moche Rabbenou (notre maître), la paix sur lui, pria que dans l'avenir, bien qu'il n'y ait alors aucun madreiga, toutefois tous verront que les paroles de Torah sont allées par sa main ; et ha-Kadoch Barukh Hu lui promit cela, puisqu'il était le plus humble de tout homme ; et c'est pourquoi il est appelé "homme de l'Elokim", comme il est rapporté dans le Zohar haKadoch (זה"ק, le saint Zohar ; Vayehi 256b) : "mareih de-beita, mareih de-matronita" (maître de la maison, maître de la Matronita, la Souveraine).
וַיֹּאמַר ה' מִסִּינַי בָּא וְזָרַח מִשֵּׂעִיר לָמוֹ. אִיתָא בַּגְּמָרָא (שבת פ"ט:) סִינַי שֶׁיָּרְדָה שִׂנְאָה לְעכו"ם עָלָיו וְזֶה שֶׁכָּתוּב "מִסִּינַי בָּא" כְּמוֹ שֶׁכָּתוּב (מלאכי א',ג') "וְאֶת עֵשָׂו שָׂנֵאתִי" שֶׁתֵּיכֶף בְּבוֹאוֹ לִיתֵּן תּוֹרָה לֹא הָיָה חָלִילָה בְּדַעַת הַשי"ת לִיתֵּן לָהֶם וּלְקָרְבָם רַק שֶׁלֹּא יִהְיֶה פִּתְחוֹן פֶּה לָהֶם לָכֵן שָׁאַל לָהֶם אִם יְקַבְּלוּ, אֲבָל בֶּאֱמֶת תֵּיכֶף בְּשִׂנְאָה שָׁאַל לָהֶם הַשי"ת כְּמָשָׁל לְעָשִׁיר שֶׁרָצָה לִיקַּח לְחָתָן עֶלֶם מַשְׂכִּיל וְטוֹב וְנָסַע לִמְקוֹם הַיְּשִׁיבָה לִבְחוֹר שָׁם וְתֵיכֶף בְּבוֹאוֹ רָאָה שָׁם בְּנֵי יְשִׁיבָה רַחֲבֵי לֵב וְיֵשׁ לָהֶם שַׁלְוַת עוֹלָם וְגֵאִים, אַךְ לְמַטָּה יָשַׁב בֶּן עֲנִיִּים אֲשֶׁר מַלְבּוּשׁוֹ הָיָה קָרוּעַ וְרַק חָכְמָתוֹ הֵאִירָה פָּנָיו וְהוּטַב בְּעֵינָיו מְאֹד, וְהִתְחִיל לִבְדּוֹק מִתְּחִלָּה אֶת הָרַחֲבֵי לֵב אַךְ קוֹדֶם זֶה רָמַז לְהֶעָנִי שֶׁהוּא טוֹב בְּעֵינָיו וְאַךְ לְמַעַן שֶׁלֹּא יִהְיֶה לָהֶם פִּתְחוֹן פֶּה לָכֵן רוֹצֶה הוּא לְבָדְקָם, אֲבָל בֶּאֱמֶת לֹא יִרְצֶה אוֹתָם, וְכֵן הַשי"ת אַף שֶׁזָּרַח מִשֵּׂעִיר וְהוֹפִיעַ מֵהַר פָּארָן אָכֵן תֵּיכֶף בְּבוֹאוֹ אֲלֵיהֶם תֵּיכֶף מִשִּׂנְאָה בָּא וְלֹא הִתְחִיל לַעֲלוֹת עַל דַּעַת הַשי"ת לִיתֵּן לָהֶם הַתּוֹרָה כִּי תֵּיכֶף בְּשִׂנְאָה שָׁאַל אוֹתָם, אֲבָל בְּיִשְׂרָאֵל נֶאֱמַר (ירמיה ל"א,ב') "וְאַהֲבַת עוֹלָם אֲהַבְתִּיךְ", וְכִדְאִיתָא בַּזה"ק (בלק קצ"ב:
קצ"ג.) שֶׁהַשי"ת חִישֵּׁב כָּל הָעֵצוֹת שֶׁיִּשְׂרָאֵל יְקַבְּלוּ הַתּוֹרָה וְלֹא הֵם.
"Et Il dit : ה' est venu du Sinaï et à resplendi de Séir pour eux." (Deutéronome 33,2). Il est rapporté (ita) dans la Guemara (Chabbat 89b) : Sinaï, parce que la sinah (haine) est descendue sur lui vers les akoum (עכו"ם, idolâtres) ; et c'est ce qui est écrit "est venu du Sinaï", comme il est écrit (Malachie 1,3) "et Esav, Je l'ai haï" : qu'aussitôt à Sa venue pour donner la Torah, il n'était pas, à D.ieu ne plaise (halilah), dans la daat (pensée) de Hachem Yitbarakh de la leur donner et de les rapprocher, seulement afin qu'il n'y ait pas pour eux de pit'hon peh (ouverture de bouche, prétexte), c'est pourquoi Il leur demanda s'ils accepteraient ; mais en vérité, aussitôt, dans la haine, Hachem Yitbarakh leur demanda.
C'est comme la parabole d'un riche qui voulut prendre pour gendre un jeûne homme intelligent et bon, et il voyagea au lieu de la yechiva (maison d'étude) pour y choisir, et aussitôt à son arrivée il vit la des benei yechiva (étudiants) au cœur large, et ils ont la tranquillité du monde et sont orgueilleux ; mais en bas était assis un fils de pauvres dont le vêtement était déchire, et seule sa sagesse éclairait son visage, et il plût beaucoup à ses yeux. Et il commença à examiner d'abord ceux au cœur large, mais avant cela il fit signe au pauvre qu'il était bon à ses yeux, et seulement afin qu'il n'y ait pas pour eux de pit'hon peh, c'est pourquoi il veut les examiner ; mais en vérité il ne les voudra pas.
Et ainsi Hachem Yitbarakh, même qu'Il a resplendi de Séir et à paru de har Paran (la montagne de Paran), toutefois aussitôt à Sa venue vers eux, aussitôt Il vint de la haine, et cela ne commença pas à monter sur la daat de Hachem Yitbarakh de leur donner la Torah, car aussitôt, dans la haine, Il les interrogea ; mais en Israël il est dit (Jérémie 31,2) "et d'un amour éternel Je t'ai aimée" ; et comme il est rapporté dans le Zohar haKadoch (Balak 192b-193à) que Hachem Yitbarakh calcula tous les conseils afin qu'Israël acceptent la Torah, et non eux.
בְּהִתְאַסֵּף רָאשֵׁי עָם יַחַד שִׁבְטֵי יִשְׂרָאֵל. כָּאן מִתְפָּאֵר עַצְמוֹ מֹשֶׁה רַבֵּינוּ שֶׁלֶּעָתִיד כְּשֶׁיִּחְיוּ הַמֵּתִים וְיִתְאַסְּפוּ כָּל הָרָאשִׁים שֶׁל כָּל הַדּוֹרוֹת גַּם כֵּן יִהְיֶה מֹשֶׁה רַבָּם.
"Lorsque se rassemblent les têtes du peuple, ensemble les tribus d'Israël." (Deutéronome 33,5). Ici Moche Rabbenou se glorifie lui-même que dans l'avenir, lorsque les morts vivront et que se rassembleront toutes les têtes de toutes les générations, aussi alors Moche sera leur rav (maître).
וְזֹאת לִיהוּדָה וַיֹּאמַר וְגוֹ׳. "וְזֹאת לִיהוּדָה" הַיְינוּ שֶׁכָּל הַבְּרָכוֹת שֶׁנֶּאֶמְרוּ לִרְאוּבֵן "יְחִי רְאוּבֵן וְגוֹ׳ וִיהִי מְתָיו מִסְפָּר" יִהְיוּ אֵלוּ הַבְּרָכוֹת גַּם לִיהוּדָה וְזֶהוּ "וְזֹאת לִיהוּדָה", אַךְ לִיהוּדָה אֲנִי מוֹסִיף עוֹד, "וַיֹּאמַר שְׁמַע ה׳ קוֹל יְהוּדָה" אַף שֶׁלֹּא יוּכַל לְפָרֵשׁ תְּפִלָּתוֹ בְּפִיו רַק צוֹעֵק לְהַשי"ת שֶׁיַּעְזְרוֹ בְּלִי חִיתּוּךְ הַדִּיבּוּר הִתְפַּלֵּל מֹשֶׁה רַבֵּינוּ שֶׁהַשי"ת יִשְׁמַע קוֹלוֹ תֵּיכֶף, טֶרֶם יוֹצִיא הַדְּבָרִים בִּשְׂפָתָיו, "וְאֶל עַמּוֹ תְּבִיאֶנּוּ" שֶׁהַשי"ת יוֹשִׁיעַ לוֹ שֶׁיִּתְגַּלֶּה הַמְּכֻוָּן שֶׁלּוֹ לְעֵין כֹּל, "יָדָיו רָב לוֹ" יַעַן שֶׁאֵין לוֹ שׁוּם כֹּחַ מִצִּדּוֹ יִתֵּן לוֹ הַשי"ת כֹּחַ בְּיָדוֹ, "וְעֵזֶר מִצָּרָיו תִּהְיֶה" אַף בְּמָקוֹם שֶׁלֹּא יִהְיֶה בְּכֹחוֹ לַעֲשׂוֹת כְּלוּם יוֹשִׁיעַ לוֹ הַשי"ת לְהִנָּקֵם מִצָּרָיו.
"Et ceci pour Yehouda, et il dit, etc." (Deutéronome 33,7). "Et ceci pour Yehouda" : c'est-à-dire que toutes les bénédictions qui ont été dites à Reouven, "Que Reouven vive, etc., et que ses hommes soient un nombre" (Deutéronome 33,6), ces bénédictions-la seront aussi pour Yehouda, et c'est "Et ceci pour Yehouda" ; mais à Yehouda j'ajoute encore : "Et il dit : Écoute, ה', la voix de Yehouda".
Même s'il ne pourra pas expliciter sa prière de sa bouche, seulement il crie vers Hachem Yitbarakh qu'Il l'aide sans hitukh ha-dibour (découpage de la parole, articulation), Moche Rabbenou pria que Hachem Yitbarakh entende sa voix aussitôt, avant qu'il fasse sortir les paroles de ses lèvres. "Et vers son peuple Tu l'amèneras" : que Hachem Yitbarakh le sauve, afin que son mekuwan (l'intention visée) se révèle aux yeux de tous.
"Yadav rav lo" (ses mains lui suffisent) : parce qu'il n'a aucune force de son côté, Hachem Yitbarakh lui donnera de la force dans sa main. "Et un secours contre ses ennemis Tu seras" : même dans un lieu où il ne sera pas en son pouvoir de rien faire, Hachem Yitbarakh le sauvera pour se venger de ses ennemis.
וּלְלֵוִי אָמַר תֻּמֶּיךָ וְאוּרֶיךָ לְאִישׁ חֲסִידֶךָ אֲשֶׁר נִסִּיתוֹ בְּמַסָּה תְּרִיבֵהוּ עַל מֵי מְרִיבָה. עִנְיַן חֵטְא אַהֲרֹן בְּמֵי מְרִיבָה אִיתָא בַּמִּדְרָשׁ (רבה חקת י״ט,ה׳ ותנחומא חקת י׳) מָשָׁל לְבַעַל חוֹב שֶׁבָּא לִיטּוֹל גָּרְנוֹ שֶׁל לֹוֶה וְנָטַל שֶׁלּוֹ וְשֶׁל שְׁכֵנוֹ, וְהָעִנְיָן בָּזֶה שֶׁאַהֲרֹן הָיָה אוֹהֵב לְמֹשֶׁה מְאֹד וּמִצַּד אַהֲבָה הוּא שֶׁיֹּאהַב אֶת חֲבֵירוֹ לְפִי תְּפִיסָתוֹ, לָכֵן אֲהָבוֹ עִם חֶסְרוֹנוֹ אֲפִילּוּ בְּמָקוֹם שֶׁהֶחְטִיא הַמַּטָּרָה גַּם אָז אָהַב אוֹתוֹ לָכֵן נֶאֱמַר עַל אַהֲרֹן שֶׁלּוֹ וְשֶׁל שְׁכֵנוֹ.
"Et à Levi il dit : Tes Toumim et tes Ourim pour l'homme de Ton hassid (ich hasidekha, Ton devot), que Tu as éprouve à Massah, Tu as conteste contre lui sur mei Merivah (les eaux de Merivah)." (Deutéronome 33,8). Le sujet de la faute d'Aharon à mei Merivah : il est rapporté dans le Midrach (Rabbah Houkat 19,5 et Tan'houma Houkat 10) une parabole d'un baal hov (créancier) qui vint prendre le goren (aire, tas de grain) de l'emprunteur, et il prit le sien et celui de son voisin.
Et le sujet en cela : qu'Aharon aimait beaucoup Moche, et du côté de l'amour c'est qu'il aime son compagnon selon sa tefisah (saisie, compréhension) ; c'est pourquoi il l'aima avec son hesron (manque), même dans un lieu où il heht'i ha-matara (manqua la cible), aussi alors il l'aima ; c'est pourquoi il est dit sur Aharon "le sien et celui de son voisin".
בָּרוּךְ מִבָּנִים אָשֵׁר יְהִי רְצוּי אֶחָיו וְטֹבֵל בַּשֶּׁמֶן רַגְלוֹ. הַיְינוּ שֶׁטֶּבַע עוֹלָם הַזֶּה שֶׁעָשִׁיר אֵינוֹ מְרוּצֶּה לְאֶחָיו מֵחֲמַת קִנְאָה, לָכֵן נִתְבָּרֵךְ אָשֵׁר שֶׁיִּהְיֶה מְשׁוּפָּע בְּכָל טוֹב וּמִכָּל מָקוֹם יִהְיֶה רָצוּי לְאֶחָיו.
"Béni entre les fils, Acher : qu'il soit ratsoui (agréable, accepté) de ses frères, et plongeant dans l'huile son pied." (Deutéronome 33,24). C'est-à-dire que la nature de ce monde-ci est qu'un riche n'est pas merutseh (agréable) à ses frères à cause de la kinah (jalousie) ; c'est pourquoi Acher fut béni qu'il soit meshupa (inonde, débordant) de tout bien, et toutefois qu'il soit ratsoui à ses frères.