D.ieu annonce à Moché et à Aharon la mort d'Aharon à Hor haHar, sur la frontière d'Edom, alors que Moché est enterré en face de Beit Peor. Le Mei HaChiloa'h explique que Moché englobait le daat (connaissance) de tout Israël, dont est écarté l'adultère ; or Beit Peor est le lieu des Chittim et de leur source de débauche. Aharon, homme de 'hessed et de paix, ne comprenait pas l'existence du meurtre dans le monde ; or Edom est le lieu du meurtre, selon « Par ton épée tu vivras ».
Aussi : à Beerah, l'Écriture dit « kol tisa avon » : aucune trace de la faute ne reste, comme les cailloux que le roi jette un à un sur son fils ; le bien est l'inverse du ra, nom du mauvais penchant.
וַיֹּאמֶר ה׳ אֶל־מֹשֶׁה וְאֶל־אַהֲרֹן בְּהֹר הָהָר עַל גְּבוּל אֶרֶץ אֱדוֹם לֵאמֹר, יֵאָסֵף אַהֲרֹן אֶל־עַמָּיו וְגוֹ׳. וּבְמֹשֶׁה רַבֵּינוּ כְּתִיב (דברים ל״ד,ו׳) "וַיִּקְבֹּר אֹתוֹ בַּגַּיְ בְּאֶרֶץ מוֹאָב מוּל בֵּית פְּעוֹר" הָעִנְיָן בָּזֶה כִּי מֹשֶׁה רַבֵּינוּ ע״ה הָיָה כּוֹלֵל הַדַּעַת שֶׁל כָּל יִשְׂרָאֵל וְכִדְאִיתָא בַּזה״ק (תשא קצ״א:) דְּאִיהוּ הַיְּהוּדִים כְּלָלָא דִּיהוּדָאֵי שֶׁמִּזֶּה נִדְחָה נִיאוּף שֶׁהוּא מִצַּד שֶׁנִּכְנַס בָּאָדָם רוּחַ שְׁטוּת לָכֵן הָיְתָה קְבוּרָתוֹ מוּל בֵּית פְּעוֹר שֶׁשָּׁם הָיָה מְקוֹם הַשִּׁטִּים וְאִיתָא בַּמִּדְרָשׁ (רבה בלק פרשה כ', כ״א) מַעְיַן שִׁטִּים שֶׁל זְנוּת הָיָה וּמֹשֶׁה רַבֵּינוּ שֶׁמִּדָּתוֹ מִתְנַגֶּדֶת לָזֶה לֹא הֵבִין מְצִיאוּת נִיאוּף בָּעוֹלָם לָכֵן הָיְתָה קְבוּרָתוֹ מוּל בֵּית פְּעוֹר וְאַהֲרֹן שֶׁהָיָה אִישׁ חֶסֶד וּמִדָּתוֹ הִיא לֶאֱהוֹב שָׁלוֹם וּמִזֶּה נִדְחָה רְצִיחָה מִיִּשְׂרָאֵל כִּי מִדָּתוֹ מִדַּת הַחֶסֶד וְהַשָּׁלוֹם מִתְנַגֶּדֶת לִרְצִיחָה וְלֹא הֵבִין מְצִיאוּת רְצִיחָה בָּעוֹלָם לָכֵן הָיְתָה קְבוּרָתוֹ עַל גְּבוּל אֶרֶץ אֱדוֹם שֶׁמִּדַּת אֱדוֹם הִיא רְצִיחָה כְּמוֹ שֶׁכָּתוּב (בראשית כ״ז,מ׳) "וְעַל חַרְבְּךָ תִחְיֶה" וְכֵן בַּזה״ק (בלק קצ״ב:) שֶׁהֵשִׁיב שָׂרוֹ שֶׁל עֵשָׂו דְּהָא שָׁלְטָנוּ דִּילִי עַל קָטוֹלָא אִיהוּ כִּי זֶה קִיּוּמוֹ וְחִיּוּתוֹ עַד עֵת קֵץ וְלָכֵן הָיְתָה קְבוּרַת אַהֲרֹן עַל גְּבוּל אֶרֶץ אֱדוֹם כִּי מְאֹד עָמְקוּ מַחְשְׁבוֹת הַשי״ת.
"Et ה' dit à Moché et à Aharon à Hor haHar (Hor la montagne), sur la frontière du pays d'Edom, pour dire: Aharon sera recueilli vers ses peuples, etc." (Nombres 20,23-24). Et au sujet de Moché Rabbenou (notre maître) il est écrit (Deutéronome 34,6): "Et Il l'enterra dans la vallée, au pays de Moav, en face de Beit Peor." Le sujet en cela: car Moché Rabbenou, alav ha-chalom (ע"ה, que la paix soit sur lui), englobait le daat (connaissance) de tout Israël; et ke-de-ita (comme il est rapporté) dans le Zohar haKadoch (זה"ק, le saint Zohar; Tissa 191b): de-ihu ha-yehoudim kelala de-yehoudaei (qu'il est "les Juifs", l'ensemble des Juifs).
Car de cela a été repoussé le niouf (adultère), qui vient du côté qu'entre dans l'homme un ruah shtut (esprit de folie). C'est pourquoi sa sépulture était en face de Beit Peor, car la était le lieu des Chittim; et ita (il est rapporté) dans le Midrach (Rabba Balak, paracha 20, 21) qu'il y avait un maayan (source) de Chittim de zenout (débauche).
Et Moché Rabbenou, dont la midah (qualité) s'oppose à cela, n'a pas compris l'existence du niouf dans le monde; c'est pourquoi sa sépulture était en face de Beit Peor. Et Aharon, qui était un ich 'hessed (homme de bonté) et dont la midah est d'aimer le chalom (paix), et de cela a été repoussée la retsihah (meurtre) d'Israël: car sa midah, midah du 'hessed et du chalom, s'oppose à la retsihah, et il n'a pas compris l'existence de la retsihah dans le monde; c'est pourquoi sa sépulture était sur la frontière du pays d'Edom, car la midah d'Edom est la retsihah, comme il est écrit (Genèse 27,40): "Et par ton épée tu vivras." Et de même dans le Zohar haKadoch (Balak 192b): que le sar (prince céleste) d'Esav à répondu: de-ha shiltonu dili al katola ihu (car voici, ma domination est sur le meurtre); car c'est son kiyum (maintien) et sa hayut (vie) jusqu'à et kets (le temps de la fin).
Et c'est pourquoi la sépulture d'Aharon était sur la frontière du pays d'Edom; car très profondes sont les mahchavot (pensées) du Nom, qu'Il soit béni (השי"ת).
וּמִשָּׁם בְּאֵרָה הִוא הַבְּאֵר אֲשֶׁר אָמַר ה׳ לְמֹשֶׁה אֱסֹף אֶת הָעָם וְאֶתְּנָה לָהֶם מָיִם אָז יָשִׁיר יִשְׂרָאֵל אֶת הַשִּׁירָה הַזֹּאת עֲלִי בְאֵר עֱנוּ לָהּ. עַל זֶה אָמַר הַכָּתוּב (הושע י״ד,ג׳) "קְחוּ עִמָּכֶם דְּבָרִים וְשׁוּבוּ אֶל ה׳ אִמְרוּ אֵלָיו כָּל תִּשָּׂא עָוֹן וְקַח טוֹב" וְגוֹ׳ "קְחוּ עִמָּכֶם דְּבָרִים" הוּא דִּבְרֵי וִיכוּחִים "כָּל תִּשָּׂא עָוֹן" וְלֹא נֶאֱמַר כָּל עָוֹן תִּשָּׂא לְהוֹרוֹת שֶׁלֹּא יִשָּׁאֵר שׁוּם רֹשֶׁם מֵהֶעָוֹן כִּדְאִיתָא בַּמִּדְרָשׁ (שוחר טוב ו׳) מָשָׁל לְמֶלֶךְ שֶׁכָּעַס עַל בְּנוֹ הָיְתָה לְפָנָיו אֶבֶן גְּדוֹלָה וְנִשְׁבַּע הַמֶּלֶךְ שֶׁהוּא זוֹרְקָהּ בוֹ וְכוּ׳ כִּתְּתָהּ וַעֲשָׂאָהּ צְרוֹרוֹת קְטַנּוֹת וְהָיָה זוֹרְקָהּ בוֹ אַחַת אַחַת נִמְצָא לֹא הִזִּיק אֶת בְּנוֹ וְלֹא בִּטֵּל אֶת גְּזֵרָתוֹ וְלֹא נִשְׁאַר שׁוּם רֹשֶׁם כְּלָל "וְקַח טוֹב" הַיְינוּ שֶׁטּוֹב הִיפּוּךְ מֵרַע וְעִקַּר הַשֵּׁם שֶׁל יֵצֶר הָרַע הוּא רַע כִּדְאִיתָא בַּגְּמָ׳ (סוכה נ״ב.) הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא קְרָאוֹ רַע וְזֶה "אֱסֹף אֶת הָעָם וְאֶתְּנָה לָהֶם מָיִם" שֶׁהִטִּיף לָהֶם הַשי״ת טִיפֵּי חַיִּים שֶׁזֶּה הוּא הִיפּוּךְ מֵרַע וְטָעֲמוּ מִן הַחַיִּים וְאָז אָמְרוּ "עֲלִי בְאֵר עֱנוּ לָהּ" "עֱנוּ" הוּא לְשׁוֹן צְעָקָה בְּקוֹל רָם.
"Et de la, Beerah: c'est le puits dont ה' à dit à Moché: rassemble le peuple et Je leur donnerai de l'eau. Alors Israël chanta ce chant: Monte, puits, répondez-lui." (Nombres 21,16-17).
Sur cela a dit le ketuv (l'Écriture) (Osée 14,3): "Prenez avec vous des paroles et revenez vers ה'; dites-Lui: kol tisa avon (tout, Tu porteras l'iniquité) ve-kah tov (et prends le bien), etc." "Prenez avec vous des paroles": ce sont des divrei vikouhim (paroles de discussions, plaidoiries). "kol tisa avon" - et il n'est pas dit "kol avon tisa" (toute iniquité Tu porteras): pour enseigner qu'il ne restera aucune rochem (trace) de l'avon (faute); ke-de-ita dans le Midrach (Choher Tov 6): mashal (parabole) d'un roi qui se mit en colère contre son fils; il y avait devant lui une grande pierre, et le roi jura qu'il la jetterait sur lui, etc.; il la concassa et en fit de petits tserorot (cailloux), et il la jetait sur lui un par un: il se trouve qu'il n'a pas nui à son fils, et n'a pas annulé son décret, et il n'est resté aucune trace du tout.
"Ve-kah tov" (et prends le bien): hayinu (c'est-à-dire) que le tov (bien) est l'inverse du ra (mal); et le nom essentiel du yetser hara (mauvais penchant) est ra, ke-de-ita dans la Guemara (Soukka 52à): le Saint, béni soit-Il, l'a appelé ra. Et c'est cela "Rassemble le peuple et Je leur donnerai de l'eau": que Hachem, qu'Il soit béni, à fait goutter pour eux des tippei 'hayim (gouttes de vie), et cela est l'inverse du ra; et ils ont goûte de la vie, et alors ils dirent "Monte, puits, répondez-lui".
"Enou" (répondez) est un langage de cri à voix haute.