« Vous les dénombrerez selon leurs armées » : le Mei HaChiloa'h explique que Moché reconnaît que D.ieu choisit d'abord l'homme, d'où la force de choix dans le service, alors qu'Aharon reconnaît que l'homme se rapproche lui-même par son effort, puis que D.ieu le choisit. Cela paraît contraire, mais en leur racine les deux sont un. Certaines âmes, ni rapprochées d'elles-mêmes ni choisies, seraient écartées de l'élévation. Par amour pour Israël, D.ieu ordonne que le prince de chaque tribu soit avec Moché et Aharon au dénombrement, pour que nul rejeté ne soit écarté d'Israël.
Aussi : le drapeau de chaque tribu : Oholiav, de la tribu de Dan, ne doit pas envier Betsalel, de la tribu de Yehouda ; deux rachats des premiers-nés, par le service des Leviim et par un paiement aux prêtres.
תִּפְקְדוּ אֹתָם לְצִבְאֹתָם אַתָּה וְאַהֲרֹן וְאִתְּכֶם יִהְיוּ אִישׁ אִישׁ לַמַּטֶּה אִישׁ רֹאשׁ לְבֵית אֲבֹתָיו הוּא. הָעִנְיָן בָּזֶה שֶׁמֹּשֶׁה רַבֵּינוּ הִכִּיר שֶׁהַשי"ת בּוֹחֵר תְּחִלָּה בְּהָאָדָם וּמִזֶּה נִמְצָא אַחַר כָּךְ בְּהָאָדָם כֹּחַ בְּחִירָה בַּעֲבוֹדָה, נִמְצָא שֶׁהַכֹּל הוּא מֵהַשי"ת, וְזֶה נִקְרָא בַּמִּדְרָשׁ (תנחומא צו ח') בְּחָרוֹ וְלֹא קֵרְבוֹ אֲבָל הוּא קֵרֵב אֶת עַצְמוֹ, וְאַהֲרֹן הַכֹּהֵן הָיָה מַכִּיר כִּי מִצַּד שֶׁהָאָדָם בַּעֲבוֹדָתוֹ וְהִשְׁתַּדְּלוּתוֹ מְקָרֵב עַצְמוֹ לְהַשי"ת וְעַל יְדֵי זֶה אַחַר כָּךְ בּוֹחֵר בּוֹ הַשי"ת, וְזֶה נִקְרָא קֵרְבוֹ וְלֹא בְּחָרוֹ, וּבֶאֱמֶת בְּהַשְׁקָפָה רִאשׁוֹנָה נִתְרָאֶה כִּשְׁנֵי הֲפָכִים אֲבָל בֶּאֱמֶת בְּשָׁרְשָׁם אֶחָד הֵם, וְהִנֵּה מִצַּד אֵלּוּ הַשְּׁנֵי דֵּעוֹת הָיוּ נִבְדָּלִים כַּמָּה נְפָשׁוֹת מִיִּשְׂרָאֵל שֶׁלֹּא קֵרְבוּ עַצְמָם מִצִּדָּם וְלֹא נִבְחֲרוּ גַּם כֵּן מִצַּד הַשי"ת, אִם כֵּן חָלִילָה הָיוּ נִבְדָּלִים מִנְּשִׂיאוּת רֹאשׁ, וְלָכֵן מֵחֲמַת אַהֲבַת ה' לְיִשְׂרָאֵל לְבִלְתִּי יִדַּח מִמֶּנּוּ נִדָּח וְיִהְיוּ הַכֹּל נִכְלָלִים בְּמִסְפַּר צְבָאָם וּבִנְשִׂיאוּת רֹאשׁ, לָכֵן צִוָּה הַשי"ת שֶׁיִּהְיֶה נְשִׂיא הַשֵּׁבֶט עִם מֹשֶׁה וְאַהֲרֹן בְּעֵת הַמִּנְיָן, שֶׁהַנָּשִׂיא הָיָה דּוֹרֵשׁ טוֹב לְעַמּוֹ לְכָל שִׁבְטוֹ לְהַמְצִיא לָהֶם מָקוֹם בְּשֹׁרֶשׁ וְלֹא יִדַּח מִיִּשְׂרָאֵל שׁוּם נִדָּח.
"Vous les denombrerez selon leurs armées, toi et Aharon; et avec vous seront un homme par tribu, un homme, chef de la maison de ses pères, lui." (Nombres 1,3-4). L'inyan (le sujet) en cela: que Moché Rabbenou reconnut que Hachem, qu'Il soit béni (השי"ת, Hachem Yitbarakh), choisit d'abord en l'homme, et de cela se trouve ensuite en l'homme un koah (force) de behirah (choix) dans l'avodah (service); il se trouve que le tout est du Nom, qu'Il soit béni.
Et ceci est appelé dans le Midrach (Tan'houma Tsav 8): "Il l'a choisi et ne l'a pas rapproche, mais lui à rapproché lui-même." Et Aharon ha-kohen (le prêtre) reconnaissait que, du côté que l'homme, par son avodah et son hishtadlut (effort), rapproche lui-même vers Hachem, qu'Il soit béni, et par cela ensuite Hachem, qu'Il soit béni, le choisit; et ceci est appelé: "Il l'a rapproché et ne l'a pas choisi." Et be-émet (en vérité), à une première hashkafah (vue), cela paraît comme deux hafakhim (contraires), mais be-émet en leur shoresh (racine) ils sont un. Et voici, du côté de ces deux deot (avis), plusieurs nefachot (âmes) d'Israël auraient été séparées, elles qui n'avaient pas rapproche elles-mêmes de leur côté et n'avaient pas non plus été choisies du côté du Nom, qu'Il soit béni; si donc, halilah (à D.ieu ne plaise), elles auraient été séparées de la nesiut roch (élévation de tête, chefferie).
Et c'est pourquoi, à cause de ahavat ה' (l'amour de ה') pour Israël, "afin qu'il ne soit rejeté de Lui un rejeté" (II Samuel 14,14), et que tous soient inclus dans le nombre de leur armée et dans la nesiut roch, c'est pourquoi Hachem, qu'Il soit béni, à ordonné que le nassi (prince) de la tribu soit avec Moché et Aharon au temps du minyan (dénombrement), car le nassi "cherchait le bien de son peuple" (Esther 10,3) pour toute sa tribu, afin de leur procurer un lieu dans le shoresh, et qu'il ne soit rejeté d'Israël aucun nidah (rejeté).
אִישׁ עַל דִּגְלוֹ בְּאֹתֹת לְבֵית אֲבֹתָם יַחֲנוּ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל. דֶּגֶל מוֹרֶה עַל הַהַכָּרָה וְהַפִּרְסוּם בָּעוֹלָם, וְהוֹרָה הַשי"ת בָּזֶה אַף שֶׁבַּחֲנִיַּת הַדְּגָלִים הָיָה מַדְרֵגוֹת, שֶׁבַּמִּזְרָח הָיָה דֶּגֶל יְהוּדָה וּבַצָּפוֹן הָיָה דֶּגֶל דָּן לָאַחֲרוֹנָה יִסְעוּ לְדִגְלֵיהֶם, וּבֶאֱמֶת אֱלִיאָב בֶּן אֲחִיסָמָךְ לְמַטֵּה דָן נְשָׂאוֹ לִבּוֹ אוֹתוֹ בְּדַעַת וּבְחָכְמָה כְּמוֹ בְּצַלְאֵל מִשֵּׁבֶט יְהוּדָה, וּבָזֶה מוֹרֶה לָנוּ הַשי"ת שֶׁלֹּא יְהַרְהֵר אֱלִיאָב וְיֹאמַר מַדּוּעַ בְּצַלְאֵל יַגְבִּיהַּ לָשֶׁבֶת וַאֲנִי אֶסַּע לָאַחֲרוֹנָה, לָזֶה כְּתִיב "אִישׁ עַל דִּגְלוֹ", הַיְנוּ בְּמָקוֹם שֶׁרְצוֹן הַשי"ת שֶׁשָּׁם יִהְיֶה הַהַכָּרָה שֶׁלּוֹ בִּכְבוֹד שָׁמַיִם שָׁם יַחֲנוּ וְאַל יְקַנְּאוּ זֶה בָּזֶה, וּבְכָל מָקוֹם הוּא כְּבוֹדִי וְזֶה שֶׁהָיָה שֵׁבֶט דָּן מִתְקַשֵּׁר בִּיהוּדָה כִּדְאִיתָא בַּזה"ק (ויחי רמ"ד:) "דָּן גּוּר אַרְיֵה יְזַנֵּק מִן הַבָּשָׁן", מַאי טַעְמָא בְּגִין דִּיהֵא שֵׁירוּתָא וְסוֹפָא דְּד' דִּגְלִין קְטִיר בִּיהוּדָה דְּאִיהוּ מַלְכָּא כְּדִכְתִיב "גּוּר אַרְיֵה יְהוּדָה" וְכוּ' לְמֶהֱוֵי שֵׁירוּתָא וְסוֹפָא קְטִיר בְּחַד אֲתַר.
"Un homme sur son drapeau, selon les signes de la maison de leurs pères, camperont les enfants d'Israël." (Nombres 2,2). Le degel (drapeau, bannière) enseigné sur la hakarah (reconnaissance) et le pirsum (publication) dans le monde.
Et Hachem, qu'Il soit béni (השי"ת, Hachem Yitbarakh), à enseigné en cela: même que dans le campement des degalim il y avait des madreigot (degrés), qu'à l'est était le degel de Yehouda et au tsafon (nord) était le degel de Dan, "ils partiront les derniers selon leurs drapeaux" (Nombres 2,31). Et be-émet (en vérité), Eliav (Oholiav) ben Ahisamakh de la tribu de Dan, son cœur l'a élève en daat (connaissance) et en 'hokhma (sagesse) comme Betsalel de la tribu de Yehouda.
Et en cela Hachem, qu'Il soit béni, nous enseigne que Eliav ne rumine pas et ne dise: pourquoi Betsalel s'élèvera-t-il pour siéger, et moi je partirai le dernier? Pour cela il est écrit "un homme sur son drapeau", hayinu (c'est-à-dire): au lieu où la volonté du Nom, qu'Il soit béni, que la soit sa hakarah dans le kevod chamayim (honneur des Cieux), la ils camperont, et qu'ils ne soient pas jaloux l'un de l'autre; et en tout lieu c'est Ma gloire.
Et ceci, que la tribu de Dan se liait à Yehouda, ke-de-ita (כדאיתא, comme il est rapporté) dans le Zohar haKadoch (זה"ק, le saint Zohar; Vayehi 244b): "Dan est un lionceau, il bondira du Bashan" (Deutéronome 33,22). Mai taama (quelle en est la raison)?
Beghin (parce que) que le commencement et la fin des quatre (ד') degalim soient ketir (liés) en Yehouda, qui est le melekh (roi), ke-dikhtiv (comme il est écrit) "un lionceau, Yehouda" (Genèse 49,9) etc., lemehevei (afin que) le commencement et la fin soient liés en un seul atar (lieu).
שְׁנֵי מִינֵי פִּדְיוֹנוֹת הָיָה לַבְּכוֹרִים, אֶחָד מַה שֶּׁפָּדוּ הַלְוִיִּם בְּגוּפָן, הַיְינוּ עַל יְדֵי עֲבוֹדָה, וְאֶחָד הָרע״ג בְּכוֹרִים שֶׁלֹּא נִפְדּוּ בְּגוּפָן שֶׁל לְוִיִּם רַק פָּדוּ עַצְמָם אֵצֶל הַכֹּהֲנִים, הַיְינוּ כִּי מַה שֶּׁלֹּא יָכוֹל לְהִתְכַּלֵּל בְּשׁוֹרֶשׁ עֲבוֹדָה בַּגּוּף, צָרִיךְ לִקְנוֹת בַּאֲגַר שְׁלִים שֶׁעַל יְדֵי זֶה יִקָּבַע בְּשׁוֹרֶשׁ הַגּוּף.
Deux espèces de pidyonot (rachats) il y avait pour les bekhorim (premiers-nés): un, ce que les Leviim ont rachète par leur guf (corps), hayinu (c'est-à-dire) par le moyen de l'avodah (service); et un, les 273 (רע״ג) bekhorim qui n'ont pas été rachetés par le guf des Leviim, seulement ils ont rachète eux-mêmes auprès des kohanim (prêtres); hayinu: car ce qui ne peut pas s'inclure dans le shoresh (racine) de l'avodah dans le guf, il faut acheter be-agar shlim (באגר שלים, salaire complet), que par cela il sera fixe dans le shoresh du guf.