« Et le Chabbat de la terre sera pour vous pour nourriture » : le Mei HaChiloa'h explique que D.ieu montre à Israël que sa vie est l'inverse de la nature. Selon la nature, l'homme agit et reçoit ensuite l'influx, ce qui vaut pour les nations idolâtres, dont la vie ne passe ni par la contraction ni par le repos. Israël reçoit l'essentiel de l'influx de la contraction et du repos : il chôme la septième année, et il ajoute du profane au saint la veille de Chabbat. Il lui en vient un influx abondant, car dans le repos est caché beaucoup de bien.
Aussi : les idoles du verset lues comme un acte sans vie, une apparence, une obstination, le fait de dire « je ne pourrai pas vivre » ; un homme important ne tombe pas sur sa face à moins d'être exaucé.
וְהָיְתָה שַׁבַּת הָאָרֶץ לָכֶם לְאָכְלָה. הִנֵּה הַשי"ת מַרְאֶה לְיִשְׂרָאֵל שֶׁהַחַיִּים שֶׁל יִשְׂרָאֵל הוּא הֵיפֶךְ מִן הַטֶּבַע, שֶׁעַל פִּי הַטֶּבַע צָרִיךְ הָאָדָם לַעֲשׂוֹת פְּעֻלּוֹת וּמִזֶּה יְקַבֵּל הַשְׁפָּעָה וְזֶה הוּא רַק בְּעכו"ם שֶׁאֵין הַחַיִּים שֶׁלָּהֶם מֵהַצִּמְצוּם וְהַשְּׁבִיתָה, אֲבָל חַיִּים שֶׁל יִשְׂרָאֵל הוּא לְמַעְלָה מִתְּפִיסַת עוֹלָם הַזֶּה, שֶׁעִיקַּר הַשְׁפָּעָה מְקַבְּלִים מֵהַצִּמְצוּמִים וְהַשְּׁבִיתָה שֶׁשּׁוֹבְתִים בַּשְּׁבִיעִית מֵעֲבוֹדַת הָאָרֶץ, וְכֵן מִזֶּה שֶׁמּוֹסִיפִים מֵחֹל עַל הַקֹּדֶשׁ בְּעֶרֶב שַׁבָּת מִזֶּה בָּא לָהֶם הַשְׁפָּעָה מְרֻבָּה, וְזֶה הוּא "וְהָיְתָה שַׁבַּת הָאָרֶץ לָכֶם לְאָכְלָה", שֶׁמֵּהַשְּׁבִיתָה יְקַבְּלוּ הַשְׁפָּעָה טוֹבָה שֶׁבְּהַשְּׁבִיתָה צָפוּן רוֹב טוֹבָה.
"Et le Chabbat de la terre sera pour vous pour nourriture." (Lévitique 25,6). Voici, Hachem, qu'Il soit béni (השי"ת, Hachem Yitbarakh), montre à Israël que la vie d'Israël est l'inverse de la teva (nature), que selon la teva l'homme doit faire des peulot (actions) et de cela il recevra hashpaah (influx), et ceci n'est que chez les akoum (עכו"ם, nations idolâtres) dont la vie n'est pas du tsimtsum (contraction) et de la shevitah (cessation, chômage), mais la vie d'Israël est au-dessus de la tefisat (saisie) de olam ha-zeh (ce monde-ci), que l'ikkar (essentiel) de la hashpaah ils reçoivent des tsimtsumim et de la shevitah, qu'ils chôment dans la sheviit (septième année) du travail de la terre, et de même de ceci qu'ils ajoutent du hol (profane) sur le kodech (saint) en erev Chabbat (veille de Chabbat), de ceci leur vient une hashpaah abondante, et ceci est "Et le Chabbat de la terre sera pour vous pour nourriture", que de la shevitah ils recevront une hashpaah bonne, que dans la shevitah est caché rov tovah (beaucoup de bien).
לֹא תַעֲשׂוּ לָכֶם אֱלִילִים וּפֶסֶל וּמַצֵּבָה לֹא תָקִימוּ לָכֶם וְאֶבֶן מַשְׂכִּית לֹא תִתְּנוּ בְּאַרְצְכֶם לְהִשְׁתַּחֲוֹת עָלֶיהָ. "אֱלִילִים" הוּא מִלְּשׁוֹן אַל, הַיְינוּ מַעֲשֶׂה שֶׁאֵין בּוֹ חַיִּים, "וּפֶסֶל" הוּא גָּוֶון, "וּמַצֵּבָה" הִיא עִקְּשׁוּת שֶׁתִּגְמוֹר בְּדַעְתְּךָ בַּמַּצָּב הַזֶּה אֲנִי רוֹצֶה בְּדַוְקָא וְכָךְ יָשָׁר בְּעֵינַי, אֵין לְךָ רְשׁוּת לִבְחוֹר בָּזֶה כְּמוֹ שֶׁכָּתוּב (איוב ל״ד, ל״ג) "כִּי אַתָּה תִבְחַר וְלֹא אָנִי", "וְאֶבֶן מַשְׂכִּית" נִקְרָא בְּפִישּׁוּט יָדַיִם וְרַגְלַיִם, שֶׁלֹּא יֹאמַר הָאָדָם אִם יִהְיֶה כָּךְ לֹא אוּכַל לִחְיוֹת וְכָעִנְיָן שֶׁאִיתָא בַּגְּמָרָא (תענית כ״ג.) "עָג עוּגָה וְעָמַד בְּתוֹכָהּ" כְּדֶרֶךְ שֶׁעָשָׂה חֲבַקּוּק הַנָּבִיא שֶׁנֶּאֱמַר (חבקוק ב',א') "עַל מִשְׁמַרְתִּי אֶעֱמֹדָה" שֶׁאָמַר אֵינוֹ זָז מִכָּאן שֶׁלֹּא הָיָה יָכוֹל לִסְבּוֹל מִמֶּמְשַׁלְתּוֹ שֶׁל נְבוּכַדְנֶצַּר הָרָשָׁע כְּמוֹ שֶׁכָּתוּב (שם) וְהָיָה בְּנַפְשׁוֹ שֶׁל חֲבַקּוּק, וּבֶאֱמֶת גַּם אָז הָיָה צָרִיךְ לְצַפּוֹת לְהַשי"ת, כִּי אִם הַשי"ת יָכוֹל לִסְבּוֹל גַּם הוּא הָיָה מֻכְרָח לִסְבּוֹל כִּי מְאֹד עָמְקוּ מַחְשְׁבוֹת הַשי"ת וּכְמוֹ שֶׁכָּתוּב עַל בָּבֶל (ירמיה נ״א,י״ג) "רַבַּת אוֹצָרֹת".
וְאוֹצָר מוֹרֶה עַל דָּבָר הַגָּנוּז בְּתוֹכוֹ וְאֵינוֹ נִרְאֶה עַל הַגָּוֶון לִתְפִיסַת הָאָדָם, אַךְ מִכָּל מָקוֹם הֶרְאָה לוֹ הַשי"ת בְּמַפַּלְתּוֹ שֶׁל נְבוּכַדְנֶצַּר וְגַם הוּא בָּא עַל זֶה, וּכְמוֹ שֶׁכָּתוּב (חבקוק ב',ד') "וְצַדִּיק בֶּאֱמוּנָתוֹ יִחְיֶה" וּכְמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר (שם בחלק זה).
"Vous ne ferez pas pour vous d'elilim (idoles), et pesel (image taillée) et matsevah (stèle) vous ne dresserez pas pour vous, et even maskit (pierre sculptée) vous ne mettrez pas dans votre pays pour vous prosterner sur elle." (Lévitique 26,1). "Elilim" est mi-leshon al (du langage de al, non), hayinu (c'est-à-dire) un maase (acte) en lequel il n'y a pas de vie, "et pesel" est un gavon (teinte, apparence), "et matsevah" est ikshut (opiniatrete) que tu termineras en ta daat (pensée): dans ce matsav (état) je veux davka (précisément) et ainsi c'est yashar (droit) à mes yeux; tu n'as pas reshut (permission) de choisir en ceci, comme il est écrit (Job 34,33) "car toi tu choisiras et non Moi", "et even maskit" est appelé pishut yadayim ve-raglayim (étendre les mains et les pieds), que l'homme ne dise pas: s'il en est ainsi je ne pourrai pas vivre; et selon l'inyan (sujet) qu'ita (il est rapporté) dans la Guemara (Taanit 23a) "il traça un cercle et se tint en son milieu", comme le derekh (manière) qu'à fait Havakuk ha-navi (le prophète), ainsi qu'il est dit (Habaquq 2,1) "sur mon poste je me tiendrai", qui a dit: il ne bouge pas d'ici, qu'il ne pouvait pas supporter la memshalah (domination) de Nevukhadnetsar ha-racha (le méchant), comme il est écrit (la) et cela était dans la nefech (âme) de Havakuk; et be-émet (en vérité) aussi alors il fallait tsopeh (attendre, espérer) vers Hachem, qu'Il soit béni, car si Hachem, qu'Il soit béni, peut supporter, lui aussi était mukhrah (contraint) de supporter, car très profondes sont les mahchavot (pensées) du Nom, qu'Il soit béni, et comme il est écrit sur Bavel (Jérémie 51,13) "rabat otsarot (abondante en trésors)".
Et otsar (trésor) indique une chose genuzah (cachée) en son intérieur et qui n'est pas visible sur le gavon à la tefisat de l'homme; akh mikol makom (toutefois) Hachem, qu'Il soit béni, lui a montré dans la mapalah (chute) de Nevukhadnetsar, et lui aussi est venu à ceci, et comme il est écrit (Habaquq 2,4) "et le tsadik (juste) vivra par sa emunah (foi)" et comme il a été expliqué (la, dans cette partie).
וְאֶבֶן מַשְׂכִּית לֹא תִתְּנוּ בְּאַרְצְכֶם לְהִשְׁתַּחֲוֹת עָלֶיהָ. הַיְינוּ שֶׁהָאָדָם לֹא יִמְסֹר נַפְשׁוֹ עַל כָּל דָּבָר, כְּמוֹ עִנְיַן נְפִילַת אַפַּיִם, שֶׁבְּמֹשֶׁה וְאַהֲרֹן כָּתוּב כַּמָּה פְּעָמִים בַּתּוֹרָה "וַיִּפְּלוּ עַל פְּנֵיהֶם", מִפְּנֵי שֶׁהָיוּ בְּטוּחִים שֶׁעַל יְדֵי זֶה בֶּטַח יַעֲנֶה לָהֶם הַשי"ת, אֲבָל אֵצֶל כָּל אָדָם בָּא הָאַזְהָרָה שֶׁלֹּא יַעֲשֶׂה כֵן, כִּי אֵצֶל הַשי"ת יָקָר מְאוֹד חַיִּים שֶׁל יִשְׂרָאֵל וְאוּלַי אֵין בְּכֹחוֹ לִפְעֹל וְיָכוֹל לְאַבֵּד הַחַיִּים שֶׁלּוֹ וְהַשי"ת חָפֵץ חַיִּים, וְכִדְאִיתָא בַּגְּמָרָא (מגילה כ"ב:) אֵין אָדָם חָשׁוּב רַשַּׁאי לִיפֹּל עַל פָּנָיו אֶלָּא אִם כֵּן נַעֲנֶה כִּיהוֹשֻׁעַ בִּן נוּן, וְעַיֵּין בַּזה"ק (במדבר ק"כ:) בְּעִנְיַן נְפִילַת אַפַּיִם.
"Et even maskit vous ne mettrez pas dans votre pays pour vous prosterner sur elle." (Lévitique 26,1). Hayinu que l'homme ne livre pas son âme (mesirat nefech) pour toute chose, comme l'inyan de nefilat appayim (chute de la face, prosternation), que chez Moché et Aharon il est écrit plusieurs fois dans la Torah "et ils tombèrent sur leurs faces", parce qu'ils étaient betuhim (assurés) que par ceci betah (sûrement) Hachem, qu'Il soit béni, leur répondrait; mais auprès de tout homme vient l'azhara (avertissement) qu'il ne fasse pas ainsi, car auprès du Nom, qu'Il soit béni, la vie d'Israël est yakar meod (très précieuse), ve-ulai (et peut-être) il n'a pas en son koah (force) de poel (opérer) et il peut perdre sa vie, et Hachem, qu'Il soit béni, hafets 'hayim (désire la vie); ve-khid-ita (et comme il est rapporté) dans la Guemara (Megilah 22b): un adam hashuv (homme important) n'est pas rashai (autorise) à tomber sur sa face ela im ken (à moins que) il ne soit neeneh (exaucé) comme Yehoshua bin Nun; ve-ayen (et vois) dans le Zohar haKadoch (זה"ק, le saint Zohar; Bamidbar 120b) be-inyan nefilat appayim.