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Mei HaShiloach — Tome II - Vayikra - Emor

Rabbi Mordechai Yosef Leiner d Izbica
En bref

« Et vous compterez pour vous depuis le lendemain du Chabbat » : le Mei HaChiloa'h explique que, la nuit de la délivrance d'Égypte, D.ieu se révèle et toutes les délivrances, jusqu'à la dernière, y sont achevées. La saisie d'Israël ne peut pourtant pas atteindre la lumière qui lui est éclairée. D.ieu ordonne donc de compter cinquante jours, jusqu'à Chavouot, pour contempler ce qu'ils ont atteint. Un père qui trouve un trésor avec son fils lui dit de prendre tout ce qu'il peut porter, puis de compter à la maison, et il lui fera alors connaître la valeur.

Aussi : le grand prêtre reçoit de la Source et renouvelle chaque prière ; celui qui naît avec un défaut ne se plaint pas, car son intériorité n'est pas éloignée ; au premier du septième mois s'éveille la bonté de la Création.

וְהוּא אִשָּׁה בִּבְתוּלֶיהָ יִקָּח. כִּי הַכֹּהֵן גָּדוֹל צָרִיךְ לְקַבֵּל בְּכָל עִנְיָנָיו מִמָּקוֹר וּבְכָל עִנְיָן מַרְאֶה לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא חֲדָשׁוֹת וְגַם בְּכָל תְּפִלָּה צָרִיךְ הַכֹּהֵן גָּדוֹל לְחַדֵּשׁ דָּבָר.

"Et lui, une femme dans sa virginité il prendra." (Lévitique 21,13). Car le kohen gadol (grand prêtre) doit recevoir en toutes ses affaires depuis le Makor (la Source), et en toute affaire le Saint, béni soit-Il, lui montre des hadashot (choses nouvelles); et aussi en toute tefilah (prière) le kohen gadol doit lehadish davar (renouveler une chose).

לֶחֶם אֱלֹהָיו מִקָּדְשֵׁי הַקֳּדָשִׁים וּמִן הַקֳּדָשִׁים יֹאכֵל אַךְ אֶל הַפָּרֹכֶת לֹא יָבֹא וְאֶל הַמִּזְבֵּחַ לֹא יִגַּשׁ וְגוֹ'. זֶה נֶאֱמַר נֶגֶד הַתַּרְעוֹמֶת שֶׁיֵּשׁ בְּלֵב הַבַּעֲלֵי מוּמִין מִזֶּרַע אַהֲרֹן לָמָּה נִתְרַחֲקוּ מֵעֲבוֹדָה.

כִּי כָל הַפְּסוּלִים וְהַטְּמֵאִים אֲשֶׁר זֶה הַחֶסְרוֹן הוּא מִצַּד אָדָם הֵם יַצְדִּיקוּ עֲלֵיהֶם הַדִּין, אֲבָל מִי שֶׁנּוֹלַד בַּעַל מוּם יֵשׁ לוֹ תַּרְעוֹמוֹת בַּלֵּב כְּעִנְיַן לֵךְ לָאֻמָּן שֶׁעֲשָׂנִי, וְעַל זֶה נֶאֱמַר "לֶחֶם אֱלֹהָיו" וְגוֹ', הַיְנוּ שֶׁבַּפְּנִימִיּוּת שֶׁלְּךָ לֹא תֶּחְסַר דָּבָר אַךְ מֵה' כָּל מִשְׁפַּט זֶרַע אַהֲרֹן כַּמָּה בַּעֲלֵי מוּמִין יִמָּצְאוּ בָּהֶם, וְאִם עָלָיו עָלָה רְצוֹנוֹ יִתְבָּרַךְ לְהַרְחִיקוֹ מֵעֲבוֹדָה לֹא יִתְרַעֵם כְּלוּם כִּי בָּזֶה נִשְׁלַם רְצוֹנוֹ יִתְבָּרַךְ, אֲבָל בַּפְּנִימִיּוּת שֶׁלּוֹ אֵינוֹ מְרֻחָק וְיֹאכַל קָדָשִׁים, אַךְ אֶל הַפָּרֹכֶת לֹא יָבֹא וְאֶל הַמִּזְבֵּחַ לֹא יִגַּשׁ שֶׁבָּזֶה מְקַיֵּם מִצְוַת ה' כְּמוֹ בְּמַעֲשֶׂה וַעֲבוֹדָה כִּדְאִיתָא בַּזה"ק (וישב קפ"א.).

"Le le'hem (pain) de son Elokim, des kodshei ha-kodashim (choses très saintes) et des kodashim (choses saintes) il mangera; seulement vers le parokhet (voile) il ne viendra pas et vers le mizbeah (autel) il ne s'approchera pas, etc." (Lévitique 21,22-23). Ceci a été dit contre la tareomet (récrimination) qui est dans le cœur des baalei mumin (porteurs d'un défaut) de la zera (semence) d'Aharon: pourquoi ont-ils été éloignés de l'avodah (service).

Car tous les pesulim (disqualifiés) et les temeim (impurs) dont ce hesron (manque) vient mi-tsad adam (du côté de l'homme), ils yatsdiku aleihem ha-din (justifieront sur eux le jugement); mais celui qui est né baal mum (porteur d'un défaut de naissance) à des tareomot dans le cœur, comme le sujet de "lekh la-ouman she-asani (va vers l'artisan qui m'a fait)", et sur cela il est dit "le le'hem de son Elokim" etc., hayinu (c'est-à-dire) que dans ta penimiout (intériorité) tu ne manqueras de rien; seulement, de ה' vient tout le michpat (jugement) de la zera d'Aharon, combien de baalei mumin se trouveront en eux; et si sur lui est montée Sa ratson (volonté), qu'Il soit béni, de l'éloigner de l'avodah, il ne se recriminera en rien, car en cela est achevée Sa ratson, qu'Il soit béni; mais dans sa penimiout il n'est pas éloigné et il mangera des kodashim; seulement vers le parokhet il ne viendra pas et vers le mizbeah il ne s'approchera pas, car en cela il accomplit la mitsvah (commandement) de ה' comme dans le maaseh (acte) et l'avodah, ke-de-ita (comme il est rapporté) dans le Zohar haKadoch (זה"ק, le saint Zohar; Vayeshev 181à).

וּסְפַרְתֶּם לָכֶם מִמָּחֳרַת הַשַּׁבָּת. עִנְיַן הַסְּפִירָה הוּא שֶׁבְּלֵיל גְּאֻלַּת מִצְרַיִם שֶׁנִּגְלָה הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא בִּכְבוֹדוֹ וּבְעַצְמוֹ וּגְאָלָם, וְגָדְלָה הַהַשְׁפָּעָה מְאֹד כִּי אֵצֶל הַשי"ת נִגְמַר אָז כָּל הַגְּאֻלּוֹת עַד גְּאֻלָּה אַחֲרוֹנָה, כִּי כָל הַגְּאֻלּוֹת נִכְלָלִים בִּגְאֻלָּה רִאשׁוֹנָה, כְּמוֹ שֶׁאָנוּ אוֹמְרִים בַּתְּפִלָּה "וַיּוֹצֵא אֶת עַמּוֹ יִשְׂרָאֵל מִתּוֹכָם לְחֵירוּת עוֹלָם", וְכִדְאִיתָא בַּזה"ק (ויקהל רט"ז:) וּבְגִין דָּא בָּעֵי לְאַחֲזָאָה פֻּרְקָנָא דְּאִית בֵּיהּ אַרְבַּע גְּאֻלּוֹת וְכוּ' וְעַל דָּא אִית לְאַדְכָּרָא בְּהַהִיא גְּאֻלָּה ד' זִמְנִין אֱמֶת עַד עֶזְרַת אֲבוֹתֵינוּ וְכוּ' וּמִתַּמָּן וּלְהַלְאָה אַרְבַּע זִמְנִין אָחֳרָנִין אֱמֶת, וְהַיְנוּ שֶׁהוּא לְרַמֵּז שֶׁבַּשֹּׁרֶשׁ יָצָאנוּ מִכָּל הָאַרְבַּע גָּלֻיּוֹת, אָכֵן לֹא הָיָה אָז בְּכֹחַ תְּפִיסַת יִשְׂרָאֵל לְהַשִּׂיג וְלֵידַע בִּתְפִיסָתָם אֶת הָאוֹר שֶׁהֵאִיר לָהֶם הַשי"ת, לָכֵן צִוָּה הַשי"ת "וּסְפַרְתֶּם לָכֶם", הַיְנוּ שֶׁתִּסְפְּרוּ וְתִמְנוּ מַה שֶּׁהִשַּׂגְנוּ כֵּן תִּסְפְּרוּ חֲמִשִּׁים יוֹם עַד שֶׁבְּיוֹם הָעֲצֶרֶת תִּתְבּוֹנְנוּ מַה שֶּׁהִשַּׂגְתֶּם, כְּמוֹ אָב הַהוֹלֵךְ עִם בְּנוֹ הַקָּטָן וּמָצָא מַטְמוֹן מֵאֲבָנִים טוֹבוֹת וּמַרְגָּלִיּוֹת וְלֹא הָיָה בְּכֹחַ הַבֵּן וּבִתְפִיסָתוֹ לְהָבִין עֵרֶךְ יַקְרוּת הַדְּבָרִים הַיְקָרִים, וְאָבִיו צִוָּה לוֹ לְקַבֵּל אוֹתָם כְּמוֹ שֶׁיּוּכַל שְׂאֵת, וְשָׁאַל אוֹתוֹ הַבֵּן מַה הוּא עֵרֶךְ יַקְרוּתָם, וְהֵשִׁיב לוֹ אָבִיו עַתָּה אֵין עֵת לַעֲסֹק עִמְּךָ וּלְהוֹדִיעֲךָ עֵרֶךְ יַקְרוּתָם רַק כָּעֵת חֲזַק וֶאֱמַץ בְּנִי וְקַח כָּל מַה שֶּׁתּוּכַל בְּהִתְחַזְּקוּת וּבִמְהִירוּת, וּבְבוֹאֲךָ לְבֵיתְךָ תִּסְפֹּר וְתִמְנֶה מַה שֶּׁהִשַּׂגְתָּ וְאָז אוֹדִיעֲךָ עֵרֶךְ יַקְרוּתָם, וְכֵן בְּכָל שָׁנָה וְשָׁנָה מֵאִיר הַשי"ת אוֹרוֹ הַלְמַעְלָה מִתְּפִיסַת אָדָם בְּלֵיל א' שֶׁל פֶּסַח, וְאַחַר כָּךְ בְּמֶשֶׁךְ זְמַן יְמֵי הַסְּפִירָה יִתְבּוֹנֵן הָאָדָם וּמַכִּיר בִּתְפִיסָתוֹ מְעַט מְעַט עַד שֶׁבְּיוֹם הָעֲצֶרֶת מִתְבּוֹנֵן הָאָדָם עֵרֶךְ יַקְרוּת הָאוֹר הַזֶּה (ועיין בפ' משפטים בחלק זה בענין נעשה ונשמע).

"Et vous compterez pour vous depuis le lendemain du Chabbat." (Lévitique 23,15). Le sujet de la sefirah (compte) est que dans la nuit de la geulah (délivrance) d'Égypte, où le Saint, béni soit-Il, s'est révélé bi-khevodo u-ve-atsmo (en Sa gloire et en Lui-même) et les a rachetés, la hashpaah (effusion) à grandi beaucoup, car auprès du Nom, qu'Il soit béni (השי"ת, Hachem Yitbarakh), ont alors été achevées toutes les geulot jusqu'à la geulah aharonah (dernière délivrance), car toutes les geulot sont nikhlalim (incluses) dans la geulah rishonah (première délivrance), comme nous le disons dans la tefilah: "Et Il a fait sortir Son peuple Israël du milieu d'eux vers une herout olam (liberté éternelle)", et ke-de-ita dans le Zohar haKadoch (Vayakhel 216b): "et à cause de cela il faut montrer une purkana (rédemption) dans laquelle il y a quatre geulot, etc., et sur cela il y a à mentionner dans cette geulah quatre fois émet (vérité) jusqu'à ezrat avoteinu (le secours de nos pères), etc., et de la et au-delà quatre autres fois émet", ve-hayinu que c'est pour remes (faire allusion) qu'en la shoresh (racine) nous sommes sortis de tous les quatre galuyot (exils); akhen (toutefois) il n'était pas alors au koah (pouvoir) de la tefisat (saisie) d'Israël d'atteindre et de connaître dans leur tefisah la lumière que Hachem, qu'Il soit béni, leur a éclairée; c'est pourquoi Hachem, qu'Il soit béni, à ordonné "Et vous compterez pour vous", hayinu que vous compterez et nombrerez ce que nous avons atteint, ainsi vous compterez cinquante jours jusqu'à ce qu'au Yom ha-Atseret (jour de l'Assemblée, Chavouot) vous contempliez ce que vous avez atteint; comme un père qui marche avec son petit fils et à trouvé un matmon (trésor) de avanim tovot (pierres précieuses) et de margaliyot (perles), et il n'était pas au koah du fils et dans sa tefisah de comprendre erekh yakrout (la valeur de la cherté) des choses précieuses, et son père lui à ordonné de les recevoir comme il pourra se'et (porter), et le fils lui a demandé quelle est erekh yakroutam, et son père lui à répondu: maintenant ce n'est pas le temps de s'occuper avec toi et de te faire connaître erekh yakroutam, seulement maintenant hazak ve-emats (sois fort et courageux) mon fils et prends tout ce que tu pourras be-hithazkut (en te fortifiant) et bi-mehirout (en hâte), et lorsque tu viendras à ta maison tu compteras et nombreras ce que tu as atteint et alors je te ferai connaître erekh yakroutam; et ainsi chaque année Hachem, qu'Il soit béni, éclaire Sa lumière qui est au-dessus de la tefisat adam (saisie de l'homme) dans la première nuit de Pessa'h, et ensuite durant le temps des yemei ha-sefirah (jours du compte) l'homme contemple et reconnaît dans sa tefisah peu à peu jusqu'à ce qu'au Yom ha-Atseret l'homme contemple erekh yakrout de cette lumière (et vois dans la parashah Michpatim dans cette partie au sujet de naaseh ve-nishma [nous ferons et nous entendrons]).

וַעֲשִׂיתֶם בְּיוֹם הֲנִיפְכֶם אֶת הָעֹמֶר כֶּבֶשׂ תָּמִים וְגוֹ' וּמִנְחָתוֹ שְׁנֵי עֶשְׂרֹנִים וְגוֹ' וְנִסְכֹּה יַיִן רְבִיעִית הַהִין. עִנְיַן כֶּבֶשׂ הַבָּא עִם הָעֹמֶר שֶׁמִּנְחָתוֹ כְּפוּלָה הוּא, שֶׁהַשי"ת יַרְאֶה לְיִשְׂרָאֵל שֶׁיֵּשׁ דַּי בֶּאֱלֹקוּתוֹ לְהַשְׁפִּיעַ טוֹב לְכָל בְּרִיָּה וּלְכָל גְּוִיָּה דֵּי מַחְסוֹרָהּ מִבְּלִי שׁוּם הַשָּׂגַת גְּבוּל אֶחָד לְרֵעֵהוּ וּנְסָכָיו לֹא הָיוּ כְּפוּלִין.

"Et vous ferez, au jour de votre hanifah (balancement) de l'omer, un keves tamim (agneau intact), etc., et sa minha (oblation) deux esronim (dixièmes), etc., et son nesekh (libation) du vin, un quart du hin." (Lévitique 23,12-13). Le sujet du keves qui vient avec l'omer, dont la minha est kefulah (doublée), est que Hachem, qu'Il soit béni, montrera à Israël qu'il y a dai (suffisance) dans Son Elokout (divinité) pour hashpia (faire affluer) du tov (bien) à toute beriyah (créature) et à toute geviyah (corps) dei mahsorah (selon la suffisance de son manque), sans aucune hashagat guevoul (atteinte d'une limite) de l'un envers son prochain; et ses nesakhim (libations) n'étaient pas kefulin (doubles).

בַּחֹדֶשׁ הַשְּׁבִיעִי בְּאֶחָד לַחֹדֶשׁ יִהְיֶה לָכֶם שַׁבָּתוֹן. וְתַרְגּוּמוֹ נְיָחָא, הָעִנְיָן בָּזֶה כִּדְאִיתָא בַּגְּמָרָא (ראש השנה י':) רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר בְּתִשְׁרֵי נִבְרָא הָעוֹלָם וְכוּ' בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה יָצָא יוֹסֵף מִבֵּית הָאֲסוּרִין בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה בָּטְלָה עֲבוֹדָה מֵאֲבוֹתֵינוּ בְּמִצְרַיִם, וְהִנֵּה בְּמִצְרַיִם לֹא הָיָה עֶבֶד יָכוֹל לִבְרֹחַ מִשָּׁם כִּדְאִיתָא (מכילתא יתרו פר' א') אָכֵן כַּאֲשֶׁר בָּא זְמַן חִדּוּשׁ הָעוֹלָם אָז נִתְעוֹרֵר הַחֶסֶד הָרִאשׁוֹן כְּמוֹ שֶׁכָּתוּב (תהלים כ"ה,ו') "זְכֹר רַחֲמֶיךָ ה' וַחֲסָדֶיךָ כִּי מֵעוֹלָם הֵמָּה", וְכֵן כָּתוּב (תהלים פ"ט,ג') "כִּי אָמַרְתִּי עוֹלָם חֶסֶד יִבָּנֶה" שֶׁבְּרִיאַת עוֹלָם הָיָה בְּלִי שׁוּם הִתְעוֹרְרוּת מִצַּד הָאָדָם וְרַק מִצַּד הַשי"ת, וְלָכֵן בְּעֵת שֶׁהִתְעוֹרֵר זֶה הַחֶסֶד הָרִאשׁוֹן אָז בָּטַל הַשִּׁעְבּוּד מִיּוֹסֵף הַצַּדִּיק וּבָטְלָה עֲבוֹדָה מֵאֲבוֹתֵינוּ, וְזֶה הוּא נְיָחָא שֶׁבְּכָל שָׁנָה וְשָׁנָה מִתְעוֹרֵר אָז הַחֶסֶד מִבְּרִיאַת עוֹלָם כְּמוֹ שֶׁאָמַר הַבַּעַל שֵׁם טוֹב זללה"ה עַל פָּסוּק (תהלים קי"ט,פ"ט) "לְעוֹלָם ה' דְּבָרְךָ נִצָּב בַּשָּׁמַיִם", כִּי מַאֲמַר "יְהִי אוֹר" מְקַיֵּם תָּמִיד קִיּוּם הָעוֹלָם, וְלָכֵן כְּשֶׁנִּתְעוֹרֵר בְּכָל שָׁנָה זֶה הַחֶסֶד וְחֵפֶץ הַשי"ת אָז הוּא נְיָחָא לִכְלַל יִשְׂרָאֵל.

"Au hodesh (mois) septième, au premier du mois, il y aura pour vous un chabbaton." (Lévitique 23,24). Et son Targoum (traduction araméenne) est neyaha (repos), le sujet en cela ke-de-ita dans la Guemara (Talmud; Roch haShanah 10b): Rabbi Eliezer dit: en Tishrei le monde a été créé, etc.; à Roch haShanah Yossef est sorti de beit ha-asourin (la maison de la prison); à Roch haShanah l'avodah (servitude) à cessé de nos pères en Égypte.

Et voici, en Égypte un eved (esclave) ne pouvait pas s'enfuir de la, ke-de-ita (Mekhilta Yitro, paracha 1). Akhen lorsque est venu le temps du hidush (renouvellement) du monde, alors s'est éveillé le hesed (bonté) ha-rishon (premier), comme il est écrit (Psaumes 25,6): "Souviens-Toi de Tes rahamim (miséricordes), ה', et de Tes hassadim, car me-olam (de toujours, depuis le monde) ils sont", et ainsi il est écrit (Psaumes 89,3): "Car j'ai dit: olam hesed yibaneh (un monde de bonté sera bâti)", que la beriat olam (création du monde) à été sans aucune hitoreut (éveil) du côté de l'homme et seulement du côté du Nom, qu'Il soit béni; et c'est pourquoi au temps où s'est éveillé ce hesed ha-rishon, alors à cessé le shiabud (asservissement) de Yossef ha-tsadik (le juste) et à cessé l'avodah de nos pères.

Et ceci est neyaha: qu'en chaque année alors s'éveille le hesed de la beriat olam, comme l'a dit le Baal Chem Tov zllh"h (zikhrono livrakha le-hayei ha-olam ha-ba, que son souvenir soit une bénédiction pour la vie du monde à venir) sur le verset (Psaumes 119,89): "Le-olam (à jamais), ה', Ta parole est nitsav (dressée) dans les cieux", car le maamar (dire) "Yehi or (que la lumière soit)" maintient toujours kiyum ha-olam (l'existence du monde); et c'est pourquoi lorsque s'éveille en chaque année ce hesed et hefets (désir) du Nom, qu'Il soit béni, alors c'est neyaha pour kelal Israël (l'ensemble d'Israël).

וַיְדַבֵּר ה' אֶל מֹשֶׁה לֵּאמֹר וְגוֹ' וְיִקְחוּ אֵלֶיךָ שֶׁמֶן זַיִת זָךְ וְגוֹ' וְלָקַחְתָּ סֹלֶת וְאָפִיתָ אֹתָהּ וְגוֹ'. זֶה שֶׁאָמַר הַכָּתוּב (תהלים מ"ג,ג') "שְׁלַח אוֹרְךָ וַאֲמִתְּךָ הֵמָּה יַנְחוּנִי יְבִיאוּנִי אֶל הַר קָדְשְׁךָ וְאֶל מִשְׁכְּנוֹתֶיךָ".

"אוֹרְךָ" מוֹרֶה עַל הַמְּנוֹרָה כִּדְאִיתָא בַּגְּמָרָא (שבת כ"ב:) זוֹ נֵר מַעֲרָבִי שֶׁנּוֹתֵן בָּהּ שֶׁמֶן כְּמִדַּת חַבְרוֹתֶיהָ וּמִמֶּנָּה הָיָה מַדְלִיק וּבָהּ הָיָה מְסַיֵּם וְהוּא עֵדוּת שֶׁהַשְּׁכִינָה שׁוֹרָה בְּיִשְׂרָאֵל, וּמִזֶּה יִתְחַיֵּב גֹּדֶל יִרְאָה כִּי מִי יֹאמַר זִכִּיתִי לִבִּי נֶגֶד הַשי"ת, כִּי כֵּיוָן שֶׁהָאָדָם רוֹאֶה שֶׁהַשְּׁכִינָה שׁוֹרָה בְּיִשְׂרָאֵל יָבוֹא לוֹ מִזֶּה גֹּדֶל הִתְבַּטְּלוּת וְיִרְאָה, "וַאֲמִתְּךָ" מוֹרֶה עַל לֶחֶם הַפָּנִים שֶׁרוֹמֵז עַל אַהֲבָה וְחִבָּה שֶׁבְּלֶחֶם הַפָּנִים מַרְאֶה הַשי"ת שֶׁאוֹהֵב מְאֹד אֶת יִשְׂרָאֵל וְרוֹצֶה תָּמִיד בְּטוֹבָתָם כִּדְאִיתָא בַּגְּמָרָא (חגיגה כ"ו:) שֶׁמַּגְבִּיהִין אוֹתוֹ וּמַרְאִין בּוֹ לְעוֹלֵי רְגָלִים לֶחֶם הַפָּנִים וְאוֹמְרִים לָהֶם "רְאוּ חִבַּתְכֶם לִפְנֵי הַמָּקוֹם סִלּוּקוֹ כְּסִדּוּרוֹ", וּמִזֶּה יָבוֹא גֹּדֶל תַּקּוּפוּת לְיִשְׂרָאֵל, וְזֶה הוּא "יְבִיאוּנִי אֶל הַר קָדְשְׁךָ וְאֶל מִשְׁכְּנוֹתֶיךָ".

"Et ה' parla à Moché pour dire, etc., et ils prendront vers toi de l'huile d'olive zakh (pure), etc., et tu prendras de la solet (fleur de farine) et tu la cuiras, etc." (Lévitique 24,1-5). C'est ce qu'à dit le verset (Psaumes 43,3): "Envoie Ton or (lumière) et Ton émet, eux me conduiront, ils m'amèneront vers Ta montagne sainte et vers Tes mishkanot (demeures)".

"Ton or" indique la menorah (chandelier), ke-de-ita dans la Guemara (Chabbat 22b): ceci est le ner maaravi (lampe occidentale), dans laquelle on met de l'huile ke-midat (selon la mesure de) ses compagnes, et d'elle on allumait et par elle on achevait, et elle est edut (témoignage) que la Chekhina (Présence divine) réside en Israël; et de cela s'ensuit godel yirah (une grande crainte), car qui dira "zikiti libi (j'ai rendu mon cœur pur)" face au Nom, qu'Il soit béni, car des lors que l'homme voit que la Chekhina réside en Israël, il lui viendra de cela godel hitbatlut (un grand anéantissement de soi) et yirah. "Et Ton émet" indique le le'hem ha-panim (pain de proposition), qui fait allusion à ahavah (amour) et hibah (affection), car dans le le'hem ha-panim Hachem, qu'Il soit béni, montre qu'Il aime beaucoup Israël et veut toujours leur tovah (bien), ke-de-ita dans la Guemara (Haguiga 26b): qu'on l'élève et qu'on montre par lui aux olei regalim (pèlerins des fêtes) le le'hem ha-panim et qu'on leur dit "Voyez votre hibah devant ha-Makom (le Lieu): siluko ke-siduro (son retrait est comme son arrangement)", et de cela viendra godel tekifout (hardiesse sainte, vigueur) à Israël; et ceci est "ils m'amèneront vers Ta montagne sainte et vers Tes mishkanot".

וְלָקַחְתָּ סֹלֶת. כָּעִנְיָן שֶׁאִיתָא בַּמִּדְרָשׁ (תנחומא תצוה ה') וְסַלֵּית לִי מִתּוֹכָהּ גְּלֻסְקָא אַחַת יָפָה מְנֻפָּה וּמְעֻלָּה וְשָׁם אִיתָא זֹאת עַל שִׁיר הַשִּׁירִים, וְכֵן הָעִנְיָן בְּכָאן אַחַר כָּל מַעֲשֵׂה הַקָּרְבָּנוֹת שֶׁל הַמּוֹעֲדִים כְּתִיב מַעֲשֵׂה לֶחֶם הַפָּנִים בִּלְשׁוֹן "וְלָקַחְתָּ סֹלֶת" שֶׁהוּא מְנֻפֶּה וּמְעֻלֶּה, כִּי לֶחֶם הַפָּנִים הוּא כּוֹלֵל עוֹלָם שָׁנָה נֶפֶשׁ, כְּמוֹ שֶׁכָּתוּב "עַל הַשֻּׁלְחָן הַטָּהֹר לִפְנֵי ה'" זֶה הַמָּקוֹם הַמֻּבְחָר מֵהָעוֹלָם וּכְתִיב "בְּיוֹם הַשַּׁבָּת בְּיוֹם הַשַּׁבָּת יַעַרְכֶנּוּ לִפְנֵי ה' תָּמִיד" שֶׁזֶּה הוּא הַמֻּבְחָר מֵהַזְּמַן וְשָׁנָה, וְאַחַר כָּךְ כְּתִיב "וְהָיְתָה לְאַהֲרֹן וּלְבָנָיו וַאֲכָלֻהוּ בְּמָקוֹם קָדֹשׁ כִּי קֹדֶשׁ קָדָשִׁים הוּא לוֹ מֵאִשֵּׁי ה' חָק עוֹלָם" זֶה הוּא הַמֻּבְחָר מֵהַנֶּפֶשׁ, וּבְכָל אֶחָד כְּתִיב שֵׁם הוי״ה בָּרוּךְ הוּא וּבָזֶה נִכְלְלוּ כָּל הַבְּרוּאִים, וּמִזֶּה יִתְרָאֶה לְיִשְׂרָאֵל חִבָּתָם לִפְנֵי הַשי"ת כִּדְאִיתָא בַּגְּמָרָא (חגיגה כ״ו:).

"Et tu prendras de la solet." (Lévitique 24,5). Comme le sujet qu'ita dans le Midrach (Tan'houma Tetsaveh 5): "ve-salet li (et crible pour Moi) du milieu d'elle une glouska (pain fin) unique, yafah (belle), menoupeh (criblée) et meoulah (excellente)"; et la, ita cela sur Shir ha-Shirim (le Cantique des cantiques).

Et ainsi le sujet ici: après tout le maaseh des korbanot (sacrifices) des moadim (temps fixés, fêtes), il est écrit le maaseh du le'hem ha-panim dans le lachon (langage) "Et tu prendras de la solet", qui est menoupeh et meoulah; car le le'hem ha-panim kolel (englobe) olam shanah nefech (monde, année, âme), comme il est écrit "sur la shulhan (table) tehorah (pure) devant ה'" (Lévitique 24,6): ceci est le makom (lieu) muvhar (élu) du olam; et il est écrit "au jour du Chabbat, au jour du Chabbat, il l'arrangera devant ה' tamid (toujours)" (Lévitique 24,8): que ceci est le muvhar du zeman (temps) et de la shanah; et ensuite il est écrit "Et elle sera pour Aharon et pour ses fils, et ils le mangeront dans un makom kadoch (lieu saint), car kodech kodashim (saint des saints) il est pour lui, des ishei ה' (offrandes par le feu de ה'), hok olam (statut éternel)" (Lévitique 24,9): ceci est le muvhar de la nefech; et en chacun il est écrit chem Havayah (Hachem), béni soit-Il, et par cela sont nikhlalu (inclus) tous les beruim (créés); et de cela apparaîtra à Israël leur hibah devant Hachem, qu'Il soit béni, ke-de-ita dans la Guemara (Haguiga 26b).

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