מי השלוח

Mei HaShiloach — Tome II - Berechit - Chayei Sara

Rabbi Mordechai Yosef Leiner d Izbica
En bref

« Moi, en chemin, Hachem m'a conduit vers la maison des frères de mon maître » : le Mei HaChiloa'h le rapproche du verset « Que le cœur de ceux qui cherchent Hachem se réjouisse », un seul cœur pour deux qui cherchent. Le cœur d'Avraham se réjouit en voyant qu'un esprit de prophétie repose aussi sur ses serviteurs : D.ieu demeure au sein de tous ses actes et de ses acquisitions. Chez Rabban Gamliel, la lumière de D.ieu est établie si fermement dans ses actes que l'on fixe d'après eux la hala'ha (loi juive) qu'un istinis, personne délicate, peut se laver.

Aussi : le découragement d'Avraham devant les grandes générations issues de lui ; D.ieu l'éclaire : toutes auront besoin de commencer par l'ajout d'Avraham, et la circoncision imprime la sainteté dans le corps.

אָנֹכִי בַּדֶּרֶךְ נָחַנִי ה' בֵּית אֲחֵי אֲדֹנִי. זֶה שֶׁאָמַר הַכָּתוּב (תהלים ק"ה,ג') "יִשְׂמַח לֵב מְבַקְשֵׁי ה'".

"יִשְׂמַח לֵב" הוּא לֵב אֶחָד, וּ"מְבַקְשֵׁי ה'" הֵם שְׁנַיִם, וְכֵן כָּאן נִשְׂמַח לֵב אַבְרָהָם כְּשֶׁרָאָה שֶׁשָּׁרָה רוּחַ נְבוּאָה גַּם עַל עֲבָדָיו, אָז הֵבִין כִּי הַשי"ת שׁוֹכֵן בְּתוֹךְ כָּל מַעֲשָׂיו וְגַם עַל כָּל הִתְפַּשְּׁטֻיּוֹתָיו וְקִנְיָנָיו, וּכְמוֹ שֶׁנִּרְאֶה בְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל שֶׁאָמַר עַל מַה שֶּׁרָחַץ לַיְלָה הָרִאשׁוֹנָה שֶׁמֵּתָה אִשְׁתּוֹ וְהֵשִׁיב אִסְטְנִיס אֲנִי, אַף שֶׁעֲדַיִן לֹא נֶאֱמַר הַדִּין שֶׁאִסְטְנִיס מֻתָּר, אָכֵן מֵחֲמַת שֶׁהָיָה מְבֹרָר מְאֹד עַד שֶׁהַשי"ת שָׁכַן בְּכָל מַעֲשָׂיו, לָכֵן נִקְבַּע מִמַּעֲשָׂיו לַהֲלָכָה שֶׁאִסְטְנִיס מֻתָּר לִרְחֹץ (ברכות ט"ז:) וְלָכֵן אִיתָא (שם) שֶׁעֲבָדִים וּשְׁפָחוֹת אֵין נִקְרָאִים אַבָּא פְּלוֹנִי וְאִמָּא פְּלוֹנִית חוּץ מִשֶּׁל בֵּית רַבָּן גַּמְלִיאֵל, לְפִי שֶׁכָּל כָּךְ קָבַע אוֹר ה' בְּכָל הִתְפַּשְּׁטוּת מַעֲשָׂיו עַד שֶׁכָּל קִנְיָנָיו הָיוּ מְלֵאִים קְדֻשָּׁה.

"Moi, en chemin, Hachem m'a conduit vers la maison des frères de mon maître" (Genèse 24,27). C'est ce que dit l'Écriture : "Que le cœur de ceux qui cherchent Hachem se réjouisse" (Psaumes 105,3).

"Que le cœur se réjouisse" est un seul cœur, tandis que "ceux qui cherchent Hachem" sont deux. Ainsi, ici, le cœur d'Abraham se réjouit lorsqu'il vit qu'un esprit de prophétie reposait aussi sur ses serviteurs.

Il comprit alors que Hachem, béni soit-Il, demeurait au sein de tous ses actes, ainsi que sur tous ses déploiements et ses acquisitions. C'est aussi ce que l'on voit chez Rabban Gamliel : à propos de ce qu'il se lava la première nuit où sa femme mourut, il répondit : "Je suis un istinis (personne délicate)." Bien que la règle selon laquelle un istinis est autorisé à se laver n'eut pas encore été énoncée, néanmoins, parce que cela était établi avec une très grande clarté, au point que le Nom demeurait dans tous ses actes, on établit donc, à partir de ses actes, la halakha (loi juive) selon laquelle un istinis est autorisé à se laver (Berakhot 16b).

C'est pourquoi il est rapporté la-bas que les esclaves et les servantes ne sont pas appelés "Père Untel" et "Mère Unetelle", sauf ceux de la maison de Rabban Gamliel, car il avait si fermement établi la lumière du Nom dans tout déploiement de ses actes que toutes ses possessions étaient pleines de sainteté.

וַיֹּסֶף אַבְרָהָם וַיִּקַּח אִשָּׁה וּשְׁמָהּ קְטוּרָה. בַּמִּדְרָשׁ (תנחומא חיי ז') זֶה שֶׁאָמַר הַכָּתוּב (תהלים ע"א,י"ד) "וַאֲנִי תָּמִיד אֲיַחֵל וְהוֹסַפְתִּי עַל כָּל תְּהִלָּתֶךָ" כוּ' אָמַר רַבִּי חוּנְיָא כְּתִיב "בַּיּוֹם הַשְּׁמִינִי יִמּוֹל כָּל בְּשַׂר עָרְלָתוֹ" כוּ' הֱוֵי אוֹמֵר "וְהוֹסַפְתִּי עַל כָּל תְּהִלָּתֶךָ".

הַיְינוּ כִּי אַבְרָהָם בְּהִתְבּוֹנְנוֹ כַּמָּה דּוֹרוֹת גְּדוֹלִים וּגְבוֹהִים מֵעַל גְּבוֹהִים יַעַמְדוּ מִמֶּנּוּ, אֲזַי נָפַל בְּדַעְתּוֹ אוּלַי הוּא לֹא יִהְיֶה נֶחְשָׁב נֶגְדָּם, וְהֵאִיר לוֹ הַשי"ת שֶׁכֻּלָּם יִהְיוּ צְרִיכִים לְהַתְחִיל בְּהַשַּׁעַר וְהַהוֹסָפָה שֶׁהוֹסִיף אַבְרָהָם אָבִינוּ, כִּי מִצְוַת מִילָה רוֹמֵז עַל זֶה, שֶׁהָאָדָם מוֹסִיף וְעוֹשֶׂה חוֹתָם בִּבְשַׂר הַגּוּף שֶׁעַל יָדוֹ יִקָּבַע בְּגוּפוֹ קְדֻשָּׁה בִּקְבִיעוּת שֶׁיִּהְיֶה גַּם בְּהַגּוּף רְשִׁימָה שֶׁהוּא לְחֶלְקוֹ שֶׁל הַשי"ת.

"Abraham prit encore une femme, et son nom était Ketoura" (Genèse 25,1). Dans le Midrach (enseignement homiletique; Tan'houma, Chayei Sara 7), c'est ce que dit l'Écriture : "Et moi, toujours, j'espérerai, et j'ajouterai à toute Ta louange" (Psaumes 71,14), etc.

Rabbi Hounia dit : "Il est écrit : 'Au huitième jour, toute chair de son prépuce sera circoncise' (cf. Lévitique 12,3), etc." Ainsi, il faut dire : "Et j'ajouterai à toute Ta louange." C'est-à-dire qu'Abraham, en considérant combien de générations grandes et élevées, élevées au-dessus d'élevées, seraient issues de lui, se découragea, pensant peut-être qu'il ne compterait pas face à elles.

Le Nom, béni soit-Il, l'éclaira : toutes auraient besoin de commencer par la porte et par l'ajout qu'Abraham notre père avait ajoute. Car la mitsva (commandement) de la circoncision fait allusion à cela : l'homme ajoute et appose un sceau dans la chair du corps, par lequel la sainteté sera fixée dans son corps de manière permanente, afin qu'il y ait aussi dans le corps une empreinte attestant qu'il appartient à la part du Nom, béni soit-Il.

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