מי השלוח

Mei HaShiloach — Tome I - Talmud - Souccot

Rabbi Mordechai Yosef Leiner d Izbica
En bref

« Une souka haute de plus de vingt coudées est invalide » : Rabba l'apprend de « Car J'ai fait habiter les enfants d'Israël dans des soukot » : jusqu'à vingt coudées, l'homme sait qu'il demeure dans une souka. Rabbi Zeira l'apprend de « il y aura une souka pour faire de l'ombre » : jusqu'à vingt coudées, il est assis à l'ombre de la souka. Selon le Mei HaChiloa'h, pour Rabba, quand l'œil domine le couvert, l'homme voit en face de lui D.ieu et éprouve de la crainte ; pour Rabbi Zeira, il doit comprendre que l'apaisement vient lui aussi de D.ieu.

Aussi : des parois atteignant le couvert rendent valide une souka haute ; l'ezov sans qualificatif est l'humble doué de hautes qualités qui ne s'enorgueillit pas ; la fête mêle la sainteté de la néoménie et celle du Chabbat.

סוּכָּה שֶׁהִיא גְּבוֹהָה לְמַעְלָה מֵעֶשְׂרִים אַמָּה פְּסוּלָה כוּ' אָמַר רַבָּה דְּאָמַר קְרָא "כִּי בַסֻּכּוֹת הוֹשַׁבְתִּי" כוּ' עַד עֶשְׂרִים אָדָם יוֹדֵעַ שֶׁדָּר בְּסוּכָּה לְמַעְלָה כוּ' דְּלָא שַׁלְטָא בָּהּ עֵינָא, ר' זֵירָא אָמַר מֵהָכָא "וְסוּכָּה תִּהְיֶה לְצֵל" כוּ' עַד עֶשְׂרִים אָדָם יוֹשֵׁב בְּצֵל סוּכָּה לְמַעְלָה כוּ' אֶלָּא בְּצֵל דְּפָנוֹת. לְרַבָּה הַטַּעַם מֵחֲמַת כְּשֶׁעַיִן שׁוֹלֵט בְּהַסְּכָךְ רוֹאֶה הָאָדָם נִכְחוֹ אֶת הַש"י וְיֵשׁ לוֹ יִרְאָה מִפָּנָיו, וּלְרַבִּי זֵירָא צָרִיךְ שֶׁיִּרְאֶה שֶׁיּוֹשֵׁב בְּצֵל סוּכָּה הַיְינוּ שֶׁיָּבִין כִּי הַנַּיְיחָא גַּם כֵּן שֶׁל הַש"י כְּמוֹ שֶׁכָּתוּב (משלי ט"ז,ט"ו) "וּרְצוֹנוֹ כְּעָב מַלְקוֹשׁ".

Une souka haute de plus de vingt coudées est invalide, etc. Rabba a dit: car le verset dit "Car j'ai fait habiter les enfants d'Israël dans des soukot" (Lévitique 23,43), etc.

Jusqu'à vingt coudées, l'homme sait qu'il demeure dans une souka; au-dessus, etc. - car l'œil n'y domine pas. Rabbi Zeira a dit: [on l'apprend] de la - "Et il y aura une souka pour faire de l'ombre" (Isaie 4,6), etc.

Jusqu'à vingt coudées, l'homme est assis à l'ombre de la souka; au-dessus, etc. - mais il est alors assis à l'ombre des parois. Pour Rabba, la raison en est que, lorsque l'œil domine le skhakh (le couvert végétal de la souka), l'homme voit en face de lui Hachem béni soit-Il (Hachem Yitbarakh) et il éprouve de la crainte devant Lui; et pour Rabbi Zeira, il faut qu'il voie qu'il est assis à l'ombre de la souka, c'est-à-dire qu'il comprenne que l'apaisement (nayha - le repos, la satisfaction) est lui aussi celui du Nom béni soit-Il, comme il est écrit (Proverbes 16,15) "et sa faveur est comme la nuée de la pluie tardive".

מַחְלוֹקֶת בְּשֶׁאֵין דְּפָנוֹת מַגִּיעוֹת לַסְּכָךְ אֲבָל דְּפָנוֹת מַגִּיעוֹת לַסְּכָךְ אֲפִילּוּ לְמַעְלָה מֵעֶשְׂרִים אַמָּה כְּשֵׁרָה. זש"ה (תהלים פ',כ') "ה' אֱלֹהִים צְבָאוֹת כוּ' הָאֵר פָּנֶיךָ וְנִוָּשֵׁעָה", "צְבָאוֹת" פֵּירוּשׁ שֶׁבָּרָא כָּל הַבְּרוּאִים וְאֵין דַּעַת אֶחָד דּוֹמֶה לַחֲבֵירוֹ, גַּם "צְבָאוֹת" הָאוֹתִיּוֹת צְבָא אוֹת פֵּירוּשׁ נָתַן גְּבוּלָם וְהֵאִיר לְכָל אֶחָד כְּפִי מַדְרֵגָתוֹ עַד כָּאן יֵשׁ הַכָּרָה לָזֶה וְעוֹד נִמְצָא גָּדוֹל מִמֶּנּוּ שֶׁאַף בְּהֶאָרָה קְטַנָּה יָבִין, כְּמוֹ שֶׁהָיָה הַתְּפִיסָה וְהַשָּׂגָה לְרַבָּה שֶׁעַד עֶשְׂרִים אַמָּה שׁוֹלֵט עַיִן, וְזֶה פֵּירוּשׁ אִם הַדְּפָנוֹת מַגִּיעוֹת לַסְּכָךְ כְּשֵׁרָה אַף לְמַעְלָה מֵעֶשְׂרִים וְהָבֵן.

La controverse porte sur le cas où les parois n'atteignent pas le skhakh; mais si les parois atteignent le skhakh, même au-dessus de vingt coudées elle est valide. C'est ce que dit le verset (Psaumes 80,20): "ה' Elokim Tsevaot, etc., fais luire Ta face et nous serons sauvés".

"Tsevaot" signifie qu'Il a créé toutes les créatures et que l'entendement de l'une ne ressemble pas à celui de sa compagne; de plus, "Tsevaot" (צבאות) - les lettres [se lisent] tseva ot (צבא אות), c'est-à-dire qu'Il a fixé leur limite et à éclairé chacun selon son degré: jusqu'ici il y a perception pour celui-ci, et il s'en trouve encore un plus grand que lui, qui, même par une petite illumination, comprendra - telles étaient la prise et l'appréhension de Rabba, [pour qui] jusqu'à vingt coudées l'œil domine. Et voici l'explication: si les parois atteignent le skhakh, elle est valide même au-dessus de vingt coudées; et comprends.

אֵזוֹב וְלֹא אֵזוֹב יָוָן וְלֹא אֵזוֹב כּוּחְלִי וְלֹא אֵזוֹב רוֹמִי וְלֹא אֵזוֹב שֶׁיֵּשׁ לוֹ שֵׁם לְוַוי. אֶלָּא אֵזוֹב סְתָם, אֵזוֹב מוֹרֶה עַל עֲנָוָה כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ חֲזַ"ל (מדרש תנחומא מצורע ג') יַשְׁפִּיל עַצְמוֹ כָּאֵזוֹב, וְנִמְצָא כַּמָּה מִינֵי עֲנָוָה שֶׁאֵינָהּ בִּשְׁלֵימוּת, וְהַגְּמָרָא מְחַשֵּׁב כָּאן אֵזוֹב יָוָן הַיְינוּ שֶׁבֶּאֱמֶת אֵינוֹ עָנָיו רַק שֶׁחָכְמָתוֹ תְּחַיֵּיב אוֹתוֹ שֶׁכָּךְ יְנַצֵּחַ מַה שֶּׁחָפֵץ, כְּגוֹן נֶגֶד אָדָם שֶׁתַּקִּיף מִמֶּנּוּ בְּאִם יִתְיַיהֵר נֶגְדּוֹ אָז לֹא יִשְׁמַע דַּעְתּוֹ, אֵזוֹב כּוּחְלִי הַיְינוּ מֵחֲמַת שֶׁרוֹאֶה שֶׁבְּנֵי אָדָם מְיַקְּרִין אֶת זֶה הַמִּדָּה לְפִיכָךְ יִתְנַהֵג בָּהּ וְצוֹבֵעַ עַצְמוֹ כְּעָנָיו.

אֵזוֹב מִדְבָּרִי הַיְינוּ שֶׁבֶּאֱמֶת לֹא נִמְצָא בּוֹ שׁוּם דָּבָר טוֹב בַּמֶּה לְהִתְכַּבֵּד לָכֵן אֵינוֹ חוֹשֵׁשׁ עַל בִּזְיוֹנוֹ. אֵזוֹב רוֹמִי, הַיְינוּ שֶׁנִּמְצָא בּוֹ גַּאֲוָה כָּל כָּךְ עַד שֶׁלֹּא יֵאוֹת לְפָנָיו לְהִתְגָּאוֹת רַק בִּפְנֵי אֲנָשִׁים גְּדוֹלִים, רַק אֵזוֹב סְתָם הַיְינוּ מִי שֶׁהַש"י חוֹנְנוֹ בְּמַעֲלוֹת וּמִדּוֹת טוֹבוֹת וְאֵינוֹ מִתְגָּאֶה זֶה נִקְרָא עָנָיו.

"De l'ezov" (hysope) - et non l'ezov de Grèce, ni l'ezov kohli, ni l'ezov romain, ni un ezov qui porte un nom adjoint; seulement de l'ezov sans qualificatif. L'ezov indique l'humilité, comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie (hazal) (Midrach Tan'houma Metsora 3): qu'il s'abaisse comme l'ezov.

Or il se trouve plusieurs sortes d'humilité qui ne sont pas dans la perfection, et la Guemara énumère ici: l'ezov de Grèce, c'est-à-dire celui qui en vérité n'est pas humble, mais dont la sagesse l'oblige à l'être, car c'est ainsi qu'il l'emportera pour ce qu'il désire - par exemple face à un homme plus fort que lui, car s'il s'enorgueillit devant lui, celui-là n'écoutera pas son avis. L'ezov kohli, c'est-à-dire que, parce qu'il voit que les gens tiennent en honneur cette qualité, il se conduit selon elle et se peint lui-même en homme humble (kohli - teint, farde au bleu).

L'ezov du désert, c'est-à-dire celui en qui en vérité il ne se trouve rien de bon dont il puisse s'honorer, et c'est pourquoi il ne se soucie pas de son propre mépris. L'ezov romain, c'est-à-dire celui en qui se trouve tant d'orgueil qu'il ne lui sied de s'enorgueillir que devant de grands hommes.

Seul l'ezov sans qualificatif, c'est-à-dire celui que Hachem béni soit-Il a gratifie de qualités éminentes et de bonnes vertus et qui ne s'enorgueillit pas - celui-là est appelé humble.

מִנַּיִן שֶׁחַיָּיב אָדָם לְהַקְבִּיל פְּנֵי רַבּוֹ בָּרֶגֶל שֶׁנֶּאֱמַר "מַדּוּעַ אַתְּ הוֹלֶכֶת הַיּוֹם לֹא חוֹדֶשׁ וְלֹא שַׁבָּת" מִכְּלָל דִּבְחוֹדֶשׁ וְשַׁבָּת כוּ'. וְהִנֵּה לֹא מֵבִיא עַל רֶגֶל רַק עַל חוֹדֶשׁ וְשַׁבָּת, אַךְ דִּיּוּק הַגְּמָרָא מִדְּנָקַט תַּרְוַיְיהוּ חוֹדֶשׁ וְשַׁבָּת וְדִיְּקוּ מִזֶּה שֶׁקָּאֵי עַל יוֹם טוֹב כִּי יוֹם טוֹב כָּלוּל מִשְּׁתֵּי הַקְּדוּשּׁוֹת מֵרֹאשׁ חוֹדֶשׁ וּמִשַּׁבָּת, כִּי קְדוּשַּׁת שַׁבָּת קְבוּעָה וְקַיְימָא מִבְּלִי שׁוּם שִׁינּוּי וּקְדוּשַּׁת רֹאשׁ חוֹדֶשׁ הוּא בְּיַד יִשְׂרָאֵל, וּקְדוּשַּׁת רֶגֶל הוּא מְעוֹרָב מִשְּׁתֵּיהֶן וְעַל זֶה אֵין בְּיַד יִשְׂרָאֵל לְשַׁנּוֹת שֶׁיַּעֲשׂוּ רֶגֶל בְּיוֹם אַחֵר בַּחוֹדֶשׁ מִכְּפִי שֶׁנִּקְבַּע וְלָכֵן הָרֶגֶל כָּלוּל מִשְּׁתֵּיהֶן, בַּתְּחִילָּה הוּא קָדוֹשׁ בִּקְדוּשַּׁת הַחוֹדֶשׁ וְאַחַר כָּךְ נוֹסָף קְדוּשַּׁת שַׁבָּת וְלָזֶה אָמַר לָהּ תְּחִלָּה חוֹדֶשׁ וְאַחַר כָּךְ שַׁבָּת, וּמִזֶּה לָמְדוּ בַּגְּמָרָא עַל רֶגֶל.

D'où [sait-on] qu'un homme est tenu d'aller saluer son maître lors de la fête? Car il est dit: "Pourquoi vas-tu vers lui aujourd'hui?

Ce n'est ni néoménie ni chabbat" (II Rois 4,23) - d'où il ressort qu'à la néoménie et au chabbat [il y va], etc. Or voici, il n'apporte pas de preuve au sujet de la fête, mais seulement au sujet de la néoménie et du chabbat; mais la déduction précise de la Guemara vient de ce que le verset à mentionné les deux, néoménie et chabbat, et ils en ont déduit que cela vise le jour de fête, car le jour de fête est composé des deux saintetés, de celle de roch hodech (la néoménie) et de celle du chabbat.

Car la sainteté du chabbat est fixée et établie sans aucun changement, tandis que la sainteté de roch hodech est entre les mains d'Israël; et la sainteté de la fête est mêlée des deux: sur elle, il n'est pas au pouvoir d'Israël de changer, de faire la fête un autre jour du mois que celui qui a été fixé, et c'est pourquoi la fête est composée des deux - au début elle est sainte de la sainteté du mois, et ensuite s'y ajoute la sainteté du chabbat. C'est pourquoi il lui a dit d'abord "néoménie" et ensuite "chabbat"; et de la ils ont appris dans la Guemara au sujet de la fête.

מַה שֶּׁסִּדֵּר בֵּיצָה אַחַר סֻכָּה, כִּי בְּסוֹף סֻכָּה [נ"ו:] נִזְכַּר הַמַּעֲשֶׂה בְּמִרְיָם בַּת בִּילְגָּה, וְאִם יִקְשֶׁה לְאָדָם לֵאמֹר וְכִי בִּשְׁבִיל רִיבָא אַחַת יִקְנְסוּ כָּל הַמִּשְׁמָר, עַל זֶה נִשְׁנֵית מַסֶּכֶת בֵּיצָה כְּלוֹמַר בְּלוֹם פִּיךָ כִּי אֵין בֵּית הַבְּלִיעָה מַחְזִיק יוֹתֵר מִבֵּיצַת תַּרְנְגוֹלוֹת, וְהַיְנוּ לֶעָתִיד יְבָרֵר הַש"י שֶׁהַכֹּל הָיוּ בְּמִשְׁפָּט.

Pourquoi [le traité] Beitsa a-t-il été placé après Souka? Car à la fin de Souka [56b] est mentionné l'épisode de Miryam fille de Bilga; et s'il est difficile à un homme de dire: est-ce qu'à cause d'une seule jeûne fille on pénalisera toute la garde sacerdotale? - à ce sujet a été enseigné le traité Beitsa (בֵּיצָה), c'est-à-dire: belom pikha (בְּלוֹם פִּיךָ - ferme ta bouche), car le gosier (beit ha-belia) ne contient pas plus qu'un œuf de poule; et cela veut dire que dans l'avenir Hachem béni soit-Il éclaircira que tout était selon la justice.

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