« Un jeune érudit des Sages qui tranche la loi ne provient que de Lévi ou de Yissa'har. Mais n'y a-t-il pas Yehouda ? » (Yoma 26a) : selon le Mei HaChiloa'h, à D.ieu ne plaise de dire de Yehouda qu'il ne vise pas la vérité ; la question porte sur la conduite dans la Torah en ce monde-ci. Celui qui nie toute la dette est exempt selon la loi, comme dans l'affaire du roseau de Rava. Rava, qui semble de la tribu de Yehouda, sentait que le jugement vrai selon sa vérité profonde était que ce débiteur était redevable, et le Ciel vint à son aide. Dans l'avenir, le fils de David jugera par le flair.
לֹא אָתֵי צוּרְבָא מֵרַבָּנַן דְּמוֹרֶה אֶלָּא אוֹ מִלֵּוִי אוֹ מִיִּשָּׂשכָר וְהָאִיכָּא יְהוּדָה שֶׁנֶּאֱמַר "יְהוּדָה מְחוֹקְקִי", אַסּוֹקֵי שְׁמַעְתָּא אַלִּיבָּא דְּהִלְכְתָא קָאָמֵינָא. הַיְינוּ חָלִילָה עַל יְהוּדָה לוֹמַר שֶׁאֵינוֹ מְכַוֵּון אֶל הָאֱמֶת, רַק עִנְיַן הַהֲלָכָה מוֹרֶה עַל הַהִתְנַהֲגוּת בְּדִבְרֵי תּוֹרָה בָּעוֹלָם הַזֶּה, כְּגוֹן כּוֹפֵר הַכֹּל הַפְּסַק הֲלָכָה שֶׁהוּא פָּטוּר וּבְמַעֲשֶׂה דְּקַנְיָא דְּרָבָא (נדרים כ"ה.) שֶׁבֶּאֱמֶת הָיָה טוֹעֵן שֶׁקֶר אַף שֶׁהָיָה אַלִּיבָּא דְּהִלְכְתָא שֶׁכּוֹפֵר הַכֹּל פָּטוּר עַל פִּי דִּין תּוֹרָה, אַךְ לְפִי הַנִּרְאֶה הָיָה רָבָא מִשֵּׁבֶט יְהוּדָה שֶׁהָיָה מֵרִיחַ וְהִרְגִּישׁ שֶׁהַדִּין אֱמֶת לַאֲמִיתּוֹ הוּא שֶׁזֶּה הַכּוֹפֵר הַכֹּל חַיָּיב, וְהָיָה מֵיצֵר לוֹ שֶׁדָּן דִּין אֱמֶת, אֲבָל לֹא לַאֲמִיתּוֹ וְאִסְתַּעְיָ' לֵיהּ מִשְּׁמַיָּא שֶׁנִּשְׁבַּר הַקַּנְיָא וְאַסֵּיק לֵיהּ שְׁמַעְתְּתָא אַלִּיבָּא דְּהִלְכְתָא וְדָן דִּין אֱמֶת גַּם לַאֲמִיתּוֹ, וְלִפְעָמִים נִמְצָא גַּם הַהֵיפֶךְ כִּי יְכַוֵּון לַאֲמִיתּוֹ אַךְ לֹא יָדִין דִּין אֱמֶת כְּמַעֲשֶׂה דִּמְבוֹאָר בַּגְּמָרָא בְּבָבָא מְצִיעָא דַּף צ"ז דְּשָׁאֲלֵי לֵיהּ לְרָבָא וְהָא פְּשִׁיעָה בִּבְעָלִים הוּא לְסוֹף אִגְּלַאי מִילְּתָא דְּהַאי שַׁעְתָּא לְמֵיסַר טְעוּנָא קָא אָזֵיל, וְזֶה הָעִנְיָן נִמְצָא בְּשֵׁבֶט יְהוּדָה שֶׁהַש"י מוֹשִׁיעַ לוֹ, וְזֶה פֵּירוּשׁ הַגְּמָרָא (שבת י'.) כָּל דַּיָּין שֶׁדָּן דִּין אֱמֶת לַאֲמִתּוֹ נַעֲשֶׂה שׁוּתָּף לְהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, לְאַפּוּקֵי דִּין מְרוּמֶּה הַיְינוּ אֲפִילּוּ שֶׁהַדִּין אֱמֶת אֲבָל לֹא לַאֲמִיתּוֹ אוֹ לְהֵיפֶךְ כַּנַּ"ל, אֲבָל שָׁאנֵי יְהוּדָה שֶׁלֶּעָתִיד יִתְגַּלֶּה אוֹר בֶּן דָּוִד בִּמְהֵרָה בְּיָמֵינוּ שֶׁיִּהְיֶה מוֹרַח וְדָאִין וְלֹא יִהְיֶה אֶצְלוֹ שׁוּם מְצִיאֻת לְדִין מְרוּמֶּה.
"Un jeûne érudit des Sages qui tranche la loi ne provient que de Levi où de Yissakhar. Mais n'y a-t-il pas Yehouda, ainsi qu'il est dit : 'Yehouda est mon législateur' (Psaumes 60,9) ?
C'est de conclure une discussion talmudique conformément à la halakha que je parlais" (Yoma 26a). C'est-à-dire : à D.ieu ne plaise de dire de Yehouda qu'il ne vise pas la vérité ; seulement, la question de la halakha porte sur la conduite dans les paroles de Torah en ce monde-ci, comme par exemple celui qui nie la totalité de la dette (kofer ha-kol : le débiteur qui nie tout), dont la décision halakhique est qu'il est exempt, et comme l'affaire du roseau de Rava (Nedarim 25à), où en vérité celui-là soutenait un mensonge, bien que ce fut conforme à la halakha, puisque celui qui nie tout est exempt selon la loi de la Torah.
Mais d'après ce qu'il apparaît, Rava était de la tribu de Yehouda, lui qui flairait et ressentait que le jugement vrai selon sa vérité profonde était que ce kofer ha-kol est redevable, et cela lui causait de la peine : il rendait un jugement vrai, mais non pas selon sa vérité profonde. Et le Ciel vint à son aide, car le roseau se brisa, et il conclut la discussion conformément à la halakha et rendit un jugement vrai aussi selon sa vérité profonde.
Et parfois se trouve aussi l'inverse : il vise la vérité profonde, mais ne rend pas un jugement vrai, comme l'affaire expliquée dans la Guemara, dans Baba Metsia page 97, où on demanda à Rava : mais n'est-ce pas une négligence commise alors que le propriétaire était à son service (peshia bi-be'alim, cas qui exempte) ? À la fin la chose fut révélée : à cette heure-la, [le propriétaire] était parti attacher la charge.
Et cette affaire se trouve dans la tribu de Yehouda, à qui Hachem béni soit-Il porte secours. Et telle est l'explication de la Guemara (Chabbat 10à) : tout juge qui rend un jugement vrai selon sa vérité profonde devient associé au Saint béni soit-Il, à l'exclusion d'un jugement trompeur, c'est-à-dire même lorsque le jugement est vrai mais non selon sa vérité profonde, où bien l'inverse comme ci-dessus.
Mais Yehouda est différent, car dans l'avenir se révélera la lumière du fils de David, rapidement de nos jours, lui qui jugera par le flair (moriah ve-da'in : il sent et il juge, Sanhédrin 93b), et il n'y aura chez lui aucune possibilité de jugement trompeur.