מי השלוח

Mei HaShiloach — Tome I - Megilot - Rout

Rabbi Mordechai Yosef Leiner d Izbica
En bref

« Tes yeux seront sur le champ où l'on moissonne » (Ruth 2,9) : le Mei HaChiloa'h distingue le semer et le moissonner. Le semer est le commencement, quand l'homme prend sur lui le joug de la royauté des cieux : il doit se restreindre (tsimtsoum) et ne rechercher aucune chose qu'il convoiterait ; « ceux qui sèment dans les larmes », car la larme est un terme de restriction. Au temps de la moisson, lorsque le cœur de l'homme est purifié et ne convoite que la volonté de D.ieu, il lui est permis de s'étendre dans son désir, car le champ fait allusion à l'expansion des désirs.

Aussi : « que ton salaire soit entier » : toute l'œuvre est appelée de ton nom, pensée comme acte ; à celui qui suspend ses actions à D.ieu, D.ieu suspend la pensée à ses actions.

עֵינַיִךְ בַּשָּׂדֶה אֲשֶׁר יִקְצֹרוּן. "עֵינַיִךְ בַּשָּׂדֶה" הַיְינוּ שֶׁתּוּכַל לְהִתְפַּשֵּׁט, "אֲשֶׁר יִקְצֹרוּן" שֶׁבֶּטַח תִּגְמֹר לְטוֹב.

וְהִנֵּה יֵשׁ זְרִיעָה וּקְצִירָה, זְרִיעָה הַיְינוּ הַהַתְחָלָה שֶׁהָאָדָם מְקַבֵּל עָלָיו עוֹל מַלְכוּת שָׁמַיִם, אָז צָרִיךְ לְצַמְצֵם אֶת עַצְמוֹ מִבְּלִי לָתוּר אַחַר שׁוּם דָּבָר שֶׁיַּחְמֹד, כְּמוֹ שֶׁכָּתוּב (במדבר ט"ו,ל"ט) "וְלֹא תָתוּרוּ אַחֲרֵי לְבַבְכֶם וְאַחֲרֵי עֵינֵיכֶם", וְעַל זֶה נֶאֱמַר (תהלים קכ"ו,ה') "הַזֹּרְעִים בְּדִמְעָה", וְדִמְעָה הַיְינוּ לְשׁוֹן צִמְצוּם כְּמוֹ דְּאִיתָא בַּגְּמָרָא מִדִּכְתִיב "וְדִמְעֲךָ" לָמְדוּ מִזֶּה שֶׁחִטָּה אַחַת פּוֹטֶרֶת אֶת הַכְּרִי. וְכָל זֶה הוּא בִּזְמַן הַזְּרִיעָה, אֲבָל בִּזְמַן הַקְּצִירָה הַיְינוּ שֶׁלִּבּוֹ שֶׁל אָדָם מְזֻכָּךְ וְאֵינוֹ חוֹמֵד רַק לְדָבָר שֶׁהוּא רְצוֹן ה' זֶה מֻתָּר לְהִתְפַּשֵּׁט בִּרְצוֹנוֹ, וְעַל זֶה נֶאֱמַר "עֵינַיִךְ בַּשָּׂדֶה אֲשֶׁר יִקְצוֹרוּן", הַיְינוּ בִּזְמַן קְצִירָה מֻתָּר לְהִתְפַּשֵּׁט אַחֲרֵי עֵינָיו, כִּי שָׂדֶה רוֹמֵז עַל הִתְפַּשְּׁטוּת הָרְצוֹנוֹת, וְלָכֵן נֶאֱמַר בְּעֵשָׂו (בראשית כ"ה,כ"ז) "אִישׁ שָׂדֶה" שֶׁהָלַךְ אַחַר לִבּוֹ בְּכָל חֶפְצוֹ.

אֲבָל בְּעוֹד שֶׁאֵין לֵב הָאָדָם מְזֻכָּךְ אָסוּר לְהִתְפַּשֵּׁט, וּבְעֵת שֶׁלֵּב הָאָדָם מְזֻכָּךְ נִקְרָא "שָׂדֶה אֲשֶׁר בֵּרֲכוֹ ה'".

"Tes yeux seront sur le champ où l'on moissonné" (Ruth 2,9). "Tes yeux seront sur le champ", c'est-à-dire que tu pourras t'étendre; "où l'on moissonné", c'est-à-dire qu'à coup sur tu achèveras pour le bien.

Or il y a un semer et un moissonner. Le semer, c'est le commencement, lorsque l'homme prend sur lui le joug de la royauté des cieux: il doit alors se restreindre (tsimtsoum, contraction volontaire de soi) et ne partir à la recherche d'aucune chose qu'il convoiterait, comme il est écrit (Nombres 15,39) "et vous n'explorerez pas à la suite de votre cœur et à la suite de vos yeux".

Et c'est de cela qu'il est dit (Psaumes 126,5) "ceux qui sèment dans les larmes"; et "larme" (dim'à) est un terme de restriction, comme il est enseigné dans la Guemara: du verset "et ta dim'à" (le jus de tes pressoirs, Exode 22,28) ils ont appris qu'un seul grain de blé acquitte tout le tas. Et tout cela vaut au temps des semailles.

Mais au temps de la moisson, c'est-à-dire lorsque le cœur de l'homme est purifié et qu'il ne convoite plus que ce qui est la volonté de ה', alors il lui est permis de s'étendre dans son désir. Et c'est de cela qu'il est dit "tes yeux seront sur le champ où l'on moissonné", c'est-à-dire qu'au temps de la moisson il est permis de s'étendre à la suite de ses yeux, car le champ fait allusion à l'expansion des désirs.

C'est pourquoi il est dit d'Esav (Genèse 25,27) "un homme des champs", car il allait à la suite de son cœur en tout ce qu'il désirait. Mais tant que le cœur de l'homme n'est pas purifié, il lui est interdit de s'étendre; et au moment où le cœur de l'homme est purifié, il est appelé "un champ que ה' à béni" (Genèse 27,27).

יְשַׁלֵּם ה' פָּעֳלֵךְ וּתְהִי מַשְׂכֻּרְתֵּךְ שְׁלֵמָה. בְּמִדְרַשׁ רוּת [רבה פרשה ה',ד'] אִיתָא אָמַר רַבִּי חָסָא, "אֲשֶׁר בָּאת לַחֲסוֹת תַּחַת כְּנָפָיו".

הַיְינוּ כִּי "וּתְהִי מַשְׂכֻּרְתֵּךְ שְׁלֵימָה" מַשְׁמַע כָּל הַפְּעוּלָּה תִּהְיֶה נִקְרָא עַל שְׁמֵךְ הֵן הַמַּחְשָׁבָה הֵן הַפְּעוּלָּה, וּבֶאֱמֶת הַמַּחְשָׁבָה בְּיַד הַש"י וְעַל זֶה אָמַר רַבִּי חָסָא "אֲשֶׁר בָּאת לַחֲסוֹת תַּחַת כְּנָפָיו" הַיְינוּ הַחוֹסֶה בַּה' וְתוֹלֶה כָּל פְּעוּלּוֹתָיו בְּהַש"י, אֲזַי הַש"י נוֹתֵן לוֹ מִדָּה בְּמִדָּה שֶׁתּוֹלֶה אַף הַמַּחְשָׁבָה עַל פְּעוּלּוֹת הָאָדָם. וְלָזֶה נִקְרָא רַבִּי חָסָא כִּי כָל תַּנָּא נִקְרָא עַל שֵׁם הַמַּאֲמָר, וְחָסָא הוּא לְשׁוֹן חוֹסֶה בְּצֵל כְּנָפָיו.

וְזֶהוּ מַאֲמַר הַמִּדְרָשׁ (שיר השירים רבה פרשה ג',כ"א) מַה "בָּעֲטָרָה שֶׁעִטְּרָה לּוֹ אִמּוֹ" כוּ' לֹא זָז מֵחַבְּבָהּ עַד שֶׁקְּרָאָהּ אִמִּי, הַיְינוּ אַחַר שֶׁאָמַר דָּוִד הַמֶּלֶךְ עָלָיו הַשָּׁלוֹם (דברי הימים א' כ"ט,י"ד) "וּמִיָּדְךָ נָתַנּוּ לָךְ", הַיְינוּ שֶׁתָּלָה כָּל הַמַּעֲשֶׂה בְּהַש"י, לָזֹאת לֹא זָז מֵחַבְּבָהּ עַד שֶׁקְּרָאָהּ אִמִּי, אִמִּי הַיְינוּ הַמַּחְשָׁבָה, וְהוּא כִּי אַף הַמַּחְשָׁבָה נִקְרֵאת עַל שְׁמֵךְ, וְעַל זֶה נֶאֱמַר בַּמִּדְרָשׁ (במדבר רבה פרשה י"ב,כ"ג) אֵצֶל הַנְּשִׂיאִים "קַח מֵאִתָּם" הַיְינוּ כִּי מֹשֶׁה רַבֵּינוּ עָלָיו הַשָּׁלוֹם חָלְשָׁה דַּעְתּוֹ בִּרְאוֹתוֹ מַעֲשֵׂה הַנְּשִׂיאִים וְהַש"י אָמַר לוֹ לִיקַּח מֵאִתָּם כִּי זֹאת הוּא מַעֲשֵׂה יָדָם, וְהַיְינוּ כִּי נְתַנְאֵל בֶּן צוּעָר הִשִּׂיאָן עֵצָה הַלֵּזוּ וְהוּא יָדַע אֲשֶׁר "ה' יִתֵּן חָכְמָה מִפִּיו" כוּ' (משלי ב',ו'), לָזֹאת קָרָא הַדָּבָר עַל שְׁמָם כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר בִּמְקוֹמוֹ בְּפָרָשַׁת נָשֹׂא [ד"ה ויביאו].

"Que ה' paie ton œuvre, et que ton salaire soit entier" (Ruth 2,12). Dans le Midrach sur Ruth [Ruth Rabba, parachah 5,4] il est enseigné: Rabbi Hassa a dit: "toi qui es venue t'abriter sous Ses ailes".

Voici ce que cela signifie: "que ton salaire soit entier" implique que toute l'œuvre sera appelée de ton nom, aussi bien la pensée que l'acte. Or en vérité la pensée est dans la main du Nom béni soit-Il (haChem Yitbarakh, abréviation rabbinique du Nom, qu'Il soit béni); et c'est sur cela que Rabbi Hassa a dit "toi qui es venue t'abriter sous Ses ailes", c'est-à-dire: celui qui s'abrite en ה' et suspend toutes ses actions au Nom béni soit-Il, alors Hachem béni soit-Il lui donne mesure pour mesure, en suspendant même la pensée aux actions de l'homme.

Et c'est pour cela qu'il est appelé Rabbi Hassa, car tout Tanna (sage de l'époque de la Michna) est nomme d'après son enseignement, et Hassa est un terme d'abri (hosseh), celui "qui s'abrite à l'ombre de Ses ailes". Et tel est le propos du Midrach (Chir haChirim Rabba, parachah 3,21): que signifie "la couronne dont sa mère l'a couronne", etc. - Il ne cessa de la chérir jusqu'à ce qu'Il l'appelle "ma mère".

C'est-à-dire: après que le roi David, la paix soit sur lui, eut dit (Chroniques I 29,14) "et c'est de Ta main que nous T'avons donne", c'est-à-dire qu'il suspendit toute l'œuvre au Nom béni soit-Il, pour cela Il ne cessa de la chérir jusqu'à ce qu'Il l'appelle "ma mère"; et "ma mère", c'est la pensée. Cela veut dire que même la pensée est appelée de ton nom.

Et c'est sur cela qu'il est dit dans le Midrach (Bamidbar Rabba, parachah 12,23), à propos des princes: "prends d'eux", c'est-à-dire que Moche notre maître, la paix soit sur lui, fut affligé en voyant l'acte des princes, et Hachem béni soit-Il lui dit de prendre d'eux, car cela était l'œuvre de leurs mains. Et cela parce que Netanel ben Tsouar leur avait suggère ce conseil, et il savait que "ה' donne la sagesse, de Sa bouche viennent" etc.

(Proverbes 2,6); pour cela Il appela la chose de leur nom, comme cela a été expliqué en son lieu, dans la parachah Nasso [s.v. "et ils apportèrent"].

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