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Mei HaShiloach — Tome I - Devarim - Ha'Azinu

Rabbi Mordechai Yosef Leiner d Izbica
En bref

« Prêtez l'oreille, cieux, et je parlerai ; et que la terre entende » (Devarim 32,1) : le Midrach dit que Moché, proche des cieux, a donné l'écoute aux cieux, et Yechayahou, proche de la terre, l'a donnée à la terre. Le Mei HaChiloa'h explique que Moché est le cerveau et la sagesse d'Israël, appelés « cieux », capables de recevoir même des choses dures. Yechayahou est le cœur d'Israël, qui crie sans cesse vers le salut et ne reçoit qu'une chose apaisante. « Je parlerai » (dibbour) est un langage de dureté, « que la terre entende » (amira) un langage de douceur, que l'on adresse au cœur, appelé « terre ».

Aussi : la Torah saisit la nuque de celui qui ne voulait pas s'en approcher, puis sa parole coule comme la rosée ; chacun multiplie les paroles de Torah à l'endroit de son manque ; D.ieu est père et beau-père d'Israël.

הַאֲזִינוּ הַשָּׁמַיִם וַאֲדַבֵּרָה וְתִשְׁמַע הָאָרֶץ אִמְרֵי פִי. אִיתָא בַּמִּדְרָשׁ (ספרי האזינו פיסקא א') מֹשֶׁה עַל יְדֵי שֶׁהָיָה קָרוֹב לַשָּׁמַיִם נָתַן הַאֲזָנָה לַשָּׁמַיִם, וִישַׁעְיָה שֶׁהָיָה קָרוֹב לָאָרֶץ נָתַן הַאֲזָנָה לָאָרֶץ, פֵּרוּשׁ דְּמֹשֶׁה רַבֵּינוּ עָלָיו הַשָּׁלוֹם הוּא הַמּוֹחַ וְהַחָכְמָה שֶׁל כָּל יִשְׂרָאֵל וְזֶה נִקְרָא שָׁמַיִם, וְהַמּוֹחַ יֵשׁ לוֹ יְכֹלֶת לְקַבֵּל אַף דְּבָרִים הַקָּשִׁים לְאָדָם כְּגִידִין.

וִישַׁעְיָה הוּא הַלֵּב שֶׁל כָּל יִשְׂרָאֵל וְעִנְיַן הַלֵּב שֶׁצּוֹעֶקֶת תָּמִיד לִישׁוּעָה וְאֵינָהּ יְכוֹלָה לְקַבֵּל רַק דְּבַר נַיְיחָא, וְזֶה עִנְיַן שְׁמוֹ שֶׁל יְשַׁעְיָה, וְזֶה "הַאֲזִינוּ הַשָּׁמַיִם", הַיְנוּ הַכֹּחוֹת הַגְּדוֹלִים הַנִּקְרָאִים שָׁמַיִם שֶׁהוּא הַמּוֹחַ שֶׁיֵּשׁ לוֹ כֹּחַ לְקַבֵּל הַכֹּל. "וַאֲדַבֵּרָה", דִּבּוּר לְשׁוֹן קָשֶׁה, "וְתִשְׁמַע הָאָרֶץ אִמְרֵי פִי", אֲמִירָה לְשׁוֹן רַכָּה.

וְהַיְנוּ לְהַלֵּב שֶׁיִּקָּרֵא אֶרֶץ וְהִיא צְמֵאָה תָּמִיד לִישׁוּעָה תֹּאמַר לְשׁוֹן רַכָּה. "יַעֲרֹף כַּמָּטָר לִקְחִי", הַיְנוּ שֶׁהַתּוֹרָה אוֹחֵז בְּעָרְפּוֹ שֶׁל אָדָם בְּחָזְקָה לְמִי שֶׁלֹּא רָצָה לְקָרֵב אֵלֶיהָ וּבְעַל כָּרְחוֹ צָרִיךְ לְקַבֵּל עָלָיו עֹל תּוֹרָה וּמִיָּד כְּשֶׁמְּקַבֵּל עָלָיו עֹל תּוֹרָה, "תִּזַּל כַּטַּל אִמְרָתִי", הַיְנוּ הַד"ת תִּהְיֶה אֶצְלוֹ בְּנַיְיחָא וּבְשִׂמְחָה.

"Prêtez l'oreille, cieux, et je parlerai ; et que la terre entende les paroles de ma bouche" (Devarim 32,1). Il est dit dans le Midrach (Sifri Haazinou, piska 1) : Moche, parce qu'il était proche des cieux, à donné l'écoute aux cieux ; et Yechayahou, qui était proche de la terre, à donné l'écoute à la terre.

Explication : Moche notre maître, que la paix soit sur lui, est le cerveau (moah) et la sagesse ('hokhma) de tout Israël, et cela s'appelle "cieux" ; et le cerveau à la capacité de recevoir même des choses dures à l'homme comme des tendons (guidin). Et Yechayahou est le cœur de tout Israël ; et le propre du cœur est qu'il crie sans cesse vers le salut (yechoua) et qu'il ne peut recevoir qu'une chose apaisante (nayha), et c'est la le sens du nom de Yechayahou.

Et c'est la "prêtez l'oreille, cieux", c'est-à-dire les grandes forces appelées "cieux", qui sont le cerveau, lequel à la force de tout recevoir. "Et je parlerai" : le terme dibbour (parole) est un langage de dureté.

"Et que la terre entende les paroles de ma bouche" : amira (dire) est un langage de douceur. C'est-à-dire qu'au cœur, qui est appelé "terre" et qui est toujours assoiffé de salut, tu diras un langage de douceur.

"Mon enseignement s'egouttera comme la pluie" (Devarim 32,2) : le verbe yaarof, s'égoutter, tient du mot oref, la nuque - c'est-à-dire que la Torah saisit avec force la nuque de l'homme, celui qui n'a pas voulu s'approcher d'elle, et malgré lui il lui faut accepter sur lui le joug de la Torah ; et aussitôt qu'il accepté sur lui le joug de la Torah, "ma parole coulera comme la rosée", c'est-à-dire que les paroles de Torah (divrei Torah, en abrégé ד"ת) seront chez lui dans l'apaisement et dans la joie.

כִּשְׂעִירִם עֲלֵי דֶשֶׁא. פֵּרֵשׁ רַשִׁ"י כָּל עֲשָׂבִים בִּכְלָל נִקְרָאִים דֶּשֶׁא כְּשֶׁהָאָרֶץ מִתְלַבֶּשֶׁת בִּדְשָׁאִים, וְהַיְנוּ כָּל תַּרְיַ"ג מִצְוֹת בִּכְלָל שֶׁשַּׁיָּכִים לְכָל יִשְׂרָאֵל.

"וְכִרְבִיבִים עֲלֵי עֵשֶׂב", פֵּרֵשׁ רַשִׁ"י כָּל מִין וָמִין בִּפְנֵי עַצְמוֹ קָרוּי עֵשֶׂב, הַיְנוּ נֶגֶד כָּל אִישׁ יִשְׂרָאֵל בִּפְרָט אֲשֶׁר כָּל אֶחָד מַכִּיר נֶגַע לְבָבוֹ, וְהַחֶסְרוֹן שֶׁיֵּשׁ לָזֶה אֵינוֹ דּוֹמֶה לָזֶה, עַל כֵּן בְּאוֹתָהּ מִדָּה שֶׁיּוֹדֵעַ כָּל אֶחָד חֶסְרוֹנוֹ בָּהּ, צָרִיךְ לְהַטִּיף שָׁם תָּמִיד אוֹתוֹ ד"ת הַשַּׁיָּכִים לְאוֹתוֹ חֶסְרוֹן עַד שֶׁיֻּשְׁלַם בְּאוֹתוֹ מָקוֹם וְהַיְנוּ "כִּרְבִיבִים עֲלֵי עֵשֶׂב", "כִּרְבִיבִים" הוּא לְשׁוֹן רַב הַיְנוּ שֶׁתַּרְבֶּה ד"ת בְּאוֹתוֹ מָקוֹם אֲשֶׁר יֵשׁ לְךָ הַחֶסְרוֹן.

"Comme des ondées sur la verdure" (Devarim 32,2). Rachi à expliqué : toutes les herbes prises dans leur ensemble sont appelées dèche (verdure), lorsque la terre se revêt de verdure.

Et c'est l'ensemble des taryag mitsvot (les 613 commandements ; taryag, תרי"ג, vaut 613) en général, qui concernent tout Israël. "Et comme des gouttes de pluie (revivim) sur le gazon (essev)" : Rachi à expliqué que chaque espèce prise à part est appelée essev.

C'est-à-dire en regard de chaque homme d'Israël en particulier, chacun reconnaissant la plaie de son cœur (nega levavo, le point exact où il est atteint) ; et le manque qu'à l'un ne ressemble pas à celui de l'autre. C'est pourquoi, dans la mesure même où chacun connaît son manque, il faut faire distiller la sans cesse les paroles de Torah qui se rapportent à ce manque, jusqu'à ce qu'il soit complète en cet endroit même.

Et c'est la "comme des revivim sur le gazon" : revivim est un terme de rav (abondance, multiplication), c'est-à-dire que tu multiplieras les paroles de Torah en cet endroit même où se trouve ton manque.

כִּי שֵׁם ה' אֶקְרָא. אָמַר מֹשֶׁה רַבֵּינוּ עָלָיו הַשָּׁלוֹם מִפְּנֵי מָה אֲנִי מַשְׁתִּיק כָּל הַכֹּחוֹת בָּעוֹלָמוֹת הָעֶלְיוֹנִים הַנִּקְרָאִים שָׁמַיִם וְכָל הַכֹּחוֹת שֶׁנִּמְצְאוּ בָּאָרֶץ, הַיְינוּ מִפְּנֵי שֶׁאֲנִי קוֹרֵא וְצוֹעֵק שֶׁיִּכָּנְסוּ ד"ת בְּלֵב כָּל אִישׁ יִשְׂרָאֵל הַנִּקְרָאִים "שֵׁם ה'", "הָבוּ גוֹדֶל לֵאלֹקֵינוּ", הַיְינוּ מְקוֹם רֶיוַח וְהִתְפַּשְּׁטוּת וְתִהְיוּ כֻּלָּם מְסַיְּעִים לָזֹאת וְלֹא תִּהְיוּ מוֹנְעִים, וַאֲפִילּוּ כָּל הַחִיצוֹנִים כְּגוֹן נְבוּכַדְנֶצַּר וַחֲבֵירָיו וְכָל כֹּחוֹת הָאָרֶץ הַנִּמְצָאִים בָּעוֹלָם הַזֶּה הַנִּקְרָאִים חוּרְגֵי דְיוֹמָא מִפְּנֵי שֶׁהוֹמִים מְאֹד בְּלֵב הָאָדָם, כֻּלָּם יִתְבַּטְּלוּ כְּדֵי שֶׁיּוּכַל לִכָּנֵס ד"ת בְּלֵב יִשְׂרָאֵל, וְעַכְשָׁיו הִתְחִיל דָּבָר הַד"ת לְיִשְׂרָאֵל מִכֵּיוָן שֶׁהִשְׁתִּיק כֻּלָּם.

"Car je proclamerai le nom de ה'" (Devarim 32,3). Moche notre maître, que la paix soit sur lui, à dit : pour quelle raison est-ce que je fais taire toutes les forces des mondes supérieurs, appelées cieux, et toutes les forces qui se trouvent sur la terre ?

C'est parce que j'appelle et je crie pour que les paroles de Torah entrent dans le cœur de chaque homme d'Israël, lesquelles sont appelées "le nom de ה'". "Rendez grandeur à notre Elok-im" : c'est-à-dire un lieu d'espace (revah) et de déploiement (hitpachtout), et que tous vous soyez en aide à cela et ne soyez pas des empêchements.

Et même toutes les forces extérieures (hitsonim), comme Nevoukhadnetsar et ses compagnons, et toutes les forces de la terre qui se trouvent en ce monde-ci, appelées hourguei di-yoma (les fines particules de poussière que l'on aperçoit dans un rai de lumière, à peine visibles ; voir Yoma 20b), parce qu'elles font grand tumulte dans le cœur de l'homme - toutes s'annuleront, afin que les paroles de Torah puissent entrer dans le cœur d'Israël. Et maintenant il commença à dire les paroles de Torah à Israël, puisqu'il les avait toutes fait taire.

הַצּוּר תָּמִים פָּעֳלוֹ. פֵּירוּשׁ שֶׁזֹּאת תֵּדְעוּ וְתָבִינוּ, כִּי כָל מַעֲשֶׂה שֶׁאַתֶּם עוֹשִׂים הַכֹּל הוּא מִמֶּנּוּ יִתְבָּרַךְ וּבִלְעָדוֹ לֹא יָרִים אִישׁ אֶת יָדוֹ וְאֶת רַגְלוֹ לַעֲשׂוֹת אֵיזֶה דָּבָר, וְלֹא תִתְגָּאוּ בְּמַעֲשֵׂיכֶם כְּלָל.

"שִׁחֵת לוֹ לֹא", הַיְינוּ פֶּן תֹּאמְרוּ הוֹאִיל וְהַכֹּל בִּידֵי שָׁמַיִם, עַל כֵּן הַחֶסְרוֹנוֹת שֶׁיֵּשׁ לָכֶם הֵם גַּם כֵּן מִמֶּנּוּ חַס וְשָׁלוֹם, אַל תֹּאמְרוּ כֵן, כִּי כָל הַטּוֹבוֹת שֶׁאַתֶּם עוֹשִׂים תִּתְלוּ בְּהַש"י וְכָל הַחֶסְרוֹנוֹת תִּתְלוּ בָּכֶם. "בָּנָיו מוּמָם", הַיְינוּ בְּאוֹתוֹ מָקוֹם שֶׁהֵם בָּנָיו כְּשֶׁהֵם טוֹבִים מְאֹד שָׁם נִמְצָא מוּמָם גַּם כֵּן.

כִּי כָל הַגָּדוֹל מֵחֲבֵירוֹ יִצְרוֹ גָּדוֹל מִמֶּנּוּ (סוכה נ"ב.). "דּוֹר עִקֵּשׁ וּפְתַלְתֹּל", עִקֵּשׁ הַיְינוּ מִי שֶׁמִּתְעַקֵּשׁ נֶגֶד ה' וְאֵינוֹ עוֹשֶׂה רְצוֹן ה' מֵחֲמַת שֶׁנִּמְשָׁךְ תָּמִיד אַחַר הֲנָאַת עַצְמוֹ, "וּפְתַלְתֹּל" הוּא לְהֵיפֶךְ שֶׁמְּסַגֵּף וּמַגְדִּיר אֶת עַצְמוֹ לַה' בְּמָקוֹם שֶׁאֵין צָרִיךְ כְּלָל וּמְעַנֶּה אֶת עַצְמוֹ יוֹתֵר מִדַּאי וְהוּא גַּם כֵּן עֲבֵירָה כְּמוֹ שֶׁכָּתוּב (משלי י"א,י"ז) "וְעוֹכֵר שְׁאֵרוֹ אַכְזָרִי".

"Le Rocher, Son œuvre est parfaite" (Devarim 32,4). Explication : sachez et comprenez ceci, que toute action que vous faites vient tout entière de Lui, béni soit-Il, et sans Lui nul ne lèverait sa main ni son pied pour faire quoi que ce soit ; et ne vous enorgueillissez nullement de vos actes.

"La corruption n'est pas la Sienne" (Devarim 32,5) : c'est-à-dire, de peur que vous ne disiez : puisque tout est entre les mains du Ciel, les manques qui sont en vous viennent donc eux aussi de Lui, à D.ieu ne plaise. Ne dites pas cela ; car tout le bien que vous faites, vous l'attribuerez au Nom béni soit-Il (Hachem yitbarakh, en abrégé הש"י), et tous les manques, vous les attribuerez à vous-mêmes.

"Ses fils, leur taré" : c'est-à-dire qu'à l'endroit même où ils sont Ses fils, la où ils sont très bons, la se trouve aussi leur taré. Car quiconque est plus grand que son prochain, son penchant (yetser) est plus grand que lui (Souka 52a).

"Génération tortueuse et retorse" : ikech (tortueux), c'est celui qui s'obstine contre ה' et ne fait pas la volonté de ה' parce qu'il est constamment entraîne à la suite de son propre plaisir. "Et retorse" (petaltol) est l'inverse : celui qui se mortifie et s'impose des restrictions pour ה' la où il n'en est nul besoin, et qui s'afflige plus que de raison ; et cela aussi est une transgression, ainsi qu'il est écrit (Michlei 11,17) : "et celui qui trouble sa propre chair est cruel".

הֲלַה' תִּגְמְלוּ זֹאת. הַיְינוּ שֶׁתִּרְצוּ לִתְלוֹת גַּם הָרַע שֶׁלָּכֶם בּוֹ יִתְבָּרַךְ.

"הֲלֹא הוּא אָבִיךָ קָּנֶךָ" פֵּירוּשׁ שֶׁיֵּשׁ לוֹ עֲלֵיכֶם בְּחִינוֹת אָב וְגַם בְּחִינַת חוֹתֵן וְזֶהוּ קָּנֶךָ, שֶׁדֶּרֶךְ הָאָב אַף שֶׁבְּנוֹ אֵינוֹ מִתְנַהֵג בְּדֶרֶךְ הַיָּשָׁר כָּל כָּךְ אַף עַל פִּי כֵן רַחֲמָיו עָלָיו, וְדֶרֶךְ הַחוֹתֵן שֶׁבִּקֵּשׁ לוֹ בָּחוּר מֻפְלָג וּמְמֻלָּא בְּכָל טוֹבוֹת, וְזֶה שֶׁכָּתוּב "הֲלֹא הוּא אָבִיךָ" שֶׁרַחֲמָיו עָלֶיךָ כְּאָב עַל בְּנוֹ אַף אִם אֵינוֹ מִתְנַהֵג בְּדֶרֶךְ הַטּוֹב, "קָּנֶךָ" הַיְינוּ שֶׁמִּתְפָּאֵר עַצְמוֹ שֶׁאַתֶּם הַמְעוּלִּים וְהַמְשׁוּבָּחִים כְּמוֹ שֶׁמִּתְפָּאֵר הַחוֹתֵן כְּשֶׁיֵּשׁ לוֹ חָתָן טוֹב.

"Est-ce à ה' que vous rendez cela ?" (Devarim 32,6). C'est-à-dire que vous voudriez attribuer aussi votre mal à Lui, béni soit-Il.

"N'est-Il pas ton père, ton acquéreur ?" Explication : Il a envers vous l'aspect (behina) de père et aussi l'aspect de beau-père (hoten), et c'est la "ton acquéreur". Car la voie du père est que, même si son fils ne se conduit pas si droitement, sa miséricorde est néanmoins sur lui ; et la voie du beau-père est qu'il s'est cherche un jeûne homme d'exception, rempli de toutes les qualités.

Et c'est ce qui est écrit "n'est-Il pas ton père", que Sa miséricorde est sur toi comme celle d'un père pour son fils, même s'il ne se conduit pas dans la bonne voie ; "ton acquéreur", c'est-à-dire qu'Il Se glorifie de ce que vous êtes les plus excellents et les plus loués, comme se glorifie le beau-père lorsqu'il a un bon gendre.

זְכֹר יְמוֹת עוֹלָם. הַיְינוּ פָּרָשַׁת בְּרֵאשִׁית עַד "וַיְכֻלּוּ הַשָּׁמַיִם", "בִּינוּ שְׁנוֹת דּוֹר וָדוֹר" הַיְינוּ הַשְּׁנֵי סְדָרוֹת בְּרֵאשִׁית נֹחַ, יוֹ"ד דּוֹרוֹת שֶׁמֵּאָדָם וְעַד נֹחַ וְיוֹ"ד דּוֹרוֹת שֶׁמִּנֹּחַ וְעַד אַבְרָהָם וְהָעֵסֶק שֶׁהָיָה לְהַש"י בָּהֶם הָאֵיךְ הָיָה מִתְנַהֵג בָּהֶם.

"שְׁאַל אָבִיךָ וְיַגֵּדְךָ", הַיְינוּ שֶׁתִּלְמוֹד סְדָרוֹת שֶׁל אַבְרָהָם אָבִינוּ וְהֵם לֶךְ לְךָ, וַיֵּרָא, חַיֵּי שָׂרָה. "זְקֵנֶיךָ וְיֹאמְרוּ לָךְ", הַיְינוּ הַסְּדָרוֹת שֶׁל יִצְחָק וְיַעֲקֹב שֶׁהִיא עַד סוֹף סֵדֶר בְּרֵאשִׁית, וְהָבֵן הָעֵסֶק וְהַמַּשָּׂא וּמַתָּן הַגָּדוֹל שֶׁהָיָה לְהַש"י עִם הָאָבוֹת.

וּלְכָךְ נֶאֱמַר בְּאַבְרָהָם "וְיַגֵּדְךָ" וְלֹא נֶאֱמַר וְיַגֵּד לְךָ, הַיְינוּ מִפְּנֵי שֶׁאַבְרָהָם עָלָיו הַשָּׁלוֹם הָיָה מַרְעִישׁ הָעוֹלָם, עַד שֶׁהִכְנִיס כֹּחַ בָּאָדָם שֶׁיַּגִּיד גְּדוּלַּת הַש"י כָּל אֶחָד מִיִּשְׂרָאֵל מֵאֵלָיו, וְזֶהוּ "וְיַגֵּדְךָ" שֶׁיּוּכַל כָּל אָדָם לְהַגִּיד נִפְלְאוֹת ה׳ מֵעַצְמוֹ.

"Souviens-toi des jours d'autrefois" (Devarim 32,7). C'est-à-dire la section de Berechit jusqu'à "et furent achevés les cieux" (Berechit 2,1).

"Comprenez les années de chaque génération" : ce sont les deux sections Berechit et Noa'h, les dix (youd) générations qui vont d'Adam à Noa'h et les dix générations qui vont de Noa'h à Avraham, et l'occupation qu'eut avec elles Hachem béni soit-Il, la manière dont Il Se conduisit avec elles. "Interrogé ton père et il te racontera" : c'est-à-dire que tu étudieras les sections d'Avraham notre père, qui sont Lekh Lekha, Vayera, Hayei Sara.

"Tes anciens et ils te diront" : ce sont les sections de Yitshak et de Yaakov, qui vont jusqu'à la fin du livre de Berechit ; et comprends l'occupation et le grand commerce (massa oumatan, littéralement le donner et prendre) qu'eut Hachem béni soit-Il avec les Patriarches. Et c'est pourquoi il est dit à propos d'Avraham "veyaguedekha" (et il te racontera, en un seul mot) et non "veyagued lekha" (en deux mots) : parce qu'Avraham, que la paix soit sur lui, ebranlait le monde, au point d'introduire dans l'homme la force de dire la grandeur du Nom béni soit-Il, chacun d'Israël de lui-même ; et c'est la "veyaguedekha", que tout homme puisse dire les merveilles de ה' de lui-même.

בְּהַנְחֵל עֶלְיוֹן גּוֹיִם כוּ׳ יַצֵּב גְּבֻלֹת עַמִּים לְמִסְפַּר בְּנֵי יִשְׂרָאֵל. הַיְינוּ מָה הָיְתָה כַּוָּנָתוֹ בִּבְרִיאַת עוֹלָם וּבְכָל הַדּוֹרוֹת עַד אַבְרָהָם אָבִינוּ עָלָיו הַשָּׁלוֹם בִּכְדֵי שֶׁיָּבוֹאוּ אֻמָּה הַיִּשְׂרְאֵלִית לָעוֹלָם.

"יַצֵּב גְּבוּלוֹת עַמִּים" הַיְינוּ מֵאַיִן נִמְצָא הַקִּיּוּם שֶׁל הָאֻמּוֹת בָּעוֹלָם, הוּא "לְמִסְפַּר בְּנֵי יִשְׂרָאֵל" הַיְינוּ מֵהַהַשְׁפָּעוֹת וְהַחַיִּים שֶׁנִּשְׁפָּע לְיִשְׂרָאֵל מִשָּׁם נוֹטְלִים הָאֻמּוֹת הַפְּסֹלֶת שֶׁל יִשְׂרָאֵל וּמֵהֶם יְכוֹלִים לְהִתְקַיֵּם בָּעוֹלָם, "כִּי חֵלֶק ה׳ עַמּוֹ יַעֲקֹב חֶבֶל נַחֲלָתוֹ" וְיִשְׂרָאֵל הֵם הָעִיקָּר.

"Quand le Très-Haut donna aux nations leur héritage, etc., Il fixa les frontières des peuples selon le nombre des enfants d'Israël" (Devarim 32,8). C'est-à-dire : quelle fut Son intention (kavana) dans la création du monde et dans toutes les générations jusqu'à Avraham notre père, que la paix soit sur lui ?

Afin que la nation israélite vienne au monde. "Il fixa les frontières des peuples" : c'est-à-dire d'où provient la subsistance (kiyoum) des nations dans le monde ; elle est "selon le nombre des enfants d'Israël", c'est-à-dire que des influx (hachpaot) et de la vie qui sont déversés sur Israël, de la les nations prennent le rebut (pessolet) d'Israël, et par lui elles peuvent subsister dans le monde.

"Car la part de ה' est Son peuple, Yaakov est le lot de Son héritage" (Devarim 32,9) - et Israël est l'essentiel.

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