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Mei HaShiloach — Tome I - Vayikra - Achrei Mot

Rabbi Mordechai Yosef Leiner d Izbica
En bref

« Parle à Aharon ton frère, et qu'il ne vienne pas en tout temps » (Vayikra 16,2) : selon le Mei HaChiloa'h, « en tout temps » est comme « selon tout le désir de ton âme ». La sainteté de Nadav et Avihou ne les a pas sauvés d'une teinte de faute dans leur approche, car l'amour dominait en eux la crainte. C'est pourquoi D.ieu avertit Aharon de ne pas s'imaginer qu'il pourrait se garder mieux qu'eux par sa propre force : il doit toujours avoir de l'appréhension et savoir qu'il faut l'assistance de D.ieu. Aharon entre de la même manière que Nadav et Avihou, avec sainteté, pureté et vigilance ; le conseil est un jeune taureau pour l'offrande de faute.

Aussi : à Kippour, « nul homme » dans la tente car l'influx dépasse la saisie de l'homme ; on s'afflige ce jour afin que tout l'influx vienne du côté de D.ieu, sans mesure ni limite.

אַחֲרֵי מוֹת שְׁנֵי בְּנֵי אַהֲרֹן וְכוּ', דַּבֵּר אֶל אַהֲרֹן אָחִיךָ וְאַל יָבֹא בְכָל עֵת וְכוּ'. פֵּירוּשׁ "בְּכָל עֵת" כְּמוֹ "בְּכֹל אַוַּת נַפְשֶׁךָ".

הַיְינוּ אַחַר שֶׁרָאִיתָ כִּי כָל קְדֻשַּׁת נָדָב וַאֲבִיהוּא לֹא הִצִּילָם מִגָּוֶן חֵטְא בְּקָרְבָתָם לִפְנֵי ה', כִּי הָיָה בְּעוֹמְקָם תִּגְבּוֹרֶת אַהֲבָה יוֹתֵר מִיִּרְאָה, לָזֹאת הִזְהִיר אוֹתוֹ שֶׁאַל יְדַמֶּה בְּנַפְשׁוֹ שֶׁבְּכֹחוֹ יוּכַל לְהִשָּׁמֵר מִזֶּה וְיִשְׁמֹר אֶת עַצְמוֹ יוֹתֵר מֵהֶם, רַק שֶׁיִּהְיֶה לוֹ תָּמִיד מֵיחוּשׁ בָּזֶה וְיֵדַע שֶׁצָּרִיךְ תָּמִיד סִיַּעַת הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ. כִּי "בְּזֹאת יָבֹא אַהֲרֹן" מוֹרֶה שֶׁיָּבֹא בְּאוֹתָן עִנְיָן עַצְמוֹ שֶׁבָּאוּ נָדָב וַאֲבִיהוּא, כִּי בָּאוּ בִּקְדֻשָּׁה וּבְטָהֳרָה וּשְׁמִירָה גְּדוֹלָה, וְרַק הָעֵצָה "בְּפַר בֶּן בָּקָר לְחַטָּאת" כוּ'.

'Après la mort des deux fils d'Aharon' etc., 'parle à Aharon ton frère, et qu'il ne vienne pas en tout temps' etc. (Lévitique 16,1-2).

Le sens de 'en tout temps' (be-khôl et) est comme 'selon tout le désir de ton âme' (be-khôl avat nafshekha, Deutéronome 12,20). C'est-à-dire : après que tu as vu que toute la sainteté de Nadav et Avihou ne les a pas sauvés d'une teinte de faute dans leur approche devant ה', car il y avait dans leur profondeur une prédominance de l'amour plus que de la crainte, c'est pourquoi Il l'a averti de ne pas s'imaginer en son âme que par sa force il pourrait se garder de cela et se préserver lui-même plus qu'eux, mais qu'il ait toujours une appréhension à ce sujet et qu'il sache qu'il faut toujours l'assistance du Nom béni.

Car 'c'est par ceci qu'Aharon entrera' enseigné qu'il entrera dans cette même manière dont sont venus Nadav et Avihou, car ils sont venus avec sainteté, avec pureté et avec une grande vigilance (chemira, garde de soi) ; et seul le conseil est 'avec un jeûne taureau pour l'offrande de faute' etc.

בְּזֹאת יָבֹא אַהֲרֹן אֶל הַקֹּדֶשׁ כוּ'. בַּמִּדְרָשׁ (ויקרא רבה פרשה כ"א,ד') אִם עֲשִׂיתֶם חֲבִילוֹת שֶׁל עֲבֵירוֹת עֲשׂוּ כְּנֶגְדָּן חֲבִילוֹת שֶׁל מִצְוֹת, "רוּם עֵינַיִם" "וְהָיוּ לְטוֹטָפוֹת" וְכוּ' עַיֵּין שָׁם.

וְהָיָה נִרְאֶה יוֹתֵר לוֹמַר נֶגֶד "רוּם עֵינַיִם" מִצְוַת צִיצִית "וּרְאִיתֶם אוֹתוֹ", אַךְ אָמְרוּ חֲזַ"ל (נדרים ל"ב:) בְּעִידָנָא דְּיֵצֶר הָרַע לֵית מַאן דְּמַדְכַּר לְיֵצֶר טוֹב, וְצִיצִית אַף שֶׁבֶּאֱמֶת מוֹרִים עַל גֹּדֶל הַיִּרְאָה וְצִמְצוּם, אַף עַל פִּי כֵן בְּעִידָנָא דְּיֵצֶר הָרַע לֹא יוֹעִיל הַזְכָּרָה הַזֹּאת שֶׁאֵין בִּיכָלְתּוֹ לָשׂוּם אֶל לִבּוֹ. אֲבָל מִצְוַת תְּפִילִּין מוֹרָה לְאַחֲרִית הַטּוֹבָה שֶׁיַּשְׁפִּיעַ הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ לֶעָתִיד לְכָל אֶחָד וְאֶחָד, וּכְשֶׁיִּתֵּן זֹאת אֶל לִבּוֹ כַּמָּה רַב טוּב צָפוּן גַּם אֵלָיו לְחֶלְקוֹ וְאֵין צָרִיךְ לָשִׂים עֵינָיו בְּחֵלֶק חֲבֵירוֹ, אָז בְּוַדַּאי יִמָּנַע מֵרוּם עֵינַיִם כִּי יִהְיֶה שָׂמֵחַ בְּחֶלְקוֹ.

'C'est par ceci qu'Aharon entrera dans le sanctuaire' etc. (Lévitique 16,3).

Dans le Midrach (Vayikra Rabba 21,4) : si vous avez fait des fagots de transgressions, faites en face d'eux des fagots de mitsvot ; 'des yeux hautains' (roum einayim, Proverbes 21,4) - 'et elles seront comme des totafot (frontaux, les tefilines) entre tes yeux' (Deutéronome 6,8) etc., vois la-bas. Or il aurait semble plus juste de dire, face aux 'yeux hautains', la mitsva des tsitsit, dont il est dit 'et vous le verrez' (Nombres 15,39).

Mais nos Sages, de mémoire bénie (haza'l), ont dit (Nedarim 32b) : au moment du mauvais penchant, il n'est personne qui fasse mention du bon penchant. Et les tsitsit, bien qu'en vérité ils enseignent la grandeur de la crainte et de la contraction (tsimtsoum, restriction de soi), malgré tout, au moment du mauvais penchant ce rappel ne servira pas, car il n'est pas en son pouvoir de le mettre à son cœur.

Mais la mitsva des tefilines enseigné la bonne fin que Hachem béni épanchera dans l'avenir sur chacun et chacun ; et lorsqu'il mettra cela à son cœur, combien grand est le bien caché aussi pour lui, pour sa part, et qu'il n'a pas besoin de porter les yeux sur la part de son compagnon, alors il se retiendra certainement des yeux hautains, car il sera joyeux de sa part.

וְכָל אָדָם לֹא יִהְיֶה בְּאֹהֶל מוֹעֵד וְכוּ'. אִיתָא בַּגְּמָ' (ויקרא רבה פרשה כ"א,י"ב) אַטּוּ כֹּהֵן גָּדוֹל לָאו אָדָם הוּא.

וְהָעִנְיָן בָּזֶה כִּי שֵׁם אָדָם מוֹרֶה לְעוֹמֶק יַקְרוּת הָאָדָם בְּבִינָה וְהַשְׂכֵּל, וּבְיוֹם הַכִּפּוּרִים הַכְּנִיסָה לִפְנַי וְלִפְנִים לַאֲשֶׁר שָׁם הַמָּקוֹם הַמְיֻחָד, כִּדְאִיתָא בַּזוה"ק (במדבר ק"ל:) כִּי יֵשׁ תְּרֵי נְחִירִים אֶחָד נוֹשֵׁב חַיִּים וְאֶחָד נוֹשֵׁב חַיֵּי חַיִּים, אַךְ בְּכָל הִתְפַּעֲלוּת נֶאֱמַר (משלי ט"ז,א') "לְאָדָם מַעַרְכֵי לֵב וּמֵה' מַעֲנֵה לָשׁוֹן", שֶׁלְּפִי מַעֲרֶכֶת הָאָדָם בְּמַחְשְׁבוֹתָיו כֵּן יַעֲנֵהוּ ה', אֲבָל כָּאן נֶאֱמַר "וְכָל אָדָם לֹא יִהְיֶה", שֶׁאֵין שׁוּם שַׁיָּכוּת לִגְבוּל תְּפִיסַת הָאָדָם בְּמַחְשַׁבְתּוֹ בְּבִינָתוֹ בְּעִנְיַן עֲבוֹדַת יוֹם הַכִּפּוּרִים בַּהַשְׁפָּעָה שֶׁיּוֹרֶדֶת מֵהַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ מִמָּקוֹם הַזֶּה.

'Et nul homme ne sera dans la tente d'assignation' etc. (Lévitique 16,17).

Il est rapporté dans la Guemara (Vayikra Rabba 21,12) : est-ce donc que le grand prêtre n'est pas un homme ? Et voici l'affaire : le nom 'homme' (adam) enseigné la profondeur du prix de l'homme dans son intelligence (bina) et son entendement ; et le jour de Kippour, l'entrée se fait au-dedans et plus au-dedans (lifnai ve-lifnim, jusqu'au Saint des Saints), la où se trouve le lieu particulier, comme il est rapporté dans le Zohar saint (Bamidbar 130b) : il y a deux narines, l'une souffle la vie et l'autre souffle la vie des vies.

Mais dans tout élan il est dit (Proverbes 16,1) : 'à l'homme les dispositions du cœur, et de ה' vient la réponse de la langue', car selon la disposition de l'homme dans ses pensées, ainsi ה' lui répond. Ici pourtant il est dit 'et nul homme ne sera', car il n'y a aucun rapport avec la limite de la saisie de l'homme, dans sa pensée et dans son intelligence, quant au service du jour de Kippour, dans l'influx (hachpaa, épanchement d'en haut) qui descend du Nom béni depuis ce lieu.

וְשִׁלַּח בְּיַד אִישׁ עִתִּי. וְאִיתָא בַּזוה"ק (ויקרא ס"ג:) שֶׁהָאָדָם הַזֶּה לֹא הָיָה חַי אַחַר כָּךְ בִּלְתִּי זְמַן מוּעָט, וְהַדִּיּוּק הוּא מִמִּלַּת "עִתִּי" כִּי מַשְׁמַע מִזֶּה שֶׁנִּתְמַלְּאוּ כָּל הַשְׁלָמָתוֹ וְאֵין לוֹ מַה לְּהַשְׁלִים בָּזֶה הָעוֹלָם עוֹד.

'Et il l'enverra par la main d'un homme désigne pour le moment' (Lévitique 16,21). Et il est rapporté dans le Zohar saint (Vayikra 63b) que cet homme ne vivait ensuite qu'un temps bref ; et la déduction précise vient du mot 'iti' (désigne, du mot et, le temps), car il en ressort que tout son achèvement s'est accompli et qu'il n'a plus rien à parachever dans ce monde.

אַל תִּטַּמְּאוּ בְּכָל אֵלֶּה כִּי בְכָל כוּ׳, וַתָּקִא הָאָרֶץ כוּ׳, וּשְׁמַרְתֶּם וְלֹא תַעֲשׂוּ כוּ׳, וְלֹא תָקִיא הָאָרֶץ אֶתְכֶם בְּטַמַּאֲכֶם אֹתָהּ כַּאֲשֶׁר קָאָה כוּ׳. וְנִרְאֶה כְּכֶפֶל לָשׁוֹן אַךְ פֵּי' "וְלֹא תָקִיא", הוּא מֵחֲמַת שֶׁנֶּאֱמַר לְעֵיל "וַתָּקִיא", תְּדַמּוּ שֶׁרַק זֶה יַגִּיעַ לָכֶם בַּעֲשׂוֹתְכֶם הַתּוֹעֵבוֹת הַיְינוּ הֲקָאַת הָאָרֶץ כַּאֲשֶׁר קָאָה אֶת הַגּוֹי, עַל זֶה נֶאֱמַר אַחַר כָּךְ "וְלֹא תָקִיא" שֶׁלֹּא יִהְיֶה מִשְׁפַּטְכֶם בַּהֲקָאַת הָאָרֶץ כְּמִשְׁפָּטָם, רַק "כִּי כָּל אֲשֶׁר יַעֲשֶׂה" כוּ׳.

'Ne vous rendez pas impurs par toutes ces choses, car par toutes' etc., 'et le pays à vomi' etc., 'et vous garderez et vous ne ferez pas' etc., 'et le pays ne vous vomira pas lorsque vous le rendrez impur, comme il a vomi' etc. (Lévitique 18,24-28).

Cela paraît un redoublement de langage, mais le sens de 'et il ne vomira pas' est celui-ci : parce qu'il est dit plus haut 'et le pays à vomi', vous pourriez imaginer que cela seul vous atteindra lorsque vous ferez les abominations, à savoir le vomissement du pays comme il a vomi la nation ; c'est pourquoi il est dit ensuite 'et le pays ne vomira pas', que votre jugement ne sera pas le vomissement du pays comme fut leur jugement, mais bien 'car quiconque fera' etc. (Lévitique 18,29).

וְעִנִּיתֶם אֶת נַפְשֹׁתֵיכֶם כוּ׳. הַיְינוּ מֵחֲמַת שֶׁזֶּה הַיּוֹם מְיוּחָד בְּכָל יְמֵי הַשָּׁנָה מוּכָן לְהַשְׁפָּעַת טוֹבָה מֵהַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ בְּהֶאָרַת פָּנִים, וְעַל כֵּן הָעֵצָה מֵהַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ שֶׁיְּעַנּוּ עַצְמָם כְּדֵי שֶׁיִּהְיֶה הַרְבֵּה בְּיִשּׁוּב הַדַּעַת, שֶׁיִּהְיוּ מוּכָנִים לְקַבֵּל כָּרָאוּי, וּבִכְדֵי שֶׁהַהַשְׁפָּעָה לֹא תֵּרֵד מֵחֲמַת שְׁאֵלָתָם שֶׁאָז לֹא תֵּרֵד רַק בִּגְבוּל כְּפִי הַשָּׂגָתָם, רַק יִהְיֶה כָּל הַהַשְׁפָּעָה מִצַּד הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ וְיִהְיֶה מָלֵא עוּמְסוֹ שֶׁל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא בְּלִי שִׁיעוּר וּגְבוּל.

'Et vous affligerez vos âmes' etc. (Lévitique 16,31).

C'est-à-dire : parce que ce jour est particulier entre tous les jours de l'année, prêt à l'influx du bien venant du Nom béni dans l'illumination de la face, c'est pourquoi le conseil du Nom béni est qu'ils s'affligent eux-mêmes, afin qu'il y ait beaucoup de pose de l'esprit (yishouv hadaat, esprit rassis), qu'ils soient prêts à recevoir comme il convient ; et afin que l'influx ne descende pas à cause de leur demande, car alors il ne descendrait que dans la limite de leur compréhension, mais que tout l'influx vienne du côté du Nom béni, et qu'il soit la pleine charge du Saint béni soit-Il, sans mesure ni limite.

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