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Mei HaShiloach — Tome I - Chemot - Pekudei

Rabbi Mordechai Yosef Leiner d Izbica
En bref

« Voici les comptés (pekoudei) du Michkan, le Michkan du Témoignage » (Chemot 38,21) : Rachi explique que pekoudei est un terme de saillie, de ce qui ressort, comme la place de David qui « resta vide » (vayipaked), car sa place ressortait. Selon le Mei HaChiloa'h, par le Michkan il devint saillant et manifeste que D.ieu se trouve aussi dans le monde de l'Assiya (le monde de l'action), ce que nient les adorateurs des astres. « Témoignage » désigne une chose établie : aux yeux de toutes les nations, il fut établi que D.ieu gouverne aussi ce monde inférieur. Moché a fait venir cette saillie des cieux vers la terre.

Aussi : pour la cour, il n'est pas dit « comme Il l'avait ordonné », car le désert était devenu impropre à la parole divine une fois le Michkan dressé.

אֵלֶּה פְקוּדֵי הַמִּשְׁכָּן מִשְׁכַּן הָעֵדֻת אֲשֶׁר כוּ'. פְּקוּדֵי פרש"י לְשׁוֹן בְּלִיטָה, כְּמוֹ (שמואל א' כ',כ"ה) "וַיִּפָּקֵד מְקוֹם דָּוִד", וְהַיְינוּ שֶׁהָיָה מְקוֹמוֹ בּוֹלֵט שֶׁלֹּא הָיָה מִי שֶׁיֵּשֵׁב עָלָיו.

וְעַל יְדֵי הַמִּשְׁכָּן, הָיָה בּוֹלֵט וְנִיכָּר שֶׁהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא נִמְצָא בְּעוֹלַם הָעֲשִׂיָּה גַּם כֵּן, אֲשֶׁר כָּל הָעכומ"ז מַכְחִישִׁים זֶה. וְזֶה פֵּירוּשׁ הַפָּסוּק "אֵלֶּה פְקוּדֵי הַמִּשְׁכָּן מִשְׁכַּן הָעֵדוּת", הַיְינוּ הַבְּלִיטָה שֶׁנַּעֲשָׂה עַל יְדֵי הַמִּשְׁכָּן שֶׁהוּא מִשְׁכַּן הָעֵדוּת, עֵדוּת הוּא עִנְיָן מְבוֹרָר הַיְינוּ שֶׁנִּתְבָּרֵר לְעֵינֵי כָּל הָאוּמּוֹת עַל יְדֵי הַמִּשְׁכָּן, שֶׁהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מוֹשֵׁל וְנִמְצָא גַּם בָּעוֹלָם הַשָּׁפֵל הַזֶּה, עַל יְדֵי מִי נַעֲשָׂה זֶה הַבְּלִיטָה, וּמְפָרֵשׁ הַפָּסוּק "אֲשֶׁר פֻּקַּד עַל פִּי מֹשֶׁה" הַיְינוּ שֶׁמֹּשֶׁה רַבֵּינוּ עָלָיו הַשָּׁלוֹם הֵבִיא זֹאת הַבְּלִיטָה מִן הַשָּׁמַיִם לָאָרֶץ לָעוֹלָם הַזֶּה.

"Voici les comptés (pekoudei) du Michkan, le Michkan du Témoignage, qui..." (Exode 38,21). "Pekoudei" : Rachi explique qu'il s'agit d'un terme de saillie, de ce qui ressort, comme dans (Samuel I 20,25) "et la place de David resta vide (vayipaked)", c'est-à-dire que sa place ressortait, saillait, car il n'y avait personne pour s'y asseoir.

Et par le moyen du Michkan, il devint saillant et manifeste que le Saint, béni soit-Il, se trouve aussi dans le monde de l'Assiya (le monde de l'action, le plus bas des quatre mondes), ce que nient tous les adorateurs des astres et des constellations (עכומ"ז). Et telle est l'explication du verset "Voici les comptés du Michkan, le Michkan du Témoignage" : c'est-à-dire la saillie qui s'est faite par le moyen du Michkan, lequel est le Michkan du Témoignage.

"Témoignage" désigne une chose éclaircie et établie, c'est-à-dire qu'il fut établi aux yeux de toutes les nations, par le moyen du Michkan, que le Saint, béni soit-Il, gouverne et se trouve aussi dans ce monde inférieur. Par qui cette saillie s'est-elle faite ?

Le verset l'explique : "qui fut compté (poukad) par la bouche de Moche", c'est-à-dire que Moche notre maître, que la paix soit sur lui, à fait venir cette saillie des cieux vers la terre, dans ce monde-ci.

וַיָּקֶם אֶת הֶחָצֵר סָבִיב לַמִּשְׁכָּן כוּ'. הָעִנְיָן הוּא שֶׁנֶּאֱמַר בְּכָל הֲקָמַת כְּלֵי הַמִּשְׁכָּן "כַּאֲשֶׁר צִוָּה ה׳ אֶת מֹשֶׁה" וְגַבֵּי הֲקָמַת הֶחָצֵר לֹא נֶאֱמַר, כִּי עִנְיַן "כַּאֲשֶׁר צִוָּה" כוּ', הַיְינוּ שֶׁהָיָה הַדָּבָר בּוֹלֵט וּמְפוֹרָשׁ לְעֵינֵי מֹשֶׁה בִּשְׁעַת הֲקָמַת כָּל כְּלִי עַל עָמְדוֹ כְּמוֹ שֶׁהָיָה בְּשָׁעָה שֶׁדִּיבֵּר אֵלָיו הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ, כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זִכְרוֹנָם לִבְרָכָה [תורת-כהנים צו א'] "כָּל מָקוֹם שֶׁנֶּאֱמַר צַו, הוּא זֵירוּז מִיָּד וּלְדוֹרוֹת", וְזֶה הָעִנְיָן שֶׁכָּתוּב בְּכָל כְּלִי בִּפְנֵי עַצְמוֹ "כַּאֲשֶׁר צִוָּה".

וְהִנֵּה אִיתָא (במדבר רבה פרשה א', ג') עַד שֶׁלֹּא הוּקַם הַמִּשְׁכָּן הָיָה כָּל הַמִּדְבָּר כָּשֵׁר לְדִיבּוּר וּמִשֶּׁהוּקַם הַמִּשְׁכָּן נִפְסַל הַמִּדְבָּר, עַל כֵּן כַּאֲשֶׁר הוּקַם הֶחָצֵר וְאָז נִגְמְרָה בִּשְׁלֵימוּת הֲקָמַת הַמִּשְׁכָּן לֹא שַׁיָּיךְ לוֹמַר בְּכָאן "כַּאֲשֶׁר צִוָּה", כִּי עִנְיַן "כַּאֲשֶׁר צִוָּה" הוּא שֶׁהַדִּיבּוּר הָיָה מְפוֹרָשׁ וּבוֹלֵט כְּמוֹ בִּשְׁעַת שֶׁהָיָה מְצֻוֶּוה מִפִּי הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ וְזֶה לֹא הָיָה יָכוֹל לִהְיוֹת בַּהֲקָמַת הֶחָצֵר שֶׁמִּכֵּיוָן שֶׁעַתָּה נִפְסַל הַמִּדְבָּר מִדִּיבּוּר לֹא הָיָה מְפוֹרָשׁ הַדִּיבּוּר עַתָּה, עַל כֵּן לֹא נֶאֱמַר בֶּחָצֵר "כַּאֲשֶׁר צִוָּה".

"Et il dressa la cour tout autour du Michkan..." (Exode 40,33). Voici la chose : à propos de l'érection de chacun des ustensiles du Michkan il est dit "comme ה' l'avait ordonné à Moche", alors qu'à propos de l'érection de la cour cela n'est pas dit.

Car le sens de "comme Il l'avait ordonné" est que la chose était saillante et explicite aux yeux de Moche à l'heure où chaque ustensile était dresse à sa place, exactement comme il en était à l'heure où Hachem, béni soit-Il, lui avait parlé ; ainsi que l'ont dit nos maîtres, de mémoire bénie [Torat Kohanim (halakha ancienne sur le Lévitique), Tsav 1] : "partout où il est dit 'tsav' (ordonné), c'est un appel à la promptitude, immédiatement et pour les générations". Et c'est la le sens de ce qui est écrit pour chaque ustensile pris à part : "comme Il l'avait ordonné".

Or il est enseigné (Bamidbar Rabba, parachat 1,3) que tant que le Michkan n'avait pas été dresse, tout le désert était apte à la parole [divine], et des lors que le Michkan fut dressé, le désert devint impropre. C'est pourquoi, lorsque la cour fut dressée - et qu'alors s'acheva dans sa plénitude l'érection du Michkan - il ne convient pas de dire ici "comme Il l'avait ordonné", car le sens de "comme Il l'avait ordonné" est que la parole était explicite et saillante comme à l'heure où l'ordre était donne par la bouche du Nom, béni soit-Il ; et cela ne pouvait pas être lors de l'érection de la cour, puisque désormais le désert était devenu impropre à la parole, et la parole n'était donc plus explicite à ce moment-la.

C'est pourquoi il n'est pas dit à propos de la cour "comme Il l'avait ordonné".

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