ליקוטי מוהר"ן

Likoutei Moharan — Part II (61/73)

Rabbi Nahman de Breslev
En bref

« La voix est la voix de Yaakov » (Berechit 27,22) : il faut faire prévaloir cette voix sur celle d’Esav, « et il éleva sa voix », aspect de la sitra a'hra (l’autre côté). Pour Rabbi Na'hman, la techouva et l’annulation des temps sont un seul et même aspect : le jour où l’homme fait techouva est au-dessus du temps, et il élève tous les jours au-dessus du temps. Its'hak fait allusion au temps : ses lettres forment « ketz 'haï » (une fin vivante). « Et tu reviendras jusqu’à Hachem ton Elokim et tu écouteras Sa voix » : par la techouva le temps s’unifie, monte et s’inclut dans ce qui est au-dessus du temps, et l’on entend la voix de la sainteté.

עוֹד מָצָאנוּ כְּתַב־יַד רַבֵּנוּ זַ"ל, וְהֵם רָאשֵׁי־פְרָקִים מֵאֵיזֶה תּוֹרָה נִפְלָאָה: הַקּוֹל קוֹל יַעֲקֹב.

כְּרוּז. עֵשָׂו וַיִּשָּׂא קוֹלוֹ.

יִצְחָק זְמַן קוּף צַדִּיק יְשֵׁנִים וְכוּ'. וְשַׁבְתָּ עַד ה' אֱלֹקֶיךָ וְשָׁמַעְתָּ בְּקוֹלוֹ .

יִצְחָק בֶּן אַבְרָהָם זְמַן נִתְאַחֵד. אַבְרָהָם אוֹהֲבִי.

בְּעֵינָיו כְּיָמִים אֲחָדִים בְּאַהֲבָתוֹ. וּשְׁאָר יָשׁוּב בְּנֶךָ.

אִם תָּשׁוּב וַאֲשִׁיבְךָ לְפָנַי תַּעֲמֹד:

Nous avons trouvé encore un manuscrit de la main de notre maître, de mémoire bénie, et ce sont des rashéi perakim (des titres de chapitres, notes abrégées servant d'aide-mémoire) d'une Torah merveilleuse : 'La voix est la voix de Yaakov' (Genèse 27,22). Une proclamation.

Esav : 'et il éleva sa voix' (Genèse 27,38). Yits'hak, le temps, kouf tsadi, ceux qui dorment, etc. 'Et tu reviendras jusqu'à ה' ton Elokim et tu écouteras Sa voix' (Deutéronome 4,30). 'Yits'hak fils d'Avraham' (Genèse 25,19), le temps s'unifie. 'Avraham qui M'aimait' (Isaie 41,8). 'À ses yeux comme quelques jours, tant il l'aimait' (Genèse 29,20). 'Un reste reviendra, ton fils' (Isaie 7,3). 'Si tu reviens, Je te ferai revenir, tu te tiendras devant Moi' (Jérémie 15,19) :

כִּי בָא הַשֶּׁמֶשׁ. נִתְקַצֵּר הַזְּמַן.

וַיִּשְׁכַּב בַּמָּקוֹם. יֵשׁ כ"ב (תיקון יח).

קְחוּ עִמָּכֶם דְּבָרִים וְשׁוּבוּ. מֵאַבְנֵי הַמָּקוֹם אֲבָנִים אוֹתִיּוֹת .

מְרַאֲשׁוֹתָיו מַחֲשָׁבָה מְבָרֵר הַכֹּל:

'Car le soleil s'était couché' (Genèse 28,11) : le temps s'est raccourci. 'Et il se coucha (vayishkav) en ce lieu' : il y a יש כ"ב, il y a vingt-deux, c'est-à-dire les vingt-deux lettres (Tikouney Zohar 18). 'Prenez avec vous des paroles et revenez' (Osée 14,3). 'Des pierres du lieu' : les pierres, ce sont les lettres. 'À son chevet' : la pensée, qui clarifie tout :

וַיִּשְׁלַח יַעֲקֹב מַלְאָכִים מִצְווֹת זְמַנִּיּוֹת עָשָׂה מִצְווֹת הַרְבֵּה נִבְרָא כַּמָּה מַלְאָכִים. לְפָנָיו.

תְּשׁוּבָה. וַאֲשִׁיבְךָ לְפָנַי.

אַרְצָה שֵׂעִיר. נ'ד'ת'ה'ר'.

אַצִּיגָה. סֻכָּה תְּשׁוּבָה.

תְּסֻכֵּנִי בְּבֶטֶן אִמִּי. הוֹלָדָה.

שְׁאָר יָשׁוּב בְּנֶךָ:

'Et Yaakov envoya des messagers' (Genèse 32,4) : les mitsvot liées au temps ; il a accompli beaucoup de mitsvot, de nombreux anges ont été créés. 'Devant lui' : la techouva (le retour, le repentir), 'et Je te ferai revenir devant Moi'. 'Vers le pays de Séir' : נ'ד'ת'ה'ר'. 'Que je place' (Genèse 33,15). Souka : techouva. 'Tu m'as abrité (tessoukéni) dans le ventre de ma mère' (Psaumes 139,13) : l'enfantement. 'Un reste reviendra, ton fils' :

וַיֵּשֶׁב יַעֲקֹב בְּאֶרֶץ – לְקַיֵּם כִּבּוּד אָב, לְבַטֵּל כֹּחַ כִּבּוּד שֶׁל עֵשָׂו. אֵלֶּה תּוֹלְדוֹת – פּוֹסֵל זַרְעוֹ שֶׁל עֵשָׂו.

יוֹסֵף תְּשׁוּבָה. תּוֹסָפוֹת עַל צַדִּיקִים.

בְּמָקוֹם שֶׁבַּעֲלֵי־תְשׁוּבָה עוֹמְדִים. בֵּית עֵשָׂו לְקַשׁ בֵּית יוֹסֵף לֶהָבָה:

'Et Yaakov demeura dans le pays' (Genèse 37,1) : pour accomplir l'honneur du père, pour annuler la force de l'honneur d'Esav. 'Voici les engendrements' : il disqualifie la descendance d'Esav. Yossef : la techouva ; un ajout (tossafôt) au-dessus des tsaddikim, 'à la place où se tiennent les baalei techouva (les pénitents)' (Berakhot 34b). 'La maison d'Esav sera de la paille, la maison de Yossef une flamme' (Ovadia 1,18) :

מִקֵּץ שְׁנָתַיִם. אַחֲרִית הַיָּמִים.

וּפַרְעֹה חוֹלֵם. סִטְרָא־אָחֳרָא מִתְחַזֶּקֶת.

וְהִנֵּה עוֹמֵד שָׁתַק. יְאוֹר תְּשׁוּבָה.

מִבְּכִי נְהָרוֹת חִבֵּשׁ. נָשְׂאוּ נְהָרוֹת קוֹלָם:

'Au bout de deux ans' (Genèse 41,1) : la fin des jours. 'Et Pharaon rêvait' : la sitra a'hra (l'autre côté, le domaine du mal) se renforce. 'Et voici, il se tenait' : il s'est tu. Le fleuve (yéor) : la techouva. 'Il a endigué les écoulements des fleuves' (Job 28,11). 'Les fleuves ont élevé leur voix' (Psaumes 93,3) :

וַיִּגַּשׁ אֵלָיו יְהוּדָא תִּקְרֻבְתָּא מַלְכָּא בְּמַלְכָּא נִתְאַחֲדוּ בְּמִצְווֹת. כִּי הִנֵּה הַמְּלָכִים אֲזַי עָבְרוּ כָּל מַלְאֲכֵי חַבָּלָה.

יְדַבֶּר נָא בְּאָזְנֵי וְלֹא יְבַלְבְּלוּ אֶת קוֹלִי. וְאַל יִחַר אַפְּךָ.

בַּצַּר לְךָ. כְּפַרְעֹה תְּשׁוּבָה.

בִּפְרוֹעַ פְּרָעוֹת בְּהִתְנַדֵּב. כִּי כָמוֹךָ כְּפַרְעֹה.

תְּשׁוּבַת הַמִּשְׁקָל. יוֹסֵף הִטְמִין חֶרְפָּתִי:

'Et Yehouda s'approcha de lui' (Genèse 44,18) : un rapprochement de roi à roi (tikrivta malka be-malka), ils se sont unis par les mitsvot. 'Car voici, les rois' : alors 'ils ont passé' (Psaumes 48,5-6), tous les anges destructeurs. 'Que ton serviteur dise une parole aux oreilles' : qu'ils ne troublent pas ma voix. 'Et que ta colère ne s'enflamme pas'. 'Dans ta détresse (batsar lekha)' (Deutéronome 4,30). 'Car tu es comme Pharaon (ke-Pharô)' : la techouva ; 'quand des vengeances furent exercées (bifroa peraôt) en Israël, quand le peuple s'offrit volontairement' (Juges 5,2). 'Car tu es comme Pharaon' : la teshouvat ha-mishkal (la techouva par contrepoids, la réparation proportionnée à la faute). Yossef a enfoui mon opprobre :

וַיִּקְרְבוּ יְמֵי יִשְׂרָאֵל לָמוּת. הִתְאַחֲדוּת הַזְּמַן.

לָמוּת זֶה בַּצַּר לְךָ וְכוּ' בְּאַחֲרִית הַיָּמִים. וַיִּקְרָא לִבְנוֹ לְיוֹסֵף.

תְּשׁוּבָה שְׁאָר יָשׁוּב בְּנֶךָ. הִטְמִין חֶרְפָּתִי.

אַל תִּקְבְּרֵנִי בְּמִצְרַיִם בְּמֵצַר הַגָּרוֹן. בִּשְׁעַת בְּחִינַת בַּצַּר לְךָ:

'Et les jours d'Israël approchèrent de la mort' (Genèse 47,29) : l'unification du temps. 'Pour mourir', c'est 'dans ta détresse, etc., à la fin des jours' (Deutéronome 4,30). 'Et il appela son fils, Yossef' : la techouva, 'un reste reviendra, ton fils'. Il a enfoui mon opprobre. 'Ne m'enterre pas en Mitsrayim' : dans le meitsar (l'étroitesse) de la gorge, au moment de l'aspect de 'dans ta détresse' :

וְאֵלֶּה שְׁמוֹת. לְכוּ חֲזוּ מִפְעֲלוֹת וְכוּ' שַׁמּוֹת פְּעֻלוֹת מִצְווֹת.

שַׁמּוֹת פֵּרוּד בֵּין הַמִּצְוו‍ֹת. וַיְהִי כָּל נֶפֶשׁ וְכוּ' שִׁבְעִים נָפֶשׁ.

אַחְדוּת. עַל־יְדֵי וְיוֹסֵף הָיָה בְּמִצְרָיִם אָסַף חֶרְפָּתִי:

'Et voici les noms (shemot)' (Exode 1,1). 'Allez, contemplez les œuvres de ה', qui a mis des shamot (des dévastations) sur la terre' (Psaumes 46,9) : les œuvres, ce sont les mitsvot ; shamot, c'est la séparation entre les mitsvot. 'Et toutes les âmes furent, etc., soixante-dix âmes' (Exode 1,5) : l'unité. Par 'et Yossef était en Mitsrayim' : asaf (Il a retiré) mon opprobre :

וָאֵרָא אֶל אַבְרָהָם וְכוּ' בְּאֵל שַׁדָּי זְמַן וּגְבוּל גָּלוּת. וּשְׁמִי ה' כְּשֶׁיִּדְפְּקוּ עַל דַּלְתֵי רַחֲמִים.

קֹדֶם הַקֵּץ. זֶהוּ הִתְקָרְבוּת הַזְּמַנִּים.

וְגַם הֲקִמֹתִי אֶת בְּרִיתִי וְכוּ' לָתֵת לָהֶם אֶרֶץ מְגֻרֵיהֶם תּוֹתְבוּתְהוֹן תְּשׁוּבָה וְגַם אֲנִי שָׁמַעְתִּי נַאֲקַת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל. זֶה קוֹל.

מְגֻרֵיהֶם אֲסִיפַת הַנִּיצוֹצוֹת בִּתְשׁוּבָה. לְאֶרֶץ־יִשְׂרָאֵל.

בּוֹנֵה יְרוּשָׁלָיִם. נִדְחֵי יִשְׂרָאֵל יְכַנֵּס:

'Et Je suis apparu à Avraham, etc., par Él Shaddaï' (Exode 6,3) : le temps et la limite de l'exil. 'Et Mon nom ה'' : quand ils frapperont aux portes de la miséricorde, avant la fin (le ketz) ; c'est cela le rapprochement des temps. 'Et J'ai aussi établi Mon alliance, etc., pour leur donner le pays de leurs séjours (megureïhem)' : totvouthon (en araméen : leurs résidences), la techouva. 'Et Moi aussi J'ai entendu le gémissement des enfants d'Israël' (Exode 6,5) : c'est la voix. 'Leurs séjours' : le rassemblement des étincelles par la techouva, vers Erets Israël. 'Il bâtit Jérusalem, Il rassemble les exilés d'Israël' (Psaumes 147,2) :

בֹּא אֶל פַּרְעֹה. מֹשֶׁה בְּחִינַת אַחְדוּת הַזְּמַנִּים, מַה שֶׁהָיָה הוּא שֶׁיִּהְיֶה.

פַּרְעֹה, קוֹלָהּ כַּנָּחָשׁ יֵלֵךְ. אֲנִי הִכְבַּדְתִּי אֶת לִבּוֹ לְמַעַן שִׁתִי אֹתֹתַי.

אִם לֹא יַאֲמִינוּ לְקוֹל הָאוֹת. בְּקִרְבּוֹ.

הַכְבָּדָתוֹ שֶׁהִכְבִּיד עַל יִשְׂרָאֵל כְּדֵי לְעוֹרְרָם בִּתְשׁוּבָה. וּפַרְעֹה הִקְרִיב:

'Viens vers Pharaon' (Exode 10,1) : Moché, l'aspect de l'unité des temps, 'ce qui a été, c'est ce qui sera' (Ecclésiaste 1,9). Pharaon : 'sa voix s'en va comme celle du serpent' (Jérémie 46,22). 'C'est Moi qui ai appesanti son cœur, afin de placer Mes signes' (Exode 10,1). 'S'ils ne croient pas à la voix du signe' (Exode 4,8). 'En son sein'.

L'appesantissement dont il a accablé Israël, afin de les éveiller à la techouva. 'Et Pharaon s'approcha' (Exode 14,10) :

וַיִּשְׁמַע יִתְרוֹ קְרִיעַת יַם־סוּף וּמִלְחֲמוֹת עֲמָלֵק. קְרִיעַת יַם־סוּף, זֶה בִּטּוּל הַזְּמַנִּים.

וַיַּשְׁקֵף ה' אֶל מַחֲנֵה מִצְרַיִם בְּעַמּוּד אֵשׁ וְעָנָן וַיָּהָם. עַמּוּד אֵשׁ זֶה לַיְלָה וְעָנָן זֶה יוֹם, וְהַקָּדוֹשׁ־בָּרוּךְ־הוּא עִרְבְּבָם וּבִטֵּל הַזְּמַנִּים.

מִלְחֶמֶת עֲמָלֵק זֶה תְּשׁוּבָה. מֹשֶׁה אַהֲרֹן וְחוּר פֵּרֵשׁ רַשִׁ"י בְּתַעֲנִית הָיוּ שְׁרוּיִים.

עַל־יְדֵי־זֶה וַיִּשְׁמַע יִתְרוֹ שָׁמַע הַקּוֹל: (עַד כָּאן לְשׁוֹן רַבֵּנוּ זִכְרוֹנוֹ לִבְרָכָה):

'Et Yitro entendit' (Exode 18,1) : la fente de la mer des Joncs et les guerres d'Amalek. La fente de la mer des Joncs, c'est l'annulation des temps. 'Et ה' regarda vers le camp de Mitsrayim dans la colonne de feu et de nuée, et Il jeta le trouble parmi eux' (Exode 14,24) : la colonne de feu, c'est la nuit, et la nuée, c'est le jour, et le Saint, béni soit-Il, les a mêlés et a annulé les temps.

La guerre d'Amalek, c'est la techouva. 'Moché, Aharon et Hour' (Exode 17,10) : Rachi (Rabbi Shelomo Yits'haki) explique qu'ils se tenaient en jeûne. Par cela : 'et Yitro entendit', il a entendu la voix.

(Jusqu'ici les propres termes de notre maître, de mémoire bénie) :

כָּל זֶה מָצָאנוּ מִכְּתַב יַד רַבֵּנוּ זַ"ל, וְהֶעְתַּקְנוּ אוֹת בְּאוֹת. וְהִנֵּה הַדְּבָרִים סְתוּמִים וַחֲתוּמִים מֵעֵין כֹּל, אֵין יוֹצֵא וְאֵין בָּא.

אַךְ מֵעֹצֶם תְּשׁוּקָתֵנוּ לְהָבִין וּלְהַשְׂכִּיל כָּל מַה דְּאֶפְשָׁר מִנְּעִימַת נִפְלְאוֹת הַשָּׂגוֹתָיו הַקְּדוֹשִׁים, יָגַעְתִּי וּמָצָאתִי מְעַט מִזְּעֵיר כְּמֵצִיץ מִן הַחֲרַכִּים. וְהִנֵּה אָנֹכִי הָרוֹאֶה, כִּי דְּבָרִים הָאֵלֶּה כְּתָבָם בְּדֶרֶךְ רָאשֵׁי־פְרָקִים בְּרֶמֶז בְּעַלְמָא לְזִכָּרוֹן, וְאַחֲרֵי הָעִיּוּן הֵבַנְתִּי אֵיזֶה הַקְדָּמוֹת שֶׁכִּוֵּן לָהֶם, אֲשֶׁר עֲלֵיהֶם יִסֹּב כָּל הָעִנְיָן הַזֶּה.

אֶפֶס קָצֵהוּ מָצָאתִי, לֹא כֻּלּוֹ, כִּי כְּפִי הַנִּרְאֶה בְּוַדַּאי כִּוֵּן עוֹד לְאֵיזֶה הַקְדָּמוֹת, אֲשֶׁר לֹא זָכִיתִי לַעֲמֹד עֲלֵיהֶם, וּמֵחֲמַת זֶה אִי אֶפְשָׁר לְבָאֵר וּלְפָרֵשׁ הָעִנְיָן הַזֶּה הֵיטֵב, שֶׁיִּהְיֶה מוּבָן כָּל דְּבָרָיו. אַךְ אַף־עַל־פִּי־כֵן מַה שֶּׁאֶפְשָׁר לְהָבִין מְעַט עַל־פִּי הַהַקְדָּמָה שֶׁהֵבַנְתִּי מִדְּבָרָיו, אָמַרְתִּי לְבָאֵר מַה שֶּׁבְּיָדִי, וְאוּלַי עַל־יְדֵי־זֶה יִשְׁמַע חָכָם וְיוֹסֵף לֶקַח, וְיָבִין עוֹד דָּבָר מִתּוֹךְ דְּבָרַי, לְבָאֵר הַשְּׁאָר עַל נָכוֹן:

Tout ceci, nous l'avons trouvé dans le manuscrit de notre maître, de mémoire bénie, et nous l'avons recopié lettre par lettre. Or, ces paroles sont fermées et scellées aux yeux de tous, 'nul ne sort et nul n'entre' (Josue 6,1).

Mais, tant était grand notre désir de comprendre et de saisir tout ce qu'il est possible de la douceur des merveilles de ses perceptions saintes, je me suis fatigué et j'ai trouvé un tout petit peu, comme celui qui 'regarde par les treillis' (Cantique des cantiques 2,9). Et voici, moi, je suis le voyant : je vois que ces paroles, il les a écrites à la manière de rashéi perakim, par simple allusion, en guise d'aide-mémoire ; et après examen j'ai compris quelques-unes des introductions qu'il avait en vue, et autour desquelles tourne toute cette question.

Je n'en ai trouvé que l'extrémité, non la totalité, car, selon toute apparence, il visait certainement encore d'autres introductions que je n'ai pas mérité de saisir ; et à cause de cela il est impossible d'expliquer et de commenter cette question comme il faut, de sorte que toutes ses paroles soient comprises. Néanmoins, ce qu'il est possible de comprendre un peu d'après l'introduction que j'ai comprise de ses paroles, je me suis dit que j'exposerais ce qui est en mon pouvoir ; et peut-être que par cela 'le sage entendra et augmentera son savoir' (Proverbes 1,5), et comprendra encore quelque chose à partir de mes paroles, pour expliquer le reste comme il convient :

וְהִנֵּה מַה שֶּׁהֵאִיר ה' עֵינַי הוּא, כִּי רַבֵּנוּ זַ"ל רוֹצֶה לְגַלּוֹת, שֶׁתְּשׁוּבָה וּבְחִינַת לְמַעְלָה מֵהַזְּמַן, דְּהַיְנוּ בִּטּוּל הַזְּמַנִּים, הֵם בְּחִינָה אַחַת, וְעַל־יְדֵי־זֶה זוֹכִין לִשְׁמֹעַ הַקּוֹל דִּקְדֻשָּׁה וּלְהַכְנִיעַ הַקּוֹל דְּסִטְרָא־אָחֳרָא. וְכֵן מְבֹאָר בְּהָאָלֶף־בֵּית הֶחָדָשׁ, בְּאוֹת תָּו – תְּשׁוּבָה, סִימָן א, וְזֶה לְשׁוֹנוֹ:

יוֹם שֶׁהָאָדָם עוֹשֶׂה תְּשׁוּבָה הוּא לְמַעְלָה מֵהַזְּמַן, וּמַעֲלֶה כָּל הַיָּמִים לְמַעְלָה מֵהַזְּמַן, וְכֵן יוֹם־הַכִּפּוּרִים הוּא לְמַעְלָה מֵהַזְּמַן, עַד כָּאן לְשׁוֹנוֹ. נִמְצָא מְבֹאָר, שֶׁתְּשׁוּבָה הוּא לְמַעְלָה מֵהַזְּמַן.

Or, voici ce dont ה' a éclairé mes yeux : notre maître, de mémoire bénie, veut révéler que la techouva et l'aspect de ce qui est au-dessus du temps, c'est-à-dire l'annulation des temps, sont un seul et même aspect, et que par cela on mérite d'entendre la voix de la sainteté et de soumettre la voix de la sitra a'hra. Et c'est ainsi qu'il est expliqué dans le nouvel Aleph-Bet (le Sefer ha-Midot), à la lettre tav, techouva, paragraphe 1, et voici ses termes : 'Le jour où l'homme fait techouva est au-dessus du temps, et il élève tous les jours au-dessus du temps ; et de même Yom Kippour est au-dessus du temps.' Fin de citation.

Il ressort donc clairement que la techouva est au-dessus du temps.

וְלַעֲנִיּוּת דַּעְתִּי זֶהוּ מַה שֶּׁרוֹצֶה לְבָאֵר בִּפְסוּקִים אֵלּוּ, בְּצֵרוּף עוֹד אֵיזֶה הַקְדָּמוֹת שֶׁלֹּא זָכִיתִי לַעֲמֹד עֲלֵיהֶם כַּנַּ"ל. וְעַתָּה בּוֹא וּרְאֵה, וְתָבִין מְעַט מִדְּבָרָיו.

וְנַתְחִיל לְדֻגְמָא מִסּוֹף דְּבָרָיו הַקְּדוֹשִׁים, וְהוּא:

Et selon ma modeste opinion, c'est cela qu'il veut expliquer par ces versets, joint à quelques autres introductions que je n'ai pas mérité de saisir, comme mentionné plus haut. Et maintenant, viens et vois, et tu comprendras un peu de ses paroles.

Et nous commencerons, à titre d'exemple, par la fin de ses paroles saintes, à savoir :

וַיִּשְׁמַע יִתְרוֹ קְרִיעַת יַם־סוּף וְכוּ' כַּנַּ"ל. קְרִיעַת יַם־סוּף זֶה בִּטּוּל הַזְּמַנִּים, וַיַּשְׁקֵף ה' וְכוּ' – פֵּרוּשׁ, בָּזֶה רוֹצֶה לְבָאֵר וּלְהוֹכִיחַ בְּקִצּוּר נִפְלָא, שֶׁקְּרִיעַת יַם־סוּף הוּא בְּחִינַת בִּטּוּל הַזְּמַנִּים, כִּי בִּקְרִיעַת יַם־סוּף כְּתִיב (שמות י"ד):

'Et Yitro entendit : la fente de la mer des Joncs, etc.', comme mentionné plus haut. 'La fente de la mer des Joncs, c'est l'annulation des temps ; et ה' regarda, etc.' Explication : par cela il veut expliquer et démontrer, avec une concision merveilleuse, que la fente de la mer des Joncs est l'aspect de l'annulation des temps ; car à propos de la fente de la mer des Joncs il est écrit (Exode 14) :

וַיַּשְׁקֵף ה' אֶל מַחֲנֵה מִצְרַיִם בְּעַמּוּד אֵשׁ וְעָנָן וַיָּהָם. עַמּוּד אֵשׁ זֶה לַיְלָה, וְעָנָן זֶה יוֹם, וְהַקָּדוֹשׁ־בָּרוּךְ־הוּא עִרְבְּבָם וּבִטֵּל הַזְּמַנִּים.

נִמְצָא שֶׁקְּרִיעַת יַם־סוּף הוּא בְּחִינַת בִּטּוּל הַזְּמַנִּים. וְהוֹלֵךְ וּמְבָאֵר הַהַקְדָּמָה הַנַּ"ל, שֶׁבִּטּוּל הַזְּמַנִּים וּתְשׁוּבָה הוּא בְּחִינָה אַחַת וְכוּ'.

'Et ה' regarda vers le camp de Mitsrayim dans la colonne de feu et de nuée, et Il jeta le trouble parmi eux.' La colonne de feu, c'est la nuit, et la nuée, c'est le jour, et le Saint, béni soit-Il, les a mêlés et a annulé les temps. Il ressort donc que la fente de la mer des Joncs est l'aspect de l'annulation des temps.

Et il poursuit en expliquant l'introduction mentionnée plus haut, à savoir que l'annulation des temps et la techouva sont un seul et même aspect, etc.

וְזֶה שֶׁכָּתַב: מִלְחֶמֶת עֲמָלֵק זֶה תְּשׁוּבָה, מֹשֶׁה אַהֲרֹן וְחוּר – פֵּרֵשׁ רַשִׁ"י בְּתַעֲנִית הָיוּ שְׁרוּיִים.

פֵּרוּשׁ, שֶׁמֵּבִיא רְאָיָה שֶׁמִּלְחֶמֶת עֲמָלֵק זֶה תְּשׁוּבָה, כִּי אָז הָיוּ שְׁרוּיִים בְּתַעֲנִית מֹשֶׁה אַהֲרֹן וְחוּר שֶׁזֶּהוּ בְּחִינַת תְּשׁוּבָה, נִמְצָא שֶׁקְּרִיעַת יַם־סוּף וּמִלְחֶמֶת עֲמָלֵק זֶהוּ בְּחִינַת בִּטּוּל הַזְּמַנִּים וּתְשׁוּבָה, שֶׁהֵם תְּלוּיִים זֶה בָּזֶה. וְעַל־יְדֵי־זֶה וַיִּשְׁמַע יִתְרוֹ שָׁמַע הַקּוֹל, הַיְנוּ כַּנַּ"ל כִּי עַל־יְדֵי תְּשׁוּבָה, שֶׁהוּא בִּטּוּל הַזְּמַנִּים, עַל־יְדֵי־זֶה שׁוֹמְעִין הַקּוֹל דִּקְדֻשָּׁה כַּנַּ"ל.

Et c'est ce qu'il a écrit : 'La guerre d'Amalek, c'est la techouva. Moché, Aharon et Hour : Rachi explique qu'ils se tenaient en jeûne.' Explication : il apporte une preuve que la guerre d'Amalek, c'est la techouva, car alors Moché, Aharon et Hour se tenaient en jeûne, ce qui est l'aspect de la techouva.

Il ressort donc que la fente de la mer des Joncs et la guerre d'Amalek sont l'aspect de l'annulation des temps et de la techouva, lesquels dépendent l'un de l'autre. Et par cela : 'et Yitro entendit', il a entendu la voix, c'est-à-dire comme mentionné plus haut : car par la techouva, qui est l'annulation des temps, par cela on entend la voix de la sainteté, comme mentionné plus haut.

וְעַל־פִּי דֶּרֶךְ זֶה תָּשׁוּב וְתִרְאֶה כָּל הָעִנְיָנִים הָאֵלֶּה הַכְּתוּבִים לְעֵיל, וְתִמְצָא בָּהֶם דְּבָרִים עֲרֵבִים. וְעַתָּה נָשׁוּב לִתְחִלַּת דְּבָרָיו,

Et selon cette voie, tu reviendras et tu examineras toutes ces questions écrites plus haut, et tu y trouveras des paroles délicieuses. Et maintenant, revenons au début de ses paroles :

הַקֹּל קוֹל יַעֲקֹב. כְּרוּז.

עֵשָׂו וַיִּשָּׂא קוֹלוֹ. הַיְנוּ שֶׁצְּרִיכִין לְהַגְבִּיר הַקּוֹל קוֹל יַעֲקֹב עַל הַקּוֹל דְּסִטְרָא־אָחֳרָא שֶׁהוּא בְּחִינַת עֵשָׂו, שֶׁנֶּאֱמַר בּוֹ וַיִּשָּׂא קוֹלוֹ, שֶׁהוּא מִתְגַּבֵּר לְהַעֲלִים, חַס וְשָׁלוֹם, הַקּוֹל שֶׁל יַעֲקֹב, וּצְרִיכִין לְהַתְגַּבֵּר לְהַכְנִיעַ הַקּוֹל שֶׁל עֵשָׂו, כְּדֵי שֶׁנִּזְכֶּה לִשְׁמֹעַ הַקּוֹל שֶׁל יַעֲקֹב.

וְזֶה זוֹכִין עַל־יְדֵי תְּשׁוּבָה, שֶׁהוּא בִּטּוּל הַזְּמַנִּים כַּנַּ"ל.

'La voix est la voix de Yaakov. Une proclamation.

Esav : et il éleva sa voix.' C'est-à-dire qu'il faut faire prévaloir 'la voix, la voix de Yaakov' sur la voix de la sitra a'hra, qui est l'aspect d'Esav, dont il est dit 'et il éleva sa voix' : car il se renforce pour occulter, à Dieu ne plaise, la voix de Yaakov ; et il faut se renforcer pour soumettre la voix d'Esav, afin que nous méritions d'entendre la voix de Yaakov. Et cela, on le mérite par la techouva, qui est l'annulation des temps, comme mentionné plus haut.

וְזֶהוּ: יִצְחָק זְמַן קוּף צַדִּיק יְשֵׁנִים וְכוּ' – הַיְנוּ שֶׁיִּצְחָק מְרַמֵּז עַל זְמַן, כִּי "יִצְחָק" אוֹתִיּוֹת "קֵץ חַי", כַּמּוּבָא.

קֵץ מְרַמֵּז עַל הַזְּמַן שֶׁהוּא בְּחִינַת אַחֲרִית הַיָּמִים, כְּמוֹ שֶׁמּוּבָא לְקַמָּן: מִקֵּץ שְׁנָתַיִם, אַחֲרִית הַיָּמִים.

וְזֶה מַה שֶּׁאִיתָא, שֶׁאוֹתִיּוֹת קוּף צַדִּיק יְשֵׁנִים וְכוּ' שֶׁזֶּה מְרַמֵּז עַל הַזְּמַן, כַּמְבֹאָר בְּמָקוֹם אַחֵר, שֶׁעִקָּר הַזְּמַן הוּא בִּבְחִינַת שֵׁנָה (כַּמְבֹאָר לְעֵיל בְּסִימָן סא).

Et c'est : 'Yits'hak, le temps, kouf tsadi, ceux qui dorment, etc.' C'est-à-dire que Yits'hak fait allusion au temps, car les lettres de יצחק (Yits'hak) forment קץ חי (ketz haï, 'une fin vivante'), comme cela est rapporté. Ketz (la fin) fait allusion au temps, qui est l'aspect de la fin des jours, comme il est rapporté plus loin : 'au bout (mi-ketz) de deux ans', la fin des jours.

Et c'est ce qui est enseigné, que les lettres kouf tsadi, ceux qui dorment, etc., font allusion au temps, comme cela est expliqué ailleurs : car l'essentiel du temps relève de l'aspect du sommeil (comme expliqué plus haut, au paragraphe 61).

וְשַׁבְתָּ עַד ה' אֱלֹקֶיךָ וְשָׁמַעְתָּ בְּקוֹלוֹ – הַיְנוּ עַל־יְדֵי תְּשׁוּבָה זוֹכִין לִשְׁמֹעַ קוֹלוֹ יִתְבָּרַךְ, הַיְנוּ הַקּוֹל דִּקְדֻשָּׁה כַּנַּ"ל, כִּי תְּשׁוּבָה הִיא בְּחִינַת בִּטּוּל הַזְּמַן, שֶׁעַל־יְדֵי־זֶה שׁוֹמְעִין הַקּוֹל כַּנַּ"ל.

'Et tu reviendras jusqu'à ה' ton Elokim et tu écouteras Sa voix' : c'est-à-dire que par la techouva on mérite d'entendre Sa voix, béni soit-Il, à savoir la voix de la sainteté, comme mentionné plus haut ; car la techouva est l'aspect de l'annulation du temps, et par cela on entend la voix, comme mentionné plus haut.

וְעַתָּה הוֹלֵךְ וּמְבָאֵר, שֶׁתְּשׁוּבָה הוּא בְּחִינַת בִּטּוּל הַזְּמַן, דְּהַיְנוּ שֶׁהַזְּמַן נִתְאַחֵד, דְּהַיְנוּ שֶׁהַזְּמַן עוֹלֶה וְנִתְקַשֵּׁר וְנִכְלָל בִּבְחִינַת לְמַעְלָה מֵהַזְּמַן.

Et maintenant il poursuit en expliquant que la techouva est l'aspect de l'annulation du temps, c'est-à-dire que le temps s'unifie, à savoir que le temps monte, se relie et s'inclut dans l'aspect de ce qui est au-dessus du temps.

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